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Publié par Edouard Boulogne

NON AU MENSONGE, ÉVIDEMMENT.


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Ça y est, les "professions de foi" sont arrivées chez les électeurs de la Martinique, qui, dimanche 24, prendront la décision de se passer ou non la corde au cou. Cette corde, les "grands élus martiniquais" ont déjà fait de multiples tentatives pour la passer au cou des Martiniquais. La  dernière - l'avant-dernière, devrions-nous dire - fut de prétendre que les Martiniquais (qui ne leur avaient rien demandé) voulaient changer de statut. Cette imposture prit corps à la faveur d'un "Congrès", au quatrième trimestre 2008. Et elle aurait sans doute été plus loin si...

Car la la représentation départementale et régionale a été interrompue dans son élan. Paradoxalement, ce sont les désordres du premier trimestre 2009 aux Antilles qui ont préservé la Martinique des sinistres conséquences de cette machination. Comment ? En provoquant l'initiative du Président de la République de rendre la parole aux Martiniquais, cette parole confisquée par les élus "en congrès", confisquée par les agents de la subversion lors des désordres de 20009 et confisquée, enfin par les zintélektuels au rang desquels figurent ès qualité les rédactions des principaux organes d'information, tant à la Martinique qu'à la Guadeloupe et à Paris, où bon nombre de parasites font profession de relayer en Métropole l'affect antillais dont ils n'ont pas la moindre idée, se contentant de leurs propres fantasmes qu'ils étalent sans retenue sur la place publique, faussant à cause du nombre de tribunes qui leurs son offertes la perception de la réalité.

Le Président de la République a donc repris la main pour la transférer au peuple dont la souveraineté avait quelque peu été trahie par ses "grands élus". L'imposture fut d'ailleurs très vite reconnue par certains de ceux-là même qui s'y tétaient associés : la FSM notamment qui, la première, en fit l'aveu public. La FSM avoua - et c'est tout à son honneur - que si le vote avait eu lieu à bulletin secret et non à main levée, la résolution du "congrès" n'eût pas été la même. Que dans ses propres troupes, vérification faite, le résultat était exactement l'inverse de ce qu'il avait laissé croire à travers ce  coup d'État larvé. 

C'est bien la preuve qu'il y a deux discours chez les politiques martiniquais : l'un fait de slogans et de rodomontades à visage découvert, et l'autre, beaucoup plus raisonnable... lorsque que la sécurité de celui qui s'exprime est assurée par le secret d'un discret bulletin. La surenchère voilà l'ennemi de la vie politique en général, et aux Antilles en particulier puisque cette surenchère s'exerce sur des leviers particulièrement sensibles dont les démagogues, y compris lorsqu'ils sont auréolés de diplômes universitaires, ont fait et font encore un usage immodéré.

Bref ! les prétendues grèves générales (il n'y eut de général que les blocages et la menace d'une surenchère dans les exactions de la part des indépendantistes et de leurs bras armés) ont conduit le Président de la République à demander à la Martinique de s'exprimer par elle-même sur son avenir institutionnel puisqu'on ne pouvait pas prendre ses  élus au sérieux, au moins sur ce dossier-là.

Le Pr Anne-Marie Le Pourhiet (dont l'avis est d'autant plus intéressant qu'elle n'est pas partie à la cause) a clairement décrit - textes à l'appui - le piège qui s'abattrait sur les Martiniquais si, par malheur, ils votaient oui le 24 (effaçant d'un oui ce non magistral qui aurait dû rappeler à l'ordre toute la classe politique en la ramenant à ses devoirs). Celle-ci s'est encore livrée à une explication de texte dans le FRANCE-ANTILLES (Martinique) du 19 janvier.

Il nous a également été rapporté qu'un autre juriste - Martinquais et partie à la cause, celui-là, comme par hasard, et proche du PPM, toujours comme par hasard - était venu essayer de faire croire à une improbable compatibilité entre le non du 10 janvier et le oui du 24. Loin d'avoir convaincu qui que ce soit, il aurait, paraît-il, plutôt conforté les partisans du non dans leur conviction que le oui du 24 était une bombe à retardement.

À quelques jours de la consultation, on peut donc se demander s'il y a chez les partisans du oui, ne serait-ce qu'un commencement de conviction...

Chez les gens éclairés, on peut en douter. En revanche, ces mêmes gens éclairés sont certains d'une intention tactique à propos de ce oui.

Autre question, tous les ouistes partagent-ils les mêmes objectifs ?

Peut-être, au fond. A priori, après avoir fait le distingo entre pilotes et passagers, après avoir pris note qu'il y a aussi des sponsors qui ne sont ni vraiment pilotes ni vraiment passagers (mais que l'on peut considérer un peu comme des "armateurs"), on aura isolé deux catégories à surveiller de près : les "durs" et les "malins", en ne perdant évidemment pas de vue que tous les durs ne sont pas forcément malins, mais que tous les malins sont forcément durs. À partir de ce constat se dessinent les contours d'une réponse : les durs et les malins partagent évidemment les mêmes objectifs, un peu comme ces deux Romains qui, dans Astérix, projetaient ensemble de former un triumvirat tous les deux, chacun pensant de son côté ("ensuite, je me débarrasserai de toit et je le ferai tout seul, mon triumvirat"). 

L'image est d'autant plus pertinente, que l'enjeu politique et institutionnel de la Martinique repose sur un triumvirat de fait : le Conseil régional, la Mairie de Fort de France et le Conseil général. L'assemblée unique serait ce "triumvirat tout seul" à partir duquel chacun entend bâtir son règne - et un "gros crabe à gros mordants" en particulier a de grandes chances d'y parvenir. Là-dedans, les grotesques UMP-Martinique et Forces Martiniquaises de Progrès ne font pas, mais pas du tout, le poids. Le oui les effacera de la scène politique, c'est écrit. Et le non les coiffera définitivement du mépris des Martiniquais de gauche comme de droite. Comment pourrait-il en être autrement, puisque voulant jouer perso-perso, ils ont inventé la méthode perdant-perdant, le pari de Pascal à l'envers ? Il ne leur restera plus qu'à faire breveter le boomerang lokal, celui qui ne revient jamais quand on l'a lancé. Un boomerang lokal à l'image de ce oui qui n'a pas de marche arrière et menace de projeter les Martiniquais dans un inconnu hélas ! trop connu, dans les caraïbes et ailleurs. 

L'occasion que donne le résident de la République aux martiniquais est historique. Et un deuxième NON permettrait de recenser l'événement comme une prodigieuse victoire de la démocratie réelle sur la démocratie d'appareils. Le OUI, en effet, a fait donner l'artillerie lourde. La propagande, à ce point-là rappelle de fâcheux souvenirs, et devrait résonner comme un signal fort auprès de ceux qui doutent encore des enjeux, et de eux qui tirent leur dernière cartouche - mais ils tirent à balles réelles - sur la Martinique qu'ils voudraient réduire à leur main. 

Quel que soit l'avenir, il faudra se souvenir que l'UMP-Martinique et les Force Martiniquaises de Progrès (qui se prétendent départementalistes) auront fait cause commune avec le CONSEIL NATIONAL DES COMITÉS POPULAIRES ET PATRIOTES, le MODEMAS, le MOUVEMENT DES AUTONOMISTES ET DES PROGRESSISTES, le PALIMA (Parti de Libération de la Martinique) pour ne citer que les plus voyants.

On sait déjà que tous les "libérateurs" sans exception, de Robespierre au révérend père Aristide (qui professa sous le déguisement de prêtre catholique la théologie de la libération dans les quartiers pauvres d'Haïti) ont instauré un régime totalitaire. Les statistiques nous rappellent également que les régimes totalitaires sont marqués par la terreur et par la prévarication. Si le principe est quasi mécanique, un tel sort n'est pas forcément inéluctable dans la mesure où les urnes (à moins de fraude) permettent de dire non à ce dont on ne veut pas.

Et pour appeler le bon sens à l'aide, ayons une pensée pour les ouitses de nos relations : dis-moi quels sont tes associés, je comprendrai mieux qui tu es.

Quel que soit l'avenir, il faudra se souvenir que les "professions de foi" sont arrivées chez les électeurs de la Martinique - surprise ? - et qu'elle sont TOUTES pour le oui. Pas un seul imprimé officiel n'expose les bien fondés du non. N'est-ce pas un peu... suspect ?

Les débats ont lieu à la télévision. Surprise ? Les ouistes s'énervent, coupent la parole à leurs contradicteurs, élèvent la voix, sortent de leurs gonds, sont au bord de l'insulte. Eux, si fraternels, si porteurs d'un avenir radieux et fleuri, ont l'écume au bord des lèvres. N'est-ce pas très... suspect ?

Les ouistes, qui ont parfaitement compris que le 24 janvier est leur dernière chance de faire passer - c'est encore plus gros quand le déguisement à l'air de l'uniforme officiel - les "résolutions" du congrès. N'espèrent-ils pas cumuler autant de pouvoirs que jadis, en France, cette assemblée conventionnelle qui, à partir de 1792, non seulement réunit sous la même "institution" les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, mais inventa... la Terreur dont tous les régimes totalitaires et en particulier le bloc communiste ont retenu la leçon et appliqué les méthodes.

De fait, la marée ouistes a quelque chose de soviétique. C'est à se demander s'il y aura des bulletins non dans les bureaux de vote.

Cette grand-mère-là a décidément de bien grands dents. 

Quand RASSEMBLER LA MARTINIQUE écrit sur sa "profession de foi", entre autre contre-vérités : "NOUS VOTONS OUI À LA COLLECTIVITÉ UNIQUE SÉCURISÉE", est-ce mensonge ou simplicité d'esprit ? 

Et quand on pense que le machin ouiste qui s'est étiqueté "RASSEMBLER LA MARTINIQUE" trompe les lecteurs de sa "profession de foi" en inscrivant perfidement parmi la liste des conjurés ouistes le PARTI CHRÉTIEN DÉMOCRATE" (qui s'est engagé en faveur du non), il y a vraiment matière à penser que ne reculant devant rien aujourd'hui, les ouistes, reculeraient encore moins demain si les électeurs martiniquais prenaient le risque de se passer la corde du oui autour du cou.

Qua chacun pense ce qu'il veut. Non seulement il n'y a rien de sécurisé du tout, mais c'est exactement le contraire : c'est le flou le plus total. La seule chose qui soit claire, c'est que les ouistes font le maximum pour verrouiller ce oui aux airs de miam-miam.

LE BON SENS LE PLUS ÉLÉMENTAIRE , C'EST DE DIRE NON À L'AVENTURE

Lucien Chambon-Laplace
 
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