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Publié par Edouard Boulogne

( Passionnant article de Dolto, qu'il faut lire et relire, lentement. Il nous conduit à réfléchir aux problèmes de notre société, et aux ravages qu'y peuvent perpétrer certaines idéologies à la mode. A la mode et homicides.  Les passages soulignés en gras l'ont été par le Scrutateur . EB ).

Martine-Aubry.jpg


Le Front National n’a pas le monopole de la tentation xénophobe. Dans ce combat contre l’universalisme mené sous couvert de défense d’une identité culturelle et ethnique, le" sociologue" Franck Garain hier soir dans une émission télé sur Guadeloupe Première s'est voulu à la pointe du combat pour la préférence régionale des jeunes au niveau de l'emploi dans les entreprises citant notamment l'exemple de Jarry ou nombre d'entreprises donnent la priorité à des « exogènes » ,au détriment des jeunes Guadeloupéens .
S’associant ainsi aux vieilles rengaines des « nationalistes » et du LKP de 2009 et revendications qui réclament le droit pour les jeunes Guadeloupéens de vivre et de travailler dans leur pays et d’avoir la priorité sur les emplois qui correspondent à leurs compétences Garain et d'autres ont mis en garde sur les frustrations générées au sein de la jeunesse par une telle politique de substitution et, fait rare pour être souligné, il a appelé à une radicalisation des Guadeloupéens sur cette question .
En fait , ceux qui pensent à la discrimination positive par la loi , envisagent des mesures contraignantes et argumentent pour que les jeunes Guadeloupéens aient une priorité pour les emplois aussi bien dans le privé que le public, vu le fort taux de chômage en Guadeloupe.
Sur le principe ,disons le tout net , la question de la priorité des jeunes Guadeloupéens à vivre et travailler au pays n'est pas contestable , mais le problème se pose de savoir si cette discrimination positive est réaliste dans le nouveau contexte de mondialisation et si elle est faisable et applicable dans la pratique sans susciter en retour des accusations de xénophobie voire de racisme .

" L’enfer est pavé de bonnes intentions "


Ce travers n'a pas échappé à Didier Payen qui a considéré les propos de Garain dangereux dans la mesure ou l'on pourrait assister en retour à un effet boomerang pour les Antillais de Métropole ( prés de 600 000 à 800 000 ) : "Puisqu'il en est ainsi alors rentrez chez vous et prenez votre indépendance !" A noter que de nombreux propos similaires avaient fleuri sur tous les forums de France lors de la crise LKP de 2009 en réaction à la chanson : "La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo, yo péké fè sa yo vlé an péyi an nou"


La question est complexe et sensible . En France, la discrimination ( Discrimination et Distinction entre individus ou groupes d’après certains caractères particuliers (sexe, origine...) aboutissant à une inégalité. à l’embauche est interdite par la loi.

Des initiatives de discrimination positive émergent cependant. Les expériences de discriminations positives émanant des pouvoirs publics se font sur une base territoriale et/ou sociale. C’est le cas de l’école Sciences-Po qui a créé une voie particulière de recrutement pour les lycéens issus de zone d’éducation prioritaire ou des écoles de police (ouverture en janvier prochain de classes préparatoires aux concours de commissaires et d’officiers de police pour des élèves retenus selon des critères sociaux et géographiques). En janvier 2006, l’ANPE a mis en place une plateforme nationale spécifiquement destinée aux jeunes diplômés issus des zones urbaines sensibles ZUS.

Même Marine Le Pen s'est prononcée lors de la dernière campagne électorale des présidentielles en faveur d'une préférence régionale "exclusivement " pour l'outre-mer. Une vieille revendication des milieux nationalistes des territoires d'outre-mer. Une manière de tenter de s'attirer les bonnes grâces de l'électorat ultramarin et surtout de gommer les accusations de racisme et de xénophobie qui collent à la peau de son parti.
Marine Le Pen se serait -elle convertie aux idées indépendantistes ou en tout cas régionalistes ? Après la préférence nationale, il y a désormais le concept de préférence régionale au Front national. C'est la dernière trouvaille de Marine Le Pen qui tente par tous les moyens d'envoyer des signaux à l'électorat ultramarin pour montrer qu'elle est sensible à ses préoccupations notamment en matière d'emploi, n'hésitant pas à créer une sorte de discrimination positive en sa faveur. Une vieille revendication émanant des milieux nationalistes des départements et des territoires ultramarins. Invitée sur le plateau de l'émission de Laurent Ruquier "On n'est pas couché", la candidate du Front national a défendu son projet de préférence régionale pensé, a t-elle souligné, "exclusivement " pour l'outre-mer.

Un slogan de campagne

"Je pense que quand on est Martiniquais, Guadeloupéen, Réunionnais, Calédonien... il est évident que l'on doit pouvoir accéder à l'emploi en priorité par rapport à ceux qui viennent de métropole, sauf à s'expatrier à 10 000 ou 15 000 kilomètres", a plaidé la candidate frontiste face à Audrey Pulvar qui lui reprochait son concept de préférence nationale, coupable de créer "deux catégories de citoyens", selon la chroniqueuse. L'occasion d'une passe-d'armes à fleurets mouchetés entre la journaliste martiniquaise et la présidente du FN qui s'est fait un plaisir de rappeler à celle-ci le passé indépendantiste de son père, Marc Pulvar, signataire d'un manifeste pour la "Martinique aux Martiniquais". L'arroseuse arrosée ? Marine Le Pen ou l'art de reprendre à son compte un concept en vogue à une certaine époque dans certains milieux nationalistes des territoires d'outre-mer et en faire presque un slogan de campagne qui peut être porteur dans certaines strates de la population ultramarine. De là à penser qu'indépendantistes et Marine Le Pen, mêmes combats, il n'y a qu'un pas que certains seraient déjà prêts à franchir. A moins que la candidate du FN se soit tout simplement rendue à l'évidence et n'ait fait que reprendre à son compte une idée qui paraît frappée de bon sens pour des territoires, dont le taux de chômage des jeunes frôle les 50% de chômage.

Un autre point de vue semble intéressant à analyser à savoir celui de
Anne-Marie Le Pourhiet,( qui a vécu et enseigné aux Antilles ) professeur de droit public à l’Université Rennes-I, qui se livre dans un entretien à l'Observatoire du communautarisme à une dénonciation en règle des principes de la discrimination positive et du règne du politiquement correct qui pèse chaque jour davantage sur le débat public.

[Anne-Marie Le Pourhiet : « Le terme de discrimination lui-même est aujourd’hui tellement galvaudé qu’on ne sait plus du tout de quoi l’on parle. Il paraît donc nécessaire de « déconstruire » un peu notre sujet ».

B[OC : Vous avez vécu aux Antilles : quelle est votre expérience des politiques de discrimination positive là-bas ?]b

- Il n’y a pas officiellement de politique de discrimination positive dans les DOM puisque, contrairement aux collectivités de l’article 74 (ex-TOM), ils sont soumis au principe de l’assimilation juridique simplement « adaptée ». Il y a néanmoins des méthodes de recrutement qui aboutissent de facto à une préférence autochtone : par exemple si on déconcentre le recrutement de certains fonctionnaires territoriaux en organisant les concours sur place, il est évident que des candidats métropolitains ne vont pas faire le voyage et que ce système privilégie partout, mais surtout dans les collectivités insulaires, le recrutement local.
Mais on trouve cependant aux Antilles et en Guyane, à la différence de la Réunion où ne sévit pas cette mentalité, le même comportement « nationaliste » qu’en Corse qui aboutit à une discrimination positive de fait dans tous les domaines.
Du point de vue économique, on connaît d’abord les privilèges fiscaux, sociaux et salariaux délirants aux effets pervers inouïs mais qu’on ne parvient pas à supprimer puisqu’ils sont considérés comme des « droits acquis » intouchables par des syndicats qui se disent indépendantistes mais dont le comportement infantile plombe l’économie de leur région et l’enfonce définitivement dans la dépendance. On retrouve la même spirale qu’en Corse, dans le Mezzogiorno italien et, maintenant aussi, dans les länder d’Allemagne de l’Est qui vivent sous perfusion et dont la population s’aigrit d’un système de transferts censé lui profiter mais qui l’installe durablement dans l’assistanat et le ressentiment. Du point de vue ethnique la « préférence nationale » est également revendiquée aux Antilles et en Guyane et le « modèle » calédonien a fait des envieux. En tout état de cause la racialisation des rapports sociaux et professionnels est omniprésente et délibérément entretenue car elle permet des chantages efficaces. En métropole des militants antillais se plaignent des « écrans pâles » mais en Martinique, le personnel de RFO n’hésite pas à se mettre en grève pour protester contre la nomination d’un directeur blanc. La vulgate habituelle consiste à dénoncer le fait que les magistrats et les hauts fonctionnaires de l’Etat sont majoritairement métropolitains en faisant semblant d’imputer cela à la « persistance d’une situation coloniale » alors qu’il s’agit évidemment des conséquences quantitatives d’une simple logique minoritaire. Dès lors que le personnel de direction de l’administration d’Etat est recruté par concours nationaux et que la mobilité est une condition essentielle de l’impartialité et de la qualité du service, il est inévitable que les préfets, recteurs et directeurs de services soient essentiellement métropolitains. Cela résulte du caractère unitaire de l’Etat français et n’a rien à voir avec le colonialisme. J’ajoute que bon nombre de hauts fonctionnaires et magistrats antillo-guyanais ne souhaitent nullement être affectés dans leur région d’origine par crainte des pressions du milieu local mais aussi par préférence pour l’horizon et l’esprit continentaux plus larges. Dans l’enseignement supérieur la préférence raciale joue depuis longtemps dans le recrutement et la promotion des enseignants-chercheurs et le résultat est regrettable. Alors que l’université de la Réunion s’en sort plutôt bien grâce à un esprit d’ouverture, l’université des Antilles et de la Guyane a raté ses ambitions. Par exemple, le président de l’université de la Réunion peut parfaitement être métropolitain alors que c’est impensable aux Antilles où on préférera avoir comme doyen de faculté un assistant « local » non docteur à la légitimité scientifique absolument nulle plutôt que d’avoir un doyen blanc aux titres reconnus. Pour le contingent local de promotion des maîtres de conférences et des professeurs, on assiste parfois à des situations ubuesques : sera promu un professeur « local » non agrégé dont les publications se résument à quelques articles sans intérêt dans une revue locale ou même dans France-Antilles tandis qu’un professeur agrégé métropolitain au CV exemplaire devra renoncer …Cela n’a heureusement pas de conséquence personnelle grave dans la mesure ou la majorité des promotions est bien assurée au niveau national mais cela discrédite totalement l’établissement ainsi voué à végéter scientifiquement. J’ai vu le conseil d’administration de l’Université re fuser d’entériner le recrutement d’un très bon maître de conférences métropolitain pour réserver le poste à la promotion ultérieure d’un candidat local dont aucune université métropolitaine n’aurait voulu. L’« antillanisation » du corps enseignant est désormais ouvertement prêchée par certains de mes anciens collègues. Le problème est que lorsqu’une institution commence à faire passer le mérite au second plan elle recrute des médiocres qui ne supportent pas, ensuite, de voir arriver des meilleurs de telle sorte que le pli s’installe durablement et qu’on ne peut plus remonter la pente. Même entre deux candidats locaux on préférera, au bout du compte, choisir le moins bon pour qu’il ne fasse pas d’ombre et la rivalité devient plus aiguë encore à l’intérieur même du milieu local.Quand le mérite s’efface, il ne reste plus que l’arbitraire et la « tête du client » c’est à dire la loi de la jungle et le ridicule. Les spécialistes de sciences des organisations analysent très bien ces phénomènes psychologiques à l’œuvre dans les ressources humaines et devraient s’emparer davantage de l’audit des discriminations positives. Le problème est que le sujet est tabou et que personne n’ose vraiment l’affronter.
On parle aussi souvent du racisme des Corses à l’égard des continentaux et des maghrébins mais on retrouve le même aux Antilles à l’égard des Métropolitains, des Haïtiens ou des Saint-Luciens et je ne parle pas de la campagne antisémite effroyable qui s’est développée il y a quelques années dans un journal martiniquais auquel collaborent les principaux apôtres de la « créolité ». La « concurrence des victimes » sévit partout.

B[OC : Le dernier concept à la mode est celui de « diversité ». S’oppose t-il celui d’ « assimilation » qui semble être devenu un véritable tabou ?]b

B[AMLP :]b J
’ai déjà indiqué auparavant que la diversité est simplement devenue le faux nez de la discrimination positive. Ce terme n’a pas d’autre fonction que de camoufler la politique de passe-droit généralisé qui se met en place. Mais en lui-même, il ne signifie absolument rien, c’est un slogan débile.
J’avais pu vérifier en 1996 aux Antilles, lors de l’anniversaire de la loi de départementalisation, combien le mot « assimilation » était curieusement devenu imprononçable. C’est un repoussoir absolu pour la doctrine multiculturaliste mais je constate cependant que ce terme est encore largement revendiqué à la Réunion … autre mentalité. J’approuve personnellement le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan,
Debout la République, qui aborde cette question de façon très décomplexée en utilisant délibérément le terme d’assimilation au lieu et place de celui d’intégration.

Le fait que la composition de diverses instances (Parlement, médias, etc.) ne reflète pas les proportions en vigueur dans la société est présenté comme un signe de discrimination. Ernest Renan appelait ce genre de comptabilité de la « zoologie » et y voyait un « retour au droit des orangs-outans », rappelle Anne-Marie Le Pourhiet. « Depuis quand l’entreprise, les médias, l’armée ou l’administration ont-ils vocation à représenter le sexe, la couleur de peau ou les mœurs de leurs clients ou usagers ? », s’exclame-t-elle (Le Débat, mars-avril 2001).

"Je crains que la nouvelle idéologie qui nous submerge nous apporte davantage « d’indigènes de la République » schizophrènes, pétris de bêtise et professionnels du ressentiment que de citoyens dignes de ce nom et bien dans leur peau. Je ne suis guère optimiste."

Une autre thèse prévaut à savoir la discrimination positive, une politique anti-républicaine et victimiste , Le passé d’une illusion !

Le concept de discrimination positive s’inspire des politiques d’« affirmative action » instaurées à partir des années 1960 aux Etats-Unis d’Amérique dans la foulée de la lutte des Noirs pour l’égalité des droits. L’Affirmative Action, destinée à lutter contre les discriminations, instaure alors diverses mesures de « discrimination inverse » consistant à attribuer des droits supplémentaires spécifiques aux personnes relevant de minorités ethniques auparavant victimes d’inégalités. A leur profit, des quotas sont imposés dans le recrutement pour des emplois privés et publics, des bonifications de barème sont accordés à l’entrée de l’enseignement supérieur, une part des commandes publiques est réservée à leurs entreprises, etc.


LE TERREAU IDÉOLOGIQUE DE LA DISCRIMINATION POSITIVE : LE VICTIMISME AU SERVICE DU COMMUNAUTARISME

La discrimination positive participe d’une politique communautariste en ce qu’elle fait primer une appartenance à un groupe au détriment des qualités propres de la personne, ses talents, sa responsabilité et son libre arbitre.

Les revendications de discrimination positive relèvent moins de la lutte contre les discriminations ou de la défense des « identités culturelles » que d’une stratégie opportuniste d’obtention de passe-droits, de privilèges et de pouvoirs.

La stratégie victimiste n’est pas nouvelle ; la nouveauté est qu’en ce qui concerne certains groupes, les pouvoirs publics et la plupart des intellectuels la prennent pour argent comptant. Ils cèdent à une culpabilisation issue d’une idéologie « post-marxiste » qui analyse les rapports sociaux en termes de dominants/dominés. « Dans l’humanisme, c’est l’homme qui est la mesure de toute chose ; dans le victimisme, c’est la victime » (G. Erner). Le politique doit montrer qu’il a le monopole du cœur, selon la célèbre formule giscardienne. « La société des victimes reconfigure notre conscience sociale, la pratique du droit et le fonctionnement de nos institutions. […]
Le consensus compassionnel en vient à constituer une menace pour les valeurs républicaines. »

• Une fois que les « représentants » d’une « communauté » ont associé celle-ci au statut de victime,
la deuxième étape consiste à transformer en droit n’importe quelle revendication, de telle sorte que toute contestation soit condamnée. La victimisation devient le levier d’une bataille politique et sociale pour obtenir des dispositions spécifiques, voire pour conquérir le pouvoir.

La discrimination positive se traduit par l’attribution de passe-droits aux membres de catégories ethnico-culturelles ou sexuelles au nom de la « réparation » des injustices (persécutions, colonisation, discriminations) dont ils seraient ou ont été victimes. L’idéal républicain d’assimilation est présenté, dans une conception ethnique de la nation, comme un processus proche de l’ethnocide culturel, dont auraient été victimes « les Bretons », « les Alsaciens », « les Corses », etc. « Les immigrés » et « les populations d’outre-mer » auraient été victimes successivement de la colonisation et du racisme ; tous ces « dominés » mériteraient des compensations sous forme de privilèges divers et variés. On voit fleurir les demandes de réparation, qui émanent non plus seulement de ceux qui ont eu à souffrir d’un préjudice mais aussi de leurs descendants, comme si la souffrance pouvait s’hériter et donner droit à réparation.

Pourtant, comme le relève le philosophe Christian Godin (Marianne, 13 jan. 2007), « il n’y avait pas que des esclaves parmi les ancêtres des immigrés africains mais aussi des rois trafiquants d’esclaves ».
Olivier Pétré-Grenouilleau, le meilleur spécialiste français de l’histoire de l’esclavage, a été l’objet d’une campagne de calomnies de la part de groupuscules communautaristes, pour avoir rappelé que la traite « négrière » n’avait pas été une exclusivité européenne : il y eut aussi des traites musulmane et intra-africaine, d’une importance numérique comparable.

De même, « préférer recruter un chômeur français à un étranger est révélateur d’une “xénophobie populiste” mais réserver les emplois et professions des collectivités d’Outre-Mer aux autochtones est une judicieuse prise en compte de la “situation de l’emploi local” » .

Se développe une concurrence sur le thème de la communauté la plus maltraitée.

Mais les pouvoirs publics ont porté de très graves coups de canif dans le principe d’égalité des droits.

Appelé à interpréter la Loi fondamentale, le Conseil constitutionnel a affirmé que « le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l’égalité pour des raisons d’intérêt général pourvu que, dans l’un et l’autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport avec l’objet de la loi qui l’établit » et qu’elle se fonde sur des « critères objectifs et rationnels ».
Donc le juge constitutionnel se fie à l’intention affichée par le législateur, en oubliant que l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Certes, quand les contribuables n’acquittent pas le même impôt, quels que soient leurs charges ou leurs revenus, l’inégalité n’est guère contestable.

Mais le Conseil constitutionnel a introduit l’incertitude par des décisions qui peuvent apparaître comme contradictoires.

D’un côté, il a expliqué que ces « principes constitutionnels s’opposent à toute division par catégories des électeurs ou des éligibles ». Il a donc invalidé les quotas par sexe dans les élections.

De l’autre, il a, en 2000, laissé passer une remise de dettes sociales et fiscales à toutes les entreprises des départements d’outre-mer.

De leur côté, les parlementaires (droite et gauche confondues) ont révisé la Constitution pour permettre d’imposer la « préférence locale » dans certaines collectivités d’outre-mer ( Nouvelle Calédonie ou Polynésie ) et en Corse, ainsi que la parité femme-homme (égale représentation dans des institutions), etc.

.
La « discrimination positive » (oxymore) alimente la discrimination

La discrimination positive relève aussi d’un processus d’exclusion, tandis qu’elle enferme ses supposés bénéficiaires dans leur “déterminisme”.

. S’il « n’y a pas assez de », c’est qu’il « y a trop de »......? comme cela a été dit explicitement ou implicitement lors de la crise de 2009 ( nou et yo )

• Avec la discrimination positive, l’interdiction de « discriminer » se contredit elle-même en imposant la discrimination du moment qu’elle bénéficie aux « opprimés » supposés , etc.

Or,
« dès lors qu’est introduite une discrimination, elle sera toujours positive pour celui qui en bénéficie et négative pour celui qu’elle exclut » (Anne-Marie Le Pourhiet, (Le Débat, mars-avril 2001)). Il n’y a pas, en réalité, de discrimination positive ou de discrimination négative, il n’y a que des discriminations.

De la même façon que s’il y a victime, il y a un bourreau, dire « il n’y a pas assez de » revient à dire « il y a trop de ». La banalisation du comptage catégoriel justifie ainsi des démarches telles que celle de Domota, qui en 2009, faisait scandale en s’offusquant que tous les participants représentant l'Etat et le patronat de la réunion du World Trade Center à Jarry étaient blancs.

Ou celle de Georges Frêche, président (PS) du conseil régional de Languedoc-Roussillon, quand il s’étonne de la sur représentation des Noirs dans l’équipe de France de football.

Quand l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po) ménage un recrutement sur dossier pour une fraction choisie de la population, il élimine d’autres jeunes relevant eux du droit commun du concours.

En minimisant les talents et le mérite au profit d’autres critères, la discrimination « positive » suggère pour le sens commun que ses bénéficiaires sont moins compétents. D’où, logiquement, l’idée selon laquelle on est moins compétent quand on est noir, femme, etc. (comme on a pu l’observer avec l’Affirmative Action aux Etats-Unis d’Amérique.) Donc la discrimination positive alimente les aprioris racistes, sexistes, bref, les réflexes qu’elle est censée combattre.

Recevant les patrons des chaînes publiques de télévision, le 22 novembre 2005, le président de la République Jacques Chirac s’est opposé aux quotas, car c’est « un système qui a pour résultat de montrer du doigt celui qui en bénéficie et d’être difficilement explicable à celui qui en est exclu » (Le Monde, 24 nov. 2005).

Valider l’origine ethnique comme un des critères d’accès a certains droits est précisément la revendication de base des racistes. Au nom du « droit à la différence », on établit une différence des droits. On reconnaît aisément des théories « différencialistes » popularisées à partir des années 1970 par les courants « nationalistes » en Guadeloupe voulant combattre l'assimilation voulu par la départementalisation.

La discrimination positive, en créant des inégalités au bénéfice de certains, et en identifiant par leur appartenance à un groupe « identitaire » les bénéficiaires de ces inégalités, les incite à se replier sur cette « identité ». Ainsi, aux Etats-Unis d’Amérique, l’Affirmative Action n’a fait que renforcer les revendications d’appartenance ethnique. « Si elle a favorisé la promotion de quelques-uns, elle a desséré encore plus un lien social fragilisé » (Alain-Gérard Slama, Pouvoirs, nov. 2004). L’Affirmative Action a conforté les communautés dans leurs particularismes, au lieu de les intégrer.

La discrimination positive est donc particulièrement pernicieuse à long terme puisqu’elle agit chez l’individu comme un dissolvant des concepts de citoyenneté et de l’intérêt général , tout en propageant des tensions raciales au sein d'une société multiraciale comme c'est le cas en Guadeloupe .

La revendication de « discriminations positives » relève -t -elle d’une lutte contre l’injustice, ou d'une stratégies de leaders populistes plus ou moins représentatifs aspirant à accroître leur pouvoir idéologique sur le peuple.

La « discrimination positive » ne permet pas de lutter contre les discriminations. Au contraire, elle les alimente. Le principal effet de la « discrimination positive » est de légitimer la discrimination et de jeter aux oubliettes l’égalité des droits, principe républicain fondamental. Loin d’intégrer, elle fait éclater la société. Elle ne répare pas la « panne » de l’« ascenseur social » mais met en panne la République et menace la cohésion sociale .

L’échec avéré des politiques fondées sur l’égalité des chances et la méritocratie est un prétexte pour mettre en pièce l’idéal républicain lui-même. On jette le bébé (la République) avec l’eau du bain (les manquements dans l’application des principes républicains). Or, la discrimination positive ne change rien à la discrimination. Elle en assure au contraire la pérennité. Elle est un cache-misère qui évite de s’attaquer en profondeur aux racines de l’inégalité des chances.

Faire prévaloir la mobilité et la responsabilité

Hannah Arendt (Essai sur la Révolution) écrivait : « La pitié prise comme ressort de la vertu s’est avérée posséder un potentiel de cruauté supérieur à celui de la cruauté elle-même. »

Il est évidemment plus difficile à des enfants d’immigrés de réussir rapidement dans la société d’accueil qu’à des nationaux de souche. Mais ce handicap naturel est aggravé par le culte de la différence « multiculturalisme » ou le « relativisme culturel ». .

Un certain populisme syndical d'extrême gauche, mais aussi des pans entiers du système scolaire, incitent notamment les plus jeunes à refuser les valeurs et les règles de vie communes et alimentent une méfiance croissante du reste de la société. Méfiance que l’on qualifie à tort de racisme puisque ce qui est en cause n’est pas l’origine mais le comportement.

Certes , On est toujours plus heureux de travailler dans sa région d'origine mais, la mobilité des jeunes Guadeloupéens dans d'autres pays à l'instar des jeunes Grecs et Espagnols confrontés à la crise de la zone euro peut-être aussi source d'enrichissement .

(Sur fond de situation économique et sociale désastreuse. En Espagne et en Grèce , plus de 50 % des jeunes sont au chômage, les diplômés contraints de s'exiler.)

La Guadeloupe n'est pas isolée du monde comme veulent le faire croire certains esprits chimériques qui vivent en dehors des réalités du monde actuel .

Depuis bientôt trente ans, le marché du travail en Guadeloupe est peu accueillant pour les jeunes , du fait de l'étroitesse du marché , de l'absence d'investissement dans de grands projets de développement avec le recul des politiques publiques .

La menace du déclassement social est une réalité pour les Guadeloupéens et notamment les jeunes qui sont sortis de formation en période de mauvaise conjoncture économique, comme en 2009. Mais pour les années à venir le pessimisme n'est pas à exclure , alors reste le passage en France Métropolitaine ou l'expatriation à l'étranger . Nécessité fait loi comme le montre l'exemple des jeunes Espagnols ou Grecs : "Partir, partir , partir au plus vite : Après les Grecs le refrain amer des jeunes Espagnols."

Elle dit, dans un sourire pâle et un français timide : « Je pense... J'espère que je reviendrai en Espagne. » Paola Serrano, 33 ans, est architecte. Depuis juillet, elle est au chômage.

Elle ne s'en sort qu'avec l'aide de sa mère et quelques cours particuliers dispensés au noir. « La bulle immobilière a explosé. Il n'y a plus de travail dans le bâtiment. Il n'y en a plus en architecture. Il me restait deux solutions : changer de métier ou changer de pays. Mais même comme serveuse, on ne veut pas de moi. »

Elle a fini par choisir le départ, a balancé entre l'Allemand et le Français. Et puis elle s'est dit que notre langue était plus facile à apprendre, qu'il y avait davantage de pays dans le monde à la parler, comme le Québec au Canada ou la Suisse. Alors, depuis janvier, Paola suit les cours intensifs de l'Alliance française, à Valence. Elle n'est pas la seule. On s'y presse. Objectif départ.

Tous ces jeunes prennent le taureau par les cornes. Mais, comme Maité Garcia, 24 ans, diplômée en journalisme, ils cachent de moins en moins leur frustration. Et même leur colère. « Je suis indignée. Regardez cette banque (Bankia, NDLR) mal gérée, renflouée par l'argent public. Et son directeur qui démissionne avec des indemnités, gronde-t-elle. Avant cette crise, tout était ouvert, tout était possible. Le problème, c'était de choisir. Aujourd'hui, il n'y a plus qu'une porte ouverte. Ça ne me plaît pas, mais il faut y aller. »

Sa mère est femme au foyer. Son père, ingénieur dans une multinationale, a vu son salaire et ses conditions de travail se dégrader. Tous les deux l'encouragent à partir. Maité pense à Montréal, essaie de positiver : « J'ai déjà vécu huit mois en Argentine. Alors oui, partir c'est connaître d'autres gens. Devenir utile. »

Joana Milian s'exilera en Suisse au début juillet. Un stage de six mois à Genève, rémunéré. Le pied à l'étrier. Joana est également architecte. « Tous mes amis sont déjà partis. En Suisse, au Mexique, au Brésil, en Allemagne. » Elle-même, à 27 ans, a beaucoup bougé : stages à Budapest, Mexico, Bologne. « Mais c'est la première fois que je pars sans savoir quand je pourrai rentrer. » Elle soupire : « Ce n'est pas juste. Nous sommes la première génération à être autant diplômée. Et tout cet investissement, c'est l'étranger qui va en profiter. » (Ouest-France)

Aussi est-il temps de réhabiliter la notion de responsabilité et d'ouverture à l'autre , devenue tabou en Guadeloupe du fait de l’imprégnation de la société guadeloupéenne par le populisme et la victimisation (« je n’ai aucune part dans ce qui m’arrive car cela est dû à mon appartenance communautaire de descendant d'esclave et d'ancien colonisé »).

Conclusion :

Le premier objectif de nos politiques en Guadeloupe, c'est de s'adapter pour faire face aux défis que nous impose la conjugaison des crises économiques et sociales. J'irais même au delà en disant qu'à mes yeux nous ne sommes pas dans une crise mais dans un changement de monde ( une mutation ), et que ce changement de monde mérite des réponses urgentes et innovantes de la part du conseil régional pour aider les jeunes à s'expatrier dans de bonnes conditions en France Métropolitaine et surtout à l'étranger ( je pense aux USA et au CANADA ) ET SI POSSIBLE DANS NOTRE ENVIRONNEMENT GEOGRAPHIQUE ;
Je suis convaincu qu'il faut faire confiance à la société sans imposer des règles qui risquent de se retourner contre nous , sans sombrer dans l'extrême pessimisme , le repli sur soi , et je crois aux vertus du dialogue et de l'échange, ainsi qu'à la capacité de nos jeunes concitoyens Guadeloupéens de s'ouvrir sur le monde sans tomber dans le piège de l'ostracisme des populistes.

DOLTO 

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Claude HOUËL 23/05/2012 18:06





DE LA DISCRIMINATION POSITIVE POUR QUI ?


 


Bien d’accord avec D Payen sur le danger de « l’effet boomerang » si chaque région adoptait la même démarche.


Il me semble cependant que les défenseurs de cette démarche ont soigneusement évité


L’argument sous-entendu.


On ne peut parler de discrimination, fut elle positive, si on n’indique pas, de façon claire et objective qui on veut discriminer.


Comme on veut éviter de parler de couleur ou de race, termes banis par le politiquement correct, on invente les concepts d’ « endogène » et d ‘ « exogène », ça fait
sérieux auprès des masses et des énarques.


Le problème est qu’on évite soigneusement d’aller plus loin en disant de qui on parle :


Comment qualifier un « endogène » :


-       S’agit-il des citoyens nés en Guadeloupe ? Mais alors un béké devrait alors bénéficier de
la discrimination. Quid du fils de métro né ici qui aurait droit de travailler mais pas son père ?


-       S’agit-il de la partie « colorée » de la population native dont les « yo »
seraient exclus ainsi que le veut domota ?Mais alors quel est le degré de coloration acceptée, devront nous calculer en quarterons et autres octavons extirpés d’une histoire
douloureuse ?


-       Un guadeloupéen né en Métropole aura-t-il droit à l’étiquette ?


-       Et le métro intégré depuis des lustres mais né ailleurs ?


La discrimination concerne, en principe, des minorités : En Guadeloupe ces dernières pourraient y prétendre, et quand on voit qui est minoritaire cela risquerait d’être cocasse.(Pour rire un
peu).


On voit bien que chacun pourrait y mettre sa définition et que cette démarche n’est ni réaliste ni souhaitable.


Il est vrai que pour certains patrons guadeloupéens, ce qui vient d’ailleurs est toujours mieux et l’on embauchera plus facilement en externe qu’en local : Cette démarche n’est pas logique
quand on peut trouver sur place la compétence requise. Elle est même contreproductive quand on prend le risque d’embaucher quelqu’un de déraciné, qui ne possède aucune des clefs du vivre ensemble
sur notre île et dont les difficultés d’adaptation risquent de peser sur la productivité.


Pour autant , sans besoin de mesures coercitives éventuelles, une réflexion constructive


devrait être engagée pour faire sauter certains freins.


D’autre part il est illusoire de penser que le remplacement souhaité des « exogènes » par des « endogènes » ferait baisser de façon significative, le chômage que nous
connaissons,


porté par une économie atone et le manque de qualification d’une grande majorité de demandeurs d’emplois.


 


LES GUADELOUPEENS FEIGNANTS ?


Le jeune qui stigmatise les Guadeloupéens vis à vis du travail, a raison dans sa description d’une partie de la population mais il a complétement tort d’appliquer sa


démonstration à tous.


C’est oublier la Guadeloupe qui travaille et qui élève ses enfants avec courage et dignité dans un contexte très difficile.


C’est oublier la Guadeloupe créatrice d’entreprises.


C’est oublier la Guadeloupe qui a fait des études ou une formation mais à laquelle une économie mal en point n’a rien à offrir.


C’est oublier qu’un système pervers d’assistanat permet aux plus malins , pas faignants pour autant, d’optimiser les aides en « jobant » à côté : Ce sont ceux-là qui claquent leur
Assedic ou leur RSA en boîte. 

Claudine 23/05/2012 08:56


Il n'y a pas qu'en Guadeloupe que la préférence régionale est réclamée à cors et à cris par les indépendantistes qui -je précise- veulent le beurre et l'argent du beurre.


Que penser d'un syndicaliste qui clame devant les caméras que "Marine Le Pen n'a pas sa place à la Réunion" car elle est raciste avec sa préférence nationale alors que lui-même qui réclame la
préférence régionale a-t-il sa place dans la République française ?


 

Carène 23/05/2012 02:11


Ce texte m'a fait penser à une vidéo que j'ai vu quelques jours apres l'élection.


Je n'aime pas trop l'idée de dire si le Guadeloupéen est fainéant ou non car ce serait encore mettre une nouvelle étiquette alors que je considère tout comme DOLTO que chaque être est unique et
que ce ne sont ni son origine, ni sa couleur de peau, ni son sexe etc qui font sa valeur... Néanmoins, j'apprecie de voir que ce jeune homme ne se laisse pas victimiser, lui... et qu'en plus il a
le courage de dire tout haut ce qu'il pense quand bien même il ne ferait pas plaisir à certains qui se sentiraient visés.


J'imagine qu'il a du recevoir de beaux billets doux tels que celui que vous avez reçu ce jour, cher scrutateur ! ;)


voici la vidéo en question :


http://www.youtube.com/watch?v=OQoIskWSN04&feature=share