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Publié par Edouard Boulogne

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Ce dimanche 30 novembre 2013, les antiracistes de profession ( et de racolage ) ont organisé un défilé « antiraciste » à Paris. De leur propre aveu, il y avait peu de personnalités importantes, sauf Mme Pau-Langevin, et l'ineffable Harlem Désir qui ne sait faire que cela depuis 25 ans, qui semble perdre d'ailleurs la main, et qui est tellement incompétent, même à la direction du parti socialiste, que ses amis, pensent sérieusement à le remplacer à la tête de cette organisation.

Peu de personnalités, et peu de monde, beaucoup moins qu'espéré en tout cas. C'est que les Français de toutes les couleurs commencent à comprendre la réalité de l'antiracisme : une machine à capturer les naïfs et les imbéciles.

Le défilé en question était convoqué en hommage à Christiane Taubira, « attaqué » par des agents provocateurs domiciliés au journal Minute. Une Christiane qui, depuis un mois est tellement occupée à déguster son ego, qu'elle en est au point où celui-ci exténué, se réduit comme une peau de chagrin, ce qui conduira la Guyanaise, au point qu'elle n'avait pas imaginé au départ de l'opération, c'est-à-dire au néant, où elle serait encore si elle n'en avait pas été tiré par Hollande et ses spadassins. Une Taubira qui est, d'ailleurs, à l'antiracisme véritable ce qu'est M. Dominique Stauss-Kahn, au respect de femmes.

Or, au hasard d'une recherche dans ma réserve d'articles, j'ai trouvé celui-ci, que j'avais un peu oublié, ce qui est dommage, car il est remarquable. Permettez moi, chers lecteurs de vous l'offrir pour commencer la journée. Il bouscule un peu M. Manuel Valls, qui le mérite bien, et dont certaines gens « de droite » pensent, bien à tort, qu'il est le moins détestable des hommes au pouvoir.

 

Le Scrutateur.

 

 






 

Antiracisme : ils ne pensent qu'à ça!

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M. Lamdaoui, je n’ai pas la carte du parti dont vous êtes membre du conseil national. Aussi me garderai-je d’entrer dans la polémique qui vous a opposé à votre collègue Manuels Valls, maire d’Evry, au sujet de ses propos enregistrés à son insu le 7 juin dernier et diffusés sur le Web. Je ne me rallierai donc pas à votre supplique à Martine pour qu’elle dénonce le « dérapage scandaleux » de votre petit camarade, qui par ailleurs a eu le culot d’annoncer sa candidature à la primaire pour la prochaine élection présidentielle.

Pourtant je tiens à vous dire : bravo.

Vous avez bien raison. Dire qu’il faut mettre un peu de Blancs au milieu de toutes ces peaux sombres, c’est très bête. Dans nos campagnes, les brocantes du dimanche sont généralement peuplées presque exclusivement de personnes à la peau blanche, et nul n’y trouve rien à redire. Celle d’Évry l’est presque totalement par des personnes à la peau noire ou basanée. Et alors ? Cela a son charme aussi. De quoi se mêle t-il, M. le maire, à lâcher à son collaborateur : « Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos » ! Je ne sais si, comme vous le dites, sa « confusion [...] entre la mixité sociale et l’origine des habitants de la ville [...] conforte des thèses chères à l’extrême-droite qui prône une hiérarchie absurde entre les “races” ». Cela me paraît même franchement excessif, je vous l’avoue. Mais lorsque votre collègue, s’expliquant sur ses propos, parle de « mixité sociale », il manque singulièrement de rigueur. C’est vrai : quel rapport avec la couleur de la peau ? L’on rencontre des agrégés de géographie, docteurs en science sociale, noirs, et des analphabètes du quart monde, blancs.

Je suis mille fois d’accord avec vous : la couleur de la peau est une pigmentation cutanée. Pas autre chose. Sauf dans les préjugés imbéciles – et qu’ils soient partagés par beaucoup ne change rien à l’affaire. Certes, comme le remarquait en 2005 avec un sens aigu de l’observation, le secrétaire national de votre parti, Malek Boutih, « ce sont eux (les Noirs) qui vivent dans les logements les plus insalubres, eux qui occupent les emplois les plus pénibles ». Pourtant, ces fait vérifiés ut in pluribus, ne le sont pas sous l’effet d’on ne sait quelle nécessité naturelle, mais de circonstances. Je vais plus profond : nous sommes bien du même avis, la couleur de la peau, quelle soit noire, blanche, jaune ou autre, n’est en rien plus essentielle que la longueur du nez, laquelle – bien que si celui de Cléopâtre eut été plus court, la face du monde en eut été changée –, ne dit absolument rien sur l’identité personnelle. Bref, pour parler comme de vieux scolastiques, elle est accidentelle et non substantielle.

Noir ou Blanc, et alors ?

Voilà. Ce fut un peu fastidieux, mais je l’ai dit. Pardonnez-moi, notre époque oblige à rappeler sans cesse les vérités les plus évidentes.

Je suis donc, M. Faouzi Lamdaoui, ravi d’apprendre que, en toute logique, vous partagez l’étonnement qui fut le mien (et ne m’a pas quitté depuis) lorsque, en 2005, est né le C.R.A.N., le Conseil représentatif des associations noires. Vous vous souvenez, y’avait du beau monde : l’ancien porte-parole des Verts, Stéphane Pocrain, le chanteur Manu Dibango, l’ancien président de SOS-Racisme, Fodé Sylla, le footballeur Basile Boli. Leur point commun : la couleur de la peau, noire. Ah, mais encore ? Mais rien du tout mon bon monsieur. « Le Cran est né d’une prise de conscience que la couleur de la peau fédère », expliquait gravement Patrick Lozès, son président fondateur. Intéressant. Pourquoi pas une association de citoyens aux yeux verts, ou au poil roux ? Histoire de créer du lien social.

Sérieusement, j’essaye de comprendre : un professeur d’université réfugié politique du Congo devrait se sentir proche d’un ambulancier guadeloupéen, d’un lycéen, dont la famille est installée en banlieue parisienne depuis quatre générations, et d’un paysan malien « sans papiers », uniquement parce qu’ils ont la même pigmentation ? Et moi, je devrais, pour la même raison, me sentir proche d’un fermier américain autant que d’un homme d’affaires sicilien ? Ce serait en tout cas une réponse originale à l’éternelle question des rabbins : qui est mon prochain ? Je doute que l’on puisse la trouver dans le Talmud, dont la fécondité intellectuelle frise pourtant l’infini.

Pour ma part, au simple plan humain, je me sens beaucoup plus proche de mon ami togolais, noir comme de l’ébène, professeur de philo, que de l’épicière de mon quartier, aussi pâle que ses navets, très gentille par ailleurs. Et il m’arrive, je le confesse, de me sentir infiniment loin de ma compagne (que j’adore nonobstant), dont la peau est, je vous assure, aussi claire que la mienne.

Le retour du biologique

Le C.R.A.N. figure parmi les terrifiantes conséquences de l’égalitarisme qu’avaient mises à jour Hanna Arendt. Le processus égalitaire et individualiste ayant largement détruit différences et hiérarchies sociales et politiques, que reste-t-il aux hommes pour se lier et se définir ? Le biologique. L’individu, isolé, nu, grelottant, se réchauffe comme il peut au contact des peaux de même couleur que la sienne. Glorieuse conclusion d’une ambitieuse et savante philosophie.

Vous me rejoignez aussi, cela va sans dire, dans mon refus de la fameuse « discrimination positive ». Prétendre qu’il n’y a pas assez de Noirs et d’Arabes à la télévision, ou à l’Assemblée nationale, c’est en effet aussi ballot que de dire qu’il n’y a pas assez de Blancs à la brocante d’Évry.

Dieu merci, notre république, du fait de l’histoire (nos anciens rois reconnaissaient le droit du sol comme suffisant à quiconque pour justifier d’être leur sujet), mais aussi grâce à des gens comme vous, M. Faouzi Lamdaoui, ignore races et ethnies.

Henri Vincenot, évoquant avec tendresse et humour sa chère Bourgogne, s’amusait de ce qu’elle avait connu tant et tant de passages de peuples, qu’elle fut le lit de tant et tant d’amours métissées, qu’il en avait résulté un tel brassage de sangs, que ses habitants, avec leur trognes improbables, leurs tarins hasardeux, n’avaient figure d’aucune race.

Telle est aussi notre France. Non pas mosaïque aux séparations tranchantes, mais doux mélange où les différences sont charmantes, mais finalement sans grande importance.

Dieu plaise qu’elle reste ainsi.

Ce n’est pas gagné.

Parce que, comme disait mon grand père, quand on crie « au loup ! », en en voit les oreilles.

Les couleurs chics de l’antiracisme

On le sait bien depuis les analyses de Pierre-André Taguieff, le racisme contemporain arbore souvent les couleurs chics de l’antiracisme. Vous avez sûrement lu, M. Lamdaoui, la réaction du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) aux propos volés de Manuel Valls. Elle est à déguster. Le communiqué du mouvement affirme le plus sérieusement du monde que « rien n'est plus dangereux que ces propos démagogiques, à la limite du racisme, qui au nom d'un désir proclamé de mixité sociale, risquent de légitimer par avance de véritables politiques d'apartheid urbain ». Vous avez bien compris : dire qu’il faut quelques Blancs parmi les autres, risque de légitimer la séparation entre les Blancs et les autres. Depuis Parménide, on hésitait à faire voler en éclat le principe de non contradiction, c’est maintenant chose faite. Et apparemment sans grande conséquence. Parlons sérieusement : le crime de M. Valls, c’est d’avoir prononcé le mot « Blanc », pour exprimer que la présence des personnes ainsi qualifiées était souhaitable. M. Valls est donc un raciste, pardon, à la limite de l’être.

Ils sont ainsi faits les antiracistes : ils voient du racisme, et donc de la race, partout. Comme les puritains reniflent du péché, et donc du sexe, partout. En fait, ils ne pensent qu’à ça. Jusqu’à faire exploser leur sens logique.

L’ennui, c’est que cette obsession se répand. Jusqu’aux écoles, dès la maternelle. Des pédagogues configurés par les IUFM et, soit dit en passant, nourris à nos frais, y serinent à nos chères têtes blondes, brunes et crépues, les vertus de l’antiracisme officiel. On leur monte le bourrichon avec la race et la couleur de peau là où, innocents, ils n’auraient rien remarqué d’important.

C’est très gentil d’expliquer à nos enfants qu’il faut accueillir leurs différences. Mais pourquoi ? Oui, au fait, pourquoi devraient-ils accueillir leurs différences ? Parce qu’ils sont tous Français, tiens par exemple (pour peu, on oubliait que les élèves ne vivent pas dans un cyberespace mais sur un territoire qui s’appelle la France) et qu’une communauté de culture, d’histoire, de langage est appelée à les unir ? Encore faudrait-il avoir pour elle un minimum de sympathie. Peut être aussi, et surtout, parce qu’ils partagent la même condition humaine ? Encore faudrait-il admettre, pour que cela ait quelque poids, qu’il existe une nature humaine, au-delà des constructions socioculturelles… On peut toujours rêver.

Eh bien oui, rêvons! Si au lieu de bassiner nos enfants avec leurs différences à « tolérer » (le mot est un aveu), on leur faisait découvrir les fondements de leur fraternité, ces fameuses différences retrouveraient leur valeur : décorative.

Fraternité

Fraternité ? J’ai écrit « fraternité » ? Cela m’a échappé…. Puisque nous y sommes, savez-vous, M. Lamdaoui, d’où vient cette étrange idée de fraternité entre des gens qui ne sont pas de la même tribu ?

Vous l’avez probablement remarqué, elle n’est pas si naturelle, cette idée.

C’est vrai, seul l’Occident moderne eut l’esprit assez délirant pour inventer le racisme « scientifique » et idéologique.

Reste que races (ou supposées telles), ethnies et tribus (je laisse ici les experts apporter les précisions et distinctions nécessaires), constituent des catégories essentielles presque partout. Nul besoin d’aller en Afrique voir ses guerres tribales. Ni en Inde où la hiérarchie dans l’échelle des castes (en vigueur dans les faits sinon dans les lois) se lit en partie sur la pigmentation plus ou moins foncée de la peau. En Europe même, inutile de dépasser les Balkans pour mesurer combien l’appartenance ethnique définit encore largement les hommes. Ne vous fatiguez même pas tant, il suffit d’ouvrir les yeux sur certaines de nos banlieues. Évry, par exemple…

J’en reviens à ma question : qui diable a pu inventer une idée aussi originale ?
Bon sang, mais c’est bien sûr, vous l’aviez deviné : le christianisme ! C’est lui qui a brisé les idoles tribales, tellement confortables pour l’esprit humain.

Allez, balayez-moi tout ça, « ni Juif, ni Grecs » !

Avant les autres rois barbares, Clovis à la prompte francisque avait bien compris l’intérêt politique de cette révolution. Fasciné par les foules de tous peuples et races qui se pressaient autour du tombeau de saint Martin à Tours, il aurait choisi la religion nouvelle pour son universalisme. Fédérateur de peuples, cela avait quand même plus de gueule que chef d’une tribu franque !

Quelques dynasties et républiques plus tard, cela a donné, non pas une race, mais une âme. Tous nos compatriotes connaissent les Trois Mousquetaires, qui restera pour toujours une des plus géniales œuvres de l’imaginaire français. Que son auteur fut métis, tout le monde s’en fout.

Sauf peut être quelques candidats à la candidature pour la prochaine présidentielle — ou quelques anti-racistes.



 

 

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Ch.Etzol 02/12/2013 00:27


Ce qui ne devrait plus surprendre quiconque chez ces obsédés de la com.,c'est la fuite dans l'incohérence permanente pour cacher une imcompétence toujours plus évidente. 
Eloge de la différence et du multiculturalisme sur les ondes, mais déni de l'altérité des genres à l'école... Publicité outrancière et ramdam médiatique,contre poésie et courtoisie : n'est
ce pas ce qu'expriment les regrets et peut-être la nostalgie de Mme Dominique Voynet,quant à la "condition féminine"?