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Publié par Edouard Boulogne

Le mot du jour : Démocratie.


femme-sans-tete.jpg ( Certains mauvais plaisants ont parfois affublé la démocratie du qualificatif malveillant de "femme sans tête").

Le Scrutateur en chef a voulu reprendre la rubrique du "mot du jour" interrompue depuis quelques semaines. Et la reprendre par une définition du mot "démocratie", pourtant déjà cité à deux reprises dans la même rubrique.
Cela nous a inquiété quelque peu, car le Scrutateur a des manies.  Par exemple citer, sans s'excuser,  CH Maurras, ou Joseph de Maistre, ou Gustave Thibon. Ceci peut-être par un goût intempestif de la provocation.
Or nous l'aimons bien, et nous ne voudrions pas que, demain, l'actualité nous contraigne à titrer "Mort d'un provocateur avéré", ou à choisir pour illustrer notre rubrique des termes aussi pathétiques que "martyr", ou "sacrilège".
Nous sommes donc parvenu à un modus vivendi. Le mot du jour est bien celui de "démocratie". Mais c'est nous qui avons choisi l'auteur. En l'occurence Eric Weil, excellent philosophe contemporain, d'origine juive, ayant eu à souffrir du nazisme.
Enfin le Scrutateur fera lui-même quelques remarques, mais il a accepté d'être relu par nous. C'est que le mot "démocratie" fait aujourd'hui partie du vocabulaire religieux". Et les guerres religieuses (d'autrefois, évidemment) nous ont appris à éviter lesblasphèmes (autant que faire se peut). ( Marc Decap, Gérard Vergé-Lauriat, Marie Deval).

Démocratie. ( III) .

 

 

Le terme de démocratie est tellement difficile qu'il vaudrait presque mieux renoncer à son emploi. Pris dans son sens étymologique, il ne recouvre aucune réalité : le peuple, opposé aux institutions sociales et politiques qui lui donnent une structure et la possibilité de réfléchir et d'agir, n'existe pas en tant qu'unité et, à plus forte raison, ne décide de rien . Les décisions, la réflexion, l'action sont l'affaire des institutions – et c'est à ces institutions que le terme de démocratie , dans l'acception indiquée, et qui, n'est pas celle des seuls philologues, oppose le peuple. C'est le gouvernement qui réfléchit et agit, et il peut le faire avec l'aide et le concours d'une représentation du peuple, non du peuple ( même dans une démocratie directe, c'est une partie qui représente le peuple ). Si, en revanche, on nomme démocratique tout gouvernement qui jouit de l'adhésion des citoyens, les différences de forme n'entrent plus en ligne de compte, et le gouvernement le plus autocratique peut-être plus démocratique que tel régime constitutionnel ».

 

Eric Weil.

Brève remarque (intempestive) du scrutateur.
On m'accusera encore d'esprit provocateur. Mais enfin, si monsieur Eric Weil était logique avec lui-même, ne devrait-il pas appeler "aristocratie" , ou, mieux, et de fait, "ploutocratie" ( plus souvent ) , ou même "ploucocratie",ce qu'il définit comme démocratie"?
Tant pis! Mais nous vivons une étrange époque, où les mots sont bien malmenés, et les esprits appelés à s'en nourrir, et à les digérer, bien à plaindre.
Je me soumet puisque Winston Churchill aurait déclaré que "la démocratie est le pire des régimes, ...à l'exclusion de tous les autres"!
Il est vrai que Churchill, esprit paradoxal, était un aristocrate très représentatif de la classe dirigeante de la perfide Albion.
Et qu'il était aussi le premier ministre de sa gracieuse majesté, figure éminente d'une royauté parmi les plus anciennes du monde aujourd'hui.
Bon! J'arrête, car on me fait signe que l'espace qui m'a été dévolu pour le commentaire est arrivé à son terme. Mais il y aurait beaucoup à dire!!!
Le Scrutateur.

Et nous y reviendrons! (Stop).

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