A l'attention de monsieur Jean-Luc Fabre, nouveau préfet de la Guadeloupe.




 

Monsieur le préfet,


Vous prenez, aujourd'hui, 23 novembre 2009, la responsabilité de la Guadeloupe, dans le cadre des directives du gouvernement qui vous a nommé, et dans celui des règles de la Constitution de la République, où la Guadeloupe se trouve inscrite de par une volonté historique très ancienne de ses habitants, remontant à 1848, année de l'abolition de l'esclavage.


Cette lettre sera courte, aujourd'hui. Elle n'a pour but, alors que notre île passe par une crise engendrée en grande partie par l'action tumultueuse, et délétère, de minorités activistes subversives, auxquelles vous allez être confronté dès les heures qui viennent, elle n'a pour objet que de souhaiter la bienvenue, au haut fonctionnaire que vous êtes, appelé à une tâche difficile et complexe, et aussi à votre personne, que nous accueillons sans préjugé, avec espoir et bienveillance.


Le Guadeloupéen que je suis, qui a une connaissance intime , et ancienne, de ce pays se tient à votre disposition pour vous fournir des informations qui peuvent contribuer, parmi d'autres, à vous aider à voir clair dans l'écheveau compliqué de notre âme antillaise.


Votre arrivée coïncide avec une pseudo « grêve générale », organisée par des irresponsables ambitieux et sans scrupules.


Vous aurez sûrement le souci de gérer les évènements avec sagesse, souplesse et modération.

Et vous aurez raison.


Mais le premier conseil que je me permet de vous adresser, avec humilité, est de bien vouloir considérer que la souplesse et la modération ne sont pas incompatibles avec la FERMETE.


Un penseur de première force qui contribua à la formation de l'âme du général de Gaulle, je veux parler de Charles Péguy écrivait : « Rien n'est meurtrier comme la faiblesse et la lâcheté. Et rien n'est humain comme la fermeté. Les régimes de lâcheté sont ceux qui coûtent le plus au monde et, en définitive, ce sont ceux qui peuvent finir et qui finissent réellement dans l'atrocité. Je n'aime pas un bon homme qui est au pouvoir. Dieu veuille que nos maîtres soient fermes, c'est tout ce que nous leur demandons. Rien n'est dangereux pour celui qui est dessous comme la bonhommie de celui qui est dessus ».


Voici, monsieur Jean-Luc Favre, le message que vous voulais vous transmettre, ce soir de votre installation dans vos nouvelles fonctions, en espérant qu'on vous la transmettra, et que vous lisiez cette pensée de Péguy avant le court sommeil du responsable, que j'espère fécond et réparateur, comme une oraison, presque comme une prière.


Edouard Boulogne.

 

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