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Publié par Edouard Boulogne

Le docteur Félix Proto, ancien président du Conseil régional de la Guadeloupe est mort ce dimanche 02 juin 2013.

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Déjà, dans son numéro du 30 mai au 08 juin, l'hebdomadaire Nouvelle semaines, nous avait préparé à l'annonce d'une issue fatale ( voir l'article reproduit ci-dessous )

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Cet article rappelle au passage le peu d'empathie réciproque entre Félix Proto et la classe politique guadeloupéenne, en particulier la basse-cour socialiste. Ce soir ( 02 mai ), à la télévision plus d'un aura été écoeuré par les propos convenus ( élogieux et « fraternels » bien entendu, de ces messieurs ) du docteur Larifla, en particulier et d'Eric Jalton.

L'article de Nouvelle Semaine a encore le mérite de rappeler que M. Proto fut un grand bâtisseur, et un homme intelligent, doué à bien des égards, notamment pour la musique.

Cet homme de gauche n'était pas de nos amis politiques. Ce fut pourtant «  à droite » qu'il trouva des soutiens quand ses faux « amis » tentèrent de le torpiller bassement.

Le journal Guadeloupe 2000 que je dirigeais, lui accorda sa Une en cette circonstance, et le regretté Raymond Viviès, avec sa fougue habituelle lui consacra un article vibrant et juste, par delà les divergences.

C'est par la publication de cette tribune que nous terminerons cet hommage à une personnalité complexe, discutable par certains côtés, mais qui, par delà les concessions qu'elle crut devoir faire à l'idéologie régnante méritait mieux, de la Guadeloupe, que les propos enfarinés que nous entendrons dans les deux jours à venir, avant le retour au silence de la médiocrité.

 

E.Boulogne.





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TRIBUNE LIBRE ( Avril 1991 ).

FAUT-IL BRULER FELIX PROTO ?

 

Par Raymond Viviès.

 

Depuis quelques temps de véri­tables tirs d'artillerie sont dirigés contre le président du Conseil Régional Félix Proto. Hélas ! pour nos Tartarins flingueurs, les car­touches dont ils se servent sont pour la plupart vides, et celles qui sont par hasard chargées, pourraient bien atteindre d'au­tres cibles que celle visée, voire retourner contre leurs fournis­seurs.

Qui veut-on atteindre par ce mauvais procès ? L'un des rares individus à avoir accompli un travail énorme, et peut-être sans précédent, en fa­veur de la Guadeloupe. C'est grâce à Félix Proto que Lucien Bernier, entre autres choses, a réalisé l'avenue de l'Europe. C'est Proto et ses collaborateurs, avec la majorité du Conseil Ré­gional, qui ont lancé le vaste chantier de la Guadeloupe dans l'Europe; dont on recueillera bientôt les fruits positifs.

L'un des drames de Proto c'est que certains, qui voyaient en cet ancien 12ème et dernier élu de la liste socialiste aux dernières ré­gionales, un pion facile à ma­noeuvrer, ont été déçus. Le « pe­tit» Félix s'est révélé être une personnalité forte, un leader, re­marquablement intelligent, et doué d'une force de travail pro­digieuse, en même temps qu'un grand communicateur. C'est son autorité réelle que certains affec­tent de tourner en dérision en le traitant de « roi ». Le roi en question a, d'autre part, su s'entourer d'une remarquable équipe, d'hommes sérieux et dy­namiques, les Hazaël-Massieux, Lombion, Monge et autres. Personnalité rayonnante, Félix Proto a rapidement institution­nalisé la région Guadeloupe pla­çant même celles de Martinique et de Guyane en position de re­morque. Que de réalisations : l'élargissement du pont de la Gabarre, la création du pont « cycles et pié­tons » par dessus la Rivière Salée, la deuxième voie de Jarry, l'amé­lioration des routes dites natio­nales, les créations de lycées, le vélodrome, les aides aux com­munes, l'agence régionale pour la création d'entreprises, les aides au tourisme sous toutes ses formes, les aides aux sportifs, le rapprochement avec les régions Martinique et Guyane, annonce d'une véritable politique interré­gionale, prémice peut-être à l'ins­tauration d'une grande région Antilles-Guyane, les aides multi­ples aux secteurs de la pêche, de l'élevage, de l'habitat, de l'indus­trie sucrière, à la zone artisanale de St-Louis à Marie-Galante, les créations de ponts, les adduc­tions d'eau, l'irrigation, etc... etc... telles sont ses réalisations.

Que peut-on encore lui demander ? Qui en a fait autant ?

Il faut en finir avec les mesquine­ries et le bla.bla.bla.

La critique est facile, l'art est plus difficile.

Ancien président du Conseil Gé­néral, ancien président de la Com­mission des Finances du Conseil Général, ancien premier secré­taire du Conseil Régional, j'ai pour plus grand regret de n'avoir pu travailler avec un bâtisseur de la trempe de Proto.

Tout un symbole : la région ne cesse de planter des arbres, de re­boiser la Guadeloupe. On devine le projet des démolisseurs ac­tuels : abattre Proto, puis, l'ayant remplacé, s'attribuer demain au moment de la cueillette tous les mérites de l'abondance.

Certes, l'actuel président du Conseil Régional a quelques diffi­cultés. Doit-on lui en faire, seul, porter la responsabilité ? Que l'Etat ne respecte-t-il, et dans les temps, toutes ses responsabilités et engagements ? Une autre ques­tion qui se pose parmi d'autres : la D.D.E a t-elle encore sa raison d'être dans ce département où la décentralisation reste trop par­tielle ?

Et la justice ! Ne doit-elle pas sym­boliser la grandeur et l'équité de la nation plutôt que d'être une arme au service du pouvoir ? Les services fiscaux ne doivent-ils pas être plutôt des comptables que des bourreaux et inquisiteurs des citoyens ? Et la question se pose d'autant plus à l'heure où tant de ministres trempent dans des affaires louches. ( Nous étions en pleine période mitterrandienne. Note du Scrutateur ).

C'est à cette seule condition que la Guadeloupe, en toute liberté, sera un département français à part entière.

Cela, Proto l'a compris depuis longtemps, et c'est ce qui lui a permis de ramener à la raison ceux qui, par découragement, s'étaient éloignés de la nation, et même certains hauts responsa­bles politiques d'autres assem­blées. Quelques écrivaillons de pacotille ont vaticiné sur la « fin de Proto ».

Je pense plutôt qu'avec Proto nous avons l'un des fossoyeurs du séparatisme. La récente prise de position du président du Conseil Général en est le meilleur témoignage.

Rentre en toi-même, Félix, et rap­pelle-toi le proverbe : « Quand la caravane passe, les chiens aboient ».

 

Raymond Vivies

Ancien Vice-Président du Conseil Général Ancien Président de la Com­mission des Finances

J

 

 

 

 

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