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Publié par Edouard Boulogne

castro-y-chavez.jpg

 

La querelle autour des propos des propos récemment tenus par Victorin Lurel est en train de devenir stérilisante.

V Lurel a oublié qu'il représentait la France à Caracas, et qu'il se devait d'être prudent. Il n'a pas voulu comprendre que l'absence de François Hollande à ces obsèques, ou de celle de Jean-Marc Ayrault, ou encore de Laurent Fabius, avait un sens. Autrement dit que les représentants légitimes de la France ( légitime, même si on les combat politiquement, ce qui est mon cas ), n'était pas due au hasard.

Le fait que la délégation française ait été présidée par un ministre de second rang ( quelle que soit par ailleurs la valeur de ce ministre ) était déjà significative.

Ce ministre n'en a pas tenu compte, animé par son tempérament volontiers narcissique, et par des considérations de politique régionale qui ne devaient pas entrer en ligne de compte dans son comportement.

Il a commis une imprudence, et donc une faute. Le domaine de la diplomatie est un domaine complexe, aux conséquences potentiellement lourdes. Il est arrivé plus d'une fois que des bévues, explotées par des partenaires mal intentionnés, aient engendré des conflits, notamment militaires.

Le fait que M. Lurel réalise une sorte d'unanimité autour de lui ( même Domota, vieil ennemi de l'ancien président du Conseil Régional s'y est mis ! ), ne change rien à l'affaire.

Nous parlions « d'unanimité ». Celle-ci est relative, bien sûr. Il aurait fallu parler de l'unanimité relayée par les médias locaux. Et sur ce point Lurel a réussi son coup. Du moins pour un moment.

Cette unanimité est factice, car les « ennemis » ne tarderont pas à réviser leur position à l'égard du ministre ( siège toujours éjectable que celui de ministre, et à n'importe quel moment ) alors que notre homme aura perdu la « confiance » ( toute relative ) de la partie de l'électorat « de droite » qui a déjà voté pour lui, récemment, en l'absence de toute opposition crédible « de droite » en Guadeloupe.

Et si « notre roi », en définitive, se retrouvait bientôt tout nu, Gros-Jean comme devant?

Ce qu'il y a de plus grave, mais non surprenant c'est « l'argumentation » de ses thuriféraires.

Non, disent-ils, Chavez n'est pas un dictateur par « solidarité infantile avec le « compatriote » gaffeur. Et d'avaliser les dérisoires propos de Lurel : il était « comme un petit bébé », « on pourrait parler à son propos de sanctification » ( sic ).

Oui, Victorin n'y est pas allé de main morte, et a dépassé de beaucoup le mur du çon.

On aurait pu en sourire. Ce n'est « que de la politique », au plus mauvais sens du terme.

Or, oui, Chavez était un dictateur ( voir nos autres articles et documents qui le prouvent ).

Et voici que, parce que le ministre est de notre terroir, on se solidarise avec lui, sans réfléchir.

Ce qui est grave et montre la fragilité de notre opinion publique, flottant au gré des vents, des passions et des pulsions.

On nie l'évidence, comme jadis les communistes en France ( et ailleurs ) niaient que Staline ait été le dictateur monstrueux qu'il était, au nom d'une « solidarité de classe ».

Faut-il rappeler que Chavez est mort à Cuba, qu'il était l'ami, le disciple, et le soutien, ces dernières années de Fidel Castro, autre dictateur, parmi les plus féroces.

Je me permet de rappeler qui il était, par la publication, ci-dessous, du portrait, documenté, que je lui ai consacré, dans mon livre Libres paroles.

Sans beaucoup d'espoir de convaincre ceux qui préfèrent leurs passions à la recherche de la vérité.

Mais M. Lurel, en déchaînant le passionnel au détriment de la réflexion aura montré l'une de ses limites.

La démagogie, cette compagne éternelle des politiciens n'est décidément pas morte.

Et c'est une compagne pourrie.

 

E.Boulogne.

 

Fidel Castro : portait d'un démagogue.

 

FIDEL!      AH !     FIDEL!

 

 

                                               A ceux de mes confrères de la presse guadeloupéenne qui par                                            naïveté (probablement) prennent CASTRO pour ZORRO,et                                               l'appelle "Fidel" marque de « camaraderie ».

 

                                                                                                          EB.

 

 

 

 

                   (1)Conviction et responsabilité.

 

.

         Comme aimait à dire le général de Gaulle "les choses étant ce qu'elles sont, et le monde ce que nous savons", il faut pour faire de la politique n'avoir pas l'âme trop sensible aux odeurs de sang et de pourriture, s'armer d'une bonne dose de cynisme, enfiler les gants les plus imperméables aux poisons les plus pénétrants.

         L'expérience la plus ancienne imposant l'évidence que la vie internationale fait l'objet d'une attention particulièrement vigilante et active du Prince de ce monde, je ne me formalise pas qu'un de Gaulle serre la main de criminels d'Etat comme Staline ou Mao Tsé Toung, et que le pape se rende à Cuba (ou jadis, que le Vatican ait entretenu une ambassade, tant que cela fut possible dans le Berlin national-socialiste des années 30).

         Il y a en effet, selon une célèbre et utile distinction, entre l’éthique de conviction et l’ éthique de responsabilité. Les personnes privées (ou les chefs d'Etat dans leur for intérieur, ou quand ils ont cessé de représenter leur Etat) peuvent plus facilement (ce peut être parfois un devoir, où le salut de l' âme est engagé) exercer l'éthique de conviction. Je peux être, par exemple, en tant que professeur, en tant que journaliste indépendant, m'élever avec force contre toutes relations commerciale avec la Chine tant que les produits manufacturés qu'elle exporte sont, comme il est avéré, le produit du travail forcé de prisonniers politiques, véritables esclaves des temps modernes, exploités dans les camps de concentrations chinois : les "laogaï". Mais il n'est pas dit que l'attitude du chef de l'Etat (français par exemple)soit aussi simple et facile, quand toute mesure de rétorsion française, pourrait se payer, en retour, d'une fermeture du marché chinois aux exportations françaises dans un monde de concurrence économique impitoyable, "dans le monde tel qu'il est".

         Machiavel avait formulé cela de façon définitive : "Un homme qui veut être parfaitement honnête au milieu de gens malhonnêtes, ne peut manquer de périr tôt ou tard". Le drame (parfois) de l'homme d'Etat, c'est qu'il n'a pas le droit d'oublier qu'il n'engage pas que lui, tout en étant aussi (éventuellement),un homme de conviction.

         Il convient donc, en matière politique, pour les personnes privées d'éviter les indignations moralisatrices trop faciles, les conduites de biches effarouchées.

         Mais il importe que, dans l'orchestre, chacun connaisse, respecte et joue le rôle qui est le sien dans la partition.

         Le meilleur service que l'intellectuel engagé, que le journaliste indépendant puisse rendre aux responsables de son pays, est de jouer son rôle, tout son rôle, d'homme de conviction.

         Si les intellectuels français ou britanniques avaient dans les années 30 joué leur rôle, d'informateurs honnêtes de l'opinion publique, au lieu de donner dans le pacifisme le plus abject (" une France en guerre, n'est-ce pas pire qu'une France nazifiée" écrivait en 1938 une Simone de Beauvoir), nous eussions évité Munich, la seconde guerre mondiale, et son cortège d'horreurs.

         Si l'on veut le respect des droits de l'homme il faut d'abord se mettre dans les dispositions intérieures qui nous les feront respecter, nous, et ensuite créer dans la société civile, les groupes de pression qui permettront d'agir sur les Etats chaque fois que ces droits auront été violés, quels que soient les fauteurs.

         Force est de constater, à l'écoute (ou à la lecture) des grands médias, que tout est loin d'être à cet égard pour le mieux dans le meilleur des mondes.

 

 

                   (2)Castro par ci! Castro par là!

 

 

                                      En ces jours de la fin août, les médias bruissent du nom de Fidel CASTRO. Le CONDUCATOR, en effet, participe au sommet des chefs d'Etat de la zone caraïbe.

         De la même façon que Curzio Malaparte a gardé le souvenir fascinant d'un Staline père du peuple, souriant d'un air bonhomme dans le temps même ou il organisait le massacre des Koulaks, nous garderons longtemps le souvenir d'un Castro, humble, suivant précautionneusement, en fils attentionné, le pape Jean-Paul 2 lors de sa récente visite dans la grande île sinistrée par quarante années de communisme.

         Je ne le rappellerai pas, parce qu'ils le savent, à ces idéologues pervertis, un Jack Lang, une Danielle Mitterrand, mais à certains de mes jeunes confrères guadeloupéens des radios, que je crois sincères (et naïfs) et qui appellent Castro par son prénom, en camarades affectueux, "Fidel, par çi! Fidel par là! :  cet homme est un comédien, et c'est un criminel d'Etat !

         Gaulliste pour l'essentiel, en politique étrangère, je suis peu suspect d'Américanisme inconditionnel. Mais que les Etats-Unis d'Amérique soient une grande puissance impériale,-qu'il faut se préoccuper de contenir en son exubérant vouloir vivre,-ne justifie pas qu'en cela l'on confonde Lucky Luke et Joe Dalton, Zorro et Fidel Castro; de la même façon que l'on eut tort jadis (paix aux cendres de Roosevelt!) de croire que l'on pouvait jouer de Staline pour abattre Hitler et édifier la "démocratie".

         J'ai assisté en août 1960,aux journées de la jeunesse "anticolonialiste" qui se tinrent au Palais de la Mutualité à Pointe-à-Pitre. C'était l'aube du castrisme. L'AGEG et L'AGEM1 ne juraient que par le Conducator. Mais des esprits libres manifestaient déjà leur scepticisme envers ce nouveau foyer de subversion marxiste léniniste.

         Car, à condition de le vouloir, de n'être point trop subjugué par l'emprise de la secte, on pouvait parfaitement savoir que la réalité ne concordait pas avec le discours de la propagande.

         Je consulte mon exemplaire jauni du livre de René DUMONT (un homme de gauche pourtant) Cuba est-il socialiste? 'éditions du Seuil, paru en 1970.Dumont,parti pour Cuba, enthousiaste, comme conseiller de Fidel Castro, clame sa désillusion :

« L'Etat cubain est-il vraiment entre les mains du peuple, des travailleurs, des opprimés?. Il paraîtrait excessif de l'affirmer. Un groupe dirigeant s'est peu à peu dégagé, par éliminations successives de certaines fractions, d'autres dirigeants. Depuis 1959 il a à sa tête le même chef, aussi incontesté ; et c'est justement là que le bât peut le blesser le plus? Car un pays, à mon avis, ne peut s'affirmer socialiste, dès que la contestation populaire n'y est plus guère possible (illusion du vieil idéaliste gauchiste R.DUMONT).Ce qui est, du reste une caractéristique commune, à des degrés divers, de tous les pays qui aujourd'hui se prétendent socialistes. »

         Je feuillette le dossier qu'au fil des années j'ai constitué sur Cuba. J'y trouve des documents hallucinants sur le totalitarisme du régime de Castro, sur la torture ordinaire dans les prisons, sur les dizaines de milliers de prisonniers politiques, sur les non moins nombreux fuyards qui sur des embarcations de fortune tentent d'atteindre la Floride et les Etats-Unis. Je redécouvre cette lettre adressée à l'ancien prisonnier politique Armando Valladarès par un prisonnier des prisons castristes qui y croupit encore : ."..maintenant les gardiens ont un autre amusement. Devine lequel? eh bien ! ils amènent des chiens, "bergers allemands "pour les entraîner dans les corridors; ils ferment les issues, et alors commence la fête, quand sortent les détenus, transformant les allées en colisée romain et les chiens en véritables bêtes fauves. Pour autant qu'on puisse le raconter; cela m'est impossible, il n'y a pas de mots pour décrire la scène. Il faut avoir vu ces malheureux, avec des blessures sur tout le corps et certaines infectées avec des vers....."2

         Pourtant à cette époque déjà, les "grandes consciences" se pressent autour de Castro le flattent : Sartre et de Beauvoir, Régis Debray (qui depuis a fait acte de repentance),plus tard François Mitterrand, son épouse Danièle, Jack Lang, et tant d'autres. Et la presse française, de gauche qui fait l'opinion depuis la libération conforte le dictateur. Lorsque Lucien Lacroix publie son livre "Cuba no", en 1976, témoignage iconoclaste sur le goulag tropical, Dominique Dhombre dans Le Monde 3 le traite de "Tartarin du reportage" et conclut en disant :"Le castrisme, la bureaucratie cubaine, ne sont donc pas seulement le prétexte, pour ce Suisse jovial, de déblatérer contre tous les empêcheurs de tourner en rond. La critique est politique, comme l'est cette description de l'immeuble où demeure Fidel Castro place de la république à la Havane ; « une tour construite par un dictateur de droite(Battista, NDLR),mais c'est un dictateur de gauche qui l'occupe actuellement»."

         Nous aurons à revenir plus loin sur le sens de cette complicité active du journal Le Monde avec les totalitarismes communistes.4 Mais sur la vraie nature du régime castriste à Cuba, il vient de paraître une excellente synthèse, à savoir le chapitre consacré à l'île sinistrée, par Pascal Fontaine dans le magistral ouvrage collectif élaboré sous la direction de Stéphane Courtois.5

 

                   (3)Goulag tropical.

 

 

         Fontaine insiste sur le fait que ceux qui, contre le dictateur classique Battista, avaient cru en Castro déchantent très vite. C'est en janvier 1959 que "Fidel" et ses "barbudos "entrent à la Havane. Aussitôt commencent, dans les prisons, des exécutions massives, et gratuites.

Des élections libres avaient été promises dans les dix huit mois. Au pouvoir Castro les refuse "Des élections! Pour quoi faire? "s'exclame t-il.

         Les membres non communistes du gouvernement (il s'agissait au départ de renverser le dictateur corrompu Battista, non d'installer le communisme. Castro trompa ainsi longtemps beaucoup de monde, l'Eglise, et même les USA) démissionnent les uns après les autres. Ils s'exilent ou sont condamnés à la mort, ou à la prison. Très vite commencent des vagues de départ de gens des classes moyennes, tandis que la presse libre, non gouvernementale est interdite. Ne subsistent que Granma, et Hoy, expressions du pouvoir politique communiste.

         Mais la répression touche bientôt les classes populaires. En 1962 par exemple, le droit de grève est supprimé. Puis l'Eglise catholique qui avait au début été plutôt favorable aux opposants de Battista, subit des persécutions qui se poursuivront jusqu'à une date très récente. "Le régime œuvra à la marginalisation des institutions religieuses L'un des procédés consistait à laisser chaque cubain libre d'afficher sa foi, quitte à subir les mesures de rétorsion, comme l'interdiction d'accès à l'université et aux carrières administratives". 6 Puis c'est le monde des artistes qui est touché. Tout le secteur "culturel" est mis au pas. Ceux qui se rebellent sont tués ou jetés en prison, tels l'écrivain Ernesto Padilla, ou A.Valladarès.Castro est à l'époque soutenu par une autre coqueluche de l'intelligentzia occidentale Guevara dit "Le Che", dont les médias nous ont récemment ressassé, avec quelle admiration dépourvue de tout esprit critique, et de toute objectivité, les sinistres exploits.

         C'est lui qui, occupant alors la charge de procureur, crée les camps de concentration à Cuba, dans la péninsule de Guanaha. C'est lui qui dans son testament loue "la haine efficace qui fait de l'homme une efficace, violente, sélective et froide machine à tuer"; .C'est ce sectaire qui déclare :"je ne peux pas être ami avec quelqu'un qui ne partage pas mes idées"; C'est lui qui en 1963, rencontre au Congo son ami et disciple, déjà expert en massacres de populations civiles, un certain Désiré Kabila.

         Contre la dictature communiste de "Fidel" une résistance s'instaure dans les maquis même où s'était développée l'opposition à Battista. En quelques années, elle sera impitoyablement massacrée.

         Avec les années, la mainmise se perfectionne sur la grande île du nord caraïbe. Castro crée un service de renseignements analogue au KGB de l'URSS, la "Sécurité" que les Cubains surnomment la "gestapo rouge". Ce service contribue au quadrillage de toute la société cubaine. L'espionnite est généralisée. Chaque cubain est en puissance l'espion de son voisin. Personne n'ose plus faire confiance à personne; surtout dans un pays où comme l'a dit un ancien fonctionnaire du régime, Carlos Franqui : « l'opposant est un malade, et le policier son médecin. Le prisonnier sera libre quand il inspirera confiance au policier. S'il n'accepte pas la cure, le temps ne compte pas".7

         Par dizaines de mille et chaque année les Cubains qui le peuvent fuient le paradis castriste pour Miami et les Etats-Unis.

         Et les prisons sont pleines, et la torture y est pratiquée à grande échelle. Certaines prisons ont remis en usage les cages de fer (cavetas)."Il s'agit d'une cellule de 1 mètre de large sur 1,8 de hauteur, et longue d'une dizaine de mètres. Dans cet univers clos où la proximité est difficilement supportable, sans eau ni hygiène, les prisonniers, politiques et droit commun mêlés, restaient des semaines, parfois des mois".

         A la prison de Nuevo Amenacer, à la Havane, la doctoresse Martha Frayde qui y fut détenu rapporte ce qu'elle a vécu. Par exemple "Ma cellule avait six mètres sur cinq. Nous étions 22 dormant sur des châlits superposés par deux ou trois(....)Dans notre cellule, il nous arriva d'être 42 (....). Les conditions d'hygiène devenaient tout à fait insupportables. Les bacs où nous devions nous laver étaient remplis d'immondices. Il était devenu tout- fait impossible de faire sa toilette(....). L'eau vint à manquer .L'évacuation des toilettes devint impossible. Elles se remplirent puis débordèrent. Une nappe d'excréments se forma, envahissant nos cellules. Puis, comme un flot irrépressible, elle gagna le couloir, puis l'escalier pour descendre jusqu'au jardin...".

         Des émeutes toutes récentes, encore, en 1994,furent durement réprimées, et plus de 25000 cubains s'exilèrent à nouveau.

 

 

                   (4)Le pourquoi du silence.

 

 

 

         Il est permis de s'étonner qu'Amnesty International, la Ligue des Droits de l'homme, et toutes les "grandes consciences" ne fassent pas entendre leurs voix avec éclats comme pour Haïti au temps de Cedras. Il est surprenant que commentant les allées et venues de M.Fidel Castro, Le Monde, Jean-Marie Cavada, Dominique Verdeillan ou monseigneur Gaillot, si prompts à dénicher tels obscurs nonagénaires qui occupèrent il a 50 ans des fonctions subalternes dans la machine à tuer hitlérienne pour le désigner à la vindicte publique, non seulement se taisent sur le vrai visage d'un Castro(et d'une manière générale de tous les dirigeants communistes ou anciennement communistes et récemment reconvertis),mais, pire, le présentent comme un justicier, l'héroïque défenseur du "peuple cubain" face à l'Amérique.

         Pourquoi une si stupéfiante et abjecte attitude? Un article de la revue Commentaires (celle que fonda Raymond Aron) donne une réponse vraisemblable. Il est signé Zbigniew Brzezinski qui tente d'expliquer le traitement inégal entre les deux totalitarismes du 20 ème siècle par les occidentaux. Je livre ce texte à la méditation; il le mérite : "le nazisme était ouvertement anti-intellectuel et anti rationnel. Ses postulats n'étaient que des mythes absurdes, exprimés dans un langage tout à fait primitif. le communisme, lui, même quand il prêchait la haine, prétendait à une rationalité scientifique.

         Deuxièmement, l'athéisme déclaré du communisme exerçait une séduction particulière sur certains esprits. Son attaque frontale contre le christianisme enthousiasmait ceux qui l'avaient répudié ou qui s'en croyaient victimes. Le communisme semblait offrir une conception du monde alternative mais tout aussi totalisante, et il rejetait l'héritage chrétien de l'Europe qui, depuis la Révolution française, semblait de plus en plus en conflit avec la laïcité moderne et avec son matérialisme.

         Troisièmement ,le nazisme était ouvertement et violemment antisémite. Un nazi se devait d'être antisémite alors qu'un communiste pouvait pratiquer l'antisémitisme tout en ledénonçant officiellement (souligné par l’auteur). La doctrine nazie conduisait tout droit à Auschwitz, mais comme le communisme, lui, était plus œcuménique dans le choix de ses victimes, chaque communiste pris individuellement semblait moins directement responsable de la mort de ses victimes, pourtant désignées par une doctrine celle de la lutte des classes. De plus, les régimes communistes condamnaient officiellement l'antisémitisme, ce qui créait une distinction illusoire, mais lumineuse pour certains, entre communisme et nazisme.

         Quatrièmement, l'incapacité occidentale à juger nazisme et communisme selon les mêmes critères s'explique par une hypocrisie éhontée? C'est vrai, je me suis trompé, mais je croyais en une noble cause : cette justification est aussitôt acceptée chez un ancien stalinien, jamais d'un ancien nazi. Au bout du compte, c'est ce distinguo-là qui est le plus épouvantable, car il implique que le communisme, dans ses profondeurs partagerait l'héritage spirituel judéo-chrétien. Exonérer le communisme de ses crimes revient à s'infliger à soi-même une stérilisation philosophique."



Edouard Boulogne.


1 Association des étudiants Guadeloupéens, ou Martiniquais.

 

2 In France catholique mai 1984.

3 In Le Monde du  24/12/76.

4 "Aucun journal socialiste ne pourrait rendre à la cause de la gauche la dixième partie des services que notre illustre confrère lui rend chaque jour dans l'entreprise de destruction de la société libérale". Raymond Aron, in Le Figaro du 23 juin 1975.

5 Le livre noir du communisme (crime, terreur et répression)éditions Robert Laffont.

6 Le livre noir du communisme,p.711.

7 Ibid:p.720.

 

Pour Approfondir.

 

 

·        Stéphane Courtois (et autres) : Le livre noir du communisme (Robert Lafont).

·        René Dumont : Cuba est-il socialiste ? (Seuil).

 

 

 

 

Fidel Castro touché par la grâce : ( Février 2009 : http://www.lescrutateur.com/article-fidel-castro-touche-par-la-grace-56833409.html

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cristian 28/11/2013 19:05


je constate que de nombreuses personnes parle de CUBA et de son systéme sans peut etre y avoir été ou si ils y sont allés  on les a promener en leurs montrant se que l'on voulait leurs
faire voir et oui el commandante et quand meme libre de montrer se qu'il veux.et ses un bien .pour qu'il n'y ait pas de confusion, a savoir, pour l'etat CUBAIN et au consulat de
FRANCE je suis le quatriéme francais installer a cuba avec la nationalité cubaine,et ma société fut la premier enregistré a la camara de commercio.il ne s'agit pas de dire n'importe quoi si
l'on ne connait rien de se pays que la traduction ecrite de ses idées politique ou de quand dira t'on au détriment d'un peuple qui n'a pas besoin de cela n'y de la connerie des autres.