La Trilogie de Guadeloupe 1ère. ( 19-21/03/2012 ), par E.Boulogne.

Publié le par Edouard Boulogne

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Annoncé à grands renforts de trompettes, la série « 20 ans de Guadeloupe » ( 1989-1999 ) a été diffusée du 19 mars au 21, après le journal d'information de 19h-20 heures.

Les deux premières émissions, montage commenté, notamment par quelques « grands témoins », a dû intéresser les jeunes de vingt ans qui ont découvert, à travers ce choix ( mais tout choix est arbitraire, et ce constat n'est pas une critique, mais un rappel ) d'images bien montées, qui a dû exiger un travail patient et difficile. Pour eux, il s'agissait d'une découverte de la vie sociale et politique de leur pays, à travers le regard de certains de leurs aînés. D'autres choix eussent été possibles.

Les plus âgés ont dû éprouver ce sentiment, si compréhensible, qu'est la nostalgie.

A la fin de la présentation dans les studios de la station du morne Bernard, du deuxième volet de la série, à des invités, pour plusieurs jeunes, et une dame qui exerce de hautes fonctions dans l'éducation nationale, il était significatif, qu'il ressortait de tout cela une vision pessimiste ( trop? ).

Remarques assorties du rappel par un des réalisateurs, du propos fameux d'un maître du journalisme télévisuel français dans les années 1970 : « Le journal télévisé, met en valeur, à l'heure de la synthèse des évènements du jour : le train qui n'est pas parti à l'heure, parce qu'à la gare St-Lazare une femme s'est suicidée en se jetant sous ses roues, le patron qui a été séquestré à Sotteville les Rouen, etc, alors que le même jour 30000 trains sont partis et arrivés à l'heure, 100000 chefs d'entreprise ont travaillé en paix, parfaitement en accord avec leurs salariés, etc ». Bref! Le JT désinforme autant, et parfois plus qu'il n'informe.

Telles étaient mes pensées en visionnant les épisodes I et II de la trilogie.

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Hier soir ( 21 mars ) mon humeur était différente. On nous avait dit que le dernier volet du trilogue, où des jeunes devaient commenter les émissions précédentes, devaient durer deux heures trente!

Certes de grandes sagas audiovisuelles, comme Apocalypse ( l'histoire de la seconde guerre mondiale ) ou Walkyrie ( sur le complot manqué contre Hitler, en 1944 ) ont maintenu haletants les téléspectateurs durant trois heures ou plus. Mais... la matière historique y était certes plus dense.

J'étais pourtant, studieux et résigné, à 20h05, devant mon petit écran, fermement décidé à accomplir mon devoir de critique.

J'ai pourtant zappé après 10 minutes, pendant lesquelles Guadeloupe 1ère semblait bégayer, en rediffusant des propos, par ailleurs fort sensés, mais déjà entendus.....la veille.

Je suis revenu par acquis de conscience vers 22 heures. Sur le plateau conversaient, à propos du tourisme, quelques professionnels, qui à titre personnel ont accompli des choses intéressantes. Mais, ce qui ressortait de l'ensemble de l'échange, c'était un certain ….pessimisme, dû à l'absence d'une politique cohérente en la matière. Les regards échangés par ces messieurs et dames, ne trompaient pas, discrètement complices, et amusés.

La conclusion d'une demi heure revenait aux jeunes, qui ont fait ce qu'ils ont pu pour être à la hauteur, mais qui n'ont pu éviter de donner aussi dans la sinistrose ambiante.

Les propos du principal plateau étaient parfois commentés par de grands témoins, présents dans l'émission, et dont j'ai retenu principalement Jacky Dahomay, dont l'esprit de tempérance, nuancé, chez cet ancien enseignant, d'un certain esprit taquin à l'égard des jeunes est toujours bienvenu.

Raphael Spéronel, psychologue, à l'esprit lucide et parfois caustique, qui tentait de remettre, à certains moments, des pendules à l'heure.

Et enfin Didier Payen, le chef d'entreprise, qui travaille beaucoup, dans le concret, et qui accepte de s'investir depuis quelques années dans les médias, par amour de la Guadeloupe, et intérêt pour la chose publique. Avec monsieur Payen, le pessimisme de principe, rencontre un adversaire résolu.

La Guadeloupe, et c'est peut-être l'esprit de l'ensemble de ses interventions, a bien des atouts, qu'on ne doit pas laisser enfouir sous un pessimisme de principe.

A la jeune femme agricultrice, il fait remarquer, que depuis dix ans la jeunesse a changé. « Ainsi lui dit-il en substance, à cette époque les jeunes qui s'interrogeaient sur leur avenir ne pensaient pas à l'agriculture, métier où il faut mettre ses pieds et ses mains dans la terre et la boue. Métier de bouseux pensait-on.

Il en va autrement désormais, et vous en êtes la preuve irréfutable ».Gpr-1ere-21-03-2012-015.JPG

Jacquy Massicot en fut tout tourneboulé, citant le proverbe créole : «  coq a tè, cé pou bat ».

Il était 22h40. Plus que l'heure d'aller dormir sous les étoiles. Du moins pour ceux qui étaient encore devant leur petit écran, et sur cette chaine.

 

Edouard Boulogne.

 

PS : J'avais été invité par Eric Stimpfling ( excellent journaliste, mais qui doit tenir compte du politburo de Guadeloupe 1ère ) en qualité de « Grand témoin ».

De fait, en janvier dernier, j'ai été interviewé, par Jacquy Massicot, pendant environ 20 minutes. Des extraits de l'ensemble devaient être diffusé durant les trois émissions.

De fait, je me suis aperçu, durant trois fois 30 secondes. Une segmentation discutable. Les mauvais esprits parleraient même de chiquetaillage

Et je dois avouer que si j'avais ignoré l'ensemble de mon propos, j'aurais été bien incapable de comprendre goutte à ce que l'on m'a entendu dire.

Un seul passage, dans la troisième émission par exemple, de quatre minutes, aurait suffi, mais un extrait suivi, évoquant l'un des problèmes importants à mes yeux pour désencailler notre île, celui de l'idéologie syndicale représentée par le LKP, d'essence macoutiste (le fascisme tropical ), totalitaire et raciste, aurait pu conduire les jeunes présents sur le plateau, à s'exprimer, sur ce problème ( « tout le monde pense comme vous, m'a dit l'un des journalistes, mais personne n'ose s'exprimer » ). Quand quelqu'un ose...il est censuré !

Un autre journaliste m'a dit que mon propos avait été « réduit » parce que nous sommes en période électorale, « et que vous comprenez, il pourrait y avoir des réactions de la part des politiques » ( sic !!!).

Et voici comment le « politburo » peut édulcorer deux heures et demi d'une émission qui se voulait utile, préparé par des gens de talent.

De toute façon mon propos va être relayé dans la rue très bientôt. Ses amis au politburo le savent, le grand Elie Domota, dont l'UGTG, vient de saccager deux mois de vie sociale dans la commune de Goyave, a annoncé la grève générale en Guadeloupe pour la fin mars.Trilogie-de-Gpe-1ere.jpg

Mon Dieu! Mon Dieu! Que diront les « politiques » en cette période électorale?

Rendez-vous pour la prochaine émission en ….2020.

 

Publié dans Télévision.

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Bwaneuf 22/03/2012


Jacky Dahomay, dont l'esprit de tempérance,
nuancé 


Hélas pas toujours. Sur cette page http://www.izuba.info/petition/?petition=3 c'était l'excès de vitesse. Quelle drôle d'idée que celle d'une pétition pour " être très ostensiblement vêtus entièrement de rouge, durant
toute la durée du séjour de Claude Guéant aux Antilles " avec un si court délai devant soi. Pourquoi? Pour laisser cette merveilleuse trace à la postérité, d'accord. D'accord ce n'était que du
grolandisme tropicalisé. Oui mais n'est-ce pas un peu ridicule quand on connaît le résultat. Le philosophe fut le 3e au sprint sur 255 signatures : http://www.izuba.info/petition/index.php?petition=3&pour_voir=oui


Salutations distinguées.