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Publié par Edouard Boulogne

Le Scrutateur publie d'abord le communiqué des parlementaires d'outre-mer , qui incite à ne pas céder «  au chantage » des acteurs de la filière.

Il publie ensuite, l'article que nous a envoyé M. Franck Maynadié, qui s'applique à tenter de rendre claires les données de cet interminable conflit, assez compliquées pour le commun des mortels, c'est-à-dire l'immense majorité des citoyens français d'outre mer. LS.

Greve-stations-services.jpg

Le communiqué des parlementaires d'Outremer

« Après un mois de janvier consacré à des réunions techniques pour la mise en œuvre des décrets du 31 décembre 2013 sur la réforme de la fixation des prix des carburants Outremer, les gérants de stations-services ont brutalement quitté la table des négociations après 2 heures de réunion justement consacrée à l'examen de leurs propositions et appellent déjà à une grève en menaçant donc de nouveau les consommateurs.

Les parlementaires d'Outremer appellent fermement le Gouvernement à ne pas céder à ce chantage organisé par quelques compagnies pétrolières dont le bénéfice annuel net avoisine les 40 millions d'euros dans l'Océan indien et 33 millions d'euros aux Antilles-Guyane au détriment du consommateur ultra-marin.

Ils rappellent notamment aux gérants de station service que leur marge nette n'est pas impactée par la réforme ainsi que celle des grossistes : seule la marge des compagnies pétrolières est impactée par la réforme afin d'aboutir à une baisse du prix à la pompe.

Les gérants de station service doivent donc cesser de se laisser manipuler par les compagnies pétrolières qui les utilisent pour défendre leur seule rente de situation outre-mer ».

FIN DE COMMUNIQUÉ.



Sur le problème des carburants : une analyse sérieuse de Franck Maynadié.

 

Sara-Martinique.jpg


Le décret de 2010 est clair, il n'a pas touché les marges existantes, il a forcé la SARA à dévoilé le chiffrage de ses coûts et donc à généré une dure négociation, entre la SARA et l'état, pour aboutir au décret actuel.


De tout temps, nos politiques locaux ont tempétés contre les bénéfices "énormes" que les compagnies pétrolières font "sur le dos des Guadeloupéens" en profitant des prix réglementés. Affirmation non prouvée.


A la faveur des élections de 2012, Mr LUREL à émis une loi sur la vie chère qui lui a fourni les armes nécessaires pour mettre à genoux les différents acteurs de la filière carburant.

 Les premiers visés car les plus inaccessibles jusqu'alors, les compagnies pétrolières en tant qu'actionnaires de la SARA et en tant que distributeurs grossistes.


Le décret en prévision vise donc à réduire au maximum les marges des compagnies.


1er argument:les compagnies sont actionnaires de la SARA et grossistes. Elles touchent donc deux fois. Sans oublier qu'elles facturent un loyer aux stations que celles-ci payent avec une partie de leur marge fixée par le décret ! Pour nos politiques, les compagnies prélèvent donc à trois niveaux sur le système que l'Etat met en place pour fair payer les consommateurs !!!


Attention, depuis quelques années, une compagnie locale CAP existe et n'est pas actionnaire de la SARA. De même GPC, même si il n'existe qu'une seule station à cette enseigne. Donc pour ces 2 compagnies locales les seuls bénéfices possibles, sont la marge du grossiste et les loyers. Si donc MEDETOM influe sur ces deux postes, la question de leur survie sera posée.


2ème argument:l'approvisionnement de la SARA. Là encore est dénoncée l'opacité du système. Les seuls compagnies pétrolières fournisseurs de la SARA sont les actionnaires de la SARA. ( bénéfices supplémentaires pour celles-ci)


Le décret de 2010 à institué une clarté de la règle qui en fait cache la possibilité pour les acteurs en amont de continuer à bien gagner de l'argent. Le prix d'achat des carburants est fixé en fonction de l'indice du BRENT et du Dollar combiné. Or il apparaît que l'autre indice le plus usité, celui de New-York, est constamment moins élevé. Et les fournisseurs de la SARA ont la
possibilité de fournir ce client, c'est à dire eux-mêmes, à partir de n'importe quelle origine et au prix qu'ils contribuent à fixer.


Bref, les compagnies gagnent de l'argent. Pas toutes au même niveau. Les compagnies locales sont loin de s'enrichir. De plus, vous en parlez dans votre article, la SARA à décidé de ne plus gérer les stocks stratégiques. De quoi s'agit-il ?


Toute compagnie pétrolière doit avoir à sa disposition des stocks dit "stratégiques"qui correspondent à la quantité vendue en un mois. Jusqu'à ce jour, la SARA, dont les actionnaires étaient la
totalité des compagnies présentes en Guadeloupe, gérait pour elles ces stocks stratégiques. Depuis décembre 2013, la SARA à décidé de ne plus rendre ce service. Or deux des compagnies actuelles sont Guadeloupéennes et non actionnaires de la SARA. Conséquences: la SARA va vendre ses stocks stratégiques actuels; les bénéfices qu'elle va en tirer vont remonter aux compagnies actionnaires; les compagnies vont utiliser ces bénéfices exceptionnels pour reconstituer des stocks stratégiques à leur nom, dans les mêmes dépots à la SARA. Sauf pour les 2 autres compagnies, qui elles doivent trouver de l'argent frais pour constituer leur propres stocks stratégiques et négocier avec la SARA le stockage de ceux-ci dans ses réservoirs.


La question de base qui se pose aujourd'hui est la question de la raison d'être des acteurs de la filière.


Tous les acteurs sont des agents économiques. Et tout agent économique, pour survivre doit générer du profit. Dans un système règlementé, c'est le consommateur final qui alimente les acteurs concernés.


Les acteurs doivent-ils continuer à gagner de l'argent ? Le consommateur doit-il continuer à alimenter les acteurs économiques qui font marcher le système,
mais également les collectivités qui vivent des taxes prélevées sur chaque litre vendu ?


Le ministre met en avant la volonté du gouvernement de clarifier les choses pour que le consommateur paye moins cher, parcequ'on aura forcé à la baisse des marges.


Mais qui pourra imposer à quelque acteur économique que se soit, de travailler s'il ne gagne pas assez d'argent ?Le gouvernement va t-il dire combien chaque acteur devra gagner pour avoir l'honneur de travailler ? Serons-nous demain dans un marché du carburant où l'Etat obligera des sociétés privées à travailler selon son bon vouloir ?


La menace qui pèse sur les gérants est plus que sérieuse. Si demain les compagnies n'ont plus assez de marge, telle qu'elles l'entendent et non tel que l'entend notre ministre, elles iront la
chercher là ou elle se trouve. En premier lieu chez les gérants. 0.12 centimes qui servent à faire vivre les gens qui travaillent dans les stations. Du gérant aux salariés.


Donc on remplace les gérants "libres" par de simples salariés et quand en réaction l'autorité baissera les marges des stations, elles se sépareront des salariés, comme en Europe et généraliseront les pompes et les stations automatiques. Elles diminueront le nombre de stations sur le territoire et adopteront ici les méthodes de là-bas.


Quand on sait que l'Europe s'est un jour rendu compte que les compagnies s'entendaient sur les prix à pratiquer sur le continent, on imagine le pouvoir que pourra avoir notre préfet ou notre Président de région pour dicter sa loi à des compagnies dont les sièges ne seront plus chez nous et qui n'ayant plus de marges confortables à négocier, feront ce qu'elles voudront ou s'en iront.


Qui aujourd'hui pourra imposer à la SARA, ne serait-ce que d'exister ?
Qui pourra forcer des compagnies même Françaises à travailler chez nous, pour des clopinettes ? Personne.


Certe le prix du carburant actuel dans les DOM est élevé. Certes il existe des marges de manoeuvre sur l'approvisionnement de la SARA. Mais les seules actions sur les acteurs économiques sont dangereuses de conséquences irréversibles sur le système. Voulons-nous changer de système ?


Par contre il est aussi possible de travailler sur la baisse des taxes, l'autre poste le plus important du prix du carburant. Mais nous savons que cette mane versée par les consommateurs, sert à alimenter les communes. Et nous savons que par le côté plétorique des emplois générés par le clientélisme, elles ne peuvent pas s'en sortir sans la taxe sur le carburant. Et là bien sûr, le gouvernement n'a pas fait de loi pour imposer aux collectivités quelles qu'elles soient de financer leur dépenses avec leur propres ressources.


Les gérants se battent donc, parce que les compagnies leur ont bien expliquées que si on baissait leur marge, elles allaient changer le système et que dans le futur système, ils n'auront pas leur place. Et les salariés des stations, qui pour des raisons politiques et syndicales, ne veulent pas se mêler de ce sujet, feraient bien de réfléchir aux conséquences. Car dans les temps
de crise, les premiers à souffrir, sont les plus petits.


Frank Maynadié

 

 

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Gabriel Dange 29/01/2014 19:30


Qu'est-ce qu'il se passe ? Les "pétroliers" n'auraient-ils pas arrosé qui il fallait comme il fallait ?

Dissident 29/01/2014 19:29


http://www.usinenouvelle.com/article/rubis-le-petrolier-des-iles.N193977


Un des principaux actionnaires de la Sara s'appelle Rubis.


Son axe de developpement c'est la petite logistique que les grosses Cies pétrolières ne savent pas faire.


Ils sont très actifs et très spécialisés, ils reussissent fort bien dans des niches comme les notres.


L' actionnaire principal c'est Total.


Ces gens là ne laisseront jamais Lurel rogner leurs marges, jamais, ils exigeront des compensations en échange et on leur livrera sur un plateau, les tetes réduites
des petits "gérants" antillais, de leurs pompistes et des grossistes locaux.


Qui est le plus puissant, Lurel ou bien Total ?


Non, vous avez probablement raison et l'article dit sans doute vrai : la baisse temporaire des prix se fera sur le dos des acteurs antillais qui seront éliminés du circuit.


On applaudira alors à grands bruits aux pompes automatiques et à l'élimination des gérants!


On criera meme au miracle! et Lurel sera probablement hissé sur le pavois! et puis, une fois le ménage fait et le soufflé retombé, les prix remonteront dans l'indifference générale.


Si ces hypothèses se vérifient, le coup aura été magistral.


 


 


 


 


 

Léon Dy 29/01/2014 19:29


Le gros problème, c'est que le socialisme est laxatif par essence (sans jeu de mot). Il importe donc pour les parasite des différentes adimnistrations (ministères compris) de se faire remarquer
en étant un peu plus kalxonnants que les autres dans la "laxation". D'où des raisonnement à loix de coco(muniste), des cibles et des quantités de prétendues informations qui ne sont pour les unes
que des raccaourcis, pour les autres des mensonges et dans tous les cas ds slognas. Comme ces messieurs ont tout leur temps, ils ne s'en privent pas. Et c'est ainsi, cgacun voualant à la manière
de certaines créatures marquer son territoire de ses excréments que l'on en arrive à des situations d'autant plus explosives que les gen squi travaillent ont autre chose à faire que de traquer
l'opinion publique afin d'y déverser leurs slogans, sans compter qu'ils doivent comter sur leurs propres deniers pour défendre leur point de vue alors que celui "de l'État" est par définition
financé par... l'Etat. C'est pour cela qu'il y a du comique lorsque l'on entend que tel ou tel acteur de l'éconoùmie "touche" deux fois, voire trois. Et que les parasites administratifs ne
viennent pas dire qu'ils paient eux aussi des impôts, car c'est faux : leurs impôts sont payés comme leurs traitements, leurs avantages en nature, leurs rentes, leurs privilèges, leurs
gaspillages, leurs excès en tous genre et eurs retraites par les contribuables qu'ils s'ingénient à empâcher de travailler, tout cela pour faire les malins et impressionner la masse des ignorants
qui préennise leurs rentes de situation. En attendant, on observe que le communiqué des "politiques" s'amuse à désigner les affreux (les pétroliers) visés par l'héroïque lutte de M. Lurel pour
faire triompher le bonheur dans "les" outremer et de désigner à la vindicte publique (c'est-à-dire aux empêchés - nom que l'on devrait désormais donner aux prétendus usagers) les empêcheurs de
couoper les jarets, autrement dit les gérants de station service. Comme d'habitude, les politiques se lavent les mains de leurs malpropretés...

GUILLOU Jacques 29/01/2014 13:40


total et ses associés possèdent donc tous les maillons de la chaine carburants en Guadeloupe.Je dis:Bien joué sur le plan statégique:cela leur donne la maîtrise des différents rouages,sauf
gérants et salariés!Si les actionnaires n' étaient pas les même,ça changerait quoi?Rien quant aux prix,tout sur des dérapages au niveau des interfaces.Que les prix soient élevés,sans doute mais
ils sont dus aux taxes et ça,tout le monde le sait.Pour moi,la démonstration de Franck Ménadié est stérile,car il manque les chiffres:bénéfices des pétroliers en pourcentage comparés aux taxes
des organismes qui nous gouvernent.


Encore une fois,il n'appartient pas à l'Etat d'imposer ses dictacts sur les sociétés privées et il ne peut pas le faire,sauf à demander gentillement!ou à être actionnaire majoritaire.(mais
là,bonjour les dêgats!)


Que les élus baissent leurs taxes et arrrêtent de nous POMPER notre argent.


 

FREDERIC 29/01/2014 12:46


LA QUESTION DES DECRETS LUREL


La riposte si elle doit exister ne peut se faire que dans la contestation juridique et non polémique ou politique. Que ces décrêts et leurs arrêtés en gestation soient déférés par requête devant
le Conseil d'Etat et devant chaque Tribunal Administratif avec une demande de sursis à exécution. Le Gouvernement devra alors réagir aux arguments présentés et les Juges du droit administratif
devront se prononcer pour préciser au Gouvernement quelle est oui ou non la légalité de ses demandes de mettre sous gestion administrative la gestion d'une entreprise privée .


Mais chercher une épreuve de force comme les bonnets rouges ou autres, nous n'avons pas la force de le faire et la promenade en voiture, plus que la nécessité de la voiture comme outil de travail
sera un facteur qui éloignera d'une action populaire toute pression sur les hollandistes sectaires et fanfarons.


Alors une bataille sur le terrain du droit avec des arguments sensibles c'est cela qui devrait être le début de la lutte contre ceux-ou celui- qui cherche comme TAUBIRA un sceptre de meilleur
ministre des outre mer.


Mais qui osera???????


ATHOS