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Publié par Edouard Boulogne

 

Assemblée unique ou assemblée inique ?


(Intéressante réflexion de René Tikitak, cousin du justement célèbre Paul Tikitak).


Ça y est, c'est officiel, la Martinique et la Guyane vont entrer en référen... dom, tandis que la Guadeloupe et la Réunion, dont les élus sont certainement mieux inspirés que ceux de la Martinique (le cas de la Guyane n'est pas du tout celui des départements insulaires) vont y échapper.

Sans en avoir l'air, les pousse-au-oui de 2003 (rappelez-vous le précédent référendum "statutaire") ont gagné, comme ceux qui ont jadis réussi à contraindre les Danois, et plus récemment les Irlandais - harcelés à coup de référendum - à se dédire, mais, curieusement, de manière irréversible la deuxième fois. Alors que la première fois comptait pour du beurre.

Rappelons-nous de quoi il était question lors du référendum de 2003 : les électeurs des deux îles ont eu à répondre par « oui » ou par « non » à la question suivante :  « Approuvez-vous le projet de création en Martinique d'une collectivité territoriale demeurant régie par l'article 73 de la Constitution, et donc par le principe de l'identité législative avec possibilité d'adaptations, et se substituant au département et à la région dans les conditions prévues par cet article ? » .

Et, pour ceux qui l'auraient oublié, le 7 décembre 2003 la Guadeloupe a massivement répondu non, et la Martinique, elle a également répondu non, mais de justesse.  L'instauration d'une collectivité unique en Guadeloupe et Martinique a été repoussée, respectivement à 72,98% et 50,48%, lors du précédent référendum du 7 décembre 2003.

Aujourd'hui, les Martiniquais, manipulés par leurs élus (qui, censés les représenter tentent de multiplier les coups d'État pour les mettre devant des "réalités incontestables" assises sur le droit et la démocratie) cherchent à leur imposer une assemblée unique - au plus "soft" à travers le "73", au plus hard, à travers le "74". À défaut de pouvoir renverser l'ordre des choses, rions kia ! kia ! kia ! et signalons ainsi aux comiques que nous avons bien reçu leur message.

Rappelons aussi qu'en 2003, la Martinique se dirigeait naïvement vers le oui lorsque Jean Crusol, qui fait partie des rares politiques martiniquais à jouir d'une considération unanime à la fois de compétence, de probité, et de courage, s'est détaché du troupeau pour réveiller les ababas (car si tous les ouistes n'étaient pas des ababas, tous les ababas étaient ouistes). Il ne faut pas oublier non plus que le même parti socialiste invitait, à la Guadeloupe à répondre non et à la Martinique à répondre oui à la fameuse question énoncée plus haut, ce qui en dit long sur le degré de fumisterie de la position du oui "martiniquais". Un autre secours providentiel, alors que la Martinique s'apprêtait à voter oui est venu de la Guadeloupe, lors de la publication d'un sondage indiquant que le non l'emporterait vraisemblablement à la Guadeloupe, et avec un score sans appel. Les Martiniquais se sont alors interrogés, en particulier sur la comparaison entre leur QI et celui des Guadeloupéens, ce qui a pu ramener certains à la raison. Enfin, il y a aussi eu une mobilisation courageuse contre le conformisme nomenklaturiste, animée par un certain nombre de bonnes volontés, et le non s'est imposé. Ce non que l'on veut aujourd'hui... déposer, si je puis dire.

C'est une sorte de coup d'État qui nous a été servi. Un de plus (malgré le déguisement de "représentation démocratique"). Un coup d'État de faible amplitude eu égard du sort du monde, mais ce n'en est pas moins un, ourdi de longue date par des "responsables" politiques locaux, et non des moindres. Dans un abus de blanc-seing caractérisé, ces "zélus" se sont servis de la souveraineté populaire dont ils sont issus pour se livrer à une formidable campagne de forcing, servis en cela par les événements que l'on connaît et par la bougeotte institutionnelle de M. Sarkozy qui confond la longue période de stabilité institutionnelle en place (certes ébranlée par M.M. Mitterrand et Chirac, mais pas au point qu'il n'en restât plus rien) avec le chaos post-révolutionnaire qui a nécessité pour Napoléon Bonaparte une refondation complète après dix ans de désordre sans précédent dans l'histoire.

Ainsi, contre toute vérité et même contre toute vraisemblance, à chaud, dans le sillage d'événements révolutionnaires parfaitement coordonnés et de longue date, il a été décrété que les Institutions n'étaient pas adaptées, qu'elles étaient la cause d'un malaise dans les DOM, et de l'échec de la politique française aux Antilles, etc. etc. Jégo est venu, il a vu, et il s'est... convaincu du rôle historique qu'il devait jouer pour satelliser les DOM parmi les étoiles, laissant, hors crise, 2.000 chômeurs-Jégo dans les statistiques de l'emploi à la Martinique en 2008 (principalement dans le secteur du BTP)  suite à ses initiatives du premier trimestre de cette même année 2008, c'est-à-dire avant qu'il ne soit question de crise. 

Alors que les DFA sont la vitrine de la prospérité dans leur région - précisément en raison de leur ex-régionalité - tous les démagogues assurent que la France y rase de travers, ce qui sert les intérêts ou plus exactement les ambitions des indépendantistes et des crypto-indépendantistes que sont les autonomistes. 

Personne n'a jamais prétendu que les DFA étaient le paradis terrestre, mais quiconque voudrait les assimiler à l'enfer serait un parfait ignorant ou un gros gros menteur.

C'est dans ce contexte que la référendumitude doit conduire la Guyane à l'article 74 et la Martinique, si elle a de la chance au 73, au soixante-ouf, quoi ! Mais, la mémoire est souvent courte, et ce nest rien d'autre que ce que les électeurs de la Martinique ont rejeté en 2003. C'est ce qui leur est proposé aujourd'hui comme le moindre mal. De point de vue élémentaire, le moindre-moindre-mal serait de rejeter et l'article 73 et l'article 74.

Pourquoi ?

Hé bien précisément parce que deux assemblées - rivales, quoi qu'on en pense, puisque le politique l'emporte sur le service - peuvent se gendarmer mutuellement, se dénoncer réciproquement et éviter ainsi de devenir une machine institutionnelle dangereuse, car destinée à conduire - à l'insu du réel consentement de la population Martiniquaise - à l'indépendance ou à son proche voisinage institutionnel, pour la plus grande joie de tous ceux qui pensent que l'Outre-mer est un nid de fourmi, mais qu'on ne peut s'en défaire tant que la volonté n'en a pas été exprimée. Or, comme dans leur soif de souveraineté, nos zélus sont capables de violer la souveraineté populaire et de lui faire un enfant comme cela s'est si souvent vu, la cohabitation de deux assemblées est la seule garantie que nous ayons, et tout le reste n'est que poésie et menace.

Assemblée unique, assemblée inique ? Le risque est là. 

Qu'il me soit permis de citer La Fontaine, dans la fable très opportunément intitulée "Les Vautours et les Pigeons" (VII, 8) que j'invite, naturellement chacun à lire en entier :

          Tenez toujours divisés les méchants :
          La sûreté du reste de la terre
          Dépend de là. Semez entre eux la guerre,
          Ou vous n’aurez nulle paix.
          Ceci soit dit en passant : je me tais.          

À l'époque, on avait parlé de "chat' en sac". Maintenant (mais les Guadeloupéens sont géographiquement épargnés de la fréquentation des serpents - des vrais), on est dans le cas de figure des "sèpens en sac". Ce n'est pas beaucoup plus rassurant.

Hé bien que les électeurs se mobilisent et votent massivement non. Le 17 janvier, d'abord, et, puisque ce référendum est à double détente, qu'ils se souviennent que le "deuxième tour" du référendum, s'il a bien lieu le 24 janvier (en cas de non le 17) leur ouvre la possibilité de voter définitivement non, comme en 2003.

Car, permettez-moi de citer mon cousin Paul (Tikitak) : À pa an moin, missié li jije, a pa an moin... C'est ce que disent toujours les politiques, qui ne manquent jamais d'ajouter : cé lé zélektè, missié li jije, cé pas nous ki adan bitin la çà, cé yo. Hé bien que les "zélektè" fassent ce qu'il faut, et, pour une fois, rallions nous à un certain slogan. Faisons en sorte que ce choix, celui que doivent faire les électeurs de la Martinique en janvier 2010 nous permette de dire en toute bonne foi : choix ta-là, cé ta nou cé pa ta yo. 

Georges Tikitak



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Merci, Moresby


Moresby est certainement un(e) vrai(e) spécialiste, et je suis prêt à m’incliner devant la supériorité du progrès sur la médiocrité
des critères qui sont les miens. Cependant vous comprendrez, cher(e) Moresby que je prenne la peine de vous expliquer le fond de ma pensée, si entachée d’erreur soit-elle à vos
yeux.


Il est évident que si vous souhaitez pour les Martiniquais le sort des Cubains, la discussion sera difficile. Aussi difficile qu’à
Cuba, lorsque les Cubains eux-mêmes veulent faire partager leurs divergences avec les idées qui leur sont imposées par la force.


Mon séjour ici bas étant assez entamé, j'espère cher(e) ami(e) du progrès, que je ne serai plus là, quand vos idées avancées auront
fait reculer le niveau de vie des Martiniquais - dont vous me reconnaîtrez le droit de me soucier du sort peut-être autant que vous - au point qu’ils se rendront compte qu'il ne faut pas
confondre les conditions d’humanité (avec ses faiblesses) et de divinité (avec ses créances sur les mortels).


Pour la petite histoire, en termes de modèles, vous auriez pu dire que la Corée du sud s'en sort, que Monaco s'en sort, que la Suisse
s'en sort, et que Haïti ne s’en sort pas vraiment... Je crois qu'aucun des quatre ne correspond à la réalité martiniquaise dont j'espère qu'elle ne vous décevra pas trop dans les temps à venir
car, voyez-vous je me sens responsable de mes erreurs envers mes semblables et, craignant qu’il n’en soit de même pour vous, je ne voudrais pas que les lendemains que vous appelez de vos vœux
fussent des lendemains qui déchantassent. Malgré vous, peut-être, mais entre l’enfer et les bonnes intentions, vous savez comme moi que dès 1917 il en fut question en maints endroits de ce bas
monde.


Pour ce qui est de 2003, laissez-moi vous rappeler les 3 raisons principales de la victoire du oui à la Martinique, selon des
observations plus factuelles qu’idéologiques :



a) En 2003, la recommandation socialiste de voter non à la Guadeloupe et oui à la Martinique - à la même question - a provoqué chez au
moins un socialiste réputé pour ne pas être un imbécile, une attitude de retrait par rapport à la “doctrine officielle”, et il en a été de même chez plus d’un Martiniquais qui s’est alors
interrogé sur la validité intrinsèque du oui (en particulier chez ceux qui connaissaient peut-être mieux que d’autres les arrière-pensées de la plupart des thuriféraires du oui).


En d'autres termes, la courageuse position de Jean Crusol a allumé la mèche du non, quand il en était encore temps. C’est un
fait.


b) Quelques semaines avant le scrutin de 2003, un sondage a montré que les Guadeloupéens s’apprêtaient voter non à 75 % alors que les
Martiniquais étaient prêts à s’engouffrer dans le oui à 56 % (je me trompe peut-être dans les unités, mais ce sont, je crois, les ordres de grandeur).


Un certain nombre de Martiniquais (car il y en qui réfléchissent, figurez-vous) s'est alors demandé s’il ne se pourrait pas que les
Guadeloupéens fussent plus intelligents qu’eux.


Le doute cartésien, là, a peut-être joué un rôle dont vous ne semblez pas avoir la moindre idée.



c) Les Guadeloupéens campant sur leur position, la prise de conscience de nombreux Martiniquais s’est faite plus forte, au point
qu’une mobilisation de plus en plus forte s’est faite autour de quelques bonnes volontés une mobilisation très forte d'un petit nombre de militants - il s'agissait de Martiniquais soucieux
d'éviter à leurs compatriotes la mésaventure à laquelle les Guadeloupéens avaient eu la sagesse de se soustraire spontanément. Peut-être est-ce que, la Guadeloupe, moins sujette à
l’intellectualisme klaxonnant et le patriotisme conquérant que la Martinique a-t-elle d’autres réflexes que son île soeur ? Toujours est-il qu’un certain nombre de bonnes volontés se sont
mobilisées : elles n’ont menacé personne, bloqué aucune zone,  provoqué aucune grève, mis le feu nulle part. Elles ont simplement lancé un
message d’alerte.


Les békés, là-dedans ?


Vous avez certainement des renseignements de première main que je n’ai pas. Excusez-moi, en tout cas de ne pas disposer de
statistiques ethniques ou sociobyzantines me permettant de faire mienne votre réflexion certes très poussée, mais probablement un peu partisane à cet égard. La famille Tikitak, si vous voulez le
savoir, n’a participé ne de près ni de loin à la campagne à laquelle vous faites allusion. Si on m’avait consulté, j’aurais parlé de “sèpan an sac” plutôt que de chat’ (car, du fond de ce sac, je
n’entendais monter aucun “miaou” qui soit).


De bonnes volontés ont néanmoins animé une campagne pour faire valoir leur point de vue face à une propagande inquiétant à force
d’être écrasante, et je rends hommage à leur démarche.
 


En 2010, du reste, face au même scénario digne de la propagandastaffël, les  békés
Monplaisir et Virassamy (selon votre propre classification) ont vainement essayé de faire triompher le bon sens, ils n'ont même pas eu droit à la parole, et le oui l’a emporté – à la fameuse
question du changement statutaire – comme il arrive généralement quand le débat est… légèrement faussé, pour ne pas dire complètement truqué.


En 2003, les békés – encore les békés, toujours les békés, ces mêmes békés, évidemment - 
békés ont donc influencé pa
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M
Vous êtes pleins de rhétorique cher "ami" vous semblez connaitre la population comme votre poche , et pour vous le status co est préférable à la responsabilité !! Je donne mon avis et cet avis n'engage que moi, l'observation est parfois mieux que de long discours qui finissent par endormir tout le monde !!
St Martin ou st barth sont dans le 74 certes les habitants ne sont pas nombreux mais ils avancent peut être pas comme vous le désirez !! Le génocide par substitution, vous avez du en entendre parler !! Que le martiniquais attende les quelques piécettes que la France veuille bien lui envoyer pour pouvoir les dépenser dans le réseau commercial à haute valeur ajoutée !! Rester anba grènn sé fwansé'a , ad vitam éternam !!! Mi bèl bagay !! Si mes ancêtres avaient pensé comme vous a leur époque, ils seraient à l'heure actuelle toujours victimes du FOUET !!!
Je suis partisan de la responsabilité et non de l'assistanat !! Le niveau de vie dont vous parlez n'est qu'un leure !!!
Vivre à crédit, pour pouvoir consommer des produits frelatés à des prix frolant l'indécence !!!
22% de chômeurs et même plus , impossibilité pour un diplômé martiniquais de rester dans sa région sauf si ce n'est que pour tenir une serpillière ,avoir un emploi Subalterne par rapport à sa qualification, mais lui le français bon teint ,pour lui la place est existante....
Malgré un (haut niveau de vie) La pauvreté Gagne du terrain!! A croire que "maman" la France n'a que faire ("de ses enfants sous le Soleil) !!!
Je n'écris pas pour influencer qui que ce soit, je suis partisan de la responsabilité, et de la dignité !!
M

il y a un peu d'erreur dans ce que vous dites chère personne.


le oui martiniquais est parfaitement sensé, en 2003 il y a eu une forte campagne orquestré par les békés pour faire peur a la majorité des martiniquais bloqués économiquement par ces meme béké.
De grand panneau de publicité ontété disposé un peu partout sur le territoire de l'ile pour influencer l'inconscient des gens.


Beaucoup disent que les aides socials pleuvent en martinique, et pour cause tout est fait pour que les choses sois bloqueée: mono culture, bananes, canne a sucre et distribution. les martiniquais
en ont marre de cette situation étouffante.


la Barbade s'en sort, cuba avec un ambargo plus que centenaire a les meilleurs médecins de la Caraibe... Certe si le 74 passe dans 6ans on aura plus de RMI ou autre subsides, mais on aura plus de
liberté pour choisir le mode de fonctionnement de notre société Martiniquaise. Pour l'instant on avance pas dans cette politique d'assisté.


 


 
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