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Publié par Edouard Boulogne

La Réunion a bien de la chance.


la-R-union.jpg


( Notre correspondant à la Réunion nous adresse cet article paru dans Le journal de lîle, qui montre a quel point la classe politique de notre souer réunionnaise est bien plus mure et responsable que les nôtres en Guadeloupe, en Martinique, et en Guyane. Le Scrutateur).   


Article  sur  le  Journal  de  l'Ile :


Politique

Les 3 actes qui ont vidé le débat sur le statut

CLICANOO.COM | Publié le 24 janvier 2010


Qui, en 2010, pourrait bien encore faire campagne sur la peur du "largage" ? L’argument, qui a essentiellement servi la droite pendant deux décennies, a été épuisé par trois événements essentiels de la politique réunionnaise, survenus en début de décennie 2000 : le débat sur la bidépartementalisation et l’amendement Virapoullé... et la bise de Paul Vergès et Jean-Louis Debré. La bidep, c’est la grande affaire de l’année 2000. L’idée est portée par le gouvernement Jospin, soutenue par quatre députés sur cinq (les trois de gauche et André Thien-Ah-Koon), même si la question de la "frontière" nord-sud divise le camp de gauche : le PCR milite pour une département du Sud qui incluerait le Port et la Possession, idée que ne partage pas le PS. Le ministre Queyranne, en tout cas, montre la détermination de l’Etat, prêt à "couper" l’île avant 2001. Dans la rue, pourtant, l’affaire est mal engagée : le 15 mars 2000, près de deux fois plus d’"anti-bidep" défilent à Saint-Denis que de "pro" à Saint-Pierre. Les sondages montrent une Réunion sudiste plutôt favorable et une Réunion nordiste plutôt hostile. Le gouvernement repousse d’un an son entrée en vigueur : ce sera finalement pour janvier 2002. Mais sur le terrain, le slogan "Coupe pas nous", lancé par Jean-Paul Virapoullé, fait fureur. Le maire de Saint-André surfe sur son thème de prédilection : le maintien de la France "dans le droit commun".

"L’aventure institutionnelle"

Sous pression, les cinq députés, le 16 novembre 2000, demandent le retrait du projet. Ce sera effectif le 17 avril 2001, un mois après un sondage dévastateur publié par le Jir (deux Réunionnais sur trois sont hostiles) et des élections municipales et cantonales catastrophiques pour la gauche pro-biedep. Avec l’amendement Virapoullé, politique et symbolique s’entremêlent. Nous sommes au coeur du projet de décentralisation Raffarin, qui propose à l’outre-mer des "adaptations législatives" possibles pour les collectivités locales dans certains domaines. Ces "lois-pays", la droite locale n’en veut pas, craignant encore une fois "l’aventure institutionnelle". A l’arraché, et malgré une ministre de l’outre-mer (Brigitte Girardin) en colère contre lui, Jean-Paul Virapoullé fera voter son amendement au Sénat le 6 novembre 2002, désolidarisant la Réunion des quatre autres Dom. Le message est reçu ici comme à Paris : plus départementaliste que la Réunion, c’est impossible. Paul Vergès lui-même enregistre le message. L’ancien chantre de l’autonomie, puis de l’Assemblée unique, sera l’auteur d’un geste symboliquement lourd de sens : la bise à Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale (et surtout fils de Michel Debré, l’adversaire de toujours du PCR). Nous sommes le 16 mars 2006, la départementalisation fête ses 60 ans. Ne restera plus à la droite, une fois revenue aux affaires, de retourner le débat institutionnel dans un sens totalement imprévisible dix ans plus tôt : c’est elle qui propose aujourd’hui à l’outre-mer de choisir son propre statut.

                                                                                                           ------------------------------------    FIN

 

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Chantal Etzol 24/01/2010 17:30


Exactement comme un président de république a dû retirer un projet de loi "scélérate" visant à nationaliser  l'Enseignement Catholique à partir de 1981  parce que,
semaines après semaines, Samedi ou Dimanche, des français de plus en plus nombreux ont exprimé publiquement leur désaccord; avec un sommet à ...deux millions de personnes.
Mais il faut toujours rester "veillatif"! Voir la loi Censi qui fait dépendre le corps professoral des établissements, du recteur plutôt que de leur chef d'établissement. Quitte à être
dans une grande incohérence: quant à la présence des enseignants en comités d'entreprise
et quant à l'impossibilité de leur participation aux élections prud'hommales.
Ne s'agirait-il pas de contourner plus ou moins habilement, lentement mais inéluctablement
les instances représentatives d'institutions que le peuple de France a défendues?
                                                                                                              Chantal
Etzol 


Florent Catzieu 24/01/2010 17:25


a) Il faut dire que la Réunion a été miraculeusement protégé d'une calamité qui s'est abattu sur les Antilles, et qui a pour non les zintélektuels.

b) Paul Vergès est redoutablement intelligent, et quelle que soit ce que l'on ait envie de pense de son enracinement dans un certain camp, il a toujours fait preuve d'intelligence quand c'est
l'avnir de la Réunion qui était en jeu. Les malheureux zèbres qui passent leur temps à faire les malins au lieu de s'intéresser aux sort de leurs électeurs n'ont jusqu'à prése"nt fait preuve que de
leur vanité et de leur capacité d'obstruction.

c) Dans l'autre camp, M. Virapoulé à lui tout seul est plus intelligents que tous les UMP de la Martinique et de l Guadeloupe réunis. C'est dire le handicap des Antilles, quel que soit le Président
de la République.

d) Pendant que M. Césaire contruisait la notion de "peuple martiniquais" autour de la négritude et des rancoeurs de l'esclavage, la Réunion se dotait d'un député de choix : Michel Debré l(e père de
Jean-Louis bisé par Paul Vergès, et également le rédacteur de la Constitution de la V° Républque) qui rattrapait le retard de la Réunion (bien moins lotie n ce temps-là que la Guadeloupe t la
Martinique).

e) Est-ce finalement un hasard si bon nombre d'ent(reprenuers antillais, et non de smoindres, ont choisi la Réunion comme axe de développement de leurs entreprises, plutôt queleurs Antilles natales
?

f) Pendant ce temps-là, nos beaux locaux se demandent encore comment ils vont faire pour manipuler la République et lui arracher des hyper-pouvoirs de façon à jouer à Papa Donc (pour rire,mais pour
engranger des honneurs et des sous), mais "semper Francia", promis juré.

g) Peut-être nos zintellectuels, désavoués le 10 janvier - il est trop tôt pour savoir si lapropagande aura triomphera le 24 sur le bon sens - pourront-ils allumer la flamme "patriotik" chez "le
peuple Réunionnais", qui, jusqu'àprésent n'a jamais revendiqué ni nation, ni populosité, ni... fürher.