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Publié par Edouard Boulogne

Ceci s'adresse aux sournois (ceux qui prétendent ne pas être autonomistes et qui appellent à voter oui le 24 janvier 2008)
Qu'avez-vous fait, Messieurs, de votre non ? 
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En 2003, vous vous étiez engagés pour le non, contre l'avis du Président de la République d'alors, et contre une évolution institutionnelle menaçante.

En 2010, vous vous êtes de nouveau engagé, contre l'avis de l'actuel Président de la République, et, surtout, contre celui d'Alfred Marie-Jeanne, à enrayer une menace d'évolution institutionnelle fatale pour la Martinique.

Et bien vous en a pris. 

Nestor Azérot, lui, a appris que 91 % de ses administrés lui demandaient de gérer la ville de Sainte-Marie et non de ruiner leur avenir dans une ambition institutionnelle pour le moins fâcheuse.

La Martinique a donc voté à 80 % contre les élucubrations institutionnelles issues d'un projet indépendanto-autonomiste autoritaire (et fort peu démocratique dans la genèse de son élaboration). Tout est parti d'un refus de prendre en compte le référendum de 2003, d'abord, puis d'une chimère de congrès qui fut d'autant plus menaçante que les élus du département ont l'oreille du gouvernement français et du président de la République, et ce malgré leur indélicatesse en la matière.

Et vous seriez prêts à en rester là, Messieurs, parce que vous croyez avoir atteint votre objectif : voir Marie-Jeanne désavoué par cette Martinique qui lui a donné le pouvoir chaque fois qu'il le lui a demandé. Vous savez bien, pourtant, que la Martinique avait élu Marie-Jeanne pour son autorité, pour sa personnalité, et pas une seule seconde sur sa volonté toujours affichée d'indépendance. Les Martiniquais aiment bien les majors, mais ils ont montré - le 10 janvier - que le pouvoir de représentation n'est pas la souveraineté : les Martiniquais n'ont jamais demandé pas à Marie-Jeanne d'être le président d'une nouvelle république de la Caraïbe, mais... le président du Conseil régional de la Martinique, région mono-départementale française de la Caraïbe. Si Marie-Jeanne se représente demain aux régionales, il sera de nouveau triomphalement élu, souvenez-vous-en. 

Vous êtes donc prêts, Messieurs, à voter oui le dimanche 24. Parce que vous croyez avoir gagné, parce que vous croyez l'avoir emporté sur Marie-Jeanne, sur le Président de la République, et sur Madame Penchard...

Malheureux !

Est-ce que vous avez vraiment voulu vous dresser contre un danger institutionnel pour la Martinique, ou l'avez-vous seulement prétendu ?

De toutes les manières, sans vous - et l'exemple de Sainte-marie dissipe toute ambiguïté là-dessus - le non l'eût sans doute emporté.

Savez-vous qu'en votant oui le 24 vous remettez en selle tout ce que vous avez prétendu combattre ?

Savez-vous qu'en votant oui le 24, soit vous vous trompez de bonne foi auquel cas vous n'êtes pas digne d'exercer les responsabilités auxquelles vous aspirez, soit vous vous trompez par calcul, et vous ne l'êtes pas davantage.

Car le 10 janvier n'était qu'un essai. Un essai qui ne servira à rien si vous ne le transformez pas en refus définitif. En refus de toute menace d'une assemblée de type nouveau et extra-départementale, sans compter que celle-ci serait très certainement de nature "congressienne", autrement dit, dictatoriale. Votre devoir est d'appeler fermement à voter non pour la deuxième fois ; de certifier ce premier non qui n'aura aucune valeur s'il n'est suivi d'un autre non...

Messieurs du non d'un jour, si vous croyez sauver la paix en vous rendant en souriant à "Munich", sachez que vous aurez le déshonneur et que la défaite électorale viendra ensuite.

Messieurs du non d'un jour, sachez que si le oui l'emporte vous serez balayés par le mépris des uns et par le suffrage des autres qui, charitablement ne vous exprimerons peut-être pas leur mépris, mais le traduiront par leurs bulletins de vote.

Comprenez bien, Messieurs du non d'un jour, qu'il y a votre non (votre tout petit non) et le non de la Martinique, ce non historique, dont vous vous désolidarisez dans le mensonge calculateur : vous savez parfaitement que ce qui est proposé le dimanche 24 janvier est quasi siamois de ce qui a été rejeté, à savoir "une collectivité d'outre-mer" telle que voulue par M. Marie-Jeanne. COmment pouvez-vous ignorer (ou feindre d'ignorer) que l'assemblée unique à laquelle vous vous ralliez dans la schizophrénie pourra "jouer au congrès de 2008" aussitôt qu'elle le voudra, tandis que le statut de département se sera évanoui à tout jamais...

Comprenez bien, Messieurs du non d'un jour, que les girouettes vivent peut-être longtemps, mais pas dans l'honneur.

En tout cas, Messieurs du non d'un jour, si malheur arrive de votre oui, la Martinique devra se souvenir. Car ce "machin", vous l'aurez voulu. Comme l'aura voulu Monsieur Letchimy dont vous deviendrez vite les valets, si vous voulez quelques miettes de ce pouvoir auxquels vous êtes tellement accrochés que vous en perdez le sens de votre propre combat. Sachez aussi qu'il y a quelques chances que vous soyez battus aux prochaines élections régionales, et ce sera justice. Car le oui du 24 est - et ne peut être - qu'un oui autonomiste, alors que vous vous échinez dans la comédie à prétendre le contraire.

Sachez enfin, que si la Martinique vote non le 24, il ne vous sera plus possible de voler au secours d'aucune victoire. Il faudra alors, Messieurs du non d'un jour, que vous assumiez, même si c'est trop vous demander. Si la logique prévaut le 24, et que le non ait gain de cause, vous mériterez que la Martinique vous dise non pour toujours, afin que vous cessiez de vous mettre en avant comme vous n'avez cessé de le faire. Pas une voix aux régionales ne devra aller à un candidat ayant appelé à voter non le 10 et oui le 24. Pas fiables, ces gens-là.

La Martinique d'abord.


Maurice Tikitak
 
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