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Publié par Edouard Boulogne

Je n'aime pas la foule. Depuis toujours. Adolescent je retins, sans en faire ma loi l'aphorisme d'Horace, le poète latin : « Odi profanum vulgus, et arceo » : Je hais le profane vulgaire, et je l'écarte. Vers mes 15 ans, je m'entichai du poète Jean Cocteau. Peut-être parce qu'un numéro de Paris-Match venait de lui consacrer un dossier, et qu'il s'y trouvait cette pensée, que je notai dans un de mes carnets de citations : « S'il faut choisir un crucifié, la foule sauve toujours Barabas ».

Bien plus tard, en philosophe, je lus Nietzsche, mal connu et mécompris. Il disait : "L'homme d'élite se cherche instinctivement une forteresse, un réduit où il soit délivré de la foule, de la multitude, du vulgaire, où il puisse oublier 'l'homme', la 'règle' à laquelle il fait exception, à moins qu'un instinct plus fort encore ne le jette droit sur ces êtres conformes à la règle, parce qu'il veut les connaître au sens grandiose et exceptionnel de ce mot. Quiconque ne s'est jamais senti, dans le commerce des hommes, passer par toutes les teintes de la détresse, verdir ou blêmir de dégoût, de satiété, de compassion, d'hypocondrie et d'isolement, n'est pas un homme d'un goût raffiné. Mais s'il n'assume pas volontairement le fardeau de tout ce déplaisir, s'il demeure comme je l'ai dit, taciturne et fier dans sa forteresse, alors une chose est sûre, c'est qu'il n'est pas fait pour la connaissance ; il n'y est pas prédestiné". (Nietzsche : "Par delà le bien et le mal", chapitre II, p. 26).

J'ai pensé souvent à ces auteurs quand il s'est agi de tenter de jauger les gens, et notamment les hommes politiques. Je distingue le peuple et la foule, je n'aime pas la populace, et pire encore les populaciers.

Et j'ai fait passer, Mandela, lui aussi, pas lui seul, et pas seulement ces derniers jours, au crible de la méthode nietzschéenne.

Parce qu'il m'a semblé pouvoir, sans en mourir, affronter la prison, et sa solitude, durant de longues années, parce que parvenu au pouvoir il ne chercha pas à s'y maintenir à tout prix, je le pris en considération, sans le canoniser, certes.

Peut-être, je l'espère du moins pour lui, durant ses années de militance enfiévrées, parfois justifiées, a-t-il éprouvé ce sentiment d'un inlassable marcheur de Gallilée, pour les foules «  j'ai pitié de cette foule ». (Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 15,29-37. ).

S'il en est ainsi, on peut présumer que Nelson Mandela a souffert ce matin à Joannesbourg.

Quelle foule! Quel océan de cris, de sentiments, émotions, ressentiments, espoirs, amours, haines, illusions, mêlés, entrecroisés, manipulés, offerts à... A quoi, au fait?

Au voyeurisme des masses internationales, à la parlotte des journalistes, politiciens, manipulateurs de toutes sortes et de toutes tendances, au profit des chaines de TV. Le tout dans la parfaite inconscience, presque toujours du « brainwashing » subi à l'infini.

Il y avait là beaucoup de monde, des gens du peuple, dansant, chantant, hurlant, comme un certain dimanche des rameaux à Jérusalem ( 4 jours avant! Avant quoi? Mais le Calvaire, bande de nuls! ), des acteurs, des cabotins de la politique ( et je ne nommerai personne !  ), des criminels de la politique, Raoul Castro, Mugabe, tant d'autres. Je n'ai pas vu, et nul n'a nommé le chef Buthelezi ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Mangosuthu_Buthelezi ), mais il y était sûrement, au moins pour s'assurer que Madiba, comme dit ce grand honnête homme d'Obama, était bien mort, et qu'on allait pouvoir passer « aux choses sérieuses ».

Oui, si l'esprit de « Madiba » était présent en quelque manière dans la grande enceinte du show réalisé en son honneur, il a dû se sentir bien seul. Et je le lui souhaite. Cette amertume étant la porte nécessaire ouvrant sur un purgatoire qui mène à autre chose, « là où toutes larmes seront essuyées ».

Aussi chers lecteurs, vous ne vous étonnerez pas du choix des deux articles du dossier de ce soir ( 10 décembre ).

Ils ne sont pas dirigés contre le défunt. Ils visent à ramener sur la terre des hommes, ceux qui, peut-être, j'en connais, ont quelques peu décollé. Il n'est jamais bon de s'abandonner durablement à ces exercices de lévitation, qui sont généralement l'oeuvre du Diable, ou plutôt des diables, car ils s'agit bien de personnes humaines tout à fait concrètes,, et qui ne nous veulent pas du bien.

Il faut voir clair dans ce qui est. Clarum per obscurius!

 

E.Boulogne.

 

 






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( I ) Winnie, l’épouse encombrante de Mandela

 

http://www.dhnet.be/actu/monde/winnie-l-epouse-encombrante-de-mandela-52a2a7eb357004c37c87b1c5

 

Officiellement, Nelson Mandela et Winnie ont été mariés de 1958 à 1996. Mais le temps de faire deux petites filles, Zenani et Zindzi, le papa était arrêté en août 1962 pour n’être libéré qu’en février 1990.

Winnie fut très présente pendant le procès où elle emmenait les fillettes. Puis elle fut éloignée de Johannesburg et du Cap et assignée à résidence dans la ville de Brandfort. Après quinze ans, en 1979, elle fut autorisée à rendre visite à son mari, dans sa prison de Robben Island, une fois tous les six mois.

Lors des nouvelles flambées de violence, au début des années 80, Winnie devint un personnage public. Mais il apparut que son discours était loin d’être celui de son mari. Autant Nelson Mandela prêchait la modération et la tolérance, autant Winnie versait dans le radicalisme. "Un fermier, une balle !", lançait-elle. Ou, dans un discours datant du 13 avril 1985 : "Avec des boîtes d’allumettes et des pneus enflammés, nous libérerons le pays." Le même jour, elle réclamait le supplice du pneu enflammé autour du cou pour les traîtres noirs.

En janvier 1989, un activiste de l’ANC, âgé seulement de 14 ans, fut battu à mort. La police identifia le meurtrier : le garde du corps de Winnie, qui s’avéra avoir été aussi son amant. L’homme accusa Madame Mandela : "C’est elle qui m’a ordonné d e tuer le gamin."

En février 1990 , Winnie apparaissait au bras de son mari lors de sa sortie de prison. Il fut à ses côtés lors de son procès où elle fut reconnue coupable de kidnapping et complicité de meurtre, mais condamnée, en appel, à une simple amende.

Elle devenait vraiment une épouse encombrante. En avril 1992, son mari la quittait. Le divorce fut prononcé en mars 1996. Entre-temps, Mandela en fit quand même la vice-ministre de la Culture et des Sciences de son gouvernement. Mais après onze mois, Winnie, suspectée de corruption, fut contrainte de démissionner.

Winnie Mandela fut aussi, de 1993 à 1997, la présidente de la Ligue des femmes de l’ANC.

En 2003, elle a été condamnée à quatre ans de prison, après avoir été reconnue coupable, avec son frère, de 25 vols et 43 fraudes. Depuis qu’elle est sortie de prison, elle ne cesse de hurler que son ex-mari n’a fait que laisser tomber les Noirs. La preuve, selon elle, c’est que la magnifique statue de Nelson Mandela a été inaugurée dans le quartier blanc le plus riche de Johannesburg. Selon Winnie, il aurait dû trôner au centre du township symbolique de Soweto.



( II ) Hommage à Mandela : Obama très applaudi, Zuma et Winnie hués

 

http://www.afrik.com/hommage-a-mandela-obama-tres-applaudi-zuma-et-winnie-hues

 

Vous avez lu et entendu les pièces auxquelles ce lien renvoyait.

Je crois utile de terminer comme nous avions commencé, par une citation :

 

La parabole du semeur

Texte de l'évangile selon Luc (8. 4-15)

Jésus dit en parabole:

Le semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, quelques grains tombèrent le long du chemin, furent piétinés, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.

D'autres tombèrent sur le roc ; après avoir levé, ils séchèrent, parce qu'ils n'avaient pas d'humidité.

D'autres tombèrent au milieu des épines ; et les épines, qui avaient levé avec eux, les étouffèrent.

D'autres tombèrent dans la bonne terre ; ils levèrent et produisirent du fruit au centuple. En disant cela, [Jésus] criait: Qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende. Ses disciples lui demandèrent ce que pouvait signifier cette parabole…

Or voici le sens de la parabole : La semence, c'est la parole de Dieu. Ceux qui sont le long du chemin sont ceux qui entendent ; ensuite vient le diable, qui ôte de leur cœur la Parole, de peur qu'ils ne croient et soient sauvés.

Ceux qui sont sur le roc sont ceux qui, lorsqu'ils entendent la Parole, la reçoivent avec joie ; ceux-ci n'ont pas de racine : ils ne croient que pour un temps et, au moment de l'épreuve, ils se retirent.

Ce qui est tombé au milieu des épines, ce sont ceux qui, après avoir entendu, poursuivent leur chemin sous l'emprise des soucis, des richesses et des voluptés de la vie : ils sont étouffés et ne portent pas de fruit à maturité.

Ce qui est dans la bonne terre, ce sont tous ceux qui, après avoir entendu la Parole, la retiennent dans un cœur honnête et bon, et portent du fruit avec patience.”

 

 

 

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Odile Crock 11/12/2013 14:10





Hé oui ! il fallait en être. Certains ont fait des miliers de kilomètres pour faire les malins dans le registre de l’émotion feinte, pour capter des miettes
d’héritage, pour se faire remarquer ou tout simplement pour se distraire. L'expression "selfing" qui désigne les photos que l'on fait de soi-même est très éloquente, puisque cet exercice auquel
s’est livré Obama voulant immortaliser sa bobine à côté de celle de la séduisant “Première ministre” danoise (ce qui ne fut pas du tout du goût de “Michèle”) a permis de montrer la potacherie du
président américain venu - officiellement - se sanctifier auprès du saint homme et lui rendre hommage, mais également venu faire des relations publiques et passer du bon temps avec les grands de
ce monde qui ne sont jamais si petits que lorsqu'ils viennent verser des larmes de crocodiles dans le marigot des faux-semblants et de la récup’. Alors oui ! il devait être bien seul, l'ami
Mandela. Même l'infecte Winnie a voulu sa part du gâteau. C’est que « Madiba », c’était une tellement bonne affaire…

Ch.Etzol 11/12/2013 04:29


Ce soir aussi, entre Toussaint et Noël, un courriel de l'association "Un de Nous" confirmant  le rejet,ce jour et pour la deuxième fois par le Parlement Européen, de la résolution
Estrela.       Comme le dit si bien l'association, il faut continuer à donner de la voix à
l'embryon.           ADVENIAT REGNUM
TUUM                                                                       
Ch.Etzol


 


 


 

Ch.Etzol 11/12/2013 03:51


A Mme T. et consorts


Hier soir j'écoutais, sur une chaine de télévision, l'archevèque de Bangui évoquer le pays de son enfance où les communautés fètaient ensembles Noël ou le
Ramadan.                            Ce soir, tous les
drapeaux français devraient être en berne, pas pour Trafalgar mais en hommage aux deux soldats français morts seuls et silencieusement dans la nuit,à quinze jour de
Noël et pour l'Honneur de la France. D'aucuns diront qu'ils avaient choisi l'Armée mais quel métier ou quelle "carrière" exigent de tant, de tout donner?   Au nom de quoi
et Pour quoi ces hommes ont - ils accepté, 50 ans après leurs ancêtres, de retourner sur une terre d'Afrique pour y faire le sacrifice de leur vie?  Ni en celui de
la république ni en celui des droits de l'homme.


 Plutôt de ce que j'entendis pour la première fois devant la statue de Félix Eboué sur la place de la Victoire à PAP, lors d'un hommage rendu par l'Association Guadeloupe
2000. C'était un Discours du Gouverneur à la remise des prix du lycée Carnot en 1937, et qu'il avait intitulé "Jouer le jeu...c'est
respecter nos valeurs nationales, les aimer, les servir avec passion, avec intelligence, vivre et mourir pour elles;     ne pas se laisser séduire par l'appel des sirènes qui
invitent à l'embrigadement et répondre, en pensant aux sacrifices qu'elles exigeraient en retour:Quelle mère je quitterais!Et pour quel père!" Cet héritage d'une Nation
Catholique plus que millénaire, M Eboué notre compatriote l'a estimé suffisamment noble pour vouloir le vivre pendant vingt ans dans l'AEF et pour lui des
français d'aujourd'hui acceptent encore de mourir.  Ce n'est pas bien sûr la couverture de Elle, de Femme Actuelle où il est plus souvent question de maquillage, de
vernis,d'astrologie.  " N'arrachez pas l'ivraie, de peur en même temps d'arracher le bon
grain"                  Mais ce soir,je n"écouterai que les voix sacrées de chants
grégoriens, comme l'Agnus Dei par la Pietra que canta ou le Christe fili Dei vivi, miserere
nobis par le groupe Hortus musicus. Ch.Etzol


 


 


 


 


 

CH.FFRENCH 11/12/2013 00:17


Avant de devenir un saint, Madiba fut un assassin, mais... de blancs, donc ce n'est pas grave!