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Publié par Edouard Boulogne

Pour qui se prend Jamel Debouze?

 

( La France est aujourd'hui un pays en proie au doute sur elle-même. Comment en serait-il autrement quand ses élites capitulent devant des idéologies dangereuses, comme celle du multicuralisme, ou de l'antiracisme [ voir les articles du Scrutateur dans la rubrique "racisme" de ses archives, à  gauche de l'écran]. N'importe quel débile peut insulter notre pays sans qu'ose réagir l'interlocuteur [ quand il n'abonde pas dans son sens, par lâcheté, ou par idéologie]. Depuis peu des personnages connus, commencent à réagir dans les médias. Eric Zemmour, bien sûr. Nous en avons parlé récemment, et maintenant l'avocat général près la cour de Paris, Philippe Bilger. Je vous propose sa réaction à des propos de Jamel Debouze, que d'aucuns qualifient d'humoriste, sans doute parce cela va dans le sens des convenances du politiquement correct. Bravo! monsieur P.Bilger, pour votre courage et votre bon sens. E.Boulogne).

 

 

 

Le blog de Philippe Bilger  Avocat Général près la cour d'appel de Paris,

Philippe-Bilger-copie-1.jpg

J'exerce depuis plus de dix ans, de manière régulière, la fonction d'avocat général à la cour d'assises de Paris. J'ai été amené à requérir dans un certain nombre d'affaires dont quelques-unes ont eu un fort retentissement médiatique : Christian Didier -l'assassin de Bousquet -, Philippe Naigeon, Bob Denard, Emile Louis , Maxime Brunerie, Michaël Freminet (victime : Brahim Bouarram), François Besse, Hélène Castel...
 

Tendre l'autre joue à Jamel Debbouze ?

C'est entendu, les artistes ont le droit de dire n'importe quoi, de proférer des insultes et de nous imposer leur point de vue comme s'ils étaient plus légitimes que le citoyen ordinaire, plus avertis et plus conscients. De leur bouche sort la vérité et la société n'a qu'un devoir : les écouter bouche bée. Imaginons alors le poids d'un Jamel Debbouze reconverti en penseur dont les saillies et provocations sont accueillies (France Inter) et reprises (nouvelobs.com, Le Parisien). On prend une claque et nous n'avons plus qu'à tendre l'autre joue. Pourquoi n'aurait-on pas le droit de dénoncer la bêtise toute nue ?  Selon Jamel Debbouze - je cite en substance -, le débat sur l'identité nationale serait "schizophrénique" et constituerait "une insulte". "La France a aussi un nouveau visage et il ressemble étrangement au mien et il faut que ça rentre dans les cerveaux". Quant à la burqa, "elle n'est même pas un épiphénomène, ça ne concerne que 250 personnes, qu'est-ce qu'on vient nous faire chier avec ce truc... Encore une fois c'est xénophobe, voilà, et les gens qui vont dans ce sens-là (la mission parlementaire Gérin-Raoult) sont des racistes !" Je ne relève même pas les approximations, les erreurs, notamment sur le nombre de jeunes filles et de femmes portant la burqa en France. Je n'ai même pas besoin d'insister sur la violence du ton, l'outrance des propos qui n'ont pour objectif réussi que d'occulter la vacuité du fond et de contraindre l'interlocuteur, les médias à l'empoignade, à la connivence ou à l'effacement. La première attitude a évidemment été oubliée. Il y a une manière péremptoire de se poser en dépositaire de l'éthique et de la morale publiques qui coupe court à tout. Alors qu'il faudrait au contraire prendre l'insulte au mot pour révéler l'insignifiance qu'elle masque et la facilité qu'elle représente.Le plus choquant tient à la formule comminatoire, presque menaçante par laquelle Jamel nous avertit que la France aura dorénavant "aussi" son visage et qu'au fond, si on suit le raisonnement, on a intérêt à en prendre acte parce que - cela est implicite - c'est la seule France qui vaut quelque chose. Je préfère l'attitude d'une Rachida Dati, pour laquelle je n'ai pas eu que des faiblesses, qui a osé - dans notre bienséance frileuse, c'est du courage ! - déclarer qu'elle respectait les électeurs du FN à propos du débat sur l'identité nationale.  La France est évidemment plurielle mais je ne vois pas au nom de quoi on serait justifié à reléguer dans les oubliettes des préoccupations politiques la population qui ne plaît pas aux artistes progressistes, le peuple qui n'est pas "l'autre visage".  Le thème sur l'identité nationale n'est sans doute pas la meilleure idée pour apaiser une société en crise et  faire don d'un destin collectif exemplaire à une communauté nationale qui sur ce plan est gravement en manque.  Mais où est "l'insulte", où est "la schizophrénie" ? Jamel Debbouze se prend pour qui et il nous prend pour quoi ?Quant à la burqa, suffit-il, comme un perroquet de l'humanisme s'affichant impeccable, de répéter "xénophobie, xénophobie" pour que tout soit imprégné par cette sale attitude et qu'on n'ait plus rien à démontrer ? Suffit-il de traiter de "racistes" les membres de la mission parlementaire sur la burqa pour les marquer au fer rouge de cette honte ? Comment Jamel Debbouze, du haut à la fois de son arrogance et de son ignorance, se permet-il ainsi de tourner en dérision ceux qui se soucient de la burqa, de ce problème, cette pratique, observance religieuse, provocation sociale ou étouffement conjugal et familial ? Est-il inconvenant, dans une démocratie, d'aspirer à une République des visages plutôt qu'à des ombres forcément perçues comme hostiles puisqu'elles dissimulent aux autres ce qui est notre carte d'identité humaine, notre universelle similitude ? Au moins, puisqu'on prétend, et avec quelle superficialité grossière, aborder ces faits de société, on devrait avoir l'intelligence et l'élégance, au contraire, de sortir des outrages pour faire entrer les auditeurs, ses concitoyens dans l'argumentation.  Je vais finir par me demander si le vice dominant des artistes, humoristes, comédiens et chanteurs n'est pas d'être si impatients de quitter leur domaine familier qu'ils ne savent qu'éructer ou insulter quand ils se veulent citoyens. Jacques Weber hier, Jamel Debbouze aujourd'hui. Le comble, c'est que ce dernier est protégé par son talent, son entregent,  son aura qui dans notre monde se fabrique vite et est donnée à bon compte et, surtout, sa propre violence. Personne n'aurait le front de s'opposer à lui. Le scandale viendrait de la riposte et non  de l'attaque. Il faut tendre l'autre joue à Jamel Debbouze pour qu'il continue à faire mal. Moi, je n'en ai pas envie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
   
 





 

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BENOIT 14/03/2011 11:56



Jamel Debbouze va plus loin, il a appelé les jeunes des cités à faire la révolution comme en Tunisie et/ou l'Egypte ! je cite : "Ce qui a changé c’est que les enfants de l’immigration se rendent
davantage compte de leur situation et de la manière dont leurs parents ont été traités et de la manière dont on les traite.
Au même titre que l’Egypte, la Tunisie ou encore l’Allemagne de l’Est, ils vont s’énerver, ils vont vouloir regagner leur liberté. »" Ne mérite t-il pas d'être comdamné pour cela ? n'est pas
un appel à la révolte des banlieues ?



tomi 12/03/2011 14:50



Je suis entièrement d'accord avec cet article, une fois de plus, les Djamel Debouzze et consort ne proposent pas un débat, ILS IMPOSENT, ILS JUGENT et les autres doivent se tairent, lui comme
tous ces artistes, ces intellos, ils croient qu'ils ont le monopolent de la pensée, de la moralité, encore une fois, ils ne proposent pas, ni veulent un débat, ils exigent, ils imposent et le
pire, ils disent puiser leurs arrogances sous la bannière de la démocratie, des droits de l'homme alors qu'ils sont les meilleurs représentants de la dictature, de la censure...Ceux qui ne
pensent pas comme Eux, ce sont des racistes, l'arme absolue depuis trente ans, des xénophobes et se servant d'une presse acquise à leur propagande, ils rabaissent tous ceux qui se mettent en
travers de leur chemin - Lorsque Chantal Brunel a dit des propos plus idiots que racistes, çà fait la UNE de l'actualité, mais les propos de Djamel Debouzze ne seront...Que peu repris par la
grande presse - voilà ou nous en sommes -



castetsjj 11/05/2010 21:42



Monsieur Boulogne bonsoir,


Pourquoi s'étonner!


 


Les Pays Démocratiques sont assez ouverts, surtout dans l'hexagone où le modèle et les avantages sociaux attirent plus qu'ils ne repoussent...


On peut cependant s'interroger sur la volonté d'intégration des migrants  qui ne chercheraient qu'à reproduire  les schémas des Pays qu'ils fuient en recréant dans le Pays accueillant
des communautés particulières visant à s'exclure volontairement par différents comportements, contrevenants ainsi aux coutumes traditionnelles locales.
Franchir le pas pour obtenir des Droits implique aussi des Devoirs, ce qui est le lot commun de tout citoyen sans échappatoire possible pour les natifs.
Nos systèmes, d'origine Chrétienne, sont devenus laïques et démocratiques par consensus après des guerres sanglantes et il ne faut pas l'occulter ; trahir le système accueillant impliquera un
phénomène de rejet proportionnel à la différence des cultures.
Dans nos systèmes laïques et démocratiques, on à le choix de se fondre et de bien vivre ensemble ou de disparaître ; sous d'autres cieux et régimes, ce choix est très souvent impossible mais
imposé sans aucune douceur ni compréhension !
Dans l'histoire de nos peuples,  sans rentrer dans les détails,  chacun à eu le loisir d'être à moment donné le dominant et le colonisateur de l'autre.


Il est toujours bon de relire l'histoire des invasions, la repentance à sens unique y est bien moins présente et mieux partagée...
C'est une lutte et une recherche permanente de pouvoir et de domination et il ne faut pas se voiler la face, c'est le seul but, mais y faire face et prendre les mesures qui s'imposent à la
survie de chacun sans arrière pensées .
Enfin, la liberté individuelle trouve sa limite dans la vie en collectivité, pour tous ceux qui en douteraient et qui n'auraient pas la version papier, sur internet,  se référer à la
déclaration universelle des droits de l'homme ou de la femme, à laquelle tout le monde se rallie pour se singulariser... avec l'assentiment  et le soutien des bons penseurs, mais toujours à
sens unique  !!!


En ce qui concerne les artistes, ou qualifiés tels, que de chemin parcouru depuis les chansonniers, malheureusement aujourd'hui on oublie l'intelligence , la finesse des propos et
on fait la part belle aux faux doux hurleurs en mission commandée qui amusent les foules et qui crachent dans la soupe sans vergogne pour le plus grand plaisir d'une intelligentsia
hors des réalités, on bafoue et on piétine les valeurs qui ont fait le ciment de la Nation , on brocarde à outrance les Institutions et les représentants du peuple... on se fout du citoyen
autochtone qui dort, mais jusqu'à quand ?


Comme le souligne Mr Bilger, tendre l'autre joue n'est pas donné à tout le monde, tout n'est question que de seuil de saturation et de tolérance.


CASTETS jj




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hello 09/05/2010 18:20



pendant des siecles la France a absorbé des populations minoritaires qui se sont parfaitement intégrées au reste des citoyens , ces populations étaient en majorité judeochrétiennes de culture ;
aujourd'hui ça ne marche plus et les enfants des derniers arrivés n'ont que rage et haine pour le sol français et ses valeurs;  ils revendiquent cependant une sorte de droit à l'attaque
systématique au nom d'une dette que nous devrions payer , leur but n'est pas de s'assimiler mais en quelque sorte de vider le pays de son contenu pour le plier le soumettre; pourquoi n'y a t il
jamais de réaction? c'est contraire à l'interet general de TOUS , y compris des gueulards eux meme. L'exaspération est partout , sauf dans les médias ;! et l'assimilation de tous à de la racaille
est quasi automatique causant du tort aux personnes qui n'adherent pas aux propos honteux que l'on entends quotidiennement. Pourquoi choisir de vivre dans un endroit et au milieu de gens qu'on
hait? le monde est grand ! si la France est un enfer pourquoi y venir???? si c'est à cause de la notion des droits de l'homme il faut se rappeler aussi que les français ont le droit d'etre en
paix chez eux , cela calmerait peut etre les esprits Notre gouvernement complexé ferait mieux de s'en souvenir si il tiens a eviter un ras de marée pour le pen



Depassage 09/05/2010 02:31



J'approuve entièrement l'analyse. Marre de ces pseudo artistes, par ailleurs incultes, qui veulent se la jouer et donneurs de leçons en humanisme.



Jean-Pierre Racine-Corneille 05/05/2010 14:55



Hé là ! doucement ! On ne touche pas à Djamel Debbouze : il est issu de la diversité (comme d'autres sont issus de l'ÉNA). En France, chaque coterie a ses privilèges : celui de la diversité,
c'est de donner des leçons de savoir-vivre aux autres Français, les "à peine", ceux issus de la monotonie.


Comme quoi, tout le monde n'est pas Normand ! Vous vous souvenez, ces "Nord men", venus des grands froids de la Scandinavie... Les Normands, envahisseurs en ce temps-là, ont fait quelque
chose d'unique dans l'histoire : ils ont  adopté les moeurs du pays qu'ils avaient entrepris coloniser aussitôt que leur situation a été régularisée, c'est-à-dire en 911 lorsque
Charles-le-Simple leur céda la Normandie : alors qu'au départ ils massacraient, pillaient et incendiaient, ils ont délibérément fait le choix - devant la qualité de la civilisation qu'ils
découvraient, de finalement se laisser coloniser par les habitants de ces terres qu'ils venaient envahir : ils se sont tous convertis à la religion catholique, ils ont adopté les moeurs en cours
dans la région qu'ils avaient conquise et - pour faire bref - le grand chef des Normands est devenu duc de Normandie après avoir prêté serment d'allégeance et de fidélité au roi de France dont il
est devenu le vassal.


Comme quoi tout le monde n'est pas Normand ! C'est du reste ce que pensait déjà Montesquieu.


Au temps des Normands normandisants, la devise "Ni Dieu ni maître" n'avait pas encore cours, et il faut ne suffisait pas d'être calibré (par une médiashère en quête d'amuseurs, de préférence
vulgaires ou grossiers pour fortifier des places fortes au royaume de l'anarchie) pour dire les usages et le droit. En ce temps-là, n'avaient voix au chapitre que ceux dont la valeur était
étroitement associée à la notion de mérite et de service. Le monde était en pleine construction, et le savoir était plus important que les gloussements. Les exigences étaient autres
qu'aujourd'hui où la notoriété se fabrique mécaniquement, et où l'occasion de s'exprimer vaut l'instruction la plus académique qui soit...


Chaque époque a les Chateaubriand qu'elle peut... Au XXI° siècle, la Fance a Djamel Debbouze : vous ne voudriez pas cracher sur votre époque, non ?


 


 



Chantal Etzol 05/05/2010 04:04



Sans doute M. Debouze fait-il figure d'humoriste aux yeux d'une certaine "mondanité". Mais raillerie n'est pas alacrité;dérision n'est pas humour. Certes, savoir se moquer d'abord de
soi n'est aisé pour personne; mais combien nécessaire pour la justesse des propos et la délicatesse du ton. Cela éviterait de se considérer comme une référence et de donner trop de leçons
péremptoires à ceux qui vous ont laissé prendre une place qui n'est pas si mauvaise que çà et ne vous ont pas empêché de vous exprimer! Ce qui ne serait certainement pas si facile
ailleurs qu'en France...