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Publié par Edouard Boulogne

 Les consultations des 10 & 24 janvier 2010 ?

Une biopsie.

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Chacun sait que sous le ciel parfois nuageux des Antilles françaises, un certain nombre de kystes ont tendance à proliférer, infectant la vie politique. De toute évidence, la consultation référendaire à double détente (à propos d'une éventuelle réforme statutaire " soi-disant "appelée de ses voeux par la population") apparaît déjà comme une biopsie à laquelle personne ne voulait avoir recours de peur de découvrir la gravité du mal, et l'état du malade. À première vue, le malade est en bonne santé. Et, une fois l'ablation des kystes réalisée, il sera à l'abri de presque tous les maux et à plus forte raison de ceux qu'on lui prête à tort..

À l'analyse, la première consultation, celle du 10 janvier, montre avant toute chose l'opacité de l'écran médiatique : celui-ci reflète une image déformée et partisane de la réalité avec une fâcheuse tendance à provoquer des métastases.

Cette première consultation montre également la coupure entre les prétendants à l'intelligentsia et le peuple. Un peuple qui n'a que faire des imposteurs, mais également des mythomanes, qui se prennent pour leurs voix célestes. La biopsie est sans appel : les dits intellectuels - zintélektuels, plutôt - sont complètement déconnectés du "pays réel", ce "pays-Martinique" objet de leur suffisance (suffisance étant un mot que l'on pourrait croire calqué sur les contours de cette engeance asinienne). La pitoyable déclaration de haine adressée par le dénommé Raphaël Confiant à ceux dont il voudrait bien être le maître (à penser) apparaît alors comme le post-scriptum pathétique d'une macédoine de fixations qui relèvent plus de la pathologie que d'une quelconque esquisse de pensée.

 
Quand on pense que l'un de ces zintélektuels, un brave type d'ailleurs mais avant tout un grand censeur devant les pauvres mortels que nous sommes, lance ses prêches et ses fatwas avec assurance, et même avec autorité. Et qu'avec la même assurance ce zintélektuel polygraphe (il publie des romans, écrit dans un magazine, se montre à la télévision...) a défini ex-cathedra "les trois dates qui ont marqué l'histoire de la Martinique" : 1948, 1946 et... 2009. En dehors de ces trois dates qui évoquent : l'une, l'abolition de l'esclavage, l'autre, la départementalisation, et la troisième, les événements que l'on sait, l'histoire de la Martinique serait, à l'en croire, aussi plate que l'électroencéphallogramme de cet auto-proclamé intellectuel. Sans nous attarder, soulignons seulement, que ce zintélektuel omniscient - qui se prétend aussi un historien "de son pays" - a rayé 1902 de ce qui a pu compter dans le vécu martiniquais. Pauvre type ! aurions-nous la tentation de dire si nous n'étions animés de cette même charité qui nous pousse à taire son nom. Soit ce zintélektuel ignore ce qui a bien pu se passer d'important à la Martinique cette année-là, soit il tient pour négligeable l'épreuve que la Martinique a traversée en 1902. Comment ne pas  s'apercevoir que ce zintellektuel-là est hors-sujet, et qu'il n'est pas le seul ?

 
La première biopsie - attendons la contre-analyse de dimanche 24 - montre aussi l'imposture dans laquelle se vautre la classe politique martiniquaise, tous partis confondus...

 
Au lieu de prendre acte des acquis de la Martinique, d'une réalité objective à propos de laquelle les Martiniquais, dans leur grande majorité, n'ont aucun doute, c'est messieurs palabrent au sujet d'une Martinique imaginaire. Au lieu de prendre acte de l'efficacité des institutions et de chercher à remplir leur mission dans le cadre que la loi leur donnait, ces messieurs passent leur temps à tout dénigrer, jusqu'à ce que, peut-être, la corde casse, et que les électeurs leur disent : bande de mauvais sujets, allez travailler au lieu de vous plaindre tout le temps de vos outils et faire semblant de ne pas pouvoir travailler...

Chacun sait en effet que les mauvais ouvriers ont toujours de mauvais outils.

Si d'aventure la Martinique - bien consciente de tous les mensonges dont les anesthésistes-professionnels de la classe politique locale - désavoue les tenants du oui (quels qu'ils soient) il faudra pour une fois que ces messieurs quittent leurs grands airs et acceptent de se soumettre ou de se démettre. Il serait indécent, compte tenu des divergences profondes qui apparaîtraient alors, qu'ils ne cédassent point la place à d'authentiques représentants du peuple martiniquais, comme ils se plaisent à le dire pour mieux laisser la population martiniquaise à l'écart de leurs propres centres d'intérêts. Car, jusqu'à preuve du contraire, à de rares exceptions près,  les centres d'intérêt de ces messieurs sont : leur gloire, leur fortune et leur emploi du temps dans la convivialité des institutions républicaines (qu'ils considèrent comme une sorte de club où l'on se retrouve entre soi, pour le simple plaisir de se retrouver entre soi, loin des pesanteurs de la vulgarité, car, comme chacun sait, la vulgarité, c'est le peuple).

L'ennui, c'est que ces élus ont déjà tellement de pouvoir (tout en prétendant le contraire) qu'ils n'ont pas la moindre envie d'y renoncer, et qu'ils se sentent très au-dessus du commun.

 
Alors que le message soit clair le 24 janvier, afin que même les plus bourriques comprennent ce que la Martinique attend de ses élus, et qu'ils s'y mettent.

Antoine de Panoue.



    
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Florent Catzieu 15/01/2010 20:24




Bien d'accord avec Panoue. Les média, les "zintélektuels" et les démagogues sont les trois plaies de la vie locale. Je ne dis même pas "vie politique", car elles encombrent tout l'espace, ces
trois entités-là. Le grand Césaire ne disait-il pas de son art (la poésie) qu'il était politique, puisque tout est politique ?


L'attitude de la classe politique martiniquaise rappelle assez souvent de la gauche française qui passe son temps à allumer des incendies pour faire semblant de chercher à les éteindre. Et qui,
chaque fois qu'elle n'a pas elle-même allumé l'incendie vient jeter de l'huile sur le feu. Le record du genre a été établi par Mitterrand en 1968, quand il choisit le désordre et le
malentendu pour se poser en porte-parole de l'humeur du moment et en médecin urgentiste face aux troubles qui résultaient d'une crise mentale plus que sociale. 


Baratin et impostures en tout genre, sont les deux mamelles de la gauche (rendons justice à Mitterrand, il a fait la démonstration de la fourberie de sa famille politique, jusque dans ses
bulletins de santé dont personne ne lui avait demandé la publication). Il n'y a donc pas de raison de s'étonner de l'attitude ambigüe du PPM dont chacun a compris sur quelles forces il
entend bâtir son assise politique, et jusqu'où il entend tirer sur l'élastique.


C'attitude de la "droite" martiniquaise, qui est déconcertante, dans ce soi-disant débat.


La lecture de France-Antilles d'aujourd'hui (édition martiniquaise) nous révèle que cette soi-disant droite klaxonnant un oui contre nature n'a toujours pas compris le sens de son combat, mais
que peut-être elle a compris qu'elle va contre l'opinion de sa "clientèle" à part quelques opportunistes, évidemment.  Une "droite" qui passe sa vie à brûler un jour ce qu'elle a adoré la
veille et à adorer le lendemain ce qu'elle a brûlé le jour même, pour recommencer le surlendemain n'a pas sa place dans l'échiquier politique, où que ce soit. À la Martinique, pas plus
qu'ailleurs, même si ce sont toujours les mêmes tartuffes qui veulent "les places". Pour ce qui est de la gauche, nous savons à quoi nous en tenir, puisque sont attitude est une attitude
d'obstruction permanente tant qu'elle n'est pas au pouvoir. Pour ce qui est de politiciens qui se réclament de droite, c'est-à-dire qui devraient servir leur pays au nom de principes clairs (et
non dans une oscillation perpétuelle entre le matérialisme marxiste et le matérialisme-pragmatico-libéral). Disons-le une fois pour toutes : entre une vraie gauche et une imitation de gauche,
il n'y a aucune raison de ne pas choisir l'original.


La droite martiniquaise, avec autant de guillemets sur "droite" que sur "martiniquaise", devrait avoir une petite connaissance des proverbes créoles, à partir desquels certains pourront leur
dire : Si ou save "oui pa ni poutchi", est-ce ou kaï noze di mach pas ni pouqui ?


Certes, M. Panoue, il y a biopsie. Mais, puisque les kystes sont examinés, il faudra qu'il y ait traitement. Remplacement des cellules malades par des cellules plus fraîches...