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Publié par Edouard Boulogne

 

Noël : une lueur au coeur des ténèbres.

 

 

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Aujourd'hui c'est Noël. Le Scrutateur vous offre pour commencer deux belles interprétations de chants de Noël, et la réédition d'un article sur Noël paru il y a deux ans ici même..

Cette fête est devenue passablement païenne, centrée sur la bouffe et les paillettes.

Evidemment, il est heureux que dans nos pays d'occident, en France, et dans nos départements d'outre-mer, on puisse s'amuser, savourer le cochon et les poids de bois, le rhum et le champagne.

Mais tout le monde, et chez nous même, ne bénéficie pas de tels privilèges. Et même en ce cas, il faudrait prendre conscience que la joie ne se confond pas avec certaines de ses conditions matérielles. Que de pose dans les moments forts de ces fêtes de fin et de nouvelle année quand nous y allons de nos formules de convention «  Joyeux Noël! », « Bonne année »! etc, etc! Que d'exhubérences affectées!

Et derrière les masques convenus, que de souffrances cachées, parfois.

J'ai le souvenir d'un Noël, passé en Alsace un 24 décembre 1965, il y a 45 ans.

L'ambiance était comme il convient. Je conversai assez longtemps cette nuitl là avec un homme d'une cinquantaine d'années, qui m'avait connu, enfant en Guadeloupe.

Au bout d'un certain temps il finit par m'avouer son désarroi déjà ancien.

Et particulièrement les jours de fêtes. « Quand tous se réjouissent comme ça, je me sens encore plus seul! ».

Je ne devais jamais le revoir, car deux mois plus tard, il se suicidait, d'une balle de revolver, dans une forêt des environs de Paris.

Et, près de cinquante ans plus tard, il m'arrive encore, comme aujourd'hui, d'y penser, le coeur serré de n'avoir pas su trouver les mots, les gestes qui eussent rouvert les portes de la vie en cette âme blessée. Il est vrai que j'étais bien jeune, 22 ans, et qu'il était le père des deux copains qui m'avaient invité.

Dans son dernier livre « La cité sans Dieu », ( Flammarion ) Damien Le Guay cite un propos du grand rabbin de France Gilles Bernheim, à propos du rôle des religions. «  Les religions, déclare le grand rabbin, restent les ultimes réserves de significations, de poésie dans un monde désenchanté par le rationalisme et la technique ». Et, plus loin : «  Ce qui fait la grandeur d'une religion, c'est sa capacité à faire penser ceux qui ne croient pas en elle ».

Aussi faut-il, par delà les flonflons, redécouvrir le sens de Noël.

Je ne jouerai pas au théologien que je ne suis pas.

Mais je ne crois pas me tromper beaucoup en voyant Noël, par delà les mots un peu secs, comme la fête de l'incarnation d'un Sauveur, pour le genre humain tout entier, d'un sauveur, destiné à mourir 33 ans plus tard par amour, et dans l'affirmation sacrificielle d'une attitude tout à rebours de celle, spontanée à l'homme égoïste et matérialiste, l'homme de toujours depuis la faute originelle.

 

17-REMBRANDT-SAUL-UND-DAVID-BB.jpg  ( Le roi Saül est en proie à une profonde mélancolie - nous dirions aujourd'hui, une dépression nerveuse - consécutive au péché qui le coupe de l'amour de Dieu. Le jeune berger, futur roi David, est appelé. Du fond de son coeur pur, par l'intermédiaire de la cithare, monte la paix.Le regard de Saül, et toute une part de lui-même commence à émerger des profondes ténèbres.

Une grande oeuvre du peintre Rembrandt°.

 


La naissance du Christ, dans une étable, à minuit, est bien symbolique.

L'absolu, s'incarne sous l'apparence d'un pauvre, et à minuit, au coeur de la nuit, comme un foyer lumineux, préfigurateur du jour qui vient.

Au coeur des ténèbres, une flamme qui luit.

Et bientôt l'aurore.

Un bientôt conditionnel. La condition étant la conversion  volontaire du pécheur au point de vue de l'Enfant qui vient de Naître.

Ainsi Noêl est-il sans doute, présence de la lumière au plus profond des ténèbres «  du monde pécheur», appel à la conversion selon le coeur du Christ, dont le message est transmis par les Evangiles.

Ainsi, Noël, pour les croyants, est-il sans doute, bien plus qu'une fête ponctuelle, un certain 25 décembre (date d'ailleurs conventionnelle), qu'un état intérieur à maintenir en permanence, au quotidien, suscité par l'évènement , « in illo tempore », compris et assumé, germe d'actions bienfaisantes.

Ainsi, la religion cessant d'être réduite à l'accomplissement mécanique de rites vides de sens pour un trop grand nombre, accomplirait-elle la tâche que lui assigne Gilles Bernheim, en accord, me semble-t-il avec Benoit XVI, et la tradition catholique.

Un Noël au quotidien en quelque sorte! Plus sobre, et plus vrai. Chiche!

 

Edouard Boulogne.

(24/12/2010).

 

 

 

 

 

( I ) Noël, par Bing Crosby.

 

Bing Crosby fut un crooner ( chanteur de charme ) ultra connu dans les années 1940 à1960. Il est aujourd'hui un peu oublié des jeunes générations, du moins en France. Pourtant sa voix chaleureuse, profonde, mérite d'êtreadmirée, notamment dans cette interprétation d'un beau chant de Noël.

 

http://www.dailymotion.com/video/x3p4bn_bing-crosby-white-christmas-1942_music

 

( II ) Noël, par Jacques Greg Belobo.

 

http://www.youtube.com/watch?v=Ei-BZkwrL54

 

 

Né à Yaoundé au Cameroun, Jacques-Greg Belobo étudie le chant tout d´abord au conservatoire National de région de Nice et y obtient la Médaille d'Or de Chant en 1998. Puis il entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris en 1998, où il obtient son DFS de chant en 2001.
Il obtient plusieurs prix à des concours nationaux et internationaux de chant lyrique, tel que :
- 1er Prix du Concours Aguimucla de Yaoundé - 1997
- 1ère Médaille du Concours International Diapason... (lire la suite)

 

 

( III ) : La politique de Noël : ( Réédition d'un article du Scrutateur ).

http://srv06.admin.over-blog.com/index.php?id=1441737&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=491293198010

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