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Publié par Edouard Boulogne

Marie-Jeanne au pied du mur. 





« Si le 74 ne passe pas, je m’en irai ! » Tel est le « cri d’alarme » d’Alfred Marie-Jeanne.

On ne reste pas, avec noblesse, dans l’histoire parce que l’on a démontré une grande capacité à mettre en place des stratégies successives électoralement payantes, comme l’a fait depuis de longues années le Président de la Région Martinique ; on reste dans l’histoire parce que l’on a participé à la transformation significative de la société dont on a eu la Responsabilité, comme  ne l’aura pas  su le faire le Premier indépendantiste martiniquais.

Ce n’est donc pas sur le souvenir d’un homme présenté autrefois comme intègre, bon gestionnaire, simple dans ses rapports humains, proche du peuple, direct dans ses propos, que l’on doit juger aujourd’hui Alfred Marie-Jeanne, mais sur la base des actes qui, plus que de belles paroles, disent si l’homme a réussi ou s’il a échoué à transformer la société martiniquaise.

En se félicitant sur RFO des progrès intellectuels d’une société qui n’a pas cessé de s’élever, alors même que son Parti dénonce le système éducatif français, en accord avec le CNCP représenté sur les ondes par Marie-Hélène Léotin, et souhaite obtenir le contrôle de ce même système au motif qu’il aurait échoué, Alfred Marie-Jeanne avoue à son insu l’une des multiples contradictions qui émaillent le discours actuel d’une certaine gauche rassemblée pour, dit-on, pour un changement.

Sans doute le temps est arrivé où les masques doivent tomber : quel parti politique ne souhaite aujourd’hui pouvoir parler vrai ? Quel parti politique peut prétendre proposer un projet pour les prochaines régionales, qui tienne compte de l’ensemble de la Martinique avec toutes ses couches sociales, s’il n’accepte de discuter, avec d’autres partis politiques, de l’intérêt supérieur des Martiniquais en ces temps de crise mondiale où même les pays les plus puissants oublient leurs divergences pour regrouper leurs compétences et leurs forces et affronter l’adversité ?

C’est pourquoi j’ouvre aujourd’hui un dialogue public et sans langue de bois avec Alfred Marie-Jeanne comme avec tous les responsables politiques qui s’imaginent que l’article 74, bien que constitutionnel et légitime, est une réponse aux attentes des Martiniquais, à la résolution de leurs problèmes immédiats et à la préparation d’une société prospère et pérenne pour une jeunesse qui en aura l’héritage.

Aucun politique, et encore le moins le parti dans lequel il s’est engagé, n’a l’exclusivité de la sincérité, de l’amour de son pays, de l’intérêt de la mission politique comme de sa difficulté. Aucun politique ne peut nier la nécessité devenue impérative de passer à une autre gouvernance en Martinique sous peine d’un effondrement majeur des structures économiques – donc par conséquent sociales - de notre société, entrainant son lot de misères et de désespoir.

Alfred Marie-Jeanne ne peut donc se dérober à l’examen de son action politique et ne doit pas jouer sur l’affectif pour convaincre que son point de vue est le bon. Une telle attitude serait indigne et détruirait les effets de toute une vie politique et d’un engagement que je crois sincère. Reconnaître que les impératifs du développement économique du pays dans un système libéral est incompatible avec une idéologie séparatiste par la voie de l’indépendance, en passant s’il le faut par le sas  du 74, est un courage dont portant il n’a pas pourtant fait preuve. Alors pourquoi dit-il que son éventuelle réélection n’est pas son souci ?

L’émission Politix dévoile un  Alfred Marie-Jeanne profondément troublé qui hésite entre la reconnaissance d’un bilan décevant, voire même désastreux, et l’aveuglement d’une idéologie destructrice, parce qu’à l’évidence, l’indépendance n’est pas la solution pour la Martinique de 2009.

Etrangement, le Patron des indépendantistes a cherché du réconfort et du soutien près des Présidents de la République française … de  droite !

Le Président Chirac, dit-il avait fait un premier pas en transformant la constitution en 2003. Bien !

Qu’est ce que le Patron de la Région Martinique a fait de ce premier pas vers plus de responsabilités locales : a-t-on dégagé des politiques prioritaires en les portant à un degré de fonctionnement satisfaisant ? Tourisme, agriculture, éducation, transports, prise en charge de l’emploi pour les jeunes ?

Quant au Conseil Général, quel est son bilan sur ses propres missions ?

Reprendre comme argument, dans un débat sur un changement de statut pour la Martinique, la litanie poétique sur la peur d’un Gilbert Gratian, par ailleurs adepte naïf d’un métissage euphorique contraire aux idées de Césaire, me laisse perplexe sur le sérieux et la sincérité de Claude Lise dans cette affaire où se joue tout de même l’avenir des Martiniquais.

Visiblement les 20 000 Martiniquais descendus dans les rues en Février-mars 2009 n’ont pas ressenti les effets d’une action positive des Responsables locaux. La faute est à l’Etat se sont écriés les groupuscules de gauche dans le silence assourdissant des Présidents des Collectivités et des Grands élus !

Visiblement, les centaines de contributions des Martiniquais exaspérés par l’immobilisme du pays, aux Etats-Généraux, expriment la volonté des Martiniquais à passer à l’action sans attendre indéfiniment un changement de statut. La faute est encore à l’Etat ont répété maladroitement les élus de la Région prisonniers de Présidences d’ateliers !

Or voilà que le Président de la République annonce un train de plus de cent trente mesures économiques et sociales qui, de l’aveu même des Présidents des collectivités  répondent aux demandes des élus du Congrès et sont réalisables sans qu’il soit nécessaire de changer de statut.

Que faut-il en déduire ? Que le Président de la République a répondu favorablement aux chantres de l’article 74 ou qu’il les a renvoyés à leur responsabilité en faisant la démonstration publique qu’ils n’avaient rien obtenu parce qu’ils n’avaient rien demandé. Car ce qui a été acté dans le premier conseil interministériel se fera bel et bien dans le cadre de l’article 73.

Je n’ose croire que les Présidents des Collectivités, par ailleurs Député et Sénateur,  ignoraient que l’on pût obtenir ces mesures sans changer de statut. C’est donc que leur attentisme était une stratégie pour arriver à la proposition du changement statutaire et aller vers une autonomie, sas de l’indépendance.

De même que je ne peux me résoudre à penser que les deux Présidents ignorent la réforme nationale de simplification des institutions avec la fusion à terme des Régions et des départements avec la diminution pour moitié du nombre d’élus. Dès lors, je m’interroge sur le vote du Congrès qui demande une collectivité unique mais en gardant plus de 80 élus !

Dès lors, je crois que le Président de la République met chacun en face de ses responsabilités : le peuple martiniquais obtient, quand il le demande, des avancées significatives dans la gestion de sa Région et l’Etat met à disposition les outils nécessaires à leur réalisation ; reste au peuple martiniquais de se choisir des responsables politiques désireux de respecter leur volonté, de se mettre au travail, de présenter leur bilan, de se remettre en question pour, enfin, avancer de manière positive.

Je tiens à dire publiquement à Alfred Marie-Jeanne que Nicolas Sarkozy ne lui a pas donné un petit coup de pouce, comme il le répète volontiers au point de s’en persuader lui-même.

Le Président s’est conformé à la Constitution en organisant une consultation populaire pour poser la première question réclamée par les élus réunis en Congrès ; question à laquelle il appartient au peuple martiniquais de répondre. S’il y a eu coup de pouce c’est donc en faveur du peuple martiniquais qui est invité à dire,  pour la première fois , sa position sur un changement de statut pour la Martinique.

Car, en 2003, la question ne portait pas sur le changement de statut de la Martinique. Et il est temps pour la Martinique de clarifier une fois pour toutes les relations qu’elle veut entretenir avec la France.

Ainsi, un NON à la première question annule de facto les travaux et les votes du Congrès. De même que cette réponse engage la prise de responsabilité politique de ceux qui auront été désavoués et qui devront en assumer les conséquences en hommes d’honneur.

De même, un OUI  à cette question sera interprété comme une marque de confiance par les tenants de l’autonomie la plus large et ils auront légitimité à expérimenter ce statut dans ses articles les plus proches de l’indépendance, en accord avec leurs alliés indépendantistes.

Comment interpréter alors l’expression du Président « le plus juste degré d’autonomie » sinon par un appel à la prudence de ceux et celles qui veulent exercer les responsabilités locales en évitant les dérives séparatistes.

C’est précisément « ce plus juste degré d’autonomie » que j’appelle responsabilité locale qui sera à définir pour construire la loi organique qui découlera du OUI à la seconde question. Car il faudra organiser cette collectivité unique pour que, dans le cadre de la constitution française, en partenaires égaux et responsables, nous définissions à la fois nos rapports avec la France et les secteurs dans lesquels nous estimons devoir expérimenter, en les exerçants, les délégations du pouvoir par le moyens des habilitations.

C’est dans cet esprit que le Président continue le dialogue, par le moyen de la deuxième consultation, avec ceux et celles qui souhaitent progresser dans le cadre de l’article 73 et qui reconnaissent la nécessité d’améliorer la gouvernance en passant à la Collectivité unique envisagée dans la deuxième question.

En clair, la réponse du Président de la République n’est pas de plaire aux élus politiques de droite comme de gauche, mais de répondre aux Martiniquais qui ont mis sur la table les problèmes auxquels ils sont confrontés.

La réponse n’est ni dans un statut, ni exclusivement dans une simplification institutionnelle, mais dans la volonté des élus de faire progresser le pays en se libérant des idéologies mortifères et en passant réellement à l’action.

Cela nous renvoie aux contradictions, aux omissions, voire aux mensonges des défenseurs de l’article 74 :

Si dans le cadre de l’article 73, où ayant les mêmes droits que tous les Français, les présidents actuels des collectivités avouent qu’il leur est difficile de discuter en partenaires responsables avec l’Etat, comment cela se passera-t-il quand il leur faudra discuter en simples négociateurs, dans le cadre de l’article 74, avec ce même Etat, par ailleurs présenté à loisir par leurs alliés politiques comme colonial et raciste.

Si les partis politique indépendantistes pensent que l’Etat est colonial et raciste, que nous sommes encore des colonies et gouvernés comme tels, alors ils doivent dire clairement que le meilleur moyen de ne plus être colonisé est de renoncer à la France, à son dictat, à ses contraintes, à ses injustices, à sa « profitation »et aussi … à ses valeurs, à sa solidarité, à son argent.  Il faut avoir le courage de mettre en relation son discours, son engagement et ses actes. Il faut avoir le courage de répéter dans les réunions publiques que la prochaine étape, c’est l’obtention de l’indépendance et qu’il n’y aura de cesse de l’obtenir, y compris par la paralysie de l’économie, par l’effondrement du système… Bref,  il faut faire plus qu’Elie Domota qui ne dit mot sur l’indépendance mais organise systématiquement l’effondrement des structures. Alfred Marie-Jeanne, il faut dire et il faut faire !


Chantal MAIGNAN

Secrétaire départementale UMP Martinique

 



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kontenwèzot 17/11/2009 17:50


allez y madame Maignan , nous sommes nombreux à vous soutenir ,
pour ma part je voterai non aux deux consultations mais ce n'est pas l'essentiel ,
l'essentiel est que votre parti monte en force , nous avons besoin de paroles simples et fortes comme celles que vous nous avez adressées ; de gens sincères qui s'investissent en politique pour le
bien commun , il faut changer le visage de la Martinique , changer les habitudes de dissimulations ,de mensonges ; changer de language , nos compatriotes sont des adultes ouverts au monde et
on les a pris pour des abrutis qu'on menait sans respect vers un mauvais coup, c'est un scandale dont nous ne voulons plus
leurs actions ont fait beaucoup de mal , les problemes economiques étant les moindres car le traumatisme humain sera  plus long à réparer
ouvrez grand vos bras ayez une vision audacieuse pour l'avenir de notre ile , nous serons nombreux à vous rejoindre car les personnes de bonne volonté ne veulent plus confier leur sort à ces
traites , qu'ils s'en aillent fortune faite ils ne manqueront à personne


Francis Van Eeckhout 12/11/2009 20:25



Bravo.
C'est claire, précis et plein de bon sens.
Et surtout, cela change des logorrhées pseudo-anticolonialiste dont une partie des Guadeloupéens et des Martiniquais se drapent pour renvoyer leurs propres carences sur les autres.(l'éternel
blanc métro bouc émissaire).
J'espère que vous arriverez au manette de la Martinique..et j'espère que la Guadeloupe se découvrira des leaders a la tête bien faite comme vous.
Encore bravo et bon courage et bonne chance pour l'avenir.


 


Francis.


Un observateur étranger établi depuis de très longues années dans les Dom-Tom.