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Publié par Edouard Boulogne

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Nous cherchons tous à persuader les autres de quelque chose, de façon intéressée ou non, dans la vie quotidienne. Par exemple que nous les aimons ou pas, que nous les estimons ou pas, que le produit que nous leur proposons d'acquérir est de qualité, même s'il n'en est rien, que notre projet soit sincère et loyal ou non.

Les procédés de persuasion sont divers.

Ils peuvent relever de l'argumentation rationnelle. C'est le mode d'opérer ( réellement ) philosophique.

Ils peuvent être d'une tout autre nature, et « franchement » déloyaux.

La publicité commerciale, la propagande politique, tout en protestant hautement ( trop ! ) de la pureté des intentions de leurs auteurs est à ranger plutôt dans cette dernière catégorie.

Nous nous croyons peut-être trop à l'abri de leurs effets, surestimant par là nos capacités critiques.

Les spécialistes en communication savent mieux que personne que les vieilles techniques publicitaires ( la "réclame" des temps anciens ) coûtent bien plus cher qu'elles ne rapportent.

Car il n'est pas certain que le slogan « Paic ( ou Omo ) lave plus blanc », convainque véritablement le client des supermarchés.

Et ce doute est encore plus évident dans le domaine de la politique. Dans le défilé des candidats aux élections, sur les petits écrans, la vue de l'un ou de l'autre, François, ou Nicolas, nous assurant chacun qu'il est le meilleur ne fait pas pencher d'un degré, à droite ou à gauche le curseur que leur discours devrait, en principe, ébranler.

Dès que paraît Nicolas, par exemple, dans ce foyer des bobos du Marais à Paris ( bourgeois bohème ), le cercle des électeurs ricane à grands cris, et vice versa. Qu'a-t-il dit à la fin de son temps de parole? Voici ce que serait bien en peine de dire le petit aréopage, tant il s'est contenté, pendant le temps imparti de vitupérer sa petite taille, ses tics, son sourire ( cynique, of course! ), etc.

Les « maîtres » en communications prétendent, et peut-être ont-ils raison, que rien ne vaut pour bien agir en faveur de Nicolas ( ou d'un autre ) le discours d'une tierce personne, le journaliste « honnête » par exemple ( un type bien ! ), ou le politicien centriste ( ni droite, ni gauche ) qui commence par assassiner Nicolas en paroles. Le cénacle bobo, ou coco, écoute ravi, sidéré, et religieusement. Mais notre homme, subitement infléchit le discours : « il faut toutefois reconnaître que sur tel point, ou tel autre, le cher Nicolas, n'a pas tout à fait tort, et que sur ce point particulier, il a même raison ».

Nos bobos, sauf à s'avouer qu'ils sont partisans et de mauvaise fois doivent encaisser, et le message commence à circuler en eux, souterrainement.

C'est le début de l'action de ce que naguère Vance Packard appela «  la persuasion clandestine ».

Pendant près de trente ans, madame Suzanne Labin, éminente politologue, connue dans le monde entier, et qui offrit gratuitement à mon ancien journal Guadeloupe 2000, une chronique mensuelle passionnante de politique internationale, expliqua certaines des techniques de propagande soviétique, par persuasion clandestine. Par exemple, dans un film, n'importe lequel, un western par exemple, on glissait dans la pellicule quelques images portant l'inscription d'un slogan ( l'URSS veut la paix ). Images trop peu nombreuses pour être identifiées par les spectateurs, ( qui ne voyaient qu'un saut d'images ), mais enregistrées par leur subconscient, et susceptibles d'influencer leur comportement à leur insu quand le même slogan était repris en d'autres occasions ( en visionnant un de Funès, par exemple ). ( Comme disait Orwell : « 4500 répétitions d'un mensonge font une vérité » ).

Dans son excellent traité de Sociologie politique, Roger-Gérard Schwartzemberg, cite une interview du journal Le Monde du 18 janvier 1974, où William Burroughs déclarait : «  Les médias peuvent être également utilisés par chacun d'entre nous. Supposez que l'on « mixe » un discours de Nixon avec des bruits désagréables, d'animaux par exemple, et qu'on diffuse ces enregistrements dans la rue. Sans même s'en rendre compte, les passants absorberont ces associations, comme ils absorbent les associations publicitaires, et petit à petit ils seront touchés par le virus anti-Nixon. Il faut briser les lignes d'associations officielles ».

Ce midi ( du 03 mars 2013 ), j'écoutais sur la chaine LCI une émission économique intitulée Vu d'ailleurs. Elle rassemble sous la direction d'un animateur, divers journalistes de la presse internationale, généralement de gauche, et jusqu'à une date récente assez subtils, mais qui, à mesure que la politique du gouvernement hollandiste dégrade la situation de la France, se révèlent pour ce qu'ils sont : des supplétifs du PS choisis pour dorer la pilule, aussi longtemps qu'il sera possible de le faire.

Je n'en retiendrai qu'un exemple de l'application de la technique de persuasion clandestine.

Comme l'animateur évoquait le projet imminent d'augmentation du taux de TVA par le gouvernement Ayrault, et comme on venait de repasser 30 secondes d'une séquence télévisée d'avril 2012, où NKM était opposée à J.M Ayrault, lequel disait, que contrairement à Sarkozy qui préconisait un relèvement dudit taux, jamais un gouvernement socialiste ne prendrait une telle mesure, un journaliste italien suggéra que c'était le propre de l'opposition de tenir de tels propos en période électorale. Mais l'instant d'avant il avait critiqué le député «  de droite » qui reprochait ses contradictions au gouvernement actuel sur le revirement socialiste, parlant de la démagogie de la droite face à Hollande «  qui doit affronter une situation difficile ». Ah bon! Deux poids, deux mesures, donc, comme d'habitude.

Mais faut-il relever le taux de TVA? lui redemande-t-on. «  Je crois que oui », répond notre transalpin. Mais, poursuit-il «  C'est une mesure difficile pour la gauche, car ce n'est pas la technique la plus juste ». Et voici, pour le téléspectateur, disons normal, le présupposé, infatigablement répété, sur les médias, à l'école et partout : La gauche est juste. Quand elle prend des mesures de rigueur c'est qu'elle ne peut faire autrement. Quand c'est la droite qui prend les mêmes, c'est parce qu'elle est injuste, par nature, entièrement mue par l'appât du gain et la cupidité ». CQFD.

J'aurai l'occasion de revenir sur la persuasion clandestine dans les domaines de l'école et de la culture ( kylti ! Aahhh! Kylti! ) que je n'ai fait qu'évoquer ce soir.

A bientôt.

 

E.Boulogne. 

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Elle 50 04/03/2013 08:14


Démontration claire de ce que l'on appelle la "manipulation". Tout y est. Mais après avoir gobé les promesses de la gauche, le peuple ouvre maintenant les yeux : la grogne monte, à tel point que
je me demande si le 30 % de satisfaits de Hollande n'a pas été un peu "gonflé".