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Publié par Edouard Boulogne

 

 

( Voici une rubrique du Scrutateur, qui doit vous intéresser. Elle ne fait pas double emploi avec les commentaires d'articles. Ceux-ci, en augmentation lente, mais constante, est faite de vos réactions aux articles.

« La voix des lecteurs »vous donne la parole, la possibilité d'enrichir notre blog de vos idées, réflexions, poèmes, réactions propres à l'actualité en général.

Bien entendu je ne publierai que ce qui ne s'en prend pas, éventuellement, aux personnes, au-dessous de la ceinture comme on dit.

Les articles signés seront plus particulièrement bien venus. Mais il y a, je le sais d'excellentes raisons, qui ne relèvent pas de la couardise, mais plutôt de ce qu'on appelle le devoir de réserve, à l'anonymat, ou au pseudonyme. Ces articles seront pris en compte. Mais il faudra, que je puisse identifier les expéditeurs de façon précise. Ma discrétion à leur égard étant assurée.

Maintenant, chers lecteurs, à vous de jouer.

Edouard Boulogne) .

 

PS : Les propos de lecteurs, n'expriment pas toujours le point de vue du Scrutateur. Ils s'expriment librement. Le Scrutateur n'intervient que pour écarter les attaques qui viseraient des hommes et des femmes, de façon insultante, «  au-dessous de la ceinture » comme on dit.

Jacques-Chirac.jpg

 

 

Le voyage de Chirac en « Outie ».

 

 

Humour corrézien, ou bouffée de radicalisme sénile, Jacques Chirac  
persévère consciencieusement dans son "outing", et ne cache aucunement  
qu'en réalité il est  "out" depuis 1986. Paradoxalement, c'est au  
moment où il a accédé pour la première fois de sa vie aux commandes,  
avec la possibilité  d'imprimer "sa" marque à l'ordre des choses,  
qu'il est devenu "out". Plus le singe s'élève, dit le proverbe...

Malgré le redressement spectaculaire de la France en quelques mois, un  
redressement dont Chirac - premier ministre entre 1986 et 1988 - a été  
le moteur (organe mécanique, donc), c'est à ce moment-là que Chirac a  
commencé à laisser percer un certain nombre de contradictions révélant  
sans la moindre erreur possible une certaine fragilité. Certes, pas  
mécanique. Au contraire, ses caractéristiques mécaniques ont longtemps  
entretenu une illusion dont les talentueux conseillers qu'ont été  
Pierre Juillet et marie-France Garaud ont été dupes, malgré leur  
expérience des hommes politiques et des coulisses du pouvoir. C'est  
dire !

Alors qu'il était premier Ministre de François Mitterrand, quelques  
observateurs - disons... les plus fins, ils ne sont pas si nombreux -  
se sont assez vite aperçus que le programme qui avait fait "élire"  
Jacques Chirac au poste de premier ministre en 1986 n'était pas le  
sien. C'était certes celui qui s'imposait après la direction  
catastrophique qu'avait donnée la gauche (M.M. Pierre Mauroy, Jacques  
T. Delors - T pour Tartuffe - et Laurent Fabius en particulier) à la  
France, au temps de la barbe et la rose (une geste si romantique ! que  
les gangs qui voulaient porter Dominique Strauss-Kahn à l'Élysée se  
sont acharnés à réveiller à l'occasion du trentenaire). Les axes de  
redressement de la France dont le maire corrézien de Paris fut le  
porteur n'était pas les siens - malgré la pertinence,l'évidence et  
l'efficacité desdits axes. Il en était tellement peu l'incarnation  
qu'il n'a pas été capable de les imposer dans les esprits alors que la  
gauche s'était discréditée en très peu de temps, et que "l'habileté  
politique" de Chirac a converti cet immense discrédit en simple  
mouvement d'humeur là, tandis que la gauche, l'oubli venant, reprenait  
d'autant plus de forces que le pays allait beaucoup mieux, et que les  
mauvais souvenirs se dissipaient dans la mémoire des Français, le  
vieux satrape oeuvrant à l'Élysée, et l'incontournable Jack Lang urbi  
et orbi, pour restaurer l'image d'une gauche éclairée, libertaire et  
généreuse. En face, c'est-à-dire du côté de Matignon : rien. Rien  
d'autre qu'une sorte de fascination dont la campagne présidentielle de  
1988 serait le point d'orgue destiné à illustrer l'acte manqué.

Les tricheurs on toujours du mal avec la vérité des choses. Et c'est  
ce qu différencie un Reagan, par exemple du lot habituel des hommes  
politiques, à plus forte raison des politiciens français.

M. Chirac, animal politique officiellement recensé comme tel, a été en  
quelque sorte le soigneur attitré de la gauche moribonde de 1986 : non  
seulement il a pu redresser la France, grâce à ce programme qu'il  
incarnait sans "en être", mais il n'a même pas su s'en attribuer les  
mérites. Il n'a même pas su poser en termes idéologiques le succès  
mécanique de son dernier passage à l'hôtel de Matignon. Bien que  
premier ministre "de droite", le petit vendeur à la criée de  
"L'Humanité" n'a jamais été capable de se hisser à la hauteur des  
"valeurs" dont il prétendait se réclamer, et dont un électorat assez  
peu éclairé finalement, a pu penser qu'il les incarnait. Un imposteur,  
voilà ce que Chirac a été toute sa vie. Un imposteur qui, à l'inverse  
d'un autre arriviste tout aussi imposteur mais plus malin dans sa  
malignité, n'a jamais cessé de se démasquer lui-même chaque fois qu'il  
a pris le risque d'exprimer une inclination personnelle.

Aujourd'hui, M. Chirac fait le malin. On l'exhibe comme une bête de  
foire, et il se fait remarquer, savourant avec une gourmandise gâtique  
l'effet qu'il peut produire auprès des badauds (tant les passants que  
les vedettes de la médiasphère).

La cerise sur le gâteau dans l'odyssée chiraquienne, c'est sans doute  
"l'humour corrézien" !

Cet homme sur le berceau duquel un certain nombre de fées se sont  
penchées, a sûrement beaucoup fait pleurer ces dernières. Le  
"bulldozer" de Georges Pompidou, après être devenu une sorte de  
véhicule amphibie léger de loisir lorsque fut venu pour lui le temps  
d'être offensif, offre aujourd'hui l'image d'un homme qui fait plus  
âgé que son âge, en plein naufrage, exposant sa fragilité au grand  
jour et multipliant à chaque sortie les saillies qui ne servent ni sa  
gloire, ni celle de la France, ridiculisant et sa personne et l'a  
France qu'il a officiellement représentée à chaque occasion. Bref !  
plus Titanic que titan, le Chirac. Mystère de la destinée ! Cet homme  
qui a berné Marie-France Garaud et Pierre Juillet jusqu'à ce qu'ils  
ouvrent les yeux est en train de raconter devant tout le monde  
l'histoire d'un immense malentendu, et les Français l'adorent. Parce  
qu'il est "out", justement. Hé oui ! on se donne toujours les chefs  
que l'on mérite. La lecture de la prose chiraquienne montre à quel  
point tout le monde peut se tromper, et elle montre aussi à quel point  
certains cherchent toute leur vie à tromper tout le monde.


http://www.valeursactuelles.com/actualités/politique/chirac-son-voyage-de-mémoire20110616.html

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