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Publié par Edouard Boulogne

La-Reunion.jpg

 

 

 

De notre correspondant à la Réunion.

 

Les  Ténors  de  la  Réunion   développent  sur  "l'assistanat" jalousé  par  les  îles  voisines  (  Maurice,  Mayote,  Rodrigue , Madagascar
  et  les  Seychelles ).
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Réponse de nos politiques qui, dans l’ensemble, récusent catégoriquement le terme “d’assistanat” employé la semaine dernière par le Premier ministre mauricien Navin Rangoolam. Et parlent plutôt de “solidarité nationale”.

 

SUR LE MÊME SUJET

La Réunion toujours coincée entre solidarité et assistanat

 

Didier Robert, président UMP de la Région "Les Réunionnais sont des travailleurs"

"Pendant très longtemps, en fait depuis la départementalisation, nous sommes dans un modèle de rattrapage en terme d’infrastructures. La ligne de fracture entre le PCR et nous, c’est qu’il a été toujours dit qu’il suffisait de compter sur une politique d’import-substitution ou économie de comptoir pour pouvoir faire avancer l’économie réunionnaise. Bien évidemment, il faut des grands chantiers, mais il faut surtout qu’on arrive à orienter l’économie locale vers des secteurs d’activités créateurs d’emplois tels que les TIC, Tourisme, agro-industriels, énergies... C’est le travail qu’on mène à la Région. La politique de l’import-substitution a engendré près de 30% de chômeurs à la Réunion. Ce modèle-là a montré ses limites. Avant de parler d’assistance ou pas, il convient donc de remettre ce contexte en perspective. Les Réunionnais ont choisi le statut de département français. Ce dont nous bénéficions aujourd’hui tant en matière de prestations sociale ou d’aides économiques ne relèvent donc pas de l’assistanat mais de la solidarité nationale. Je récuse de manière forte le terme d’assistanat parce qu’il ne correspond aucunement à notre réalité sociale, économique et politique. Les Réunionnais, dans l’ensemble, sont fortement attachés à ce statut de Réunion département français. La majorité des Réunionnais veulent travailler. Or, l’économie marchande n’est pas (ou plus) aujourd’hui en mesure de créer un nombre d’emplois pérennes suffisants. Si les Réunionnais avaient réellement le choix, ils auraient choisi de travailler car ils veulent du travail".

Nassimah Dindar, présidente du conseil général "La Réunion n’est pas assistée"

"Nous sommes au sein de la République française et les Réunionnais comme tous les autres citoyens peuvent prétendre aux mêmes droits et devoirs. L’égalité sociale a été obtenue ici, fixant les mêmes allocations qu’au niveau de la métropole. En quoi le Réunionnais devrait-il "s’excuser" de toucher le RMI ? Car des retards subsistent dans le développement de La Réunion comme dans le reste de l’outre mer. Le chômage, l’exclusion et la précarité prennent ici une résonance particulière en frappant une part bien plus importante de la population que dans toute autre région française. C’est là que se situe la vraie injustice sociale. Aussi, l’insularité, l’éloignement, l’étroitesse de notre territoire sont autant de handicaps structurels qui aggravent ces retards. Notre île est aussi confrontée actuellement dans son développement à des obstacles conjoncturels comme la crise, la remise en cause du modèle économique qui se fondait en partie sur la défiscalisation et la politique de rattrapage. Gagner en 65 ans l’égalité sociale mais aussi l’égalité dans la diversité, nous a permis de sortir de la misère coloniale pour faire de La Réunion ce qu’elle est aujourd’hui. C’est donc grâce à ces efforts que l’Homme Réunionnais est ce qu’il est aujourd’hui, un Homme debout, dignement. Non seulement il ne s’est pas contenté de seulement recevoir, mais a aussi apporté à son pays, à lui-même et à tous ses concitoyens une part de la construction de notre avenir commun. Des efforts doivent encore être accomplis pour parachever notre développement, c’est pourquoi l’outre mer doit rester une priorité. L’enjeu est de réussir notre cohésion sociale. Ce type de débat sur l’assistanat ne doit pas encourager l’abandon des outre-mers, en particulier en période de crise où le mot solidarité doit prendre tout son sens, notamment en direction de ceux qui en ont plus et encore besoin. Il s’agit pour les Réunionnais d’obtenir les meilleurs moyens et conditions pour assurer leur développement avec une stratégie claire, stable et bâtie sur le long terme sans remise en cause permanente. Pour cela nous disposons d’atouts qu’il convient de valoriser grâce à des politiques publiques et notamment nationales volontaristes".

Paul Vergès, conseiller régional de l’Alliance "L’absence de responsabilité nourrit le sentiment d’être assisté..."

"Poser cette question revient à s’interroger sur la nature coloniale ou post-coloniale de La Réunion. En effet, si La Réunion était considérée comme un département comme n’importe quel autre, la même question se poserait-elle pour la Lozère, la Corrèze ou l’Aveyron ? Or, le statut colonial a été aboli par la loi du 19 mars 1946 érigeant les "4 vieilles" colonies en Départements. Mais Il a fallu 50 ans de luttes pour obtenir l’égalité des droits sociaux (Smic, sécurité sociale etc). Les survivances de la société coloniale n’ont pas toutes disparu : économie de comptoir, situation de monopoles, inégalités énormes et organisées dans la politique des revenus, primes d’origine coloniale dans le système de rémunération, poids exorbitant du secteur public dans le PIB. Tous ces éléments n’existent que dans les départements d’outre-mer mais pas en "métropole". Le mal développement se traduit non seulement par une économie qui, en dépit des performances réalisées, demeure, dans le cadre qui lui est imposé, largement dépendante des subventions ou transferts publics mais aussi par le fait qu’une grande partie de la population condamnée au chômage et à la pauvreté ne survit que de minima sociaux, tandis qu’une autre partie bénéficie de majorations spécifiques de revenus générés par le système de rémunération de la fonction publique. Le résultat final, c’est que près de 50% de la population est au dessous du seuil officiel de pauvreté. C’est ce contexte qui conduit à cette perception d’une société "assistée", terme antinomique avec notre qualité de "département", perçue comme "assistée", en conséquence d’une économie et d’une politique injuste - mais légalement organisée - des revenus. Cette fausse perception ne disparaitra des esprits que lorsque La Réunion sera véritablement développée, quand le rattrapage économique et social sera entièrement accompli et que les Réunionnais auront accès aux responsabilités leur permettant réellement d’orienter leur développement et d’assumer ainsi leur situation.La dimension politique et culturelle est en effet essentielle : l’absence de responsabilité nourrit logiquement le sentiment d’être assisté et alimente le mépris hérité du régime colonial qui refuse aux habitants des départements d’outre-mer leur qualité de citoyens à part entière. Cette situation ne pourra pas durer indéfiniment car l’impasse est là avec la transition démographique qui nous fixe dans 15 ans une population d’un million d’habitants, près de 200 000 de plus qu’aujourd’hui. 65 ans après l’abolition du statut colonial, l’heure s’ouvre de la fin de la persistance d’une société post- coloniale, et de l’annonce de l’exercice enfin de la responsabilité".

Jean-Paul Virapoullé, sénateur de droite "Le plus assisté des deux n’est peut-être pas celui que l’on désigne habituellement"

"Ces propos tenus récemment par Navin Rangoolam sont particulièrement injustes et peuvent être facilement retournés contre celui qui les a tenus. La Réunion est un département qui subit de plein fouet son éloignement de l’Europe et les conséquences de la mondialisation. La structure sociale et salariale de la Réunion est du niveau européen et sa monnaie est l’euro. Dans de telles conditions, il est extrêmement difficile de se positionner sur un créneau particulier pour l’exportation d’autant que les marchés locaux ne sont pas concurrentiels. Par conséquent, les transferts financiers et sociaux y sont très importants pour contrebalancer les effets négatifs de son positionnement économique. Cependant, la France et l’Europe n’ont pas seulement accordé des transferts financiers à l’outre-mer, mais en ont également beaucoup accordé aux pays ACP depuis la Convention de Lomé en 1975. L’île Maurice qui est un pays ACP a beaucoup profité des préférences tarifaires donnant accès aux marchés européens ainsi que des fonds spéciaux destinés à garantir la stabilité des prix à l’achat pour les produits agricoles notamment. Le plus assisté des deux îles (La Réunion et Maurice) n’est peut-être pas celle que l’on désigne habituellement. Il faut savoir que les transferts financiers nets de la métropole et de l’Union européenne étaient en 2008 d’environ 5,1 milliards d’euros par an. Cette somme peut paraître importante mais il faut se rendre compte qu’une partie importante de ces transferts "revient" en métropole sous forme de déficit commercial (1,8 milliards d’euros par an en 2008). Mais la question en elle-même ne me semble pas devoir être débattue. La Réunion fait partie du territoire national qui est "indivisible" selon l’article 1er de la Constitution. Si on se mettait par exemple à calculer le coût de la solidarité pour certains départements ou certaines villes métropolitaines, nous serions sans doute étonnés des résultats que nous trouverions. A mon avis, il ne faut pas juger la Réunion sur des transferts financiers uniquement, mais surtout par certains chiffres qui montrent sa vigueur économique"...

Gilbert Annette, 1er secrétaire fédéral du PS "C’est une approche mal fondée, erronée"

"La Réunion est un département français et il appartient à l’Europe. Elle bénéficie de par son statut politique de la solidarité nationale et européenne. Le terme "assisté" revêt selon moi une connotation péjorative, négative. En quoi, la Réunion serait-elle un département assisté ? En tant que région française et européenne, elle est régie par un ensemble de règles économiques. La Réunion comme d’autres départements français ou régions européennes qui connaissent des difficultés, notamment en raison de son insularité, bénéficie d’un système social et de fonds structurels pour lui permettent d’être compétitifs. A Maurice, il n’existe pas de système de sécurité sociale. Je considère que la Réunion est logée à la même enseigne qu’un certain nombre de départements français. Dire qu’elle est assistée relève d’une approche mal fondée, erronée. La Réunion n’est pas assistée"

Thierry Robert, délégué départemental du MoDem "L’assistanat à la Réunion est un faux débat"

"A mon sens, la Réunion n’est pas assistée. Bien sûr, il y a des exceptions, il y a des personnes qui profitent un peu du système mais je crois que ces personnes ne représentent qu’une infime minorité de la population. Il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Cet assistanat dont tout le monde parle en ce moment n’en est pas un. En effet, la Réunion n’est pas assistée car elle souffre de retards considérables, et ce, à tous les niveaux : En matière de logement, nous avons accumulé ici de gros retards en terme de construction de logements sociaux. Les moyens de l’Etat ne sont pas suffisants pour parer à la demande qui ne cesse d’augmenter. En matière d’insertion professionnelle, dans les missions locales métropolitaines, on dénombre un conseiller pour 80 demandeurs d’emploi alors qu’à la Réunion, on compte un conseiller pour 200 demandeurs d’emploi. En matière de continuité territoriale, à la Réunion, seulement 20 euros / habitant sont consacrés à la continuité territoriale tandis qu’en Corse, on alloue 200 euros par habitant. Tous ces retards qui paralysent la Réunion contribuent à former un cercle vicieux qui entraîne les Réunionnais dans le chômage. Lorsque l’on parle d’assistanat ici et là, il convient de bien mesurer la portée de ce mot. En effet, si la Réunion était vraiment assistée, 50% de la population réunionnaise ne vivrait pas en dessous du seuil de la pauvreté. On est en train de créer un faux débat sur l’assistanat. Recentrons-nous plutôt sur les vrais problèmes, sur les vrais freins qui empêchent le développement économique et la création d’emplois à la Réunion : l’abandon de tous les grands chantiers par exemple".

Vanessa Miranville, responsable d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) "Soyons fiers de ce que nous offrons, sachons accepter ce que nous recevons"

"En fait, on nous parle d’assistance économique. Car la vie se réduirait à l’économique, si on croyait les politiques et les médias. Et être assisté économique serait une honte... Honte donc à votre enfant que vous assistez lorsqu’il fait ses devoirs, honte à votre frère que vous aiderez ce week end à bâtir sa case, coulant le béton avec lui...incapables qu’ils sont de se payer un cours privé ou un ouvrier.. Aujourd’hui la Réunion cherche d’une voie lui permettant de mieux trouver sa place dans un contexte économique mondialisé et des règles françaises qui la contraignent. Dès demain les choses peuvent changer, regardez l’Islande, l’Argentine... regardez le crash bancaire. La Réunion et les Réunionnais(es) ne sont pas assis au bord de leur île à regarder passer les bateaux de travailleurs et à profiter du travail des autres. Ils font de leur mieux dans un contexte contraint. Les choix d’indépendance ou de rester dans une entité large ont façonné deux mondes différents, si nous recentrons le débat sur la polémique stupide qui agite la Réunion et Maurice aujourd’hui. Les deux dépendent à la fois de ce qu’ils produisent eux même et des apports de l’extérieur. Nous dépendons tous de l’extérieur dans nos îles, et nous essayons de trouver les meilleures solution pour être les plus insérés dans le système mondial, alors réfléchissons y ensemble plutôt que de chercher à abaisser l’autre, et d’entrer dans des polémiques sans fondement autre qu’une fierté de part et d’autre plus que mal placée. Soyons fiers de ce que nous offrons, sachons accepter ce que nous recevons, sachons faire de notre mieux pour contribuer à l’ensemble, et sachons regarder autre chose que la richesse matérielle. Briser les liens entre la Réunion et Maurice sur de tels prétextes est, des 2 côtés, une bêtise sans nom. Assistons donc ces malheureux communicants, aidons les belliqueux à reprendre leurs esprits, et allons assister ensemble à un spectacle construit ensemble, mêlant nos cultures".

Patrick Lebreton, député-maire PS de Saint-Joseph "Le Réunionnais est moins aidé qu’un Français de l’hexagone"

"C’est un comble : le Réunionnais est présenté comme un assisté alors qu’il est moins aidé qu’un Français de l’hexagone. Faut-il rappeler que les collectivités de notre île "assistée" sont victimes d’une baisse généralisée de leurs dotations, que les crédits d’intervention pour le logement Outre Mer ont baissé de 31 % en un an, que la commande publique et la relance de l’emploi sont bloquées, que l’outil défiscalisation pour nos projets de production énergétiques a été cassé, ou encore que le quota de contrats aidés a de nouveau été baissé par l’Etat ? Il faut tout faire pour mener ou ramener les Réunionnais sur le marché du travail. Mais baisser les allocations des plus démunis, sinistrer encore les plus sinistrés, est-ce la solution contre le chômage ? De plus en plus, des retraités Réunionnais vivent avec 300 euros par mois. 52% des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce n’est ni par choix, ni par paresse. La paresse, c’est de crier à l’assistanat sans travailler à la reprise de l’emploi. Nous, socialistes, nous ferons exactement l’inverse. Nous n’avons pas pour

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Louis Vingt-Douze 21/04/2011 22:47



Bonsoir . La question ne se pose même pas . Légitime solidarité Bourbonne.


Salutations .