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Publié par Edouard Boulogne

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La nouvelle vient de tomber : M. Mandela est mort.

Ce leader charismatique, et l'Afrique du sud, ont eu dans les trente dernières années deux chances, qu'ils ont su saisir.

On le sait, ce grand pays de la corne sud de l'Afrique, le seul a avoir été géré à l'européenne, et la seule nation du continent à pouvoir être considérée comme une puissance économique de premier ordre, était aussi empêtré dans un système de moins en moins défendable : l'apartheid.

Ce système tentait de se justifier en évoquant le pluralisme sur le territoire de multiples ethnies, toutes immigrées au cours de l'histoire, aux traditions différentes et souvent antagonistes. ( Mandela lui-même appartenait au groupe des Xhosas ). L'apartheid se voulait un statut garantissant la coexistence pacifique de tous ces groupes, mais sous la férule d'une puissante communauté blanche, immigrée, elle aussi, d'origine européenne.

Une telle situation ne pouvait durer, compte tenu de l'évolution des idées, notamment en occident. Et Nelson Mandela se posa en leader d'une coalition des ethnies noires, contre la minorité blanche dominante, pour la suppression de l'apartheid.

Pour parvenir à ses fins le leader Xhosa, s'appuya sur le bloc communiste, moins par adhésion à l'idéologie marxiste-Léniniste ( qui gérait, il ne l'ignorait pas un système d'oppression totalitaire qui n'était pas dans son tempérament ) que par politique, pour peser sur le cours des choses, l'ex URSS ayant de son côté tout intérêt à le soutenir pour faire pièce aux occidentaux, en tentant de contrôler la riche Sud Afrique, qui se trouvait aussi, à la corne de l'Afrique, sur l'une des voies majeures de l'expédition du pétrole vers l'Amérique et l'Europe.

Fin politique, et courageux, M. Mandela dut assumer les conséquences de son engagement : un long emprisonnement. L'une de ses chances ayant été que les méthodes répressives des dirigeants blancs sud africains ne revêtaient pas le caractère expéditif de ses alliés soviétiques.

L'Afrique du sud, eut, disais-je, deux chances, quand il s'avéra que le système de l'apartheid n'était plus tenable.

La première fut le caractère rationnel, et raisonnable de Mandela, son état d'esprit qui était celui d'un homme d'Etat attaché à la recherche de solutions raisonnables, et son indépendance intérieure par rapport à ses passions tout humaines.

La deuxième fut l'effondrement de l'URSS, qui cessait d'être, aux yeux des occidentaux le principe justificatif d'un accommodement avec des alliés sud africains en porte à faux avec l'évolution de leurs propres valeurs.

J'en ajouterai une troisième. C'est l'arrivée au pouvoir en Afrique du sud, à ce moment là d'un chef, issu de la communauté blanche, Frédéric de Klerk. Ce dernier, comme Mandela, était une forte personnalité, inspirée par le souci d'une évolution pacifique dans son pays.

Libéré de l'hypothèque soviétique, rencontrant un Mandela évoluant sur la même longueur d'onde, il fut avec le défunt de ce jour, la grande chance de l'Afrique du sud en 1993. Ces deux hommes reçurent d'ailleurs conjointement le prix Nobel de la paix en cette même année. 

FW-de-Klerk-and-Nelson-Ma-001.jpg ( Frédérik de Klerk et Nelson Mandela ). 

Mandela, n'exerça pas le pouvoir durant de longues années. Mais il exerçait une influence régulatrice et pacifiante sur un territoire où tous les problèmes sont loin d'avoir été réglés.

L'apartheid, du moins entre noirs et blancs appartient heureusement, aujourd'hui, à l'histoire.

Mais des problèmes d'ordres économiques et sociaux très importants, subsistent et inquiètent les observateurs attentifs.

Ce n'est pas le moment, d'en parler en ce jour de deuil.

 

Edouard Boulogne.

 

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/12/05/97001-20131205FILWWW00757-nelson-mandela-est-mort.php?m_i=TeUTl1k6uhysDdylNskiFJtaGy47OKMtovjKc59TWg85_hIT9#xtor=EPR-31-[l-ex-president-sud-africain-nelson-mandela-est-mort]-20131205-[titre

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Ch.Etzol 07/12/2013 16:48


La condamnation des moyens politiques employés n'empèche pas de regretter qu ' une conception d'un développement séparé des races dans l'espace et dans le temps ait pu être retenue, à un moment
donné de l'histoire de nations pourtant
chrétiennes.                             Ma
préfèrence va plutôt à une réflexion à partir de la Pensée du jour du 23 /8/09 du Scrutateur, sur un texte d'Alain Finkielkraut, à propos du mot race et du devoir de
mémoire,tel qu'il est approché dans la France d'aujourd'hui.  On peut s'attrister que l'idée d'obligation se soit estompée devant celle de droit.


« … Quand Haffner parle de race, ce n'est pas dans l'acception raciste du terme, mais au sens légué par la morale aristocratique
à la civilisation moderne. La race s'atteste chez l'homme qui se tient droit car l'origine agit sur lui comme une obligation et non comme un
privilège. De la même manière, M.Germain l'instituteur de Camus, dit à son ancien élève en 1945 : « Toi aussi, petit, tu t'es battu. Oh! Je savais que tu étais de la bonne
race! ».


Entre ces deux significations du mot « race », l'antiracisme du devoir de mémoire refuse de faire la différence. Il est à
craindre que la noblesse sombre dans l'oubli du fait de cette confusion ».


 

Jean-Louis Cartel 07/12/2013 12:51


Bonjour,


Nelson Mandela éatit un homme hors du commun c'est certain.


Mais ce n'est peut-être pas le héros que l'on nous dépeint dans les média.


Entre la thèse soutenue par certains historiens ( ci dessous Bernard Lugan ) et le flot dithyrambique déversé par la presse unanime où est la vérité ?


vendredi 6 décembre 2013





Nelson Mandela : l’icône et le néant





Communiqué de Bernard Lugan[1]


 


(6 décembre 2013)





Né le 18 juillet 1918 dans l’ancien Transkei, mort le 5 décembre 2013, Nelson Mandela ne ressemblait pas à la pieuse
image que le politiquement correct planétaire donne aujourd’hui de lui. Par delà les émois lénifiants et les hommages hypocrites, il importe de ne jamais perdre de vue les éléments
suivants :



1) Aristocrate xhosa issu de la lignée royale des Thembu, Nelson Mandela n’était pas un « pauvre noir opprimé ». Eduqué à l’européenne par
des missionnaires méthodistes, il commença ses études supérieures à Fort Hare, université destinée aux enfants des élites noires, avant de les achever à Witwatersrand, au Transvaal, au cœur de ce
qui était alors le « pays boer ». Il s’installa ensuite comme avocat à Johannesburg.



2) Il n’était pas non plus ce gentil réformiste que la mièvrerie médiatique se plait à dépeindre en « archange de la paix » luttant pour les
droits de l’homme, tel un nouveau Gandhi ou un nouveau Martin Luther King. Nelson Mandela fut en effet  et avant tout un révolutionnaire, un combattant, un militant qui mit « sa peau au
bout de ses idées », n’hésitant pas à faire couler le sang des autres et à risquer le sien.


Il fut ainsi l’un des fondateurs de l’Umkonto We Sizwe, « le fer de lance de la nation », aile militaire de l’ANC, qu’il co-dirigea
avec le communiste Joe Slovo, planifiant et coordonnant plus de 200 attentats et sabotages pour lesquels il fut condamné à la prison à vie.



3) Il n’était pas davantage l’homme qui permit une transmission pacifique du pouvoir de la « minorité blanche » à la « majorité
noire », évitant ainsi un bain de sang à l’Afrique du Sud. La vérité est qu’il fut hissé au pouvoir par un président De Klerk appliquant à la lettre le plan de règlement global de la
question de l’Afrique australe décidé par Washington. Trahissant toutes les promesses faites à son peuple, ce dernier :





- désintégra une armée sud-africaine que l’ANC n’était pas en mesure d’affronter,


- empêcha la réalisation d’un Etat multiracial décentralisé, alternative fédérale au jacobinisme marxiste et dogmatique de l’ANC,


- torpilla les négociations secrètes menées entre Thabo Mbeki et les généraux sud-africains, négociations qui portaient sur la reconnaissance par l’ANC
d’un Volkstaat  en échange de l’abandon de l’option militaire par le général Viljoen[2].


  


4) Nelson Mandela n’a pas permis aux fontaines sud-africaines de laisser couler le lait et le miel car l’échec économique est aujourd’hui  total.
Selon le Rapport Economique sur l’Afrique pour l’année 2013, rédigé par la Commissionéconomique de l’Afrique (ONU) et
l’Union africaine (en ligne), pour la période 2008-2012, l’Afrique du Sud s’est ainsi classée parmi les 5 pays « les moins
performants » du continent sur la base de la croissance moyenne annuelle, devançant à peine les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland (page 29 du rapport).


Le chômage touchait selon les chiffres officiels 25,6% de la population active au second trimestre 2013, mais en réalité  environ 40% des actifs.
Quant au revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40% des Sud-africains, il est aujourd’hui inférieur de près de 50% à celui qu’il était sous le régime blanc
d’avant 1994[3]. En 2013,
près de 17 millions de Noirs sur une population de 51 millions d’habitants, ne survécurent que grâce aux aides sociales, ou Social Grant, qui leur garantit le minimum vital.



5) Nelson Mandela a également échoué politiquement car l’ANC connaît de graves tensions multiformes entre Xhosa et Zulu, entre doctrinaires post
marxistes et « gestionnaires » capitalistes, entre africanistes et partisans d’une ligne « multiraciale ». Un conflit de génération oppose également la vieille garde composée
de « Black Englishmen», aux jeunes loups qui prônent une « libération raciale » et la spoliation des fermiers blancs, comme au Zimbabwe.



6) Nelson Mandela n’a pas davantage pacifié l’Afrique du Sud, pays aujourd’hui livré à la loi de la jungle avec une moyenne de 43 meurtres
quotidiens.

Edouard Boulogne 07/12/2013 13:16



Vous avez raison. Dans les deux articles que le Scrutateur à consacré à M. Mandela, hommage a été rebdu  à l'homme qui a su transcender les tentations trop fréqentes de la vengeance,
de l'ivresse d'un pouvoir qui, au moins pour un temps, aurait pu être absolu, entre ses mains. 


Mandela s'est comporté en chef d'Etat, ce qui n'est pas si commun de nos jours. 


Mais l'encens qui s'élève de toutes parts, donne la nausée, il est vrai. 


L'article de M. Lugan dont j'avais eu connaissance a raison, mais peut-être énonce-t-il cet critique hélène de l'actualité historique, trop tôt. 


Mandela, a été une grande figure, et dans la dernière partie de sa vie une noble figure. Mais ce n'est qu'un homme. 


"N'oublie pas que tu n'es qu'un homme", répétait-on , pendant le couronnement des empereurs romains, aux impétrants, à divers stades de la cérémonie, pour les préserver de l'ivresse et de
l'hubris. Merci de le rappeler. 



Lucien Kabois 06/12/2013 14:27


Quelques réflexions me viennent en apprenant la disparition de Nelson Mandela, réflexions que je livre dans le désordre (de ma pensée). En premier, il y a le Nelson Mandela que l'on connaît, et
puis celui que l'on ne connaît pas. Celui que l'on connaît, c'est celui que l'on a découvert après ses 27 ans de prison : un homme exceptionnel, probablement un vrai géant en termes de dimension
personnelle, et c'est à sa dimension intérieure que je pense. Le Nelson Mandela aux cheveux blancs que nous avons découvert dans les années 90 fut un homme tout ce qu'il y a de plus
impressionnant. Il est tellement difficile de dissocier un homme de sa légende (comme nous nous en apercevons tous les jours aux Antilles), que je ne sais pas quel homme il fut avant et cela a
finalement peu d'importance : c'est dans l'accomplissement de sa grandeur qu'il est le plus intéressant et forcément le plus admirable. Ce que je sais, c'est qu'il a fait fructifier ses épreuves
dont il est sorti à la fois grandi, exemplaire et utile au bien public. Le message que l'on retiendra de Nelson Mandela est un message de paix, d'intelligence et d'honneur. De combien d'hommes
politiques peut-on dire la même chose ? Pas beaucoup, je le crains. Par ailleurs, la situation à laquelle Nelson Mandela a eu à faire face, l'aparthéid sud-africain, était une réalité et pas un
montage destinée à exciter foules en entretenant la haine par des mensonges et des caricatures. Autrement dit, que personne ne se trompe, le combat auquel Nelson Mandela consacra sa vie n'avait
rien du folklore que nous servent nos "libérateurs loko" et leur discours doloriste de fonctionnaires gavés dont les grassouilletes retraites reposent sur la pression fiscale exercée avec une
brutalité sans égale sur de petites gens dont ils menacent quotidiennement le fil de l'existence, en très grands profiteurs parasitaires et ingrats. Ceci posé, la deuxième chose à laquelle je
pense concerne l'entourage de Nelson Mandela, et les "rentiers" de sa gloiore, à commencer par l'ignoble Winnye Mandela, son épouse,qui tira parti de sa position de "Mère de l'Afrique du sud"
pour exercer sa maternité à la manière d'Agripine ou de Kim Jong-il en se livrant à toutes sortes d'exactions auxquelles Nelson Mandela dut mettre fin en répudiant celle qui, l'avait néanmoins
soutenu pendant ses longues années de captivité. En troisième, je pense à la liberté d'esprit et à la grandeur d'âme de Nelson Mandela qui a chassé toute haine personnelle et raciale - même si
les races n'existent pas - de son coeur. C'est libre de tout resentiment qu'il a pu donner toute sa mesure, alors que l'aparthéid, loin d'être un simple slogan, privait tout simplement les noirs
sud-africains de leur dignité d'hommes. Jamais Nelson Mandela ne s'est fourvoyé dans les propos que nous servent à longueur de temps les gavés de la terre que sont nos syndicalistes et autres
fonctionnaires indépendantistes qui s'amusent à regardent l'histoire de travers alors que les privilèges dont ils jouissent, y compris celui de cracher sur leur prorpe pays, est également le
fruit de cette histoire. Peut-être faudra-t-il leur expliquer qu'il en est ainsi de l'histoire, et qu'il est plius intelligent de regarder sa propre attitude dans le présent-quotidien-de tous les
jours que celle des autres deux cent ans auparavant. Il est vrai, d'une part que si leur regard n'était pas un regard torve,ils ne pourraient eux-mêmes trouver la moindre justifications à leurs
emportements haineux et à leurs différentes feintes. Il est vrai aussi (et même une bonne partie du clergé catholique romain ignore l'imporance et la nécessité de l'examen de conscience) que nos
grands pourfendeurs de la France et quêteurs de réparations ont quelques excuses de raisonnenr d'une manière aussi caricaturale. C'est leur droit, après tout. Mais surtout qu'ils ne s'identifient
pas à Nelson Mandela. Et qu'ils ne se comparent pas non plus. La comparaison les rapetisserait terriblement, au point que j'en ai par avance un peu honte pour eux. Car, cette comparaison, je ne
puis m'empêcher de la faire... En résumé, que Nelson Mandela ait les caractéristiques d'un mythe, oui ! Cela se comprend, s'explique et se justifie. Mais de grâce, que nos mythomanes loko fassent
preuve, pour une fois, d'un peu de dingité : qu'ils s'efforcent de respecter la mémoire de cette nobre personne que fut Nelson Mandela et qu'ils essaient de s'approprier, au moins en ces
circonstances, les vertus du silence.