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Publié par Edouard Boulogne

Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ?


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Et quels sont ceux qui souhaiteraient que la nuit nous environne ?

Le moins que l'on puisse dire c'est que l'approche des deux scrutins en Martinique et Guyane ont favorisé la publication de textes de plus en plus complets sur les tenants et les aboutissants de l’'importance des choix à faire pour ces deux votes primordiaux pour l'avenir de ces deux départements.
Sensibles au danger, désireux de transmettre leurs convictions et leur savoir, de nombreux spécialistes ont, à loisir, disséqué savamment les textes de loi, les articles économiques, les documents officiels, afin d'alerter les populations sur ce qui risquait de leur arriver en cas de vote positif.
Le scrutin du 10 janvier dernier a été une victoire évidente pour les esprits responsables et raisonnables qui ne souhaitent pas donner de blanc seing à des politiques corrompus et incapables dont tout le monde sait bien les dérives et la soif de pouvoir individuel. Le scrutin du 10 a été un vaste plébiscite d'une idée positive et intelligente : Nous sommes fiers d'être Français et nous souhaitons le rester !

Martiniquais et Guyanais ont donc appliqué un camouflet sévère à tous les politicards locaux qui souhaitaient obtenir à bon compte un trône ou à tout le moins être Khalife à la place du Khalife. Mais ils ont également mouché sévèrement le Président Sarkozy dont tout le monde a fini par comprendre qu'il n'avait fait qu'exploiter de façon assez vicieuse la « crise »  de février dernier pour imposer un scrutin que la population n'a jamais demandé.
Ce vote n'est que la consécration qui devrait être sans appel et définitive de la volonté évidente des populations des DOM de rester des citoyens français à part entière.
Ce vote n'est que la piqure de rappel de celui qui avait déjà dit la même chose en décembre 2003 et que personne n'avait officiellement prévu qu'il nous soit « refiler » à nouveau si peu de temps après.

Oui tout cela est bel et bien beau MAIS cela ne suffit pas car plus malin que malin, Nicolas Sarkozy qui décidemment tient plus que tout à notre éternel bonheur loin très loin du budget métropolitain, a ourdi un plan machiavélique assez peu banal et même franchement impressionnant pour nous obliger à partir quand même.
Jugeons plutôt …

L'hypothèse présidentielle tient en une analyse fine et pointue de nos comportements. Elle réside dans un constat qui est que si le 10 janvier, Martiniquais et Guyanais marquent de façon massive un choix clair et net pour le NON cela signifie de leur part un désaveu profond pour leurs politiques locaux principalement pour leur président de Région qui est mouillé jusqu'à la chemise dans une volonté de faire voter le OUI afin d'obtenir plus de pouvoir personnel.
Or ce Président de Région est …. de Gauche ….

L'idée géniale de Sarkozy est donc de surfer sur ce profond rejet de ce Marie Jeanne de malheur qui fait bien son affaire.
Car comprenons bien le schéma Sarkozien. Si le NON est massif le 10, cela signifie presque mathématiquement un rejet violent des populations à l'égard des politiques locaux et donc garantit presque à coup sur un vote OUI le 24. Car la plupart des gens pensent qu'un OUI le 24   sera une sanction à l’égard de Marie Jeanne et par la même occasion, que cela permettra de faire des économies de budgets.
C'EST UN PIEGE entièrement préparé par Paris qui ne supporte plus (comme beaucoup beaucoup d'hexagonaux) les pitreries revendicatrices et xénophobes abusives des DOM antillais.

En permettant aux Martiniquais et aux Guyanais de marquer leur profond rejet de leurs hommes politiques de gauche, N Sarkozy leur colle une question qui du même coup, les fait définitivement sortir du système constitutionnel normal dans lequel ils étaient jusqu'alors.

Cela a été bien dit par de très nombreux intervenants, de façons très techniques, très argumentées et très censées; dès lors que les deux départements concernés auront voté OUI le 24, et bien finalement ils ne seront justement plus de vrais départements français et tout sera possible pour les faire glisser lentement mais surement hors du giron national.
Un OUI le 24 signifiera qu'on le veuille ou non la fin du DROIT COMMUN qui garantit à tous les français de bénéficier des mêmes droits.
En plus disons le haut et clair, un OUI le 24 ne fera faire aucune économie de gestion des postes « politiques » puisque finalement les deux assemblées se verraient souder l'une à l'autre sans diminution de personnel et on y adjoindrait des agents territoriaux qui alourdiraient encore la gestion locale et les factures de fonctionnement.

Sans compter que Marie jeanne ne disparaitra pas du paysage politique puisque lui comme tous les autres va s’accrocher à son poste comme une sangsue.

Les deux DOM concernés ne gagneront donc rien mais perdront beaucoup car ils vont se trouver en situation de « Béta Testeurs » d'un nouveau système dont PERSONNE aujourd'hui ne sait exactement à quoi il va ressembler.
Voter OUI le 24 c'est signer un chèque en blanc à des pitres politiques dont tout le monde connait les déficiences, les mensonges et les détournements d'intentions.
Voter OUI le 24 c’est accepter de monter en haut de la plus haute montagne dans une voiture dont on vous a dit des le départ qu’elle n'avait pas de frein.
Seriez-vous suicidaires pour mettre votre vie, celle de vos enfants en danger pour des choix dangereux et bien opaques ?

Ce qu'il faut bien comprendre et admettre, c'est que depuis des décennies, tous ces discours sur l'autonomie, l'indépendance, qui donneraient plus de pouvoir, plus de fierté, plus de gloire au Peuple local, sont basés sur des mensonges ou pour le moins de tragiques déformations de la vue de  ceux qui les tiennent.

Tous ceux qui croient voir en nos îles des Pays, voire des Nations, peuplées de populations aigries et revanchardes qui revendiquent à longueur de jour une identité et une réparation d'un passé bien lointain sont des menteurs, des tripatouilleurs de l’Histoire qui tiennent à cultiver la Haine et la Colère afin d'assouvir leur intense besoin de briller et de dominer.
Tous ceux qui voient ici des « nations » capables de s'autogérer quand le Sage ne peut y voir que de bien modestes petites îles bien mal en point, sont des menteurs qui sont prêts à tromper tout le monde pour assouvir leur désir de gloire et de pouvoir.
L'exemple tragique de ce pauvre Raphael Confiant qui a complètement perdu la tête depuis le 10 janvier, nous illustre bien la psychologie trouble et lourde de ces fous furieux qui se mentent à eux-mêmes, qui trompent tout le monde en déformant outrageusement les réalités, humaines, historiques, économiques, sociales de nos petites îles.
Cette tragique arrogance imbécile dont font montre beaucoup de nos indépendantistes n'a absolument rien de rationnel ni de raisonné. IL n’y a aucune logique chez ces gens là qui prennent leurs désirs de pouvoirs et de gloire pour des réalités, alors que ce ne sont que des chimères.
Il n'est pas possible d'argumenter raisonnablement avec ces gens là qui n'ont plus le sens commun, ni la juste appréciation des choses. Ils ont de notre petit univers fragile et endolori, une vision parfaitement aberrante, déformée et irréelle qui n'a plus rien à voir avec la réalité.
Nous avons affaire à des psychopathes qui par tous les moyens, même les pires, veulent assouvir leur désir de vengeance à l'égard de la France dont ils n'arrivent pourtant pas à se séparer. Ils veulent nous faire payer leurs complexes, leurs phobies compulsives, leurs problèmes mentaux, leur déficiences d'analyses, leurs mensonges.

Cela fait des décennies que les Antilles Françaises souffrent des convulsions de ces fous furieux qui se voient Princes d'Empire quand ils ne sont que petits élus de toutes petites communes bien modestes.

Quand ces gens là franchissent le Rubicon des 20 KM de routes à 4 voies de nos petites îles, aux volants de leurs 4X4 arrogants, ils se prennent pour César, le bâtisseur d'Empire quand ils ne sont que de bien modestes prétentieux, imbéciles et suffisants.

Cela fait des décennies que l'on prétend ici que nos « spécificités » ne peuvent être réglées, comprises, gérées que par nous-mêmes. Or désolé mais quand on voit le niveau de compromissions, de copinage, de passe droit que la « politique » locale accepte et entretient; il faut de suite accepter l'idée, qu'en l'état, plus de pouvoir local serait un véritable suicide.

Tant que nous n'aurons pas réussi à faire le ménage dans notre personnel politique, tant que nous n'aurons pas réussi à être certains de leurs capacités honnêtes à gérer le bien public, il serait suicidaire de donner plus de pouvoir à tous les fêlés autocrates que nous avons en ce moment. En l'état de notre système politique outrageusement bananier, il n'est pas raisonnable de donner plus de pouvoir à tous ces irresponsables. Il faut d'abord assurer la Catharsis de notre environnement politique avant d'envisager quoi que ce soit.

Pour le moment notre seule garantie d'un pouvoir un peu « équilibré » et « juste », aussi étrange que cela puisse paraître, tient à l'éloignement du pouvoir central. C'est pourquoi certains ont bien tort de lui cracher sans cesse à la figure. 

Il y a ici trop de visions déformées et trop de propos parfaitement inadaptés à nos vraies situations. On s'écoute parler, on se gave de mots, on se prend au sérieux, on s'y voit déjà …

Il est grand temps de redescendre sur terre et d’assurer notre avenir en personnes et citoyens responsables et raisonnables.
Nous ne devons pas signer de chèques en blancs aux politiques locaux, nous ne devons pas tomber dans le piège terrible que nous a tendu Nicolas Sarkozy, nous ne pouvons nous jeter nous-mêmes dans le vide sans aucune garantie, nous ne pouvons pas accepter de signer un bas de page alors que le texte n'a pas encore rédigé plus haut, nous ne pouvons pas voter OUI le 24 car cela serait contraire à notre raison et à nos intérêts.

 

Le 24, plus encore que le 10, il faut donc un vote large, massif, profond, sans discussion en faveur du NON !

 

Ensuite, il sera temps de régler nos comptes et de faire le bilan de ces mois de folie.

Ensuite, il sera temps de relever nos manches pour nous mettre au travail, reconstruire nos îles ravagées par des comportements jusqu’au-boutistes irraisonnés.

Ensuite, il sera temps de réapprendre à vivre ensemble, de reposer les bases d’un dialogue social intelligent et constructif, de s’occuper réellement de nos jeunes et de leurs situations et comportements préoccupants et même pourquoi pas de retrouver une vie ensoleillée et lumineuse.


Philipp.

 
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Chantal Etzol 15/01/2010 03:22



La logique d’un mode de « gouvernance démocratique » suppose qu’un président de république s’informe et tienne
compte de l’avis des représentants élus aux assemblées locales, même si leur avis n’est pas partagé.


- Ne seraient-ils pas en place, parce qu’aucun de ceux qui les vouent aux gémonies ne se risqueraient à « entrer en
politique » ?  Certainement plus difficile de se confronter aux réalités complexes et contradictoires, que de distribuer satisfecit et
condamnation : c’est au pied du mur que l’on voit le maçon…


Passe-droit, copinage, compromission, voire trahison, sont malheureusement une « spécificité humaine », bien
plus universellement distribuée qu’à nos seuls hommes politiques locaux (relire Ruy Blas…ou écouter Othello)


- Les comportements irraisonnés et publiquement excessifs n’ont pas été le fait seulement de psychopathes minoritaires.
Mais parfois d’acteurs économiques qui « donnaient l’exemple » d’attitudes revendicatrices à outrance, de refus de dialogue, d’opposition stérile ou de blocage systématique en face de
l’état.


 L’exemple vient de partout !


- S’il s’avère indispensable d’analyser précisément les propositions du vote, pour informer et mettre en garde contre
ses dangers, cela n’avance à rien que d’y rechercher en permanence un machiavélisme présidentiel.Il tient
compte de l’opinion la plus « bruyante », à laquelle les majorités silencieuses laissent étrangement le haut du pavé…Le plus important, ici et
maintenant, demeure de convaincre le plus grand nombre,  par un raisonnement clair et des arguments de poids, de voter
NON le 24/1/10, tout simplement. Les martiniquais, guyanais et guadeloupéens savent nuancer leur vote,  même en s’opposant aux choix de leurs élus si
nécessaire, sur lesquestions essentielles.
Prions que leur bon sens l’emporte une nouvelle fois.  Les Domota, Jalton, Confiant et autre Marie-jeanne ne
finiraient-ils alors par s’en étrangler de rage ??


-Peut-être aussi ne fallait-il pas attendre telles circonstances ou tel vote pour « apprendre à vivre
ensemble » ;et s’occuper réellement des
jeunes ? La présence, au sein d’une société, n’est-elle pas, au quotidien et quel que soit le niveau où l’on se trouve, la participation à la vie publique en tant que
citoyen ? 


Les esprits ne seront pas, brusquement, tous "inspirés" par un vote. Les problèmes ne seront pas tous réglés par un coup
de baguette magique et des aspirations demeureront.
                                                                                                                
Chantal Etzol



Gardarem lo zantilles 14/01/2010 21:12


Bien envoyé, bien balancé, ça égratigne où y faut c'est fort et efficace
bravo pour ce texte


Dominique Morisson 14/01/2010 20:45


Bravo! Encore un texte écrit à l'emporte piéce dans un style net et clair qui dégage et qui va à l'essentiel.
C'est acide et vitriolant mais Oh combien efficace !
J'aime ce style de pamphlet qui dégage un max et ne se borne pas des lieux communs politiquement corrects
on en redemande.
Qui est donc Philipp ?


André Derviche 14/01/2010 12:58


Hé oui ! Philipp ! Cette victoire incontestable du non est la revanche du pays réel sur le pays médiatique ; des braves gens sur les pitres (car vous parlez de pitreries, ce qu'il ne saurait y
avoir sans pitres). La pitrerie, vous avez lâché le mot, or, malheureusement, la représentation "populaire" n'est que cela, du moins on le dirait : la mise à l'engrais de quelques vaniteux que le
système bouffit un peu plus tous les jours, dans les ors, les honneurs et les vantardises de la République.
Et vous soulignez parfaitement à quel point, trappeurs diaboliques, "ces messieurs" ont tendu leurs filets... Les uns pour se débarrasser d'un climat parfois domotatique, et les autres pour
réaliser leurs fantasmes de papadoquesques dans le cadre d'une coopération  bien arrosée par la mère-patrie devenue à l'occasion belle-mère-patrie dans un chacun chez soi de plus en plus
confirmé.
Le piège est redoutable : tellement redoutable que le numéro de l'article qui présiderait à la "collectivité territoriale" est quasi indifférent. Le oui du 24 serait aussi vénéneux que celui du 10,
à quelques détails près. Ce que "les forces de progrès" de la "droite" martiniquaise n'ont évidemment pas compris, comme elles n'ont pas compris pourquoi elles avaient perdu la main depuis si
longtemps. L'attitude lamentable de l'UMP et des FMP devant cette fantastique opportunité de clore une fois pour toutes un débat malsain sur une autonomie qui ne vise qu'à affranchir une poignée de
caciques du devoir de servir un peu leur pays au lieu de surfer sur la démagogie pour se maintenir, les uns aux commandes et les autres tout simplement à flot.
Les Guyanais, comme les Martiniquais, ont parfaitement montré qu'ils avaient flairé le piège, avec une intelligence qui fait cruellement défaut à notre classe politique locale et nationale. Il ne
faut pas désespérer : le non, peut-être l'emportera. Souvenons-nous qu'aucun sondage n'avait prédit de tels résultats, et que l'État, engagé jusqu'au cou dans le processus du oui - ceci, parce que
l'État cherche toujours à s'assurer les bonnes grâces des élus les plus solidement enracinés, et particulièrement lorsque ceux-ci le sont à travers un parti puissant et légèrement organisé autour
du culte de la personnalité, si vous voyez ce que je veux dire.
Au fil de la campagne, et lors des différents sondages sur leurs intentions de vote, les électeurs ont fait preuve d'une grande intelligence, y compris tactique : la dissimulation de leurs
intentions a été un signe fort, peut-être en sera-t-il de même au deuxième service dont tous les esprits un tant soit peu attentifs savent qu'il s'agit de la deuxième mâchoire de la tenaille.
En tout cas, ce non du 10 janvier est bien celui de la Martinique tout entière, et non celui de quelque réseau ou groupe de pression malfaisant, comme ne manqueront pas de le klaxonner tous ceux
que ce deuxième non que nous appelons de nos voeux aura coiffés d'un bonnet d'âne.
Espérons que le bon sens et celui de l'intérêt général l'emporteront encore. Et espérons que les instigateurs de ce complot ne chercheront pas à se venger au cas où leurs plans seraient déjoués, ce
que nous appelons de nos voeux.