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Publié par Edouard Boulogne

 

Un dossier sur l'Eglise catholique en Guadeloupe.

 

img046.jpg  ( O! Yé! ).

 

 

 

L'hebdomadaire Nouvelles semaines ( n°26, du 7 au 13 octobre 2010 ) consacre un dossier à l'Eglise catholique aux antilles françaises; dans lequel l'Eglise en Guadeloupe se taille la part du lion.

La pièce maîtresse en est l'entretien accordé par M. Jean Hamot, administrateur diocésain ( en l'absence d'évêque en Guadeloupe depuis maintenant deux ans).

Entretien digne de l'interviewé, c'est à dire à peu près nul.

A la question, par exemple : Reconnaissez-vous qu'il y a une crise du catholicisme en Guadeloupe? M. L'administrateur ( « J'ai droit au titre d'évêque ») répond de façon à notre avis spécieuse : « De l'Eglise catholique, pas du catholicisme. Il ne faut pas confondre. Autrefois l'Eglise était « la référence », tout passait par l'Eglise. Maintenant, on on n'a plus besoin de Dieu. Tout se règle par la rentabilité. C'est l'argent roi  (….) ».

Etrange! Le catholicisme est une doctrine. Il a un contenu intellectuel objectif ( vrai ou faux, c'est un autre problème). De la même façon, les religions de l'Egypte antique constituaient un corps doctrinal, que les Egyptologues connaissent et enseignent aux amateurs d'histoire religieuse. Ce corpus, n'a plus qu'une existence de papier. Il n'est pas en crise. Ce qui l'a été c'est l'ensemble des croyants qui le désertèrent peu à peu, il y a des millénaires.

De même, ce qui est en crise, aujourd'hui, c'est l'Eglise, la communauté des croyants. Et, disons-le nettement, cette crise ne date pas d'hier. Au soir du vendredi Saint l'Eglise catholique ( de droit, même si elle ne portait pas encore cette appellation) passait, trois jours avant la Résurrection ( selon les croyants ) par une sacrée crise. Et elle a, même au moyen-âge, le temps de la « chrétienté », toujours été en crise. Et j'ajouterai même que cette crise est la donnée sans doute la plus permanente de tout organisme, qu'ils soient biologique, ou social, la marque que cet organisme est vivant, et qu'en tant que tel, il mobilise, autant que faire se peut, l'ensemble des forces et des données qui résistent à la mort.

Toujours l'Eglise, et chaque chrétien en particulier, s'il reste vivant est conscient de l'immense différence qui existe entre la santé, et l'état actuel, où l'on se trouve, et qui est toujours en deça de l'idéal.

La crise n'est pas un idéal, elle est le signe d'une vitalité et d'une conscience qui s'inquiéte, qui incite à la conversion, à la longue marche vers l'accomplissement de soi, dans et par l'Eglise.

La perte du sens de la crise est le début de toute capitulation, et de toute nécrose. Elle se discerne dans les propos de M. L'administrateur, par ce propos en page 20, de l'hebdomadaire : «  La pédagogie ( de l'Eglise en Guadeloupe » Note du Scrutateur) correspond au monde d'aujourd'hui ». Bref, tout est pour le mieux dans la meilleure des Eglises possibles ( celle de Guadeloupe). L'on se complait dans l'autosatisfaction, et dans la tranquillité hébétée de ceux qui s'estiment irréprochables et sans fautes, des cathares en quelque sorte , à la mesure de notre siècle.

Plus loin, il est demandé à « monseigneur » si l'Eglise est suffisamment proche des gens. Réponse :« (…) Tous les baptisés doivent construire construire le royaume de Dieu. La position de l'Eglise est que chacun doit témoigner à sa place, dans son travail, dans la politique.... c'est là qu'il doit témoigner. Durant la crise sociale de janvier 2009, on a pris le temps de réfléchir (sic!!!) avec des chrétiens participants au mouvement. Ce fut l'occasion de faire la « révision de vie ». Depuis le concile de vatican II, l'Eglise est le peuple de Dieu. Chacun à sa place. Pour citer Saint Paul : vous êtes le corps du Christ ». ( sic!!!).

Si l'on comprend bien son excellence, ce n'est qu' à partir du concile Vatican II ( un grand concile il est vrai. Note du Scrutateur) que l'Eglise catholique s'est considérée comme le peuple de Dieu. Bien sûr, on se donne une apparence d'orthodoxie, en évoquant Saint Paul.

Mais entre lui et nous, quelle parenthède, mes amis », quelle énorme béance. Heureusement, « monseigneur » est arrivé. O yé!

Evidemment mieux vaut lire cela que d'être aveugle.

Tout est à l'avenant dans cette interview, qui dénote cependant que si l'état de crise est propre à la vie, il ne faudrait toutefois pas s'y complaire, et que la crise non soignée aboutit à la mort. C'est pour cela que nombre de nécrophages sont tellement à l'affût de ce qui peut accélérer le déclin supposé, en tout cas espéré par ces observateurs, partisans ou non d'une spiritualité laïque, ( cf p.3 ) voire athée ( sic ) ce qui est une contradiction dans les termes, puisque l'athée, participant d'une philosophie matérialiste, donc exclusive de l'esprit, ne peut offrir en guise de spiritualité que l'équivalent, par analogie, d'un Canada Dry par rapport à un Talisker -vingt ans d'âge.

L'interview de M. Hamot est encadrée de divers articles de journalistes, assez fournis en approximations et en en petites perfidies à l'encontre de l'Eglise catholiques. Mais après tout, ces enquêteurs n'engagent qu'eux-mêmes, en toute liberté. Le meilleur, ou le moins mauvais de ces articles, est celui de madame Marie Terrasse, malgré un titre un peu trop racoleur : «  Les prêtres ont-ils droit au 7ème ciel ».

Je voudrais toutefois attirer l'attention de mes confrères des Nouvelles Semaines, qui ne veulent apparemment pas trop de bien à l'Eglise catholique, que si leurs actions, et celles de leurs nombreux semblables devaient aboutir à un déclin durable voire définitif de celle-ci, l'espace « libéré » pourrait bien l'avoir été au profit de la religion de Mahomet, très dynamique actuellement.

Alors, mesdames et messieurs, la situation des informateurs religieux de vos publications pourrait devenir problématique.

Do you understand me?

Dans l'attente de cette nouvelle aurore ( Alah! Akbar!) : Carpe diem.

 

Marc Decap.

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