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Publié par Edouard Boulogne

Le nouvel art de la guerre.

 

( Gérard Chaliand Le nouvel art de la guerre. Pocket. 160 pages).

 

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En 160 pages, Gérard Chaliand réussit un tour de force, pour ceux qui, sans être des spécialistes, veulent réfléchir sur le phénomène guerre, multiforme, et toujours présent, sauf pour les autruches qui préfèrent se voiler le regard, et vivre insouscients, encore une minute, encore une minute, monsieur le bourreau!

Professeur à Harvard, Berkeley, à l'ENA, au Collège interarmées de défense, M.Chaliand est aussi un homme de terrain, qui a passé plus de trente ans en Afrique, en Asie, et en Amérique latine.

Cet ouvrage n'est que le plus récent d'une longue série.

Après avoir, dans les deux premières parties, dressé la généalogie de la guerre, évoqué celle-ci, de la plus lointaine antiquité jusqu'à l'époque moderne, présenté les grandes figures européennes des guerres coloniales en Afrique en Asie, Galliéni, Lyautey, Lord kitchener, etc, il aborde dans une troisième partie les transformations de la « guerre irrégulière ». ( guerre révolutionnaire, psychologique, et de guerrilla ).

Tandis qu'au 18è et surtout aux 19è siècle, l'Angleterre et la France, surtout, mais aussi d'autres puissances européennes s'imposent sans grandes difficultés à des territoires immenses et avec des moyens humains dérisoires, (un rapport de un à trente dans les rapports de force), tout change à partir de la fin de la première guerre mondiale et surtout de la seconde.

En 1960, les grandes puissances coloniales ont vu s'effondrer leurs empires, et depuis lors les interventions militaires de l'occident, et non plus désormais de la seule Europe, ont connu un très grand nombre d'échecs, malgré le fait de l'énorme disproportion qui subsiste entre leurs forces armées et celles de leurs adversaires.

Cela tient selon l'auteur à de multiples causes.

Par exemple à l'affaiblissement démographique des occidentaux, et a contrario à l'explosion démographique dans les contrées asiatiques, ou africaines. Ou encore, à l'affaiblissement relatif de l'Europe, suite à ses guerres civiles internes ( 14-18 et 39-45), à une plus grande implication des opinions publiques occidentales, et au poids sur elles des médias qui jouent un rôle majeur. C'est à Washington, et non sur le terrain en extrême orient que fut perdue par les USA le seconde guerre du Viet-Nam.

Gérard Chaliand, qui parle en analyste du phénomène, et non en va-t-en-guerre, insiste sur la gravité d'une évolution des mentalités, moins amoureuse de paix, que démissionnaire, et hédoniste.

Aujourd'hui, aux USA ( et pas seulement ) prévaut la sensibilité du "Zero mort", dans n'importe quel conflit. En 1987, lors de l'opération en Somalie, l'évacuation des forces fut décidée après le 18è mort américain. D'où, en 1999, une action uniquement arérienne en Bosnie ( pas de victimes).

Mais quand il faut éradiquer un mal plus tenace et dangereux, comme actuellement en Afghanistan, les frappes aériennes sont évidemment insuffisantes, et l'on sait les réticences de plus en plus vives que rencontre le gouvernement du président Obama à mener la lutte indispensable contre le fanatisme taliban. «  La doctrine de la guerre « zéro mort », qui veut aboutir à l'économie extrême des effectifs, est la conséquence d'une opinion publique occidentale qui trouve également insupportables les pertes de l'adversaire ».

A ce compte on ne voit pas quelle guerre, même préventive, pourrait être menée, avec quelque chance de succès. L'opinion publique occidentale se retrouve, toutes choses égales, dans la situation où elle se trouvait en 1936, lorsque face au péril nazi, les pacifistes clamaient « mieux vaut une France nazifiée qu'une France en guerre » (  Manifeste d'intellectuels , parmi lesquels JP Sartre et Simone de Beauvoir ). Où encore dans les années 1980, quand les mêmes « pacifistes » ( en réalité communistes ) hulullaient : «  Plutôt rouges que morts ».

Et l'actualité intérieure française de ces dernières semaines nous indique comment, même sur le plan du maintien de l'ordre et de la sécurité, cet état d'esprit est présent et inhibant pour les pouvoirs publics. Lorsque des voyous, en pleine action forcent un barrage de police, et que les forces de l'ordre font usage de leurs armes, si l'une des "racailles" est blessée ou tuée, les médias ouvrent le feu sur les défenseurs de l'ordre, et parlent de chasse au faciès, de dérive fascisante ou raciste etc.

Gérard Chaliand a bien raison de souligner que l'une des préocupations majeures des responsables politiques occidentaux aujourd'hui est de trouver les méthodes aptes à résoudre cette énervation des consciences occidentales.Et, pour cela, il faut de l'intelligence et du courage. 

Sinon, il faudrait s'attendre à un triomphe des plus funestes idéologie, et Al-Qaîda a de beaux jours devant lui.

 

Edouard Boulogne.

 

 

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bourdelat 30/07/2010 14:51



Il faut lire le livre de Jacques ATTALI "Dans 10 ans tous ruinés" qui met l'accent sur la dette publique actuelle qu'aucun gouvernement de droite et de gauche n'a vraiment tenté de
résoudre ou n'a pu résoudre. Comment la France peut-elle se sortir de cette impasse quand les emprunts faits aux pays démunis ne sont pas remboursés? Les créanciers vont être ruinés. Mais il
faut continuer de sourire et de poursuivre la politique du "gentleman agreement  ", certains diraient "Tout va très bien Madame la Marquise!"


ATTALI envisage et propose des solutions économiques, des mesures pour sortir de la dette.Mais il reconnait qu'un seul serait finalement efficace, la guerre. Elle résoudrait bien des
problèmes. Après la phase de destruction, il y a aurait prise de conscience de la vie de la liberté et il y aurait reconstruction.


L'énervation des consciences va entraîner une dénérvation de l'âme.Nous y allons progressivement, le terrain est préparé. Il sera facile de dire ensuite nous ne pouvons pas combattre, il n'
y a plus d'argent, plus de matériel militaire, pas d'armée car plus de service militaire. Nous suivrons tous les combats sur notre poste de TV avec Home Cinéma, Dolby Stéreo , ItV CNN
etc...  


 Il vaudra mieux être jaune, musulman ou autre que mort.


Maréchal nous voilà!     



castetsjj 29/07/2010 07:18



Bonjour Mr Boulogne,


Je ne sais si l'auteur à le temps de faire un parallèle du ressenti face au sujet entre les différentes cultures et civilisations, mais dans nos
Sociétés occidentales, aseptisées et sécuritaires, on nage en plein paradoxe...


Zéro mort sur un conflit identifié et officiel pour tenter de sauver quelques "valeurs démocratiques" soit, par contre autant que possible
ne gêne personne, sauf nos gouvernants reponsables pour : le loisir, la violence domestique, les accidents en tous genres, l'expression de la voyoucratie et du commerce illégal, les
représentants de l'ordre !


Quelques morts dont on ne peut absolument pas jouer sur des correctifs arrivent encore à émouvoir l'opinion publique : les bébés oubliés
dans les voitures ou dans le congélateur !!!


Triste époque où la perte de valeurs qui ont fait non sans douleurs le ciment de notre Société est devenue la règle
; malheureusement, j'ai un gos déficit de formation psychanalitique pour identifier avec efficacité la pathologie...




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Moi-même 29/07/2010 04:18



Gérard Chaliand, un tres grand spécialiste dans le domaine de la géopolitique que je prends plaisir à écouter notamment sur cette non moins bonne émission qu'est C dans l'air. Merci à lui,
notamment pour la thèse développée à laquelle j'adhère.