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Publié par Edouard Boulogne

Concours sur " l'air des clochettes, ", avec (notamment) Christiane Eda-Pierre.


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Aimez-vous le violon. Êtes-vous subjugué par la profondeur, et la virtuosité d'un Heifetz, d'un Yehudi Menuhin, d'un David Oistrack, et, dans un autre registre d'un Stéphane Grappelli?

Moi aussi!

"Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone".

Chacun a son instrument, qu'il vénère. Le violoncelle a ses fans, et le piano aussi, et les autres.

Mais le violon!

Et la voix? La voix humaine! Jean Cocteau écrivit une pièce, en un acte, portant ce titre.
Une femme est seule sur son lit, dans sa chambre d'hôtel. A ses côtés un téléphone, qui la relie.
Un appel. C'est l'homme qu'elle aime? Un bellâtre odieux, et qui la quitte, dans le mensonge, l'équivoque, et la lâcheté.
L'amour est enfant de bohème.
L'on n'entend pas la voix du "monstre", d'une si profonde banalité. Mais le monologue de l'abandonnée ne nous laisse rien ignorer de la banalité cruelle du fat, si ordinaire; ni de sa détresse à elle, jusqu'au sanglot final  étranglé.

J'ai lu la pièce vers mes 18 ans, attiré par le titre.

La voix humaine!

J'écoutai le rôle interprété par Gaby Morlay ( disque DECCA). Intéressante interprétation par une voix prenante, aux inflexions populaires. Edith Piaf eût été bien, aussi, dans cette peau de bête trahie, dans ce drame de la déréliction.

Francis Poulenc s'empara du livret pour en faire un opéra. Transfiguration du rôle par la regrettée Denise Duval.

Oui, la voix humaine, notre voix, peut-être aussi, quand elle est travaillée, ciselée, un instrument royal, peut-être l'INSTRUMENT.

Je ne vais cependant pas donner aujourd'hui d'air de tragédie. Ce sera pour une autre (d'autres...) fois.

Je vous propose, amis du Scrutateur, en remerciements à mon collègue en "blogueries" Jean-Claude Halley, qui sur Guadeloupe Attitude fait tant pour promouvoir nos compatriotes antillais artistes dans le genre de la musique classique et de l'opéra, d'écouter deux des plus grands parmi ces artistes : Christiane Eda-Pierre, et Magali Léger.

Madame Eda-Pierre est d'origine martiniquaise. ( Voir sur Le Scrutateur l'interview qu'elle nous avait accordée, in Archives. Vous savez comment faire. rechercher sur ce blog, etc..).
Elle a chanté à l'opéra de Paris, et sur toutes les grandes scènes du monde.
Sur le premier lien vous l'entendrez, parmi quelques-unes de ses illustres collègues, interpréter un extrait de l'air des clochettes, de Lakmé ( Léo Delibes).
Un festival de beau chant. Une sorte de concours, au sommet de l'art lyrique. Rien de pathétique ici (sauf peut-être dans le contexte de l'oeuvre entière. Mais nous ne ferons pas ce matin d'érudition). Je disais concours. Mais est-il possible de départager à ce niveau?

Magali Léger, elle, est Guadeloupéenne. Elle n'est pas comme sa consoeur martiniquaise, une gloire consacrée.
Elle est une étoile montante. Ici elle interprète "Après un rêve" sur la musique de Gabriel Fauré.  

Ecoutez!


Edouard Boulogne.



CH  Eda-Pierre :

http://www.youtube.com/watch?v=H6fEwZv86Nw 



Magali Léger :

http://www.dailymotion.com/video/x4pjgq_gabriel-faure-magali-leger-michael_music 



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Chantal Etzol 29/03/2010 22:06


Plus encore que le rire,la musique comme tout Art,n'est-elle pas "le propre de l'Homme"? La splendeur d'une illusion d'optique que représente un tableau exprime une contemplation humaine;une
sonate,un concerto,une symphonie ou un opéra sont des sommets d'une effusion virtuelle, auxquels conduit une "illusion d'écoute". Car,dans la réalité physique, les sons ne constituent que des sé-
ries continues d'oscillations de matière(cordes vocales,d'un vio- lon,d'un piano),de même nature que celles... d'un séisme,amenées à se propager. Pourtant,dès qu'une oreille humaine vibre à
l'unisson,un auditeur perçoit ces sons,les distingue et les choisit arbitrairement pour devenir des notes(ou une voix);formant ainsi le code d'un langage. Une musique "apparait" alors d'une
relation artificielle de notes, des silences qui les séparent (soupirs!),de leur rythme ou de leur tonalité.La succession de leurs accords et leurs oppositions,leur répétition,en créant harmonie et
disharmonie,transmettent toutes les nuances des émotions humaines. Il n'y aurait peut-être ni musique ni langage s'il n'y avait de mémoire puisque,pour écouter,il faut disposer du souvenir de ce
qui a été entendu;tout comme l'impression de mouvement dans un film nait de la superposition d'images fixes. Tout l'art du compositeur et de l'interprète ne consisterait-il pas à utiliser la
mélodie pour tromper une attente ou maintenir une attention,conduisant à un sentiment d'unité et de plénitude, dans l'espace et dans le temps? Chez le musicien comme chez le poète,la même quête
d'éternité: "De la musique encore et toujours! Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée Vers d'autres cieux à d'autres amours." art poétique-P.Verlaine