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Publié par Edouard Boulogne

Petit bétisier au sujet d'Haiti.

( Ce titre est de la rédaction du Scrutateur. Usbek est le rédacteur du blog Modestes persaneries, qui figure parmi nos liens permanents).

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18.01.2010

Encore Haïti!

Le prix quotidien de la plus belle ânerie des médias français à propos d’Haïti vient d’être décerné, après avoir été successiveùent attribué à Jean-Jacques Bourdin (qui redoutait les atteintes du froid nocturne pour les petits Haîtiens d’un orphelinat endommagé obligés de dormir à la belle étoile), puis à Edwy Plenel (avec son « Haïti pays de volcans »). Ce prix est revenu, sans la moindre contestation, à Claire Chazal qui, au journal télévisé du soir de samedi, nous a décrit « le ballet des hélicoptères au dessus de Pointe-à-Pitre » ! Tout le monde peut se tromper (surtout une blonde ! Aie !Aie ! Pas sur la tête !), mais on peut alors avoir l’élémentaire correction de présenter des excuses et de corriger une telle erreur, car je pense que, même un samedi soit, la présentatrice ne doit pas être seule dans le studio de TF1 et qu’il y avait bien là quelqu’un qui sache que Pointe-à-Pitre est en Guadeloupe et non en Haïti !

 

Dans l’actualité politico-humanitaire sur le sujet, il faut quand même faire une place à l’octogénaire Wade (ceci n’expliquant en rien cela !) qui, « bon sang mais c’est bien sûr » a soudain trouvé, tout seul, la solution aux malheurs d’Haïti. Il suffit de faire faire aux dix millions d’Haïtiens le voyage de retour vers l’Afrique ! Peut-être pourrait-on même les installer au Sénégal, en leur accordant la nationalité sénégalaise, juste avant les prochaines élections. Infirmier, emmenez-le à la douche !

 

Jamais deux sans trois. Va-t-on, sous couvert d’action humanitaire vers une troisième intervention américaine en Haïti, après 1915 (celle-ci a duré jusqu’en 1934 !) et 1994 ( 1994-2000 ; il s’agissait alors de ramener au pouvoir le président Aristide par une opération joliment baptisée « Restaurer la démocratie », les Américains réussissant mieux en général dans la dénomination de leurs opérations militaires que dans leur exécution) ?

 

La première idée de Barack Obama (faire sauter sur Port-au-Prince 3.500 parachutistes américains) n’était certes pas mauvaise sur le plan logistique, vu la difficulté de franchir les 15 kilomètres qui séparent la capitale de l’aéroport), mais elle était un peu contestable au plan psycho-politique vu les précédents que je viens de rappeler.

 

Qu’il y ait derrière tout cela un désir, du côté américain, de damer un peu le pion à l’influence française (vieille rivalité bien dérisoire du côte français surtout !), la chose est à peu près évidente, mais un enjeu si dérisoire ne peut guère intéresser que des diplomates (français surtout !), car le poids des Etats-Unis est tel que les choses vont de soi  (les Américains ont même un instant hissé le "Stars and stripes" sur l'aéroport !). Que l’administration Obama ait voulu aussi, par là et du même coup, faire oublier Katrina et la gestion calamiteuse des suites du désastre de la Nouvelle Orléans, constitue également un aspect du problème, même si l’on doit se souvenir de la toute première déclaration, stupéfiante pour le coup, du président américain parlant d’une aide de 200.000$ pour Haïti. Je sais bien que les USA sont dans la dèche, mais tout de même ! Pas très adroit non plus le fait, plus récent, de jeter, depuis les hélicoptères, des colis de vivres à la foule des affamés, comme on lance des cacahuètes aux singes d’un zoo. Enfin… !

 

On doit reconnaître que, face à l’immensité de la catastrophe (car on a surtout parlé de Port-au-Prince où ont été détruits la plupart des sièges d’institutions nationales et internationales, mais Léogane - détruite à 90% -et Jacmel, ont été aussi très gravement touchées) et à la faiblesse des moyens de secours envoyés sur place, les équipes d’intervention ne pouvaient assurément pas être partout en même temps. Il est néanmoins un peu choquant que les secours non seulement se soient portés, de façon quasi exclusive, vers les « riches » (Hôtel Montana, siège de la MINUSTAH, etc.) et, pire encore, que les Haïtiens aient été laissés de côté, les équipes de l’ONU traitant le site de l’ONU, les françaises se préoccupant de rechercher d’abord des Français, comme les Canadiens ne s’intéressaient qu’aux seuls sites où pouvaient se trouver des Canadiens, les derniers étant, à cet égard, assez naïfs pour poser bêtement la question d’emblée, avant toute intervention, comme à l’usine textile de Carrefour ! Finalement, on a pu y faire intervenir une équipe guadeloupéenne parce que l’un des cadres haïtiens recherchés avait un passeport français !

 

Le degré de désarroi des autorités locales est donné par la président Préval lui-même qu'on filmait, errant ici ou là, allant par exemple à l’aéroport pour y solliciter de l’organisation américaine la recherche d’une parente de l’un de ses amis ou se déclarant sans domicile fixe puisque sa résidence comme le palais présidentiel sont détruits. On a vu aussi le Premier ministre dire aux journalistes qu’il en était réduit à dormir désormais dans sa voiture. Réalité ou plan de communication pour calmer les esprits qui s’échauffent de plus en plus ? On ne sait pas laquelle de ces deux hypothèses est la plus inquiétante pour le pays.

 

Une bonne nouvelle pour finir et qui , en quelque sorte, résume et symbolise le point de vue exprimé ci-dessus. On a fini par retrouver et sauver, vendredi soir, après quatre jours de recherches et d’efforts, dans les ruines de l’hôtel Montana, la propriétaire de cet établissement ! Comme disait le Père Hugo « Cent maravédis valent-ils une piastre ? ».

 

Dimanche 17 janvier 2009, 16 heures 30 (heure française) : premier mort des émeutes de la faim sur un marché de Port-au-Prince où la police a dû tirer sur la foule.Ce n'est hélas pas le dernier!

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dolto 20/01/2010 16:00


DOMOTA ce jour dans une intervention au journal france antilles déclare que l'occident ( usa,canada ,france) pille et vole HAITI .rétablissons les faits :


Haïti, pays de douleurs ou il n'y a rien a piller ni meme a voler mais qui constitue une charge terrible pour la communauté internationale .
Population: 8,7 millions habitants (estimation 2008). La diaspora haïtienne est estimée à deux millions de personnes (notamment aux États-Unis, au Canada et en République dominicaine)
Superficie: 27 750 km2
Langues: créole, français
Religions: catholicisme, protestantisme, vaudou
Président: René Préval
Capitale: Port-au-Prince (environ 2,5 millions d'habitants)
Monnaie: la gourde, 100 gourdes = 2 dollars canadiens
Fête nationale et de l'indépendance: 1er janvier
Haïti est le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord. En 2009, Haïti est passé du 146e an 149e rang, sur 152 pays, du classement du développement humain dressé par le Programme des Nations unies
pour le développement (PNUD). L'espérance de vie y est estimée, selon l'organisme onusien, à 59,5 ans.
Le taux d'alphabétisation est de 51,9 %. Toujours selon le PNUD, 500 000 enfants en âge d'être à l'école ne sont pas scolarisés.
Sur le plan économique, le produit intérieur brut (PIB) en 2007 était de 6,13 milliards de dollars américains. Le PIB par habitant est de 639 dollars américains par personne, selon les chiffres
de la Banque mondiale de 2007.
Les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté (moins de 2 $ US par jour et par personne) et 1 % de la population détient 50 % de la richesse du pays.
Si le taux de croissance a atteint 0,3 % durant l'exercice budgétaire 2006-2007, le taux de chômage, selon les chiffres officiels du gouvernement pour 2008 est de 72,7 %.
Les transferts financiers de la diaspora haïtienne sont estimés à plus de 1,6 milliard de dollars américains en 2005, soit 30 % du PIB.
L'aide internationale pour le budget de l'État haïtien est estimée à 500 millions de dollars américains par année.
L'importance de l'agriculture
Les deux tiers des Haïtiens dépendent du secteur agricole. Ils produisent du sorgho, des haricots, des tubercules, ainsi que de la coca depuis quelques années.
Il y a peu de terres arables, et les rendements sont très faibles, notamment à cause de l'érosion des sols. Les récoltes ont toutefois été plus abondantes l'année dernière, ce qui a fait baisser
le nombre d'Haïtiens en situation d'insécurité alimentaire de 3,3 millions, fin 2008, à 1,9 million. Le pays doit toujours importer plus de 80 % de la nourriture nécessaire à ses quelque 9
millions d'habitants.
Les pratiques agricoles ont augmenté les périodes de sécheresse, et la déforestation se poursuit, ce qui rend l'île encore plus vulnérable aux désastres naturels. Seulement 2 % de la forêt
initiale subsiste.
Une économie fragile
En dépit d'une aide considérable consentie par la communauté internationale, Haïti est entré en récession en 2001, pour en sortir en 2005. Le pays, qui a alors payé ses arriérés dus à son
principal créancier, la Banque interaméricaine de développement, ce qui lui a permis de réintégrer la communauté financière internationale. Cette dernière dresse un bilan honorable des réformes
structurelles effectuées par le gouvernement du président Préval, arrivé au pouvoir en 2006.
La reprise des exportations textiles, notamment, a permis d'enregistrer une croissance d'environ 2 % en 2009. L'inflation a fortement baissé. Tout cela n'a cependant pas fait reculer la
pauvreté.
Haïti continue de souffrir d'un manque d'investissement dû à l'insécurité et d'un déficit commercial très important. Les problèmes d'infrastructures demeurent criants, avec seulement 15 % des
routes asphaltées.
Un pays durement touché par les catastrophes
Selon une étude de la Banque mondiale publiée en 2006, Haïti est l'un des pays les plus vulnérables aux catastrophes naturelles. « Son extrême vulnérabilité face à ces événements résulte de
niveaux de pauvreté élevés, d'une infrastructure inadaptée, d'un environnement dégradé et d'une série de gouvernements inefficaces confrontés à de graves problèmes fiscaux », peut-on lire sur le
site de l'organisation.

1994: L'ouragan Gordon fait un millier de victimes en Haïti.

1998: Le passage de l'ouragan George tue plus de 200 Haïtiens.

2004: Accompagné d'inondations et de coulées de boue, l'ouragan Jeanne balaie une partie du pays, principalement dans les Gonaïves, dans le nord. Bilan: plus de 3000 morts. Les sinistrés sont 100
fois plus nombreux.

2008: En quelques semaines, les tempêtes tropicales Fay, Gustav, Hanna et Ike frappent le pays, faisant plus de 300 morts et des centaines de milliers de sans-abri. La situation est
particulièrement dramatique dans les Gonaïves.
comment dans de telle conditions peut t on encore soutenir que haiti est convoité par des puissances étrangéres alors que c'est le néant économique qui prédomine dans ce pays .
Les nombreux articles qui ont paru dans la presse sur Haïti tracent un portrait dévastateur. « Soixante pour cent de la population du pays le plus pauvre de l'hémisphère occidental est encore
illettrée et survit avec moins d'un dollar par jour ».
« Alors que l'intervention internationale commence, elle fait le constat d' un état faible pour ne pas dire inexistant et financièrement coincé, incapable de satisfaire aux besoins élémentaires
de son peuple. À peine un quart de la population a accès à de l'eau potable, et la plupart des Haïtiens n'ont ni électricité ni téléphone. Près de la moitié des enfants de moins de cinq ans
souffrent de malnutrition, et les dépenses annuelles per capita pour la santé sont de $21, comparativement à $38 en Afrique sub-saharienne. »Un rapport plus récent du Toronto Star évalue ainsi
les conséquences de l' inéfficacité de l'état depuis l'indépendance » : « La misère est aussi profonde, les détritus continuent de s'accumuler, les gens sont toujours aussi malades et la
situation politique reste aussi fragile qu'elle l'était, disons, il y a 200 ans. Sur toutes les questions cruciales, les choses continuent d'empirer. Il n'y a pas de junte militaire certes, mais
il y a la répression politique, la peur, de continuels troubles politiques et l'émergence d'un autre genre de Tontons Macoutes, l'ancienne machine à tuer de la dictature des Duvalier. » L'article
soulève la question clé : « Pourquoi les conditions ne se sont-elles pas améliorées depuis l'indépendance malgré un haut niveau d'assistance et de participation étrangères? »





Bourdelat Dominique 19/01/2010 23:54


Bien que les propos de Madame CHAZAL n'aient pas toujours été clairs, j'ai le souvenir qu'elle a présenté ses excuses en rappellant que  POINTE A PITRE était en Guadeloupe et qu'il fallait
bien sûr corriger car   PORT AU PRINCE restait bien la capitale d'Haïti. 


SOSTHENE 19/01/2010 23:11


Dans le meme ordre d'idée , la journaliste de France Inter ,  samedi soir dernier , confirmait que les marines américains avaient pris le controle de l'aéroport de Pointe à Pitre . Quelques
secondes plus tard , elle désignait l'archeveque de Paris par le nom de Mgr Jean vingt trois. La volaille médiatique caquette à tort et à travers !