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Publié par Edouard Boulogne

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Nous avons, sur ce blog, insisté plus d'une fois sur l'importance du rire dans la société. L'interdiction du rire est le propre des sociétés totalitaires, où tout doit être contrôlé par le pouvoir. Ou alors il s'agit d'un comique à sens unique, d'un rire instrumentalisé sous le contrôle du gouvernement, et dès lors le rire du public devient une caricature de bonne humeur, l'effet dune commande obligatoire qui n'amuse personne, et surtout pas ceux qui s'esclaffent le plus bruyamment, c'est-à-dire, au fond, ceux qui ont le plus à cacher face à la gestapo du pouvoir en place. 

Guy-Bedos-et-la-Taubira-.jpg  ( Guy Bedos, "humoriste" patenté du politiquement correct, assuré du "succès" par un parterre d'abonnés gestapistes. Mériterait une exploration approfondie de l'arrière-fond ).

 

Imagine-t-on un Pierre-Jean Vaillard, un Pierre Dac, un Dieudonné, dans l'Allemagne nazie des années 1933-1945, où dans la Russie communiste de 1917 à 1991.

Dans ces pays on pouvait seulement rire ( rire de commande et forcé, donc faux ) des juifs, ou des patrons bourgeois.

Sur le Scrutateur, on a aussi, souvent, insisté sur le rôle des « fous du roi ». Ces derniers pouvaient dire, et ils exerçaient une vraie fonction libératoire, sur un plan psychologique. ( Chicot sous le règne d'Henri III, par exemple dans certains romans historiques d'Alexandre Dumas ) et social.

Quand le souverain n'est pas incarné dans une personne concrète ( Henri III, Louis XIV, le roi Lear dans la pièce de Shakespeare, etc ) mais devient cette abstraction qu'est le Peuple, le bouffon est censé moquer le peuple, le souverain supposé ), mais cela devient souvent plus difficile et plus rare. Car le peuple représenté par quelques personnes ( plus royalistes que le roi ! ) réagit alors par une censure qui n'ose pas dire son nom, et se dissimule sous les oripeaux du Bien ( dont le peuple est censé être la source ) qui frappe alors le mal supposé être incarné par «  l'opposition » ( une partie du peuple pourtant ), et le rire devient la manifestation de l'esprit de révolte dirigé contre le Bien. ( Les cinéphiles ont déjà pensé en me lisant au célèbre film Le nom de la rose, et au roman du même titre, d'Umberto Eco, bien supérieur encore au film, dont le seul « défaut » est que la fiction s'entremêle à la vérité historique, sans que le grand public ait les moyens de discerner l'un de l'autre. Car Aristote n'a jamais écrit de Traité philosophique où il aurait été dit que « rire est le pire des péchés » ).

Ce préambule est destiné à introduire l'article du jour que j'emprunte au Figaro et qui est intitulé Les failles psychiques des humoristes.

Selon certains travaux, en effet, l'arrière fond mental de nombreux humoristes présenterait certaines fragilités. 

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On sait que selon le psychanalyste Adler, l'un des fondateurs de cette disciplines médicale, la psychologie de bien des personnalités d'exception serait marquée par un désir de compensation d'une infériorité réelle, ou simplement ressentie, et que l'aspiration au pouvoir serait un désir de prouver, et de se prouver, qu'on est pas « inférieur » comme on avait commencé par le croire ( cf l'exemple parmi tant d'autres du célèbre Démosthène, chétif et bègue, qui devint l'un des plus grands orateurs, et avocats de tous les temps ).

Mais de même que tous les bègues ne deviennent pas Démosthène, de même tous les individus qui présentent des « failles psychologiques » ne deviennent pas des humoristes de génies ou même de grands talents. 

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Nous apprécions ( ou nous le devrions ) les grands auteurs comiques ( Aristophane, Molière, etc ). Non seulement pour le talent, mais pour les services collatéraux qu'ils rendent à leurs sociétés.

Mais nous ne devons pas les déifier. 

IBO Simon

Nous devons, à leur égard garder notre esprit critique, et les considérer pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des personnes humaines fragiles, capables d'errances, et de devenir, parfois à leur insu, ( à l'insu de leur plein gré, comme disait, naguère, un célèbre humoriste involontaire ) des dangers publics en tant que contributeurs à la folie des hommes ( nous ), des agents d'activation, ou de réactivation de mythes socio-historiques dangereux, voire criminels ( sur les juifs, les jésuites, les Francs-Maçons, les blancs, les noirs, etc ).

N'oublions jamais quand, au spectacle nous rions à gorge déployée des plus ou moins bons mots de notre bouffon favori, ce mot si juste de Paul Valéry : «  mets les rieurs de ton côté, et tu chavires avec eux dans le vulgaire ».

Il est judicieux de réfléchir sur ce thème, pas seulement après les récentes « plaisanteries » de Dieudonné, mais aujourd'hui et demain, in saecula saeculorum.

 

Le Scrutateur.

 

 







Les failles psychiques des humoristes

 

 

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/01/24/21892-failles-psychiques-humoristes

 

Les comédiens présentent des traits de personnalité habituellement associés à des troubles psychiatriques, révèle une étude.

On connaissait les liens étroits entre folie et activité artistique: Antonin Artaud et ses délires devenus poèmes, le peintre Gérard Garouste et son combat contre la maniaco-dépression… Aujourd'hui, ce sont les acteurs, notamment comiques, qui sont passés au crible de la psychiatrie. Une étude dévoilée dans le British journal of Psychiatry a en effet montré que des comédiens pratiquant la scène (364 acteurs testés) ont au moins trois traits de personnalité communs avec le profil de trouble de personnalité de type «schizotypie». Ces caractéristiques communes sont la tendance à l'impulsivité, aux comportements antisociaux, et une certaine peur de l'intimité…

Chez les humoristes plus particulièrement (523 comiques soumis à un questionnaire sur internet), on relève en plus une forte tendance àl'introversion. Ces traits n'ont pas atteint une telle fréquence chez les 831 personnes exerçant une activité professionnelle autre et qui formaient le groupe de contrôle. «Les qualités créatives qui génèrent l'humour ressemblent de manière frappante au style cognitif des personnes schizophrènes et bipolaires», explique Gordon Claridge, coordinateur de l'étude menée au département de psychologie expérimentale d'Oxford.

Plus aptes à sortir des sentiers battus

Une découverte qui n'étonne guère le Dr Jean-Christophe Seznec, psychiatre et auteur de J'arrête de lutter avec mon corps(PUF), lui-même spécialiste de la psychothérapie grâce au travail du clown et de l'humour. «Beaucoup d'humoristes n'ont pas caché leur bipolarité… D'ailleurs, les phases d'hypomanie (exaltation, ndlr) favorisent la création artistique en stimulant la capacité à penser du tac au tac, comme la marionnette de Jacques Chirac dans l'émission des Guignolssur Canal +, qui est si drôle», explique-t-il. Parmi les exemples les plus récents, on a ainsi vu l'actrice britannique Catherine Zeta-Jones, dont les troubles maniaco-dépressifs ont fait la une des journaux en 2011, ou le comédien américain Ben Stiller, diagnostiqué de la même maladie psychiatrique en 2005.

Ce sont aussi les combinaisons inattendues de pensées qui, selon Gordon Claridge, font le sel commun entre schizophrènes et comiques. «Même si la schizophrénie en elle-même est néfaste pour l'humour, dans sa forme la plus légère, elle augmente la capacité à faire des associations originales et à sortir des sentiers battus»», rappelle-t-il.

Mais dire que les comiques ont des structures de personnalités psychotiques serait un raccourci inacceptable, met en garde le Dr Jean-Christophe Seznec. «Le questionnaire de cette étude a certainement établi qu'il y a davantage de personnalités limites chez les comédiens, reconnaît-il. Et il semble logique que, lorsque l'on est créatif, l'on soit peut-être un peu moins structuré. Mais dans cette étude, il s'agit de traits de personnalité et non de maladie. Cela ne veut pas dire que ces personnes sont schizophrènes». Le psychiatre rappelle que la schizophrénie avérée est source de grande souffrance (angoisse, repli sur soi, appauvrissement psychique et hallucination) et à l'origine d'un lourd handicap.

Autre donnée à prendre en considération, selon ce psychiatre: l'homogéneité de la population étudiée. «Il n'y a pas un seul type de comique, estime le Dr Jean-Christophe Seznec, mais des parcours à chaque fois singuliers qui ont intensifié la capacité à faire rire chez tel ou tel artiste».



 

 

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