Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

 

La maladie dégénérative des indépendantistes guadeloupéens.

 

Le titre de cet article a été légèrement modifié depuis hier soir, suite à une remarque justifiée d'un lecteur ( voir les commentaires). L'adjectif " infantile" a été remplacé par " dégénératif. EB).

 

img059.jpg  ( Les racines de la Guadeloupe sont mutiples. Il faut refuser le réductionisme morbide de certains idéologues).

 

 

 

 

 

 

Une de mes relations assistait fin octobre, à la médiathèque du Lamentin à la fête du XX ème anniversaire du CO.RE.CA ( Contact Recherche caraïbe). Ce Coreca travaille  pour l'entraide, les liens culturels, historiques, éducatifs, humanitaires, etc, entre les îles de la Caraïbe.

L'association est aussi, dès le départ conçue, par des indépendantistes, surtout universitaires, pour tenter de fonder la NATION caribéenne, libérée des influences européennes. Des non indépendantistes y sont admis pourtant, et bien reçus. On a toujours besoin d'idiots utiles.

La relation dont je parlais plus haut, m'informe d'un propos tenu par Julien Mérion, universitaire, professeur à l'université en Guadeloupe. Ce politologue formule son diagnostic sur les raisons de ce qui ne va pas, de ce qui pourrait aller mieux. Non seulement en Guadeloupe, mais dans la Caraïbe. «  Il faut, nous dit-il, retrouver nos racines africaines pour sortir de l'ornière. Sans ce retour nous n'y arriverons pas. On a tout essayé, et on a tant de mal à nous entendre entre îles. Du coup l'Occident aisé nous dicte sa loi...Seules nos racines africaines nous éclaireront le chemin pour la fraternité authentique et l'entraide dans notre caraïbe » ( Propos que nous transcrit notre correspondant sur place ).

 

Cette version actualisée de Notre Dame du Grand Retour ( ND d'Afrique )  laisse dubitatif, et inquiet.

Inquiet devant la persistance du mythe racialiste, comme cause tantôt de tout le Bien, tantôt de tout le Mal du monde. Et ceci dans l'esprit de gens qui passent pour des intellectuels. Il est vrai que Goebbels, et nombre de dignitaires nazis, passaient aussi, ( à tort ou à raison ) pour des intellos.

De même pour Sheik Anta Diop, l'omniscient recours des mythologues, ou mythomanes dont nous parlons.

Ainsi pour notre rédempteur du Lamentin le salut de la Guadeloupe, passerait par l'Afrique.. 

Remarquez qu'il ne nous dit pas de quels pays d'Afrique, il attend une aide économique, technologique, humaine et fraternelle pour aider la « caraïbe » à « s'en sortir ».

Il est probable d'ailleurs que sa réflexion ne le pousse pas sur cette voix, qui en laisserait muet d'étonnement plus d'un.

Non! La sotériologie mérionienne s'enracine sur un autre terreau, celui «  de nos racines africaines », sources de toute lumière, de toute fraternité ( authentique ), de toute entraide.

Une fois de plus nous voici renvoyé à la race, et, si les mots ont un sens, il faut bien admettre que s'affirme dans un tel propos une idéologie racialiste, voire raciste.

Or, je crois, moi, et tout homme honnête et de bon sens avec moi, que le « chemin » de M. J.Mérion, est celui de la mort des Antilles,   davantage encore de la Guadeloupe et de la Martinique.

Car, ce que l'histoire a fait de nous, à sa manière rude, ce sont des peuples mélangés, métis, dont l'identité complexe est étroitement liée à des métropoles ( ou cités mères ) , et en ce qui nous concerne, Guadeloupe et Martinique, des provinces françaises extra-européennes. Des provinces peuplées de citoyens français, devenus tels, nullement par l'attribution, à un moment donné d'un chiffon de papier garant d'allocations, mais par l'intériorisation lente, et transmise, au fil des générations, de valeurs, et d'expériences collectives, de celles qui constituent, par delà toutes les différences légitimes, une nation, une et indivisible.

Or, la Guadeloupe, pour ne parler que d'elle, est, à la fois une et multiple. Certains, dont je suis, voient dans sa diversité une richesse, dès lors que des ambitieux, fauteurs de troubles, ne cherchent pas à la détruire au seul profit du génotype auquel ils appartiennent, eux.

Je suis stupéfait que M. Julien Mérion ne prenne pas en considération, les autres origines génotypiques, culturelles, historiques, etc, dont est constitué notre pays.

Comment faire fi de la matrice européenne de la Guadeloupe ( ou de la Martinique ), si fondamentale! C'est tout simplement inouï!

Comment mépriser l'apport indien, si important, et désormais, bien plus que séculaire.

Comment nier la part d'héritage qui subsiste encore des vieux apports successifs, parfois antagonistes ( l'histoire! Toujours l'histoire!) des ancêtres amérindiens?

Comment ignorer que notre substance contienne aussi, des apports méditerranéens, ( italien, levantin, etc)?

 

On me dira que les blancs créoles, dont je suis, occupèrent, à une époque lointaine, le mauvais rôle des maîtres dans une société où régnait l'esclavage, et que c'est la raison de ces messieurs les séparatistes, pour nous récuser.

A quoi je réponds, que non seulement nous sommes au XXI ème siècle, et non plus au XVIIIè ou au début du XIXème siècle, mais encore, que les blancs créoles (békés, en Martinique ) , ne sont nullement récusés par l'immense majorité de la population « noire ». Et enfin que Les indépendantistes, dans leur «  recherche identitaire » écartent résolument les autres catégories socio-ethniques de nos îles, à commencer par les indiens, qui s'en inquiètent, non sans raison!

C'est clair dans le texte de M.Julien Mérion.

Cela l'était déjà en 1975, dans la thèse de doctorat, consacrée aux « Indiens de la Guadeloupe » par M. Singaravélou.

Cet universitaire écrivait, notamment ( page 186 ) : «  Inquiétante à nos yeux est l'attitude de certains intellectuels créoles ( M. Singaravelou, indien des Indes, utilise, il y a 35 ans, l'adjectif créole là ou d'autres diraient, aujourd'hui, négristes, ou indépendantistes. Note du Scrutateur ) qui refusent aux indiens le droit d'être des Guadeloupéens à part entière. La culture indienne ne fait pas partie de la culture guadeloupéenne. Pourquoi? Pressés de questions, ils finissent par avouer que, récemment arrivés, mal intégrés, les indiens n'ont pas suffisamment « souffert » pour l'édification de la nation guadeloupéenne; ils ne sont pas passés sous le joug de l'esclavage! Ainsi, l'esclavage, jadis insigne de l'opprobre est devenu l 'emblème de la fierté nationale ». Et M. Singaravelou poursuit «  Il n'est pas nécessaire d'insister sur le peu de crédit qu'il faut accorder à une telle argumentation. Mais il est significatif qu'elle reflète la profonde conviction de certains intellectuels et de cadres antillais que nous avons interrogés ».

Hélas! On le voit, 35 ans après la thèse de Singaravelou, la maladie infantile du séparatisme n'est pas guérie.

Indiens-de-la-Gpe-Singaravelou.jpg

Je dis « maladie » en faisant l'hypothèse généreuse, que ces messieurs, ne cherchent pas, sciemment , sans nulle pathologie, à des fins purement politiciennes, à ressusciter des rancoeurs et ressentiments anciens. Le pouvoir qu'ils ne peuvent pas obtenir par la voie électorale, ils cherchent à le ramasser dans le drame, et la guerre civile qu'ils appellent de leurs voeux. Dans la rue ce sont Domota, Clavier et quelques autres qui cherchent à créer l'irréparable, par la violence, la prise en otage des entreprises et des citoyens, l'insolence à l'égard de toute autorité constituée qui ne s'est pas soumise à leurs menaces.

Dans le domaine culturel ( Kilti cé biten pli fondal la!) Nous avons les « princes » ( petits) de l'intellect, à l'égard desquels d'ailleurs les institutions ( voir le rôle promoteur constant de RFO) ferment volontiers les yeux, continuant d'ignorer le rôle majeur de ce que ces gens là appellent « la culture », dans le pourrissement des sociétés.

Pour l'instant, en tout cas, le peuple dans nos départements montre bien plus de bon sens et de sagesse que sa prétendue élite.

Reste que ce discours que je viens de développer, et qui est celui d'une foule d'antillais jeunes, de tous les groupes socio-ethniques guadeloupéens, je sais de quoi je parle, ce discours, donc, c'est moi, blanc- créole qui le tient.

Pour cela je suis attaqué, menacé, accusé de tous les péchés d'Israël ( oui! d'Israël!), traité de raciste, intégriste, « limite faschiste » a même écrit un ecclésiastique des plus vils et méprisables.

Si ces messieurs pouvaient soupçonner l'indifférence, ou l'abyssalité du mépris que je porte à leurs propos, ils changeraient leurs chanson.

Le jour où, d'autres accepteront de me rejoindre sur le Forum, et de braver, non point le peuple, mais les lobbyes de fossoyeurs qui prétendent parler en son nom, le jour ou un noir, un métis, un indien, suffisamment libre intérieurement, acceptera d'être traité de « nèg à blan », de fayot, de Dieu sait quoi, et qu'il en rira, et qu'il foutra son poing dans la G.... de son insulteur, ce jour là la maladie infantile qui nous perturbe aura commencé son déclin.

La parole aura été libérée.

Il ne s'agit pas d'utopie.

A moins de considérer que le courage est mort en Guadeloupe.

Et le Guadeloupéen que je suis s'obstine, à ne pas le croire.

 

Edouard Boulogne.

 

 

( Sur ce sujet lire aussi l'article auquel renvoie le lien suivant).

 

http://www.lescrutateur.com/article-28864292.html

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Christelle 22/11/2010 01:56



Que cela fait du bien de lire de tels propos.


Comment dit-on? Humaniste?


Je partage votre avis sur la probable issue de la parole libérée et de la nécessaire maturation des mentalités vers une paix intérieure.On pourrait penser en effet que ceux qui ont la
chance de voyager, de sortir de l'île, évoluent ,malgré eux, dans un esprit d'ouverture et de connaissance de soi!


Néanmoins,je me pose la question , de cette jouissance dans et de la violence. Celle qui anime ces pseudo syndicats, celles faites aux enfants sous couverts de nécessités éducatives, celle
décrite au quotidien sans pudeur, accéptée comme fatalité.( Parfois, je me dis , ici, ça manque de classe!)


Auriez vous quelque explication ou analyse , en dehors de celles qui évoquent la fatale transmission  de la souffrance à travers l'histoire collective.


Merci pour votre réponse.


Cordialement.



Edouard Boulogne 22/11/2010 04:03



Il faudrait distinguer entre les formes de violences que vous évoquez. Celle des syndicats, celle qui serait faite aux enfants dans le cadre de l'éducation, etc.


Dans ce dernier cas, dans nos pays européen ou relevant de l'Europe, la violence telle qu'elle existait au 19è siècle par exemple a pratiquement dis^paru. En revanche, il n'est pas
impossible que la permissivité éducative qui se développe soit une forme subtile de violence, dans la mesure où les êtres non encore mature ont droit à une certaine fermeté, indispensable pour
leur permettre d'intérioriser le principe de réalité, seul capable de leur permettre d'arriver à maturité et de faire ftont dans un monde dont la difficulté est une donnée permanente.


Mais le mal  (et ses formes multiples) est un mystère terrible.


Le seul moyen d'y faire face, et de le contenir, à défaut de l'éliminer, est encore selon moi, un christiannisme vécu. Tâche infinie, et
la tentation de baisser les bras est la pire.Combat à mener sans relâche, malgré la crise de l'Eglise catholique elle même.


Il y a du pain sur la planche. Je dis cela en étant pleinement conscient du caractère hâtif de cette réponse à votre commentaire, inévitable ici,


EB



André Derviche 12/11/2010 14:15



Si je puis me permettre, j'aimerais contester votre titre de "maladie infantile" : une maladie infantile est par définition liée à l'enfance qui, pour sa part, est un état transitoire, destiné à
évoluer, à mûrir et à s'enrichir de tous les apports de la vie pour aller à la maturité. Dans le cas des indépendantistes, au contraire, le phénomène oscille davantage vers la régression. C'est
pourquoi je suggère plutôt d'employer le terme de maladie dégénérative à celui de maladie infantile. Comme la maladie d'Alzheimer, dont les ravages sont redoutables dans les têtes (et dans la
société) et où l'on parle de "mort sans cadavre", nous sommes dans les cas auxquels vous faites allusion face à la pensée sans tête, à la "conscience politique" sans conscience, et surtout à
l'agitation sans motif raisonnable.



Edouard Boulogne 12/11/2010 18:31



Vous avez parfaitement raison.


Comme vous le savez, presque toujours, les articles sont d'abord rédigés, et les titres ne leur sont donnés qu'ensuite.


Ainsi en a-t-il été, hier soir, en cette paisible soirée du 11 novemebr 2010, pendant que je me livrais à mon exercice rédactionnel quotidien.


A la fin, un peu las, je l'ai coiffé d'un titre sans aménité à l'égard de nos "chers séparatistes" mais qui comportait une faute de logique que votre sagacité a aussitôt décelée.


Donc, merci,


et toutes mes excuses à vous, et à tous nos lecteurs.


EB.



chabine doree 12/11/2010 01:20



Au ZIMBAWE , la durée de scolarité moyenne n'est que de 7,2ans :


LE BEAU MODELE QUE VOILA!!!!



olindi 12/11/2010 01:15



Vous êtes effectivement un homme dont j'admire le courage et la lucidité. Je suis consternée par le rôle joué par les médias et particulièrement RFO par le biais de la télé dans l'abêtissement
des Guadeloupéens sous couvert de culture, le repli sur soi sous couvert de promotion de la langue créole, la victimisation sous couvert d'émissions dans lesquelles "le guadeloupéen se
reconnait". Heureusement qu'il y a internet, le cable et le satellite et des personnes de votre qualité pour garder le cap. Chapeau bas ! Monsieur Boulogne. Vous faites partie de ceux qui ne sont
pas perturbés par leur diplomes. Je déplore qu'une majorité de nos diplomés soient si mal dans leur peau et n'arrivent pas à utiliser de manière constructive et positive leurs connaissances.
Ils sont aigris, hautains. Rien ne trouve grace à leurs yeux, à part eux et leur discours immuable sur la colonisation et l'esclavage. C'est à croire qu'ils ont honte d'avoir réussi et de ne pas
pouvoir entrer dans l'histoire uniquement avec leurs diplomes. Alors ils se défoulent en nous pourrissant la vie. Enfin, heureusement, tout le monde prend de l'âge. La nouvelle génération me
semble moins perturbée, il y a peut être un espoir.