Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

 

Photo-Eric-EG-NOGARD-copie-1.jpg

« Nônô. »

=====

 

« D’une laideur à faire tache dans la Cour des Miracles »

Dont chacun sait que le grime y battait tous les records ès-monstruosité.

 

« D’une figure à faire avorter une grossesse… »

Ce qui légitimait en quelque sorte le fait qu’on s’en détournât.

 

Tel est ce qui est dit de Quasimodo, le Bossu de Notre Dame, par le célèbre Victor HUGO, dans son immense ouvrage que chacun a lu, ou devrait lire :

 

« Notre Dame de Paris ».

 

Où trouver des mots d’un plus accablant réalisme, pour peindre la disgrâce physique plus que Dantesque, d’une créature humaine.

 

 

Or, si la disgrâce de Quasimodo portait sur toute sa personne, Nônô était affligée de toute la sienne dans son seul visage…

Un visage à donner de l’effroi à Belzébuth lui-même !…

Belzébuth, cet antéchrist maudit, grand maître de l’horrible et de l’horreur.

 

Nônô, la pauvre Nônô.

 

Son nom se dit, non pas comme dans HUGO ou dans Quasimodo, mais comme dans Notre Dame de Paris…

 

Comme Notre Dame…, tel un pied-de-nez à l’injustice du Destin à son endroit, mais elle était inculte et simple d’esprit, certaines considérations n’étaient pas faites pour son entendement.

 

Elle était Samaritaine, autre pied-de-nez à une époque où on l’eût prise pour la fille de Lucifer et renvoyée « vive » en enfer, via le Bûcher… mais, ne sachant pas, pouvait-elle apprécier.

 

Ce qu’elle savait, en revanche, c’est qu’on tournait la tête pour ne pas la voir, mais que, pied-de-nez à la Société des Hommes, on n’hésitait pas à lui demander, faute de pouvoir faire autrement…

 

         « Nônô, mène-moi ces immondices à la décharge, elles empestent ».

         « Nônô, va me vider ce pot à la mer… il déborde, il pue ».

 

Dès lors, elle se sentait utile, indispensable… elle avait sa revanche.

 

 

Donc, je connus Nônô quand je n’étais plus un gamin, sans pour autant que je sois adolescent et Nônô était une « grande personne » comme on disait alors.

Ma curiosité me conduisit parfois à lui parler.

 

         « Tu es, me disait-elle, le seul à me parler en être humain »,

 

Et je lui demandais :

 

         «En ce cas, comment se fait-il que tu sois toujours enceinte ».

 

         « Attends d’être un homme pour y voir clair un brin :

         « La nuit les chats sont gris, les chauds lapins en profitent

         « Tout comme les maris déçus, les désœuvrés ou les gars pompettes.

         «       Ils me montent dessus… puis déguerpissent à toutes jambes…

         «       Il m’en reste dans le ventre des mômes de toutes les couleurs. »

 

 

Et Nônô disparut de mes yeux comme je disparus des siens : les avancées scolaires ayant leurs exigences.

 

Et puis, à l’idée de cet article – qui ne déplaira pas trop, espérons le – je m’informai et je sus que Nônô eût de nombreux enfants, tous pris en compte par la « Protection de l’Enfance démunie » et qu’ils font « leur chemin dans la vie ».

 

Comme quoi, la Société n’a pas que du mauvais, pourrais-je dire à Nônô… si elle vivait encore et si je la voyais.

 

Eric E.G. NOGARD

 

N.B. :

Plaise au lecteur de nous pardonner la Liberté que nous avons prise, dans notre allusion à la Cour des Miracles, de reporter sur Quasimodo les attributs d’une vieille qui y vit.



Eric E.G. NOGARD,

24 rue Osman Nadeau, Voie 3 Ravine-Vilaine,

97200 Fort-de-France (MARTINIQUE)

Tél. / Fax. / Répondeur : 0596 798102;  Port : 0696 856708;

E-mail : eric.nogard@orange.fr

 

 

 

paris-la-cour-des-miracles.jpg

 

 

 

 

Rue des Forges, métro bonne nouvelle.

Il y eut à Paris jusqu'à douze cours des miracles, repaires nocturnes des groupes de voleurs et de mendiants, vrais ou faux estropiés, qui y vivaient hors la loi mais dans la plus rigoureuse hiérarchie interne. La plus  vaste et la plus célèbre était baptisée le Fief d'Alby. Ce cloaque se situait à l'emplacement des actuels rue d'Aboukir, passage du Caire et rue des Forges.

Ce n'était pas un lieu propice au développement de la vertu. Les jeunes résidents étaient sacrifiés à la lubricité de leurs maîtres. Filles et garçons , leurs premiers pas les menaient à la prostitutions.

La police, décida d'assainir le quartier. En 1660, la cour des miracles ,Fief d'alby, fut investie après qu'on ait proclamé que le dernier à en sortir serait pendu, ce qui envoya au gibet un pauvre vieillard vrai estropiè.
Par la suite, les lieux abritèrent les ateliers de forgerons dont le nom de la rue rappelle encore le souvenir.

Le dédale des ruelles qui entourent le passage du Caire a conservé une atmosphère un peu sinistre, en particulier la nuit.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article