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Publié par Edouard Boulogne

 

 

des-gueulles-de-faux-culs.jpg ( Des gueules de faux-culs, qui nous prennent pour des tartes ). 

 

Notre récent article sur l'imposture de Gorée, au Sénégal, nous a valu de nombreuses approbations de lecteurs, et l'envoi du récent article de Bernard Lugan que vous lirez plus bas.

A cet égard mon ami Louis Dessout m'écrit : « Participant,en compagnie du député Moutoussamy, à un congrès professionnel maritime et portuaire qui se tenait à Abidjan puis Dakar,nous avions constaté, avec consternation l'imposture historique de Gorée.
Cette habitation n'a aucun accès maritime. Quel dommage que nos élus et le Président de la République contribuent à entretenir ce mythe expliqué par le lien
.http://bernardlugan.blogspot.fr/ »

Et Louis Dessout ajoute : «  Tu pourrais publier également  ta photo de l'île et te demander comment à cette époque on pouvait techniquement y effectuer un double transbordement  sans espace de stockage. D'abord du continent à l'île puis de l'île vers les amériques...Différence
fondamentale avec les installations, plus fonctionnelles, encore existantes dans les ruines de forts du Ghana, sur le continent où eurent vraiment  lieu ces pratiques barbares et ignobles de la traite ».

En d'autres termes, si c'était la raison qui gouvernait les actes de nos distingués commémorateurs, ils auraient pu choisir un autre site.

Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse? Qu'importe l'histoire ( invoquée à tort et et à travers ) dès lors que l'on est sûr que le mythe, tellement plus efficace pour manipuler les ignorants, sera abondamment entretenu par les médias ( « grands » ? ) aux ordres.

Sur les dessous de cette manipulation à grande échelle, et pas seulement sur la question de Gorée ) le Scrutateur reviendra abondamment dans les semaines qui viennent.

Faites-moi confiance.

 

Le Scrutateur.

Gorée 

 

 

 

 

L'article de Bernard Lugan :

 

Comme tous les voyageurs de passage à Dakar, François Hollande devrait se rendre à Gorée, île inscrite au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO. Or, ce n’est pas pour y visiter un des plus beaux sites de l’Afrique de l’Ouest, lieu dégageant une impression envoûtante, mais pour y sacrifier à la sempiternelle repentance.

Gorée est en effet présentée comme ayant été une des bases de la traite par laquelle des millions de malheureux esclaves auraient transité. Les voyagistes américains proposent même au public afro américain la visite pèlerinage de l’île qui aurait vu passer leurs ancêtres ; au mois de février 1992, lors d’un voyage au Sénégal, le Pape Jean-Paul II lui-même accrédita la légende de « Gorée l’île aux esclaves ».

Le « clou » de la visite est la tristement célèbre « Maison des esclaves » où les chaînes qui retenaient les captifs sont encore en place. L’histoire de ce bâtiment est racontée avec lyrisme par des guides auxquels aucun superlatif n’est étranger. Ils racontent ainsi qu’elle fut construite par les Hollandais au XVII° siècle, que ce fut à l’origine une « esclaverie », qu’elle fut le cœur du honteux système esclavagiste régional centré sur l’île de Gorée. Ses murs ont vu passer des centaines de milliers ou même des millions de Noirs arrachés à leur terre. La visite détaillée permet d’ailleurs de se faire une idée des épouvantables conditions de vie des malheureux. Elle se poursuit par la découverte des cellules des hommes, de celles des femmes et même, moment particulièrement émouvant, de celles des enfants. Le cachot n’est pas oublié dans lequel étaient enchaînés et enfermés les sujets rebelles.

Cette maison a fière allure depuis qu’elle a été restaurée. Une plaque apprend ainsi au visiteur que, parmi les mécènes figure une association prestigieuse, la Fondation France Liberté, présidée par Madame Danielle Mitterrand, veuve d’un ancien président de la république française.

 

Le seul problème, mais il est de taille, est que la « Maison des esclaves » n’en n’était pas une et que Gorée ne fut pas un centre important de la traite esclavagiste !

La véritable histoire de la « Maison des esclaves » a en effet été écrite notamment par deux historiens de l’IFAN (Institut fondamental de l’Afrique noire), Abdoulaye Camara, préhistorien et archéologue, ancien conservateur du Musée de Gorée puis du Musée d’Art africain de Dakar, et par le père jésuite Joseph Roger de Benoist, spécialiste de l’histoire du Sénégal. Le lecteur curieux pourra se reporter à ce sujet au journal Le Monde en date du 27 décembre 1996 et à l’article intitulé « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité ».

 

L’histoire racontée par ces historiens est bien différente de la légende officielle de Gorée pieusement récitée par les guides locaux:


1) Ce ne seraient pas les Hollandais qui construisirent la « Maison des esclaves » au XVIIe siècle, mais les Français et cela en 1783, donc à une période où la traite européenne avait cessé dans la région de la Sénégambie depuis plusieurs décennies. Une traite subsistait certes à cette époque, mais elle était à destination de l’Afrique du Nord et elle était pratiquée par des esclavagistes arabo-musulmans. Gorée ne fut pas concernée par elle.
2) Cette maison aurait été commandée par Anna Colas, une signare,c’est à dire une riche métisse.
3) Les « cellules » auraient été en réalité des entrepôts de marchandises.
4) Comme toutes les demeures coloniales de cette époque, la maison abritait une nombreuse domesticité et certainement même des esclaves qui y assuraient les tâches les plus ingrates, mais ce n’était pas une « esclaverie ».
5) A l’époque de la traite florissante, Gorée ne fut pas un centre esclavagiste. Au maximum du mouvement, c’est à dire au XVIIe et peut-être au début des XVIIIe siècles, les historiens estiment en effet entre deux cents et cinq cents le nombre d’esclaves qui y transitaient annuellement.

 

François Hollande a donc à son tour cautionné un montage historique. Et pourtant, il ne manque pas de lieux, réels ceux-là, où il est possible de voir comment était véritablement organisé l’odieux commerce des esclaves.

J’en citerai un seul dans cette Afrique de l’Ouest littorale qui vit tant de royaumes africains esclavagistes vendre plusieurs millions d’hommes, de femmes et d’enfants à leurs partenaires européens. Il s’agit du fort de Cape Coast, situé au Ghana, à environ 200 kilomètres à l’ouest d’Accra et qui fut le principal point d’exportation des esclaves vendus par le royaume Fanti aux négriers anglais, hollandais et même suédois qui s’y succédèrent. Il serait également possible de citer, entre autres, Elmina à l’est de Cape Coast et Christiansborg (ou Osu) à Accra.

 

La « mauvaise monnaie chassant la bonne », les petits arrangements avec l’Histoire sont peut-être favorables à l’industrie touristique de Gorée, mais, outre le fait qu’ils décrédibilisent ceux qui les cautionnent, ils risquent de faire le lit de ceux qui nient la traite esclavagiste ou qui la relativisent.

Bernard Lugan

12/10/10

 

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Franck25 04/09/2019 11:56

Il est étonnant de constater qu'à chaque fois qu'une controverse apparaît, ci ou là, sur la période de l'esclavage, celle-ci émane TOUJOURS d'un Blanc ! Négationnisme ?

Dissident 15/10/2012 17:42


(…)


L'Arabie Saoudite a attendu 1962 pour abolir officiellement l'esclavage.
Pourtant, les lieux saints de l'islam sont gardés par des esclaves, pire, des castrats, amputés de leurs organes génitaux par soucis de pureté. Slimane Zéghidour
en a compté trente six lors d'un voyage réalisé en 1988 (2).


La Mauritanie s'offre la
particularité d'avoir proclamé trois abolitions de l'esclavage. La première en 1905, sous la colonisation française, la seconde à l'indépendance, en
1961, et la troisième en 1980. Elle n'ont pas été plus efficaces l'une que l'autre.


(…)


Au Niger, interdit depuis
1963, l'esclavage n'a été pénalisé qu'en 2003. Craignant des poursuites, un chef tribal touareg a alors annoncé la libération des 7000
esclaves possédés par les membres de son clan. Le jour dit, devant la presse et les officiels, il se déjugeait et affirmait que son clan ne comptait pas un seul esclave
dans ses rangs.


(…)


http://www.recherches-sur-le-terrorisme.com/Documentsterrorisme/esclavagisme-moderne.html







Et pendant ce temps-là Flamby fait le malin, j’espère que cet ahuri ne va pas provoquer l’assassinat de nos otages.







15 octobre 2012



François Hollande accuse la France



De Maxime Tandonnet :



"Le président vient de se prononcer à Dakar pour une « réparation » du crime que fut l’esclavage. Ce mea culpa d’un chef de l’État français me paraît discutable dans la
mesure où l’esclavage se confond avec l’histoire de l’humanité et non pas l’histoire de France [...].



Ce n’est donc pas la France, par la voix de son président, qui devrait se repentir, mais l’humanité toute entière. Quand « Matignon » annonce qu’il étudie les « moyens de réparer
l’esclavage », à quoi pense-t-il ? À réparer l’histoire de l’humanité depuis les origines ?



(…)


http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2012/10/fran%C3%A7ois-hollande-accuse-la-france.html


 

louis 15/10/2012 17:04


La "trilogie des esclaves" explique  aussi,avec talent, les raisons pécuniaires de l'évangélisation de la main d'oeuvre servile décimée au début de la traite par de fréquents
et nombreux suicides...


L.D

Claude HOUêl 15/10/2012 16:32


Pour Nad


Le petit françois a bien des défauts mais pas tous : Ce n'est pas lui l'inventeur de la repentance et de ses dérives , il faudrair chercher du côté d'un certain chirac...

Nad 15/10/2012 08:54


bon sang, ce n'est pas possible de se moquer ainsi de la République ! comment le peuple français a-t-il pu se laisser berner par ce nul !


enfin pas que lui ! nos gouvernants sont immondes !


merci pour vos articles qui nous redonnent un peu d'espoir dans ce monde d'hallucinés !

louis 15/10/2012 04:45


A ceux qui voudraient connaitre les" inventeurs" de la traite,je recommande la lecture de la "Trilogie des esclaves" deux tomes traduits du danois de Thorkild Hansen (Actes Sud).


Tome 1 La Côte des esclaves Tome 2 Les bâteaux négriers. Ils découvriront ,avec surprise et intérêt, à partir de documents authentiques et de témoignages historiques,cette invention 
méconnue des scandinaves. et leur relais logistiques dans la Caraïbe. Sainte Croix Saint Barhélémy entre Copenhague,la Guinée. Ils comprendront l'origine du trésor royal danois et
suédois et comment MAERSK est devenue la première compagnie maritime mondiale.


Louis Dessout  


 

Sully Tacite 15/10/2012 02:14


Un lecteur, monsieur Sully Tacite, m'envoie ce message à propos de l'article ci-dessus. Il s'agit d'un témoignage, que je publie en commentaire, avec l'autorisation de son auteur.
LS


Cher ami, concernant l'affaire de Gorée, je voudrais apporter ce témoignage : En 1999, pour des raisons professionnelles, je me suis rendu dans ce qu'on appelle le "Yévé land" (je ne suis pas sûr
de l'orthographe), c'est-à-dire le territoire de l'ancien Dahomey qui va du Bénin au Ghana en passant par le Togo. Cela tombait bien car c'était l'année de la célébration de la "route des
esclaves", initiée par M. SOGLO (je ne suis pas sûr de l'orthographe), Béninois, alors directeur du FMI. À cette occasion, j'ai pu visiter certains sites et me rendis en effet compte que les
centres importants de ce commerce abject se trouvaient au Ghana. Et le plus important d'entre eux est le fort de Kéops ou Khéops (je ne suis pas sûr de l'orthographe). Il y a également Elmina où
fut embarqué les premiers esclaves. L'autre pays très concerné est le Bénin et plus singulièrement la ville de Ouida (je ne suis pas sûr de l'orthographe) où se trouve le palais du roi Berzein et
le fameux arbre du voyageur, celui autour duquel tournaient les esclaves avant d'être embarqués. Lors de ce voyage, je fus consterné d'apprendre que Gorée ne joua aucun rôle majeur dans ce
trafic. Et pourtant, l'opinion dominante continue à verser dans l'ignorance. Pour finir, je dirais que la visite de Khéops (je ne suis pas sûr de l'orthographe) est très dur. On y sent encore
aujourd'hui le caractère immonde de l'esclavage. Or de tous les visiteurs, j'étais le seul Antillais français et le seul Français. Mais beaucoup de Trinidadiens, Barbadiens, Jamaïcains,
Américains. L'Afrique est méconnue par mes compatriotes. Ils ne connaissent qu'une Afrique idéalisée à partir de faux clichés. Sully TACITE

Claude HOUêl 15/10/2012 00:15


Si françois fait acte de contrition à Gorée c'est que les hollandais étaient partie prenante à


la traite négriére (beau sujet d'étude pour un psy).

Claude HOUËL 15/10/2012 00:09


Pourquoi ?


Pour les mêmes raison qui obligent certains pseudo historiens guedeloupéens d'évoquer les événements de mai 67 en multipliant sans prouver le nombre de victimes de "l'armée coloniale" :
Culpabiliser un occident et une france en perte de repéres et obtenir des réparations pas seulement virtuelles.


Probablement qu'un jour on visitera l'ancienne CCI place de la victoire comme haut lieu de la sous-france antillaise.


Il serait plus honnête de situer le mémorial "en bas kann' la" de la même façon que le mémorial de la shoa se situe dans les camps de la mort et non à Drancy prison abominable mais pas lieu de
martyr.