Point de vue sur l'identité nationale.





( Un de nos lecteurs nous envoie ce texte, qui est sa contribution au débat en cours sur l'identité nationale française. Ce texte est remarquable, car il va à l'essentiel. Il recoupe assez largement mon point de vue personnel sur la question, et je le publie avec le plus grand plaisir. La France a une identité riche et complexe. Elle ne se fonde pas sur la race, ni même sur la religion, même si la religion chrétienne a joué un rôle fondamental dans sa formation, ce qui explique que longtemps la France ait pu être qualifiée, sans excès ni ridicule, la « fille aînée de l'Eglise ». Elle s'est constituée lentement au cours des siècles, ce qui explique qu'en son sein vivent plusieurs identités régionales, y compris les identités créoles, auxquelles le Scrutateur a consacré de nombreux articles que l'on peut retrouver dans nos archives, sous la catégorie « identités culturelles »?

Donc, une identité plurielle comme on aime à dire aujourd'hui. Plurielle, diverse, complexe, et appelée sans doute à s'enrichir encore....mais UNE.

La perte de ce point de vue de l'UNITE entrainerait la mort de la France, avec sa balkanisation, sa réduction à une société multiculturelle source de guerres civiles.

On ne peut qu'être inquiet quand après un match de football entre l'Egypte et l'Algérie, au Caire, des supporters de l'Algérie, vainqueur, (faut-il dire « vainqueuse » pour être dans la mode qui consiste à mépriser la syntaxe française, au nom de la féminisation des noms, dernière lubie des poseurs et poseuses qui détruisent, avec la syntaxe, une des composantes essentielles de l'identité française ), des supporters de l'Algérie donc, en France, et légalement Français (si l'on s'en tient au droit du sol pour qualifier l'acquisition de la nationalité ), se mettent à saccager les villes et les villages (on se demande bien pourquoi. Racailleries?). Quand l'un d'entre eux, un « grand frère », d'une trentaine d'années, enrobé d'un drapeau algérien proteste de ses bons sentiments, et déclare qu'il n'est pas moins français parce qu'il se drape des oripeaux d'un patriotisme non français ( et d'ailleurs FLN plus qu'Algérien) on ne peut que se poser la question suivante : Que se passera-t-il, en 2010, en France, si à la coupe du monde de football, par un extraordinaire miracle l'équipe nationale française, parvenue en finale - simple hypothèse d'école – y affrontait celle d'Algérie?


On le voit ces questions d'identité ne sont pas des questions d'importance secondaire. Et notre collaborateur a raison de procéder à ce rappel simple, mais nécessaire.

Edouard Boulogne. ).





« Qu'est-ce que l'identité française?


Tout d'abord définissons le mot identité ; c'est le caractère fondamental et permanent d'un groupe, le sentiment d'appartenir à un groupe social ayant certains comportements spécifiques (dictionnaire). En conséquence, on ne peut posséder une double identité, ni porter des vêtements différents pour se distinguer de ce groupe.

La France est une vieille Nation européenne, personne ne peut prétendre le contraire et nier l'histoire de France sans l'effacer de nos mémoires.

Son histoire et sa souveraineté commencent véritablement avec Hugues CAPET qui était Duc d'Ile de France et Comte de Paris.

Son Esprit actuel pousse sur un ancien humus et Paris reste encore la ville du monde où le goût de conversation et l'esprit culturel sont toujours très développés. Elle porte toujours le nom de ville lumière, La France est donc l'exemple môme de la définition d'une grande et vieille Nation.

Qu'est-ce qui fait l'unité de la France ?

- c'est tout d'abord la langue Française. Il y a bien entendu le folklore des régions composé notamment des langues régionales (patois). Mais c'est le français qui est la langue nationale et unitaire.

Elle est devenue langue officielle et a remplacé le latin en 1539 par la volonté du roi de France François 1er

- Ensuite les Français cultivent un certain art de vivre et un esprit bien français. On ne devient pas français : mais on l'est par patriotisme, par son amour de la langue et de la terre française, des traditions, des patrimoines que nous ont laissés nos ancêtres, bien souvent au péril de leur vie (on peut donc devenir Français, par l'acceptation de ces valeurs, ce sui ne signifie pas l'éradication de certaines des valeurs des ancêtres desquels on peut se revendiquer, si on fait partie des immigrés qui, de tous temps ont choisi de confier ses cendres à la terre de France, dès lors que ces valeurs sont compatibles avec la substance historique française, avec ce que Michelet appelait l'âme de la France, qui est une personne selon le même auteur. Note du Scrutateur ). Il ne faut pas oublier « l'impôt du sang ». Le roi combattait à la tête de son armée. Les Frontières de l'hexagone datent de la période de la royauté.

- Sa grande histoire aussi.

On devrait rappeler aux Français que ; la France a atteint son premier apogée sous Saint Louis, qui fut Tun des plus grands rois d'Occident, Elle a atteint son 2ème apogée sous Louis XIV un descendant de Saint Louis.

Louis XIV en fait le berceau des arts, des lettres et des sciences : le phare de la civilisation.

Versailles est un bien inestimable et inimitable, une des plus grandes splendeurs de la planète.

Nul Français ne peut ignorer les valeurs françaises et encore moins tous les grands écrivains qui ont fait la renommée de la France à travers le monde. La culture française doit être remise en lumière et ainsi retrouver la place qu'elle n'aurait jamais du quitter. On doit et on ne peut qu'être Français. On doit porter cette nationalité, on ne doit pas l'écraser et l'ignorer.

Qu'en est-il aujourd'hui ?

Il est évident que beaucoup de Français (surtout jeunes) ne savent pas ou plus qui ils sont. Les Français sont-ils encore soucieux de ce qui caractérise l'Esprit français. Ils n'ont plus à l'esprit l'analyse des formes littéraires, le souci de la correction grammaticale et la recherche du bien dire.

Il faut cultiver son jardin ... combien de petits Français le font de nos jours surtout dans les banlieues. Mais pas seulement. C'est donc toute la France qui manifeste des carences sur son histoire, sa langue et son identité.

La langue française est une des plus riches et plus grandes langues du monde : c'est une tangue claire, brillante, incisive...

Avant de devenir Français tout émigré doit savoir parler correctement le français. Etre Français ce n'est pas une question de papier : il faudrait faire le serment de ne pas trahir cette nouvelle nationalité. Il faut mériter cette nationalité et ne pas considérer qu'être Français, c'est uniquement les acquis sociaux, les droits, et pour certains la gouvernance pour diriger. Tous les petits Français doivent d'abord connaître l'histoire de France. Ils doivent comprendre les paroles de la Marseillaise tout en cultivant la tolérance à l'égard des autres nations du globe.

Les nouveaux venus doivent s'intégrer à la population française, et adopter les valeurs de ce pays, ses coutumes et tout ce qui fait la France, Ils ne doivent plus vouloir nous imposer les leurs et se démarquer. Nous ne devons plus nous habituer à subir, au nom d'une ouverture à la diversité, qui est une ouverture au relativisme, c'est-à-dire au n'importe quoi. Il faut arrêter ce mouvement là. S'ils ne peuvent ou ne veulent s'assimiler, ils doivent retourner vivre dans leur leur pays d'origine qu'ils ne peuvent ou ne veulent oublier. Il en va de la survie de notre Nation et de notre identité nationale. On ne doit pas parler de France métis et fermer les yeux sur l'écrasement de ce qui nous a fait Français.

Tout Français doit connaître et savoir chanter l'hymne national et ne doit en aucune manière faire prédominer sur le sol français son appartenance ancestrale. La nationalité française est la seule légitime ; on est Français ou on ne l'est pas.

C'est à cause du laxisme de nombreux dirigeants de cette Nation, qu'aujourd'hui ce débat est vital pour notre avenir immédiat», sinon on sera contraint de changer de nom : on ne pourra plus dénommer notre pays FRANCE,

II est temps de rappeler par tous les moyens de communication de notre société de consommation : ce qu'est la culture, l'histoire, le patrimoine, tout ce qui compose et à fait notre Nation ».



(Je me permet d'ajouter à cet article si clair, le poème de Joachin Du Belley, que tous les écoliers de France connaisait jadis, et qui est aujourd'hui bien oublié. J'ai appris, par coeur, ce sonnet, en classe de CM2 – à l'époque on disait en classe de 7ème. L'instituteur, antillais, maire, par ailleurs d'une commune de la Guadeloupe, et conseiller général nous l'avait expliqué avec beaucoup de talent, et de conviction.

 





France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.


 
Si tu m’as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.


 
Entre les loups cruels j’erre parmi la plaine,
Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine
D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.


 
Las, tes autres agneaux n’ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :
Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

 Joachim Du Bellay.

 

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Commentaires

Les Antilles ont apporté leurs pierres à l'Edifice, comme ce général d'origine guadeloupeenne, le général de Lanrezac dont j'ai appris l'existence ici-meme, et qui bloqua de par sa seule initiative le plan Schlieffen en 14. L'Edifice ne doit pas oublier et ne doit pas nous envoyer un Jego quand on lui envoie un Lanrezac. Par la meme occasion, que l'Edifice reprenne son Domota qu'il stipendie à ne rien faire d'autre, qu'à détruire ce que des générations ont construit. Et puis, dans la foulée, que le remplacant de St Louis se trouve un bon chene - si il n'en trouve pas on lui fournira un pied de mangot - et qu'il fasse régner la justice fancaise sur cette terre de france, l'ordre fancais sera peut-etre ainsi rétabli à la satisfaction de tous les bon citoyens francais que nous sommes, de par le double droit du sol et du sang versé. L'identité francaise ne s'étant probablement pas créé seulement à coup de laxisme, elle s'est donc aussi créé par des volées de coups de pieds aux culs des faschistes en particulier, et les bons culs de basse-fosse francais ca a pour avantage de calmer les ardeurs venimeuses des traitres à la patrie francaise.
Commentaire n°1 posté par Dissident le 04/12/2009 à 19h45
Si ce petit texte de Michel Serres peut contribuer à faire avancer le débat (ou pourquoi pas ? à le clore), je le soumets volontiers à votre réflexion - Paru dans Libé le 19 novembre : 

Faute

14 réactions

Par MICHEL SERRES Professeur à la Stanford University, membre de l’Académie française.


Serres est marqué sur ma carte d’identité. Voilà un nom de montagne,

comme Sierra en espagnol ou Serra en portugais ; mille personnes

s’appellent ainsi, au moins dans trois pays. Quant à Michel, une population

plus nombreuse porte ce prénom. Je connais pas mal de Michel Serres :

j’appartiens à ce groupe, comme à celui des gens qui sont nés en Lot-et-

Garonne. Bref, sur ma carte d’identité, rien ne dit mon identité, mais

plusieurs appartenances. Deux autres y figurent : les gens qui mesurent

1,80 m, et ceux de la nation française. Confondre l’identité et l’appartenance

est une faute de logique, réglée par les mathématiciens. Ou vous dites a est

a, je suis je, et voilà l’identité ; ou vous dites a appartient à telle collection,

et voilà l’appartenance. Cette erreur expose à dire n’importe quoi. Mais elle

se double d’un crime politique : le racisme. Dire, en effet, de tel ou tel qu’il

est noir ou juif ou femme est une phrase raciste parce qu’elle confond

l’appartenance et l’identité. Je ne suis pas français ou gascon, mais

j’appartiens aux groupes de ceux qui portent dans leur poche une carte

rédigée dans la même langue que la mienne et de ceux qui, parfois, rêvent

en occitan. Réduire quelqu’un à une seule de ses appartenances peut le

condamner à la persécution. Or cette erreur, or cette injure nous les

commettons quand nous disons : identité religieuse, culturelle, nationale…

Non, il s’agit d’appartenances. Qui suis-je, alors ? Je suis je, voilà tout ; je

suis aussi la somme de mes appartenances que je ne connaîtrai qu’à ma

mort, car tout progrès consiste à entrer dans un nouveau groupe : ceux qui

parlent turc, si j’apprends cette langue, ceux qui savent réparer une

mobylette ou cuire les oeufs durs, etc. Identité nationale : erreur et délit. 


Sinon vous pouvez également méditer cette chanson de G. Brassens que vous connaissez certainement :


La ballade des gens qui sont nés quelque part

by Georges Brassens

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages

Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités

Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages

Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités

Et c'est être habités par des gens qui regardent

Le reste avec mépris du haut de leurs remparts

La race des chauvins, des porteurs de cocardes

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part


Maudits soient ces enfants de leur mère patrie

Empalés une fois pour toutes sur leur clocher

Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie

Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher

Commentaire n°2 posté par Raymond Joyeux le 05/12/2009 à 13h59

                                       Le pays 

Ma France, quand on a nourri son cœur latin         Quand jaloux de goûter le vin de vos pressoirs,

Du lait de votre Gaule,                                 Vos fruits et vos châtaignes,

Quand on a pris en vous, comme le thym,          On a bien médité dans la paix de vos soirs

La fougère et le saule ;                                 Les livres de Montaigne.

 

Quand on a bien aimé vos forêts et vos eaux,            Quand pendant vos étés luisants, où les lézards

L’odeur de vos feuillages,                                 Sont verts comme des fèves,

La couleur de vos jours, le chant de vos oiseaux     On a senti fleurir les chansons de Ronsard

Dès l’aube de son âge ;                                  Au jardin de son rêve ;

 

Quand amoureux du goût de vos bonnes saisons         Quand on a respiré les automnes sereins

Chaudes comme la laine,                                 Où coulent vos résines,

On a fixé son âme et bâti sa maison                Quand on a senti vivre et pleurer en son sein

Au bord de votre Seine ;                            Le cœur de Jean Racine.

 

Quand on n’a jamais vu se lever le soleil                 Quand votre nom, miroir de toute vérité

Et la lune renaître                                 Emeut comme un visage ;

Ailleurs que sur vos champs, que sur vos blés vermeils   Alors on a conclu avec votre beauté

Vos chênes et vos hêtres ;                               U

Commentaire n°3 posté par chantal Etzol le 06/12/2009 à 12h04

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  • Né à Pointe-à-Pitre en 1942, de famille blanche-créole, arrivée à Marie-Galante en 1658, de grands parents originaires l'un de la région parisienne, l'autre de Rouen en Normandie, j'ai bénéficié d'une formation juridique, et philosophique (

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