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Publié par Edouard Boulogne

 

 

Joseph-Mace-Scaron.jpg

 

 

Plagier, c'est-à-dire, reprendre les idées et formulations d'autrui, sans le dire, en se les appropriant, ce n'est pas très honnête, et pas du tout élégant. Ni très nouveau non plus.

C'est pourtant du plus commun dans la gent littéraire, aujourd'hui comme hier, et peut-être demain.

Il n'est bruit ces dernières semaines à Paris, que des libertés qu'aurait prise avec l'honnêteté littéraire, à cet égard, l'écrivain et critique Joseph Macé-Scaron.

Accablé de partout, par des adversaires enragés, d'une espèce qui n'a guère changé depuis Boileau, Macé-Scaron, fait amende honorable. Il reconnaît ses turpitudes. Non sans rage, et sans rumination de revanche. A leur place, si j'étais de ses pourfendeurs, je me garerais bien, à gauche, mais surtout à droite, car M. Macé-Scaron est de droite, du moins en principe, et pour l'instant; ce qui expliquerait une hargne à son encontre, si dure, et si constante. Car enfin son péché, si regrettable qu'il soit, est des plus commun, et il y aurait lieu de se demander pourquoi il est tout à fait négligé chez ses confrères de l'autre bord, et des plus illustres, jouissant d'une autorité, et d'une indulgence illimitée chez les faiseurs d'opinion, qui les invitent sur les étranges lucarnes de nos chaines de télévision, à trancher de tout et de rien, avec la faconde, et la fatuité de ceux qui se pensent ( allez savoir pourquoi !) au delà de toute atteinte. Nous y reviendrons plus loin. En attendant, ne quittons pas J Macé-Scaron, dont un confrère, officiant dans la même gazette, ( Le Nouvel Observateur ) tente, avec indulgence, d'expliquer les errements, et débordements.

 

( I ) Joseph Macé-Scaron.

 

http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20110914.OBS0359/mace-scaron-les-milles-vies-du-baron-emprunt.html

 

Macé-Scaron: les mille vies du «baron Emprunt»

15-09-11 à 14:51 par BibliObs 20 réactions

Après trois semaines de justifications maladroites, il fait son mea culpa. Mais un mystère demeure: comment ce journaliste qu'on dit talentueux est-il devenu un moine copiste ? Enquête.

Joseph Macé-Scaron (Sipa) Joseph Macé-Scaron (Sipa)

«J'ai péché par aveuglement et par orgueil», écrit-il en préambule d'un mea culpa aux accents religieux, publié lundi sur le site de « Marianne ». Avec cette confession de flagellant, Joseph Macé-Scaron, directeur adjoint de l'hebdomadaire, espère mettre fin à trois semaines de calvaire. Le 22 août dernier, le site Acrimed révélait que plusieurs passages de «Ticket d'entrée», roman autobiographique de l'éditorialiste, étaient tirés d'un livre intitulé «American Rigolos», de Bill Bryson. Dans la foulée, d'autres «emprunts» à Rachel Cusk et Jay McInerney furent déterrés, ainsi que des dettes à Ernst Jünger et Victor Malka dans de précédents ouvrages.

Après avoir reconnu une «connerie», Macé-Scaron entama une campagne de mass media autour de l'intertextualité, concept universitaire théorisant le clin d'oeil littéraire. Il invoqua Montaigne, La Fontaine ou Lautréamont, selon lui coutumiers du fait, mais cette défense tarte à la crème lui valut plus de moqueries que d'applaudissements. Depuis, «l'Express» a révélé que le Macé journaliste avait aussi eu recours au copier-coller en injectant des paragraphes entiers d'articles du «Monde» ou de «Lire» dans ses éditos et ses chroniques. L'affaire dépasse désormais l'anodine chronique des scandales littéraires. En quelques jours, Joseph Macé-Scaron, le polémiste à la grande gueule et aux polos colorés, est devenu «Joseph Macé-Scanner». Et celui qui, hier encore, prenait la chose avec humour sur le plateau du «Petit Journal» de Canal+ ne rit plus du tout.

Comment un journaliste de son niveau a-t-il pu tomber si bas?, s'interroge-t-on à «Marianne». «Tout cela est profondément mystérieux, troublant, et surtout inédit, lâche Maurice Szafran, le PDG de l'hebdomadaire. D'autant plus curieux qu'il a un talent fou.» Tous, de ses éditeurs à ses confrères, s'accordent à le dire: Joseph sait écrire. Son parcours prouve qu'il n'est pas un imposteur: depuis ses débuts dans les pages «Idées» du «Figaro», l'homme a grimpé les échelons jusqu'à devenir directeur de la rédaction du «Figaro Magazine» en 2003, puis directeur adjoint de «Marianne» et patron du «Magazine littéraire». Un personnage multicarte, par ailleurs producteur d'une émission littéraire sur France-Culture - supprimée en juin dernier -, polémiste sur RTL et débatteur politique sur i>Télé...

Trop pour un seul homme ? «Il est très souvent absent et tout le temps débordé», observe un de ses confrères de «Marianne». Face à l'avalanche d'obligations, sa plume ultrarapide ne suffisait plus. Delphine Peras qui, en 2006, avait découvert sous la signature de «JMS» un paragraphe entier d'un article publié trois semaines plus tôt, ne croit pas à cette théorie: «A cette époque, Joseph Macé-Scaron n'était pas aussi médiatique et débordé que maintenant...»

La pigiste de «Lire» avait envoyé une lettre ironique de remerciement à Jean-François Kahn, patron de «Marianne». L'incident s'était terminé devant un Joseph Macé-Scaron «absolument charmant», qui s'était répandu en excuses tout en accusant son cosignataire, un pigiste, de l'emprunt. Aussi faustien que culotté, il proposa même à l'offensée de travailler pour lui - ce qu'elle accepta. «En réalité, j'étais loin de m'imaginer que ses pratiques relevaient d'un véritable système», dit celle qui songe à monter une APMS: l'Association des Plagiés de Macé-Scaron.

Etrange système qui consiste à copier ce qu'on pourrait écrire seul. D'autres évoquent un sentiment d'impunité narcissique, une certitude que son talent le protégeait. Dans sa lettre à «Marianne», l'intéressé parle de «désinvolture» et d'une «propension paradoxale à la mise en danger». Elisabeth Lévy, amie de vingt ans: «En «empruntant» à des journalistes du "Monde", les chances de se faire pincer étaient énormes - c'est sans doute ce qu'il voulait. On est dans l'ordre de la névrose, de la kleptomanie.»

Ils le disent tous: Macé-Scaron est un homme complexe. «C'est un ogre, un boulimique, confie un ami de toujours. Il peut être brutal, cavalier, absent, narcissique et lâche. Mais aussi adorable, passionné, touchant et profondément généreux.» Capable de baver de rage quand un article ou un titre ne lui plaît pas. Puis d'offrir un bijou de prix à une assistante qui a perdu son chien. Un autre ami: «C'est un labyrinthe: on croit le saisir, alors qu'il nous attend à une autre sortie.» Où l'on voit que son recours à Montaigne, l'homme multiple aux «mille agitations» qui écrivait dans ses «Essais»: «Je ne peins pas l'être, je peins le passage», n'est pas anodin.

Il y a tout de même des constantes. A commencer par une certaine vanité. «Il est très conscient de sa valeur, dans un milieu journalistique qu'il juge d'un niveau moyen», estime un ancien directeur. Lorsqu'il dirigeait «le Figaro Magazine», il n'avait pas hésité à faire passer une critique de deux pages sur son propre livre, écrite par un ami qui le situait entre Raymond Aron et Michel Foucault. Sur son profil Facebook, «JMS» publie régulièrement les coupures de presse célébrant le succès de son roman. Dans un accès de mégalomanie 2.0, il a prié ses contacts d'aller photographier leur exemplaire aux quatre coins du monde pour mettre les clichés en ligne sur sa page.

Est-ce la fin de son rêve, lui qui désirait «devenir un grand de la république des lettres», selon un proche ? Dans «Ticket d'entrée», son avatar romanesque est un journaliste que la presse n'amuse plus. Son psy lui apprend qu'il soufre d'une «crise d'identité». Troublant, lorsqu'on se penche sur l'itinéraire de Macé-Scaron. Il n'a quasiment jamais vu son père, légionnaire, et sa mère est morte lorsqu'il avait une trentaine d'années. Joseph a puisé chez les autres ce qu'il n'avait pas chez lui.

Il voulait un père ? Il en a trouvé plusieurs, du maurrassien Pierre Boutang au socialiste Pierre Rosanvallon, en passant par Pierre Bourdieu. C'étaient des Pierre de substitution. Des maîtres à penser de tout bord, qui ont jalonné un parcours politique biscornu. Tour à tour monarchiste, minet d'extrême droite lors d'un passage au Grece (Groupement de Recherche et d'Etudes pour la Civilisation européenne), puis centriste (il fut l'assistant parlementaire de Jacques Barrot et la «plume» du CDS), avant de se convertir à la gauche «Marianne».

Ces «sincérités successives», dirait Michel Tournier, sont-elles difficiles à assumer? Dans son dernier roman, il se dépeint pendant la campagne présidentielle de 2006 comme un antisarkozyste de la première heure. Pourtant, ses amis se souviennent qu'il était, comme d'autres, fasciné par le candidat Sarkozy.

Joseph Macé-Scaron, époque "Figaro" (Sipa)

Sa vie personnelle aussi, il l'a recomposée : d'abord petit-bourgeois marié, deux enfants, il a tombé son costume de réac tendance «Figaro» pour devenir ce personnage d'intello gay promenant avec une superbe seigneuriale ses biceps tatoués, ses pantalons en cuir et ses polos Fred Perry sur les plateaux télé et dans les boîtes du Marais. Comme «pour expier sa vie de bâton de chaise», précise Elisabeth Lévy, il aime se réfugier dans les églises mais en change souvent: franc-maçon, catholique puis orthodoxe, il a revendiqué des origines juives en se tatouant une petite étoile de David sur le bras. Qu'il a fini par recouvrir d'un motif maori.

Il a changé jusqu'à son nom, se faisant d'abord appeler José, puis Macé, le patronyme de son père, avant d'y ajouter Scaron, celui de sa mère. «Ce trouble identitaire explique peut-être son absence de scrupules à emprunter les signatures des autres», avance un ancien collègue. Dans le grand tourbillon cosmique des êtres et des noms, qu'est-ce qu'une signature?

Ces identités plurielles lui ont souvent valu les épithètes de girouette ou d'opportuniste mondain. «Peut-être que certains de ses anciens compagnons de route se sont sentis trahis», dit Jean-Christophe Buisson, son ancien adjoint au «Figaro Mag'». Comme le Cyrano de Rostand, il s'est retrouvé seul contre tous. Il est tombé de haut. «C'est le syndrome Strauss-Kahn, analyse un proche. Il savait ses faiblesses, mais n'a pas pu s'empêcher de se vautrer dedans.» Tel DSK revenant à la monogamie, Joseph Macé-Scaron parle de revenir au journalisme. Pour l'instant, «Marianne» le soutient avec la loyauté d'une épouse bafouée. Pour combien de temps?

Marie Vaton et David Caviglioli

Source : "le Nouvel Observateur" du 15 septembre 2011

 

 

 

J' évoquais, en commençant l'existence dans le domaine du copiage, et de l'emprunt secret, du non dit, d'autres personnes, dont la mauvaise foi est avérée, sans que nul n'ose les récuser en matière de compétence et d'autorité. Peut-être, cher lecteur, en lisant l'article ci-dessus, le nom, et le visage de Jacques Attali vous sont-ils venus en mémoire.

Jamais vit-on sur les écrans, et dans les salles de conférences, personnage plus imbu de lui-même, plus lugubre, et plus satisfait de son propos que M. Attali.

Voici un homme qui doit tout à François Mitterrand, beaucoup trop intelligent pour avoir jamais été dupe de Maître Jacques, mais qui, dans son projet d'enfumer l'esprit français au profit de son emprise personnelle sur la nation, choisit ce turlupin pour exécuter ses basse oeuvres.

Il y a longtemps qu'Attali a été confondu, démasqué.

Chaque fois il ne lui a fallu que quelques semaines pour se remettre en selle, et reprendre, benoitement, bonhommement, son petit travail d'embrouilleur, au moyen de quelles complicités?.

Et, je ne laisse pas de m'émerveiller de l'admiration béate que lui vouent, dans les dîners, ceux du moins auxquels j'ai l'honneur de participer, les gens doués pour l'encensement, même le plus obtu.

Oui, l'espèce des messieurs Jourdain, est des plus prolifique, et elle est éternelle.

Et pourtant lisons. Les faits, têtus, sont implacables.

 

( II ) Jacques Attali .

 

http://www.leplagiat.net/Page015.html

 

 

ATTALI, Jacques , Histoires du Temps, Fayard, 1982


< VERNANT, Jean-Pierre, Mythe et pensée chez les Grecs

< JUNGER, Ernst, Essai sur le temps, Bourgois, 1980

< LE GOFF, Pour un autre Moyen Age

Entre autres recopiages :

Comme le note plaisamment le Canard enchaîné du 12 janvier 1983, Attali s’attribue par la note 171 (" note 171 : Montaigne (Michel de), " Journal de son voyage en Italie de 1580 et 1581 ", Paris, Hachette, 1906.) le mérite d’avoir dégotté lui-même l’idée de Montaigne, alors qu’il l’a trouvée dans Le Goff !

Certes, les noms des divers auteurs chez qui a puisé Jacques Attali sont signalés en fin de volume, mais les citations elles-mêmes ne sont pas entre guillemets. Le lecteur ne peut donc évaluer la nature et l’étendue des emprunts.

ATTALI, Jacques , Histoires du Temps

LE GOFF, Pour un autre Moyen Age

Montaigne (171), dans son " Voyage en Italie ", après d’autres voyageurs des XVe et XVIe siècles, note la confusion qui résulte de l’origine changeante du temps d’une ville à l’autre.

Montaigne, dans le " Voyage en Italie ", après d’autres voyageurs des XVe et XVIe siècles, note la confusion, le désordre qui naît de ce temps à l’origine changeante d’une ville à l’autre.

 

ATTALI, Jacques , Histoires du Temps

VERNANT, Jean-Pierre, Mythe et pensée chez les Grecs

Depuis cet âge, chaque race humaine possède sa temporalité propre, son " Age ", qui exprime sa nature particulière, et qui, au même titre que son genre de vie, ses activités, ses qualités et ses défauts, définit son statut et l’oppose aux autres races.

Chaque race possède sa temporalité propre, son âge, qui exprime sa nature particulière et qui, au même titre que son genre de vie, ses activités, ses qualités et ses défauts, définit son statut et l’oppose aux autres races.

 

 

 

Nous pourrions nous en tenir là. Mais je ne voudrais pas oublier, pour ses mérites en matière « d'intertextualité » l'ineffableAlain Minc, autre idole des niais et des sots.

Il ne le cède en rien à ses chers collègues. Cet ami des Strauss-Kahn, ses Fabius, et de tout ce qui compte dans le gratin de ceux que Brassens dénommait les « croquantes et les croquants » est aussi, dans le genre un maître incomparable. Et surtout, lisez tout.

 

( III ) Alain Minc.

 

http://www.homme-moderne.org/plpl/n8/p6-7.html

 

 

 

 

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Le PPA frappé au cœur

Pour le QVM (Quotidien vespéral des marchés, ex-Le Monde), la condamnation d’Alain Minc pour plagiat est un camouflet : Minc préside le « conseil de surveillance » de ce journal. Or, selon Raminagrobis (Colombani, directeur du QVM) un président de conseil de surveillance d’un journal a pour rôle de « veiller au respect de l’indépendance » [voir encadré p. 2]. Au moment où ce journal entre en Bourse, l’indépendance du Monde est donc soumise aux caprices d’un personnage condamné pour « plagiat », « reproduction servile » et « contrefaçon ».

Les analyses du conseil scientifique de PLPL sont formelles : avec ce jugement, c’est l’ensemble du PPA (Parti de la presse et de l’argent) qui se trouve frappé au cœur. Le Plagiaire Servile Alain Minc est en effet au centre du dispositif qui soude des hauts fonctionnaires, les patrons qui plastronnent, les médias qui mentent et un quarteron d’intellectuels à gages. Lui-même ancien haut fonctionnaire, ex-industriel, conseiller de grands patrons, responsable de presse et auteur de deux douzaines d’essais à prétention intellectuelle, Minc joue le rôle de passeur entre ces divers milieux. « Son secret, c’est de passer pour un homme de presse auprès des banquiers, pour un financier auprès des journalistes, pour un écrivain auprès des industriels. » (Stéphane Marchand, Le Commerce des illusions, J-C. Lattès, p. 153) Il monnaye aux uns l’aide ou le contact des autres. Pour mesurer la surface sociale du plagiaire, il suffit de rappeler la manière dont, en 1999, il a fêté son cinquantième anniversaire : « Le mercredi 14 avril, il avait réservé le célèbre restaurant du Palais Royal, “Le grand Véfour”. Et c’est dans un impressionnant ballet de Safrane, de Mercedes et de BMW que ses invités sont arrivés. C’était l’événement mondain de l’année. Minc avait tenu à s’entourer de tous ceux qui comptent à Paris et qui sont évidemment ses amis : les journalistes Jean-Marie Colombani, et Franz-Olivier Giesbert, les banquiers Jean Peyrelevade (PDG du Crédit Lyonnais), David de Rotschild et François Henrot (Paribas), les industriels François Pinault, Vincent Bolloré et Pierre Blayau, Jean Drucker et Pierre Bergé, le baron Ernest-Antoine Seillière. La gauche étant au pouvoir, deux ministres avaient tenu à souffler en si brillante compagnie les bougies de cet anniversaire : Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, accompagné de son épouse Anne  Sinclair. » (Le Canard enchaîné, 21.04.99)
   

 

 

DEBATS

A l’audience du 16 Octobre 2001 tenue publiquement

Patrick RÖDEL est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Spinoza, le masque de la sagesse », ayant pour sous-titre « Biographie imaginaire », qui a été publié en mars 1997 par les Editions CLIMATS.
Alain MINC est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Spinoza, un roman juif » qui a été publié en octobre 1999 par les Editions GALLIMARD.
Faisant valoir que l’ouvrage « Spinoza, un roman juif » procède pour une large part du
pillage méthodique de l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » et insistant sur le mépris avec lequel les protestations de Patrick RÖDEL auraient été traitées 2, celui-ci et les Editions CLIMATS ont assigné, par acte du 2 mai 2000, Alain MINC et la société Editions GALLIMARD en contrefaçon. […]
Vu les écritures par lesquelles la société Editions GALLIMARD conclut […] que sa responsabilité n’est pas engagée. A titre subsidiaire, elle demande à être garantie par Alain MINC de toute condamnation. Elle sollicite la condamnation […] d’Alain MINC à lui payer 20 000 F
3 […].

MOTIFS

Attendu que les demandeurs […] reprochent à Alain MINC :

- d’avoir démarqué étroitement la structure de l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » en effectuant des emprunts, allant de deux mots à vingt sept lignes, dans l’ordre chronologique respectif des chapitres des ouvrages,
- d’avoir effectué
trente six emprunts à l’œuvre première en ayant recours à plusieurs types de procédés allant de la reproduction servile d’expressions au plagiat de l’économie générale des passages en passant par la reprise des mêmes citations ou des mêmes anachronismes ; […]
Attendu que, s’agissant des
36 emprunts reprochés, Alain MINC admet dès l’abord, dans ses conclusions, la réalité de sept d’entre eux (référencés n° 13, 20, 23, 24, 25, 26, 27, 28 dans l’assignation) qu’il qualifie d’erreurs de sa part 4 ;
Que cependant ces emprunts vont, par leur nature et leur importance, au-delà de la simple réminiscence alléguée, la mauvaise utilisation des notes prises par Alain MINC
ou son équipe 5 sur l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » n’étant nullement une cause exonératoire de responsabilité ; […]
Qu’ainsi, nul avant Patrick RÖDEL ne raconte avec les détails et termes qui lui sont propres, précisément repris par Alain MINC :
- les circonstances du suicide de Uriel da Costa qui se serait, selon le seul Patrick RÖDEL, pendu avec une « corde de chanvre qui servait à descendre le seau au fond du puits » après l’avoir « accrochée à un piton de fer » et avoir « approché un tabouret » (n° 13 - Patrick RÖDEL p 28, Alain MINC p 67)
6 ; […]
- la lettre de Bouwmeester donnant à Spinoza la recette de la confiture de roses rouges, cette lettre étant fictive et
servilement reproduite 7 dans l’ouvrage de Alain MINC (n° 29 - Patrick RÖDEL p 84 et 85, Alain MINC p 124 et 125) ; […]
Attendu que d’autres emprunts établissent encore que le court ouvrage de 140 pages de Patrick RÖDEL a bien été
contrefait par l’ouvrage de Alain MINC 8 ; […]
- la scène de la flagellation de Uriel da Costa retracée de la même façon avec la reprise des mêmes termes non nécessaires notamment le « caftan » des notables de l’assistance, vêtement anachronique pour cette communauté juive de l’Amsterdam du XVIIe siècle
9 […]
Attendu que les griefs articulés par Patrick RÖDEL étant, comme il a été vu, partiellement fondés du fait de la reprise d’éléments protégés,
la contrefaçon est constituée ;
Attendu que
la responsabilité de cette contrefaçon pèse au premier chef sur Alain MINC, qui en tant qu’auteur de l’ouvrage contrefaisant n’ignorant rien de l’œuvre première et des emprunts indûment faits ne peut se prévaloir de sa bonne foi 10 […] ;
Que cette responsabilité pèse également sur la société Editions GALLIMARD, qui en tant que professionnel averti de l’édition ne pouvait manquer, sinon de vérifier, du moins de s’inquiéter auprès de son auteur de l’importance des emprunts faits, sans guillemets, à la « charmante biographie imaginaire de Spinoza (de) Patrick Rödel », expressément citée en ces termes par Alain MINC en page 120 de son ouvrage
11, et ce, alors même qu’Alain MINC ne se pose nullement en philosophe spécialiste de Spinoza 12 et que l’essentiel de ce qui est su sur Spinoza l’est par son oeuvre philosophique ;
Que du fait de cette négligence,
la société Editions GALLIMARD voit sa responsabilité quasi-délictuelle engagée envers Patrick RÖDEL.
Attendu que Patrick RÖDEL subit en sa qualité d’auteur, du fait de la
contrefaçon de son oeuvre, un préjudice moral certain qui sera réparé par l’allocation d’une somme de 100 000 F à titre de dommages et intérêts, le paiement de cette somme étant mis à la charge des défendeurs, tenus in solidum ;
Attendu que la société Editions GALLIMARD est fondée à invoquer à l’encontre de Alain MINC la garantie contractuelle dont elle bénéficie en vertu du contrat d’édition les liant en date du 10 mars 1998 ;
Que
Alain MINC sera condamné à la garantir de toute condamnation.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort, Dit que l’ouvrage « Spinoza, un roman juif » dont Alain MINC est l’auteur et la société Editions GALLIMARD l’éditeur est la contrefaçon partielle de l’ouvrage « Spinoza, le masque de la sagesse » de Patrick RÖDEL, édité par les Editions CLIMATS,
Condamne in solidum Alain MINC et la société Editions GALLIMARD à payer à Patrick RÖDEL la somme de 100.000 F (15.244,90 euros) à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice moral ;
Ordonne l’exécution provisoire de ce chef ;
Condamne Alain MINC à garantir la société Editions GALLIMARD des condamnations prononcées à son encontre 13 ;

[…] Fait à Paris le 28 novembre 2001

Le Greffier                                            Le Président

1. Belle démonstration de la solidarité entre droite et « gauche » quand il s’agit de défendre le Parti de la Presse et de l’Argent (PPA) : Kiejman est un ancien sous-ministre socialiste aussi familier de la cour du roi Mitterrand que Jacques Attali et Laure Adler. Attali est lui aussi un plagiaire certifié (deux ouvrages au moins), mais il n’a pas encore été formellement condamné. Christine Ockrent, propagandiste de Minc, de l’euro et de la police, a également plagié son dernier livre consacré à la vie amoureuse d’Hillary Clinton.

2. Dans un article consacré à Alain Minc, qu’il qualifiait de « mouche dorée », Philippe Lançon écrivait : « Ses réserves de mépris semblent inépuisables. » (Libération, 27.09.00)

3. Le jugement dont PLPL publie des extraits va établir que les éditions Gallimard, déjà déconsidérées moralement par la publication des petits essais médiocres de Minc, l’ont été professionnellement en éditant un texte plagié, c’est-à-dire volé à son auteur original. Gallimard a réagi en se retournant contre Minc qui leur avait présenté comme original un texte plagié, puis en le chassant comme un malpropre. Grasset (maison d’édition gangrenée par BHL, ami de Minc) a édité plusieurs ouvrages du plagiaire à la gloire du capitalisme. Parlant de BHL, Minc a d’ailleurs expliqué : « Il a été mon éditeur, il l’est encore. On a presque toujours été d’accord. Un intellectuel qui ne se trompe guère en trente ans, c’est rare. […] Il tombe toujours juste parce qu’il a une espèce de boussole morale qui fait qu’il tombe au bon endroit. » (« Vivement dimanche », France 2, 11.11.01) Moins de trois mois après la condamnation de Minc pour plagiat, la maison d’édition Le Seuil, proche de Nicole Notat, parachevait son avilissement en publiant un nouvel ouvrage du Plagiaire Servile Alain Minc, Journal de l’année 2001.

4. Dans son livre La Mondialisation heureuse (1998), Minc déclarait : « Je ne supporte plus les approximations intellectuelles… » PLPL avait soigneusement noté le propos, déjà accablant pour celui qui, en 1986, prophétisait la « finlandisation » de la France par l’Union soviétique…

5. Ici, le tribunal indique que non seulement Minc se rend coupable de « reproduction servile », mais aussi qu’il a recours à une « équipe » de collaborateurs, c’est-à-dire à des « nègres ». Il est vrai que Minc écrit ses livres « en quelques samedis » (Stéphane Marchand, op. cit., p. 45). Commentant le harcèlement téléphonique auquel l’avait soumis le directeur du Monde pour qu’il assure la promotion du livre plagié de Minc, Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, a confirmé la présence de « nègres » aux côtés du plagiaire servile : « Jean-Marie Colombani me demande encore de parler du Spinoza de Minc. […] Point d’appareil critique, ni notes, ni rien de ce genre. […] On m’a dit que de vrais jeunes philosophes avaient veillé à ce qu’aucune erreur fondamentale ne fût commise. » (Jean Daniel, Soleil d’hiver, Grasset, 2000, p. 215-216.)

6. C’est surtout aux chômeurs et aux Belges que Minc recommande le suicide. À propos des chômeurs de plus de cinquante ans, Minc a expliqué : « On peut les oublier. C’est une génération perdue » *. En 1988, après un raid financier sur la banque Générale de Belgique, le Plagiaire Servile plastronne. Les pieds sur la table d’une salle de conférence d’un hôtel de luxe Minc hurle aux journalistes belges : « Nous sommes là pour des siècles et des siècles ! »* Quelques jours plus tard, le Plagiaire Servile est chassé de Belgique…
* Cité par Stéphane Marchand,
Le Commerce des illusions, J-C Lattès, 1999, p. 226 et 167.

7. Cet attendu du jugement est historique. Il marque un triomphe pour la Sardonie et pour PLPL : Minc, président du conseil de surveillance du Monde [QVM] et président de la société des lecteurs de ce même quotidien pro-américain et pro-Jospin y est officiellement présenté comme « servile ». C’est donc un plagiaire servile qui, en ce moment, met sur pied l’entrée en Bourse du QVM. Minc se vante d’avoir lu Le Monde dès l’âge de onze ans.

8. Quand cet ouvrage de Minc est paru, Jean-Marie Colombani, directeur du Monde, a appelé à deux reprises Jean Daniel, directeur du Nouvel Observateur, pour lui adjoindre d’en faire personnellement la critique dans Le Monde. Jean Daniel en a fait le récit [lire PLPL, n° 2-3]. Dans l’article de Philippe Lançon précédemment cité, on lit ce propos d’un éditeur sur Minc : « Pour avoir les articles importants sur ses livres, il dressait froidement son plan. Je le regardais, on aurait dit mon fils devant l’ordinateur. Tout se manipule, il suffit de savoir cliquer. » « Cliquer » est d’autant plus facile que « Minc a énormément d’“amis”. Franz-Olivier Giesbert (qui l’a poussé à écrire sur Spinoza), Jorge Semprun, Pierre Bergé (qui lui prêta des bureaux chez Saint Laurent), Philippe Labro, etc. » (Libération, 27.09.00) Quand le livre servilement plagié par Minc est sorti, un autre « ami » s’est signalé : BHL. Le 10 novembre 1999, dans Le Figaro (alors dirigé par Giesbert), BHL a écrit : « Pour ma part, je conseille la lecture de ce Spinoza à tous ceux qui, à l’intérieur de la culture juive et au-delà, croient à la fécondité de l’esprit d’hérésie. »

9. Plagiaire servile, Minc s’est piégé à deux reprises : il réutilise un terme « anachronique » ; il reprend à son compte une fausse histoire de confiture de roses rouges inventée par Patrick Rödel pour piéger les plagiaires. PLPL envisage à son tour d’utiliser cette technique pour piéger les journalistes qui pilleraient ses articles sans citer leur source par peur d’être licenciés.

10. Dans une de ses très nombreuses tribunes parues dans Le Monde, cet homme que le tribunal vient de reconnaître coupable de mauvaise foi donnait des leçons d’éthique aux adversaires de la guerre de Bush en Afghanistan : « La morale n’est pas un ensemble vide, comme disaient les mathématiciens, et le régime démocratique lui permet de s’exprimer. » (QVM, 07.11.01) En condamnant Minc, la justice vient, pour une fois, de permettre à « la morale de s’exprimer ».

11. C’est la technique habituelle des plagiaires : ils font une référence complètement anodine à un livre puis ils en volent allègrement l’essentiel du contenu. Les auteurs et éditeurs étrangers, qui savent que le plagiat est une maladie française, ont accueilli avec enthousiasme le jugement du 28 novembre, infamant pour Minc.

12. Alain Minc est effectivement davantage connu comme conseiller des patrons Pinault, Blayau et Bolloré. Ses conseils sont à la fois très chers (1 million de francs par an par client) et très peu sûrs : congédié du holding Cerus en avril 1991, Minc a laissé un trou de 2,2 milliards de francs dans la trésorerie. Le magnat italien Carlo de Benedetti, PDG de l’entreprise ruinée par les conseils de Minc, a observé : « Je me suis certainement trompé sur Minc parce que je lui ai confié quelque chose dont il n’était pas capable, c’est-à-dire la gestion. […] Faire de lui un chef d’entreprise ou un président-directeur général, c’est comme confier à un sociologue la gestion d’une charcuterie. » (Carlo de Benedetti l’Européen, Balland, Paris, 2000, p. 144) C’est en partie injuste : Minc a réussi en tant que chef d’entreprise dans le commerce du pruneau qu’il fait cultiver dans sa propriété du Gers. Minc est un des principaux exportateur français de pruneaux (Stéphane Marchand, op. cit.).

13. L’éditeur du livre étant condamné en même temps que le plagiaire servile, Gallimard a obtenu le feu vert du tribunal pour réclamer à Minc l’amende de 100 000 francs qu’éditeur et « auteur » ont été condamnés à payer solidairement.
   

 

 

  
  


Mise en ouaibe
ec & mg
Le Mhm

   

 

 

 

Conclusion :

 

Je voudrais laisser la conclusion à l'impeccable Philippe Bartelet, qui dans un court article de Valeurs Actuelles dit, avec une férocité d'autant plus efficace qu'elle est plus allusive, et polie, résume toutes les turpidudes du petit monde qui se prend pour l'Olympe.

Edouard Boulogne.

 

 

http://www.valeursactuelles.com/notre-opinion/notre-opinion/intertextualit%C3%A920110915.html

L'esprit des mots.

Intertextualité

Philippe Barthelet le jeudi, 15/09/2011

dans

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C’est le nom savant que donnent les plagiaires à leur coupable industrie, pour l’autoriser à leurs propres yeux (sinon aux yeux du public). Jadis, en des temps de moindre arrogance intellectuelle, on appelait centon des citations évidentes : si l’on dit par exemple que la philosophie ne vaut pas une heure de peine, il est superflu d’ajouter que l’on vient de citer Pascal : tout le monde l’aura reconnu (si tel n’est pas le cas, au moins nul n’y verra malice) ; au lieu que recopier, en changeant çà et là un mot pour dépister les critiques, de longs passages du Journal parisien d’Ernst Jünger, manifeste à l’évidence des intentions plus ambiguës.

Pris si l’on ose dire la plume dans l’encrier d’autrui, le plagiaire parle donc d’intertextualité, invoque quelques cuistres à la mode et se pose sans frémir en disciple de Montaigne, qui aurait maintes fois cité Plutarque sans le nommer. C’est simplement confondre centon et pillage, les lecteurs de Montaigne connaissant assez leur Plutarque pour n’avoir pas besoin de guillemets. Il y a trente ans, Montaigne était déjà l’excuse de ce polygraphe-polymathe-polytrope qui avait lui aussi puisé largement chez Jünger – dans le Traité du sablier cette fois. Au lieu d’intertextualité, il avait parlé de guillemets défaillants. Heureuse époque encore typographique, où la technique avait bon dos pour les faussaires. Philippe Barthelet

Photo © Patrick Iafrate

 

 

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