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Publié par Edouard Boulogne

Pour M.Charles Rano, il faut transformer l'essai. 

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( Charles Rano dont les lecteurs du Scrutateur ont apprécié la lucidité, et le courage, dans de précédents articles : il ne faut pas se tromper le 24 janvier. C'est NON qu'il faudra voter, malgré les hésitations de certains leaders de "la droite" sous l'influence, et les pressions, de ceux qui à l'Elysée, veulent se décharger habilement, de l'outre-mer. L'article ci dessous a d'abord été publié sur le site Evolution Martinique.EB).

http://www.lescrutateur.com/article-les-eructations-de-l-intellectuel-raphael-confiant--42763894.html
 


- ARTICLE 74 … OUT

Posté par evolutionmartinique le 13 janvier 2010

 

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Nous avons gagné une bataille mais, pas la guerre - Charles de GAULLE

Si les Martiniquais se sont prononcés à une écrasante majorité et ont passé l’écueil de l’article 74, nous ne sommes pas tirés d’affaire pour autant. Nous avons fort bien rejeté la demande d’autonomie des élus du congrès, il nous faut absolument nous occuper du cas SARKOZY. Les élus ne lui ont jamais demandé de faire une consultation pour un autre statut d’autonomie dans un deuxième article 73.

Nous avons donc, à cause du président SARKOZY, un deuxième écueil à passer. Un parlementaire de Mayotte, dans une conférence très suivie, a fait la démonstration que le chef de l’Etat nous a volontairement piégés, avec malice, pour nous sortir du droit commun, à tout le moins du vrai article 73 avec le régime de droit commun qui nous régit depuis 1946. Souvenez-vous de mon article du 11 novembre 2009 « Un constat de dupe » diffusé par l’excellent blog de Evolution Martinique, à qui je tire mon chapeau, parce que  le webmaster est un chevalier sans peur ni reproche qui permet à tous, démocratiquement, de s’exprimer, les pro-article 74 comme les pro-article 73.

 

Evolution Martinique donne une démonstration à tous les médias de la Martinique : il défie et rejette les pressions de tous nos roitelets et de leurs séides pour faire passer des idées qui ne plaisent pas forcément. C’est bien dommage pour nous Martiniquais que cette personne ne soit pas aux manettes à RFO télévision publique d’Etat. Son blog diffuse tous les articles, pour peu qu’ils soient corrects et argumentés. Certains le critiquent sans fondement mais il ne juge pas utile d’y répondre parce que son combat est plus noble. Bravo Evolution Martinique, face aux enjeux, vous êtes resté impassible ! Merci ! Grâce à vous, notre population a eu le pour et le contre. Quand on voit combien de médias sont partisans, quand on voit les rédactions faire leur travail en tremblant face aux pressions et en calculant ce qui leur sera le plus profitable, alors que notre île est toujours département, je m’inquiète pour l’avenir. Qu’en serait-il, si par malheur nous basculions dans l’autonomie voire dans l’indépendance qui est sa suite logique ?

Revenons à l’article Un constat de dupe diffusé par évolution Martinique le 11 novembre 2009. J’y parlais déjà d’une possible collectivité départementale, au cas où ce choix l’emporterait le 24 janvier 2010. J’avais bien compris le piège tendu par le chef de l’Etat, à partir des déclarations de Mme PENCHARD. Je la cite : « Si le non l’emporte le 10 et le 24 nous resterons dans le droit commun, dans l’article 73 qui nous régit depuis des décennies ». Ce qui, à l’évidence, signale que le choix du oui nous sortirait du droit commun. Quelques jours plus tard le chef de l’Etat nous donnait le coup de grâce en expliquant clairement qu’il y aurait fusion entre les deux collectivités, puis création d’une collectivité nouvelle qui nous ôtera le droit commun. C’est un assassina virtuel.

Voici le premier alinéa de l’article 73 actuel : Dans les départements et régions d’outre-mer les lois et règlements sont applicables de plein droit. L’Etat fait déjà ce qu’il veut et n’a pas d’obligation à nous donner nos pleins droits. Et le président de la République, pour finaliser cette non-obligation, a décidé de créer, par le vote du 24 janvier 2010, une nouvelle collectivité. Suivant sa logique, il supprime le droit commun à la Martinique, quasiment à notre insu, en jouant sur les mots assemblée unique et collectivité nouvelle, qui, même pour des gens avertis, semblent désigner la même chose. Ceux qui rêvent d’une assemblée unique en seront pour leurs frais : ils auront une nouvelle collectivité dont nous ignorons les caractéristiques. Si nous votons oui à cette collectivité nouvelle, nous verrons, un peu tard, quand la loi ordinaire sera promulguée, comment la Martinique sera traitée. D’ores et déjà, nous savons que le premier alinéa de l’article 73 ne nous sera pas appliqué dans toute se plénitude, puisque nous passerons dans un article nouvellement mis sur pied par l’Elysée, pour nous extraire du droit commun. Si tel n’était pas le cas, nous resterions département.

Ce que je déplore, et qui me navre dans cet imbroglio étatique, c’est qu’aucun parlementaire martiniquais n’ait pu comprendre et interpréter la deuxième question que le chef de l’Etat nous a minutieusement concoctée pour la consultation du 24 janvier 2010. Lui et ses conseillers doivent se retenir de rire de la bêtise de ceux qui nous représentent au Parlement et qui ont fait montre d’une telle légèreté qu’il me manque les mots pour qualifier ces grossières erreurs. Elles coûteront extrêmement cher à notre population.

Le chef de l’Etat confirme

Pourtant la question du 24 nous mène à la même situation : l’autonomie. Le 74 comme le 73. Ces deux questions nous mènent tout droit à la sortie du droit commun. Une collectivité unique art. 74 où 73, il n’y aura aucune différence dans leur application. Ceux qui veulent nous dire le contraire sont des menteurs, dans la mesure où les deux questions suppriment d’office le mot Département et Région. C’est terminé, allez voir ailleurs ! Le problème c’est que ce sont les malheureux qui en souffriront, pas ceux qui seront au pouvoir.

Nicolas SARKOZY confirme son intention de nous supprimer le droit commun. En juin 2009, il disait qu’il fallait alléger la France. Le chef de l’Etat a commencé par les communes du nord de la Guadeloupe, il enchaîne avec la Martinique, la Guyane, puis ce sera au tour de la Guadeloupe. La REUNION s’est tirée d’affaire grâce à l’intelligente perspicacité du parlementaire VIRAPOULE. Nos parlementaires voulaient tellement se distinguer de la nation française qu’ils ont fait un choix immature dérisoire et dangereux.

Le chef de l’Etat a été clair. Il a dit qu’il créera une nouvelle collectivité à statut particulier sans lui donner de dénomination. Par la deuxième consultation il supprime le département. Si les Martiniquais votent oui, ces départements sortiront du droit commun. Ils accèderont à un statut d’autonomie également. N’en déplaise à nos ignares, cette deuxième consultation ne nous sera pas favorable. Dans notre département, nous avons des juristes, pourtant diplômés mais qui jouent aux non-voyants, ou qui, brusquement, perdent la réalité du droit quand ça les arrange en faisant passer en priorité non pas leur savoir mais leur idéologie et leur intérêt au service de la désinformation. A qui cela sert-il ? Et pourquoi ?

Quant aux intellectuels ils devraient continuer à faire de la littérature, car à chaque fois qu’ils écrivent sur les institutions c’est du n’importe quoi. S’agissant des élus, à part ceux qui comprennent, les autres nagent depuis les années 2000 sans avoir rien compris. Et dire qu’ils siègent dans les Assemblées majeures de l’île ! Ils suivent gentiment avec foi -et calculs de carrière- les meneurs qui les conduisent à l’autonomie. Je suis effaré, comme de nombreux concitoyens, quand certain prennent la parole, à Droite comme à Gauche.

La Droite quel malheur ! Elle ne se rend même pas compte et creuse sa propre tombe. Elle a déjà installé l’apprenti mégalo sur un trône, elle s’enfonce et pourtant il y a parmi ses responsables quelques têtes pensantes ! Cela n’empêche qu’ils dérivent vers des lendemains qui déchantent. Le dimanche 24 janvier cette Droite qui veut dire oui se mettra à la remorque de la gauche autonomiste qui demande de voter oui non pas à une Assemblée unique mais à une nouvelle collectivité qui éliminera le département et la région, donc, forcément, le droit commun avec. Personnellement je suis perplexe face à cette absence de discernement et de réalisme. Est-ce de l’aveuglement ou un simple souci carriériste ?

Une collectivité départementale

Cela ne veut pas dire du tout que nous serons un département, absolument pas, parce que la spécialité législative sera toujours là au moins à 70%.

Revenons sur la déclaration d’un membre éminent du parti Nouveau Centre en la personne du député J-C LAGARDE sur Evolution Martinique, le 12 décembre 2009, donc un mois après mon article Un constat de rupture  sur le même blog.  Que dit le Député du Seine -Saint-Denis ? Je le cite : « Le oui du 24 serait une « collectivité départementale » Je ne crois pas que ce membre influent de droite dirait n’importe quoi. Mais, après mon article ce député que je ne connais pas, dit exactement ce que je craignais et il est possible que nous y allions, à moins que le chef de l’Etat n’en décide autrement, et il n’en est pas à son coup d’essai.

Si la déclaration du député ne fait pas prendre conscience à ceux de Gauche comme de Droite qui demeurent dans une logique du oui le 24 janvier 2010, comment leur faire comprendre qu’ils se prendront les pieds dans le tapis, et que la population en pâtira ? J’ajoute qu’il n’y a pas de honte à revenir en arrière quand on s’est rendu compte qu’on allait dans le mur. L’honnêteté est payante et les électeurs accepteront toute explication loyale. Cela ne fait aucun doute que la population martiniquaise est tombée au fond d’un puits et qu’il faut trouver le moyen d’en sortir. Or, avec ces phrases du chef de l’Etat, de sa ministre et celle du député LAGARDE que nous faut-il de plus ? Le 11 novembre 2009 j’ai soulevé ce point sur la collectivité départementale, qui me paraissait inquiétante pour la Guyane et pour la Martinique, alors que même nos profs de droit n’ont pas vu et signalé cette anomalie : Quand on supprime le département et la région, en les remplaçant par une nouvelle collectivité, on n’est plus dans le droit commun. Je ne trouve pas de mot suffisamment forts pour expliquer cette défaillance juridique des professeurs de droit. C’est gravissime.

Il faut rappeler à la population martiniquaise, que quand les élus autonomo-indépendantistes disent, qu’ils auront une assemblée unique le 24 janvier 2010, ils sont en pleine mystification, car il n’a jamais été question d’assemblée unique dans la question posée par le chef de l’Etat concernant la consultation du 24 juin. Il s’agit de la création d’une nouvelle collectivité se substituant à la région et au département, sans le droit commun.

MAYOTTE nous refile son encombrant statut

Depuis 1975 MAYOTTE nage dans une misère pourtant française. La loi du 24 décembre 1976 dotait Mayotte d’un statut provisoire de Collectivité territoriale de la République sans que ce soit un département. Le combat de Mayotte mettra un quart de siècle pour aboutir à ce Conseil Général. Puis la loi n°2001-616 du 11 juillet 2001 dote Mayotte d’un statut de « Collectivité Départementale » sans pour autant en faire un département, il faut le savoir. Cette loi stipule que l’exécutif de la collectivité alors exercée par le préfet de Mayotte sera transféré au président du Conseil en mars 2004.

Or, en 2003, lors de la révision constitutionnelle, Mayotte s’est retrouvée dans l’article 74 et est devenue COM. Malgré un pas décisif vers le droit commun qui ne s’applique toujours pas, et qu’ils ne verront que dans des décennies, il leur faudra encore se battre pour arracher chaque avantage dû de plein droit aux départements. Les élus martiniquais font la marche inverse des Mahorais, pour quitter le droit commun. Tout en connaissant la sécurité de l’identité législative, capitale pour la population martiniquaise, ils veulent nous en priver. Ces gens qui nous dirigent et leurs complices de tous bords devraient perdre la confiance de leurs électeurs dont ils bafouent les intérêts lors des régionales.

C’est pourquoi j’invite les Martiniquaises, et les Martiniquais à voter non, le 24 janvier 2010, contre la création d’une nouvelle collectivité hors du droit commun français. Le vote du dimanche 24 est un non sens qui nous est imposé par le président de la République française. Pour éviter de se retrouver dans une autonomie fomentée par Nicolas SARKOZY nous lui répondrons non. Nous voulons garder le département et tous les avantages afférents. Nous dirons donc NON. J’ai bien pesé le pour et le contre : pour conserver les mêmes droits que les Français de la métropole il faut obligatoirement dire non le 24.

Le non du 24 janvier c’est le non à l’autonomie de Nicolas SARKOZY

VOTONS TOUS NON DIMANCHE CONTRE L’INITIATVE DE SARKO

De Charles RANO

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CH.FFRENCH 14/01/2010 19:10


Il faut absolument que les Martiniquais suivent Mr Charles Rano! Ils ont tous la télé, ils ont tous vus comment une  île "indépendante", (je parle de la malheureuse île de Haïti, qui vient
d'être presque détruite par un énorme seisme), se retrouve dépourvue de tout, et est obligée de faire la manche auprès
de la communauté internationale, afin d'avoir, médicaments, nourriture etc...
Sans la départemenlisation, dans un cas semblable les Antilles et la Guyanne se retrouveraient dans le même cas! Alors ? Cé Domota qui ké rangé tot zafès à zot ???


hello 14/01/2010 15:31


La seule chose qui pourrait me faire changer d'avis serait une explication claire et nette de la part du gouvernement de ce que serait cette assemblée unique , jusque là nous ne sommes pas
renseignés ; juste des mots sans le contenu des changements et leur conséquences ; rien de concret , juste un réve d'economie de mauvais représentants , et le désir de plus d'efficacité dans le
fonctionnement du département .
pourquoi nous poser pareille question ? notre principal problème était le manque de confiance en ces hommes qui n'étaient pas dignes de parler en notre nom ; maintenant que nous leur avons exprimé
clairement notre désaprobation , on nous remet entre leur mains!!
Imaginons l'assemblée unique , et son statut particulier , dirigée par monsieur Letchimy lequel souhaite que  l'autonomie nous soit proposée à nouveau quand dit il , nous serons pret:
Ce serait le retour à la case départ mis en place par notre nouvelle "spécificité"
Cette seconde question n'aurait jamais du nous etre posée , les 80 pour cent de NON du 10 janvier disent la seule chose qui est importante , nous sommes français , nous souhaitons etre traité comme
tous les français , point final.
le 24 je voterai NON


Claude Despointes 14/01/2010 11:40


Monsieur Rano est un sage. Il faut l'écouter avec attention. Ce qu'il dit, ce ne sont pas des propos de bistrot. Ce qu'il a déjà écrit prouve la hauteur de ses vues, la qualité de sa réflexion et
son souci de démêler le vrai du faux le mettent à l'abri de la confusion des esprits. Ce n'est pas le cas de tous les orateurs qui prétendent influencer les uns et les autres quant à l'avenir de la
Martinique.
Monsieur Rano a publié ses réflexions : espérons que nos "intellectuels" et nos politiques savent encore lire... Ils pourraient peut-être y découvrir le sens, peut-être pas de l'Histoire avec
beaucoup de hash, mais au moins celui du fil à plomb.
Merci, Monsieur Rano pour votre contribution loyale et intelligence au soi-disant débat. 


Emilie JONCART 14/01/2010 03:41



Je refuse le statu quo, je suis pour le changement, je suis pour une assemblée unique. Mais le 24 je dirai NON car on nous appelle à voter pour une COLLECTIVITE UNIQUE. Ce qui est différent. La
Région et le Département vont être supprimées, alors le 24, je dirai NON. On ne connait pas le mode d'élection de l'assemblée délibérante. Alors je dirai NON. On ne connait pas sa
composition en termes de nombre d'élus. Alors le 24 je dirai NON.  On ne connait pas les pouvoirs de son exécutif. Alors le 24 je dirai NON.
Non, car je refuse d'aller dans l'exception.
Exigeons ensemble un nivellement vers le haut et votons NON LE 24 janvier 2010
Emilie