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Publié par Edouard Boulogne

La subversion : un thème d'actualité, développé par le professeur Boulogne au Cercle des Officiers de La Jaille. ( Dans France-Antilles )

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En 1979, je fus invité à faire une conférence sur le thème de la subversion, à la Jaille, par le Cercle des officiers de réserve de la Guadeloupe.

L'émission d'hier soir sur Guadeloupe 1 ère ( voir l'article précédent : « Nos ancêtres les Gaulois » ) m'a incité à rechercher et à publier l'article publié sur cette conférence dans France-Antilles du 09 juillet 1979 ( inimaginable aujourd'hui ! ), par le journaliste Jean Lagardère que nul, en Guadeloupe n'a oublié.

Cette conférence, hélas! conserve toute son actualité.

Dans une deuxième partie je publie un texte de Jean-Jacques Rousseau, qui écrivait au XVIII ème siècle. Rousseau, évidemment, ne prononce pas le mot de subversion, ni de média, lequel n'existant pas encore à cette époque où la presse écrite commençait tout juste à prendre son essor. Mais le célèbre écrivain avait parfaitement aperçu ce qui devait découler du développement des nouveaux moyens de communication. Que dirait-il aujourd'hui?

Sa lecture devrait inciter, parmi ceux qui disposent des moyens financiers permettant d'intervenir au niveau de l'opinion publique, le désir de se battre avec plus d'efficacité pour mettre à la disposition des citoyens, les moyens d'échapper à l'unanimisme totalitaire du monde médiatique, et universitaire, dévoyés par une subversion plus active et virulente que jamais.

 

Le Scrutateur.

 

( I ) La subversion, présentée par E.Boulogne.

 

« Si l'on en croit l'étymologie ( subvertere : bouleverser, renverser) la subversion est le versement de l'ordre établi. Pratiquement, le mot est aujourd'hui utilisé pour désigner la préparation de ce renversement, une technique méthodique d'affaiblissement du pouvoir, et de démoralisationdes citoyens, une action de modelage et remodelage de l'opinion publique. On le voit c'est un sujet d'une actualité brûlante qu'avait choisi de traiter Edouard Boulogne, professeur de philosophie, directeur de la revue Guadeloupe-2000, pour les officiers de réserve de la Guadeloupe dans leur réunion du 21 Juin, l'avant dernière du cycle 1979. Après avoir traité brièvement l'historique de la question, le conférencier notait que la subversion avait pris un nouveau départ aux I8ème et au 19 ème siècles avec le développement des grandes idéologies, et surtout au 20ème siècle grâce aux études des sciences humaines, et particulièrement la psychologie sociale. Le recul de la pensée chrétienne en occident depuis deux siècles a entraîné une modification dans l'idée de l'homme.

A l'idée de l'homme, créature divine, faite à l'image de Dieu, se substituait peu à peu l'idée un être naturel comme les autres, plus compliqué mais qualitativement identique. Dans la foulée du positivisme se développait aux USA d'abord,puis dans tout l'occident, une mentalité behavioriste ( plus une reflexologie qu'une psychologie du comportement selon le conférencier), tendant à considérer les hommes au départ, à leur naissance, comme des sortes de machines toutes identiques se mouvant grâce à quelques réflexes fondamentaux naturels innés. Toutes les différences de caractères, d'intelligence, etc. acquises ultérieurement,du fait de l'éducation et du conditionnement social, et Boulogne de citer Watson, .le pape américain du behaviorisme qui écrivait des 1925 «qu'il n'existe rien qui ressemble à une hérédité des aptitudes, du talent, du tempéra­ient de la constitution mentale et des traits caractéristiques. Tout cela dépend de l'apprentissage qui commence essentiellement au berceau». C'est en partant d'une telle croyance, pseudo-scientifique, en la malléabilité quasiment infinie de l'homme, réduit par ailleurs à sa seule qualité d'être vivant, et en s'appuyant sur les travaux de la psychologie sociale que la subversion, quand elle ne se réduit pas à une vulgaire passion de détruire pour détruire, s'attache inlassa­blement d'une part à détruire la civilisation existante, d'autre part à promettre la construction d'un monde dont on dit qu'il serait parfait, grâce à un condi­tionnement psychologique et social adéquat.

Puis Edouard Boulogne devait s'attacher à décrire en détails la subversion en s'appuyant le plus souvent sur le livre de Roger Mucchielli sur ce sujet (édité par le Club du Livre Civique : 49, rue des Renaudes, 75017 Paris), et en fournissant d'autre part des exemples sur l'action subversive dans les départements français des Antilles.

Les objectifs majeurs de la subversion seraient donc : jeter le discrédit sur l'Etat, neutrali­ser et pourrir le peuple, agir sur des groupes clés pour les détruire ou pour les contrôler, tels que l'E.D.F., les PTT, la SNCF, l'Université, toutes les activités et associations culturelles, contrôler les «média», particulièrement la radio et la télévision.

L'auditoire devait s'intéresser particulièrement à l'action subversive dans l'Université et à la Radio Télévision à laquelle le conférencier accordait une attention spéciale fournissant des exemples extrêmement suggestifs.

Dans la dernière partie de sa conférence, E. Boulogne faisait remarquer que la subversion est en elle-même une pure technique utilisable, pour se défendre par les puissances occidentales. Pourtant depuis 30 ans malgré la supériorité de son système économique et social, et malgré les libertés politiques qui sont celles de ses citoyens, l'occident a reculé notablement devant les pays révolu­tionnaires, où règnent la terreur, et un niveau de vie plus qu'insuffisant, largement inférieur au sien dans l'ensemble.

C'est que la subversion défensive des occidentaux est menée dans le désordre et sans vue d'ensemble.. E. Boulogne par­tage le point de vue de Louis Pauwells dans son dernier livre «Comment devient-on ce que l'on est ?» : «II ne peut y avoir de prise du pouvoir politique sans prise du pouvoir culturel. Il ne faut pas compter sur l'insurrection politique seule. Celle-ci n'a de chance d'aboutir qu'au terme d'un long travail d'imprégnation dans tous les domaines : l'enseignement, les arts, les idées, les modes de pensée, les façons de sentir, les moeurs, le sens des valeurs et jusqu'au sens commun».

L'une des causes donc de l'affaiblissement dans l'occident, c'est son «bourgeoisisme», c'est à dire l'incapacité actuelle de trop de milieux politiques et économiques à penser la société autrement qu'en gestionnaires. Il ne suffit pas (ce qui pourtant est bien et capital) de promouvoir le progrès économique et social. Il faut se souvenir que ce n'est pas être un rêveur que de proclamer avec «quelqu'un de célèbre» ( «qui donc encore »? interroge avec humour le conférencier) «que l'homme ne vit pas seulement de pain ».

Face à la subversion révolutionnaire et terroriste que l'on sait, il ne suffit pas de promouvoir le progrès social, ni même d'étudier la subversion pour tenter de la combattre par ses propres moyens.

Il faut offrir aux hommes de notre temps une culture, une conception du monde qui satisfassent le besoin d'absolu qui est au coeur de l'homme. Si nuisible qu'il soit le marxisme est une philosophie. Face à lui le «bourgeoisisme» ne fait pas le poids. Le salut de l'occident passe notamment par un retour à ses sources spirituelles.

Des groupes organisés plus nombreux qu'on ne croit s'y attachent. L'office international des oeuvres de formation civique et d'action culturelle selon le droit naturel est chrétien, (45 rue des Renaudes, 75017 Paris) est de ceux-là dont le journal le Monde disait récemment qu'il est le centre contre-révolutionnaire le mieux organisé et le plus documenté de toute l'Europe.

C'est ainsi que s'achevait cette conférence dont nous n'avons pu donner que les très grandes lignes, qui pendant plus d'une heure et demie a tenu en haleine un public nombreux et de quelle qualité ! ».

 

Jean Lagardère.

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( II ) La manipulation des esprits par le monde « médiatique ». ( Texte de J-J Rousseau ).

 

«  Parmi les singularités qui distinguent le siècle où nous vivons, de tous les autres, est l'esprit méthodique et conséquent qui depuis 20 ans dirige les opinions publiques. Jusqu'ici ces opérations erraient sans suite et sans règle au gré des passions des hommes; et ces passions s'entrechoquant sans cesse faisaient flotter le public de l'une à l'autre sans aucune direction constante. Il n'en est plus de même aujourd'hui. Les préjugés eux-mêmes ont leur marche et leurs règles; et ces règles, auxquelles le public s'est asservi sans qu'il s'en doute, s'établissent uniquement par les vues de ceux qui le dirigent. Depuis que la secte philosophique s'est donnée un corps sous des chefs, ces chefs, par l'art de l'intrigue auquel ils se sont appliqués, devenus les arbitres de l'opinion publique, le sont, par elle de la réputation même de la destinée des particuliers et, par eux, de celle de l'Etat ».

 

Jean-Jacques Rousseau.

 

( Ces lignes du philosophe de Genève résument avec une particulière clarté, le processus de mainmise totalitaire qui est en train de s'accomplir, en ce début du XXI ème siècle par la caste des « chefs », qui sont les petits fils - « spirituels » - des dictateurs d'intelligentsia, et, par eux, des Duce, Caudillos, Führers, et autres Secrétaires Généraux des partis marxistes, des grands et petits maîtres qui nous tondent, et nous dévorent, avec notre assentiment d'âmes possédées, ou si l'on préfère, car nous sommes aux Antilles, de zombis ). 

 

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