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Publié par Edouard Boulogne

 

Madame Sophie Aram est, parait-il, humoriste de profession. Moraliste professionnelle aussi, qui cependant n'a pas assez lu La Rochefoucauld, et les moralistes français ( ni Molière, en son Tartuffe auquel son comportement fait penser ). Ni l'Evangile non plus, dont la parabole de la paille et de la poutre aurait pu l'inciter à la prudence.

Toujours est-il que madame Aram est aujourd'hui durement (?) punie de ses imprudences, et impudences. Gageons que dans l'ambiance actuelle, en France, tout aux mains du politiquement correct, elle s'en remettra, et plastronnera, bientôt, comme de coutume, sur toutes les antennes de France et de Navarre, la bouche seulement un peu plus enfiellée.

Pour quelles raisons? Notre collaborateur Pellisson, vous dit tout sur le sujet. LS

 

Sophie-Aram.jpg ( Sophie Aram, où la morale selon Tartuffe ).

 

 

 

Les malheurs de Sophie Aram, ou l'insupportable banalisation médiatique de la délinquance.

 

 

L'insupportable banalisation médiatique de la délinquance ! je veux dire par là qu'il est insupportable de voir à quel point la délinquance est devenue courante, et, de ce fait, relatée par les médias.

 

L'allusion, ici, vise la condamnation à de la prison ferme, pour escroquerie, de la mère d'une "humoriste" (tendance sociologicocorrectomoralisatrice) qui, il y a tout juste quelques jours, s'émouvait dans les colonnes du "quotidien de référence" de... l'insupportable banalisation médiatique du Front national, en fustigeant, comme il se doit, tous ceux qui ne fustigent pas tous ceux... qui ne fustigent pas le Front national. Grosse antipathie pour tous ceux qui n'ont pas d'antipathie pour tous ceux qui n'ont pas d'antipathie, en quelque sorte. 

 

« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », disaient déjà de concert le plus sanglant despote que la France eût jamais mis bas et son petit compagnon de route aux traits angéliques.

 

Une vraie chance pour la démocratie, donc, cette Sophie Aram. Comme sa mère fut une vraie chance pour les "personnes en situation irrégulières" dont elle a croisé la route...

 

Peut-être n'est-ce pas très élégant de mettre ainsi le nez de "l'humoriste" dans ses "humeurs" (comme disaient les médecins du temps de Molière) familiales ?

 

Quand on pense à la rage avec laquelle la galaxie du politiquement correct traite certains Martiniquais, au motif que certains des ancêtres de ceux-ci ont vécu aux îles alors que la loi, un peu comme pour ce qui a trait à l'avortement, avait en ce temps-là codifié l'esclavage qui était une réalité pleinement prévue et encadrée par la loi, cela relativise l'inélégance qu'il pourrait y avoir à faire remarquer certaines impolitesses familiales du zoo médiatique, non ?

 

En résumé, la banalisation de tout ce qui n'est pas bien est insupportable : à commencer par la banalisation de la haine (politiquement correcte), celle qui consiste à propager, en France, des sentiments haineux envers des Français qui sont Français depuis suffisamment longtemps pour que les liens du sang les associent à toutes les pages glorieuses ou moins glorieuses de l'histoire de France, et pour ressentir une parfaite intimité avec les traditions françaises.

 

L'escroquerie aux personnes en difficulté - fussent-elles en situation irrégulière - n'est pas, en principe, une tradition française. 

 

Et puisque les "humoristes" sont de nouveaux censeurs, qui se sont donnés pour mission d'aiguillonner les consciences sur ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, eh bien, en qui concerne une "humoriste" en vue, voici un lien qui se rapporte à la nouvelle du jour, et un échantillon de son "humour" un tantinet dominateur - tel qu'elle l'assénait il y a quelques jours.

 

 

http://www.voici.fr/potins-people/les-potins-du-jour/la-mere-de-sophia-aram-condamnee-a-de-la-prison-ferme-404584#xtor=EPR-205



Point de vue ( Ce Point de vue est paru dans le journal de « référence », c'est-à-dire, chacun l'a compris dans l'édition informatique du Monde !

L'insupportable banalisation médiatique du Front national

LEMONDE | 11.04.11 | 13h48  •  Mis à jour le 11.04.11 | 14h15

Je ne sais pas si c'est dû à mon manque d'expérience de chroniqueuse sur la matinale de France Inter, mais je ne m'étais pas rendu compte que la ligne de démarcation séparant les bonnes et les mauvaises manières d'aborder le Front national (FN) avait bougé. Sérieusement bougé.
Mon boulot n'étant pas de rendre compte de ces glissements successifs mais plutôt de faire rire ou sourire les auditeurs d'Inter au moment où ils terminent de se brosser les dents, je ne mesurais pas mon ignorance avant de poser une babouche sur le terrain miné de l'extrême droite. Une babouche que je repris dans la figure avec une violence qui incite à la réflexion.
C'est donc à la suite d'une chronique que j'avais consacrée à Jean-Marie Le Pen que j'allais, pour la première fois, mesurer l'ampleur de ce phénomène. Pour Guy Carlier, chroniqueur à Europe 1, ma chronique était celle d'"une conne" d'une "vulgarité médiocre et pitoyable" et surtout j'étais coupable de "faire gagner 2 points au FN ". Pour le site de Marianne, je n'avais "pas la chance d'avoir de talent", préférant "l'attaque frontale convenue". Enfin, pour Le Figaro, j'étais "une tigresse" n'hésitant pas à "tirer sur l'ambulance" (Le Pen !), coupable de vouloir "faire gagner 12 % au FN".
Mais qu'avais-je donc pu faire pour mériter une telle acrimonie de la part d'une coalition aussi hétéroclite qu'efficace ? J'avais osé proposer à M. Le Pen "de faire la paix avec tous ceux qui avaient subi ses invectives et ses sarcasmes pendant des années et ce, avant que les vers et les pissenlits ne terminent le travail que le temps avait visiblement bien avancé." Ensuite, je l'ai attaqué sur l'héritage qu'il allait laisser sur terre en lui expliquant qu'il n'était finalement "qu'un thermomètre planté dans le derrière des Français pour mesurer leur degré de xénophobie".
Me voilà donc coupable de manquer de courtoisie à l'égard d'un homme qui... Qui quoi ? Qui aurait toujours pris soin de mesurer ses coups, que ce soit devant un micro ou dans la Villa des roses, à Alger ? C'est là que je dois promettre d'être sage ? A la limite je veux bien essayer de gagner en élégance, mais il y a des jours où elle vient à manquer.
La violence des réactions suscitées par cette chronique m'a laissé penser que je venais de commettre un crime largement plus important que celui de ne pas être drôle à leurs yeux. L'article de Marianne2.fr me permit également, grâce à l'évident manque de bonne volonté de son modérateur, de découvrir un échantillon des commentaires haineux que je pouvais susciter en éborgnant le leader frontiste.
Quant à la thèse de Guy Carlier et du Figaro selon laquelle je serais coupable de faire gagner des points au Front national, en toute logique, elle ne s'imposa pas auprès des commentateurs politiques comme une explication plausible de la montée de l'extrême droite en France.
Mais, pour élargir le débat au-dessus des motivations concurrentielles d'un chroniqueur sur le tard, d'un site en proie aux glissements de terrain et d'un journal soucieux de déculpabiliser une partie de son lectorat, j'aimerais aborder un argument qui m'a été opposé après la chronique que j'ai consacrée aux sympathisants frontistes, le 23 mars.
Après y avoir rappelé le discours ambiant sur la nécessité de ne pas stigmatiser une partie des Français votant FN, en évitant de les traiter de "gros cons" par exemple, je diffusais un extrait de propos tenus par un sympathisant frontiste qui me conduisait à penser que, même si je n'avais pas le droit de dire qu'il s'agissait "d'un gros con", c'était quand même pas mal imité.
Cette fois-ci, je venais, sans le savoir, de me rendre coupable d'un manque de compassion à l'égard des électeurs frontistes. L'heure n'est donc plus à l'"antiracisme autoproclamé", mais à la compassion envers "des Français de souche victimes d'une politique migratoire incontrôlée et à qui, comble de l'horreur, les commissaires du politiquement correct interdisent de mettre des mots sur leurs souffrances" ? Si je ne suis pas radicalement hostile à cette soudaine bienveillance, elle n'est pas sans risque puisqu'elle débouche sur deux principes contribuant à faire bouger les lignes : l'interdiction de dire trop fort ce que, selon moi, ils n'ont jamais cessé d'être ; répondre aux questions qu'ils posent mais en acceptant leur manière de la poser, ce qui n'est pas sans conséquence.
Ces nouveaux apôtres, qu'ils s'appellent Philippe BilgerPhilippe CohenRobert MénardElisabeth Lévy et j'en passe, nous imposent leur soudaine lucidité et nous enjoignent d'arrêter de diaboliser ces victimes qui se tournent vers un parti censé "poser les bonnes questions, même s'il n'apporte pas toujours les bonnes réponses". Le risque c'est que, si vous prenez goût à poser les questions de la souffrance ou de la misère sociale à travers le prisme de la couleur de peau, de la culture ou la religion, alors vous allez adorer les solutions que sont le repli identitaire et la préférence nationale.
Du coup, j'ai beau écouter les trémolos dans la voix de Guy Carlier, rien n'y fait. J'ai toujours du mal à faire la différence entre un gros con et quelqu'un qui penserait que tous ces malheurs sont dus à la présence d'étrangers en France.
Voilà l'unique message de ma chronique du 23 mars. Je n'ai dit que ça. La rapidité avec laquelle certains se sont sentis concernés ne regarde qu'eux. Mais les lignes ont bougé et, sans le savoir, je venais de les franchir. Cette fois, Guy Carlier me traita de "petite conne", coupable de vouloir "faire le buzz pour remplir (m)es salles de spectacle". Mais, de manière plus inattendue, au milieu des insultes, il sortit sa traditionnelle pompe à mélo pour lire les messages des victimes de l'immigration. Il avait la sincérité des repentis de l'antiracisme qui ont enfin l'honnêteté de s'avouer troublés par tous ces témoignages. Son trouble était tel qu'à un moment j'ai eu peur qu'il n'abandonne la douche pour le Kärcher.
Sous la plume légère de Philippe Bilger, le site de Marianne en remet une louche, usant d'une violence à mon endroit qui interroge sur les arrière-pensées de ce magistrat soudainement spécialiste de l'humour radiophonique. On pourrait se demander ce que vient faire dans les colonnes de Marianne2.fr celui qui appelle à intégrer le Front national au sein de l'UMP ? Pas grand-chose si l'on oublie qu'au moment où son rédacteur en chef, Philippe Cohen, est contraint de s'expliquer devant sa rédaction pour son traitement étonnamment neutre du Front national, le site me consacre trois articles pour m'apprendre à éviter les attaques frontales à l'égard de Marine, Jean-Marie Le Pen et de leurs électeurs.
Il y a toujours eu un grand nombre de personnes favorables à la préférence nationale. Mais ce qui a changé, c'est qu'ils ont dans les médias des défenseurs à la fois organisés et actifs pour leur expliquer qu'il est tout à fait normal en ces temps de crise où la peur de l'autre devient la règle de penser que ces Français "d'origine musulmane" finissent quand même par poser pas mal de problèmes.
Quand l'origine et la couleur de peau deviennent les critères pour comprendre le monde, j'ai tendance à me raidir. C'est peut-être parce que je suis viscéralement attachée aux valeurs républicaines et laïques, ce qui, compte tenu de mes origines, doit les surprendre.
Sophia Aram, Humoriste chroniqueuse sur France Inter Article paru dans l'édition du 12.04.11
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