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Publié par Edouard Boulogne

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Les appréhensions principales des classes moyennes sont les plans de rigueur à venir ( tous les économistes s'accordent à dire que vu l'intensité de la crise le plan FILLON est largement insuffisant pour contenir le poids de la dette ) , le chômage, l’avenir de leurs enfants, la retraite et le logement. L’angoisse et la déprime sont également des sentiments partagés dès qu’on évoque le changement statutaire , l’érosion du pouvoir d’achat et la formation de haute qualité qu’elles souhaitent assurer à leur progéniture. La difficulté de maintenir le standing de vie dans une société en crise et en profonde mutation est aussi souvent évoquée, notamment par les cadres des entreprises et fonctionnaires des administrations qui entrent, pour une grande part, dans la composition des classes moyennes de la Guadeloupe .
Les classes moyennes connaissent un grand essor dans les Trente Glorieuses (1945-1973). Cet essor s’explique aussi en Guadeloupe par la tertiarisation de la société qui s'est produite avec l'avènement de la départementalisation en 1946 .
Depuis 1946 le nombre d’employés et de cadres a fortement augmenté. En effet, l’essor des grandes administrations et entreprises a nécessité des cadres et des employés administratifs, industriels ou commerciaux de plus en plus nombreux.
* Les professions intermédiaires se sont également fortement développées. Cela s’explique par le développement de la place de l’Etat providence en Guadeloupe . L’Etat-providence a augmenté les effectifs de la fonction publique recrutée sur concours et dopé le niveau de vie avec les 40% de vie chère et les aides sociales . La massification de l’enseignement a exigé la multiplication du nombre d’enseignants et du personnel éducatif et a permis d'absorber nombre de jeunes diplômés .
Les classes moyennes en Guadeloupe ont alors fructifié sur ce socle de progrès .
Elles sont les enfants chéris de la départementalisation et le ciment de la cohésion sociale en Guadeloupe. Elles ont participé à tous les changements administratifs et politiques du département. Elles forment l'identité et l'originalité de la Guadeloupe .

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Les classes moyennes, composées de fonctionnaires , professions libérales , artisans et chef d'entreprises anonymes, d'hommes et de femmes de bonne volonté, sont aujourd'hui déçues,désenchantées , démobilisées, plongées dans un désarroi qui pourrait se transformer en débâcle. Depuis 15 ans , l'État , jadis providence , a multiplié contre elles les blocages, freiné la promotion sociale,rogné les avantages acquis , augmenté les prélèvements obligatoires. La crise les a fragilisées. Les décideurs les ont ignorées. Les politiques ne les ont pas assez écoutées. La Guadeloupe a changé depuis 20 ans et la cohésion sociale est mise à mal . Les nantis se sont accrochés à leurs privilèges, les exclus se sont enfoncés dans l'assistance , le dénuement et le populisme avec le LKP .
Comme en métropole, elles incarnaient jadis le progrès social. Comme en métropole, elles redoutent d’être aspirées vers le bas et angoissent pour l’avenir de leurs enfants. Ces derniers condamnés au chômage ou à l'émigration en France métropolitaine, voire à l'étranger .
A quelles catégories sociales appartiennent-elles ? Quelles sont leurs valeurs ? Combien de foyers représentent-elles ? Dans l’hexagone, le grand mouvement de renversement auxquelles sont confrontées les classes moyennes depuis quinze ans a incité ces derniers mois sociologues et économistes à se pencher sur cette France protéiforme, inorganisée, silencieuse, et qui par effraction presque s’est invitée à plusieurs reprises dans le débat politique entre 2002 et 2011 , d'où l'acuité et l'intérêt du débat autour de la présidentielle de 2012 . A la Guadeloupe , aucune étude scientifique n’a été menée par l’Insee ou un autre observatoire sur ces ménages qui ne se reconnaissent plus dans ce monde bipolaire et mondialisée , avec d’un côté les riches, capables d’investir 500 000 euros dans un projet immobilier, de l’autre les exclus, contraints de se contenter des minima sociaux et de s’entasser dans des logements collectifs. Au-delà de toute analyse statistique, Les chiffres en disent long sur le malaise de nos concitoyens : 75% des personnes interrogées ne croient plus en l’avenir de la société, et près des deux tiers des Guadeloupéens ne font ni confiance à la classe politique, ni aux milieux économiques, pour redresser la situation depuis la funeste crise LKP de 2009 . Ce pessimisme transcende les catégories socioprofessionnelles et affecte évidemment ceux qui, hier encore, pouvaient se projeter dans le futur et incarnaient l’avant-garde du progrès social.
L'exemple le plus spectaculaire de cette sensation de déclassement social est l'accession à la propriété :
Entre 2001 et 2011, les prix de l’immobilier et du foncier ont augmenté trois à quatre fois plus vite que les revenus. Cette déconnexion entre les marchés et les salaires pèse sur les ménages à revenus intermédiaires, contraints de s’éloigner des zones urbaines, de différer leurs investissements, ou d’allonger la durée de leurs prêts.
Plus d’un tiers de leur salaire : voilà le budget que les Guadeloupéens propriétaires de leur logement consacrent en moyenne à leur maison. C’était jusqu’ici le prix à payer pour accéder à la propriété et se constituer un patrimoine. Mais à lui seul cet effort financier ne suffit plus dorénavant. La raison est très simple : au cours de ces dix dernières années, entre 2001 et 2011 précisément, les prix de l’immobilier et du foncier ont respectivement augmenté de 52% et de 71%, alors que sur la même période les revenus des actifs occupés n’ont progressé que de 18% selon une enquête publiée en Aout par l’Adil, l’observatoire de l’aménagement et de l’habitat. L’accroissement de l’écart entre les ressources mobilisables et les coûts imposés par le marché oblige désormais les nouveaux accédants à consentir d’énormes sacrifices. A s’éloigner par exemple des centres urbains. L’étude de l’Adil montre qu’un couple disposant de deux salaires moyens ne peut plus s’offrir terrain et villa dans des grandes villes comme Baie-Mahault et Gosier . Autour de ces principaux pôles, seuls les ménages justifiant de revenus plus importants peuvent prétendre à ce type d’investissement. A condition, bien sûr, de ne pas vouloir s’installer dans les zones les plus chères , ou certains quartiers résidentiels . La flambée des prix n’impose pas seulement de nouveaux choix géographiques. Elle oblige aussi les acquéreurs à revoir intégralement leur plan de financement. En 1999, un ménage avec deux enfants percevant 3 800 euros par mois pouvait investir dans du neuf ou de l’ancien et s’offrir sans difficulté une maison de 100 mètres carrés. Depuis cinq ans, ce foyer ne peut accéder à aucun bien immobilier adapté à ses besoins familiaux ou acquérir un terrain de taille suffisante sans aide complémentaire. Hors du parcours social, ou sans intervention substantielle du prêt à taux zéro, l’accession est quasi impossible.

LA Peur de tout perdre

La crise financière a ravivé les craintes d'une récession.
Conséquence de la crise de la dette cet été, le moral des cadres touche le fond. Selon un baromètre Viavoice pour Le Figaro/France Inter/HEC* publié lundi 5 septembre 2011, il atteint son plus bas niveau depuis la création de ce baromètre en 2004. 74% des cadres interrogés anticipent une dégradation du niveau de vie (contre 49% en mai) et 78% prévoient une hausse du chômage (contre 39% en mai).

Au-delà de la situation économique générale, le sondage met en lumière l’inquiétude des cadres sur leur propre niveau de vie. Ils sont 48% à penser que leur situation financière personnelle va se dégrader dans les prochains mois. Et 83% estiment que leurs opportunités de progression de carrière seront faibles.

L'indice synthétique du moral des cadres a chuté de 30 points par rapport à mai, la plus forte baisse enregistrée depuis la création de cette enquête trimestrielle, pour tomber à -55, son plus bas niveau historique.
Son précédent plancher, à -47, remontait à mai 2010, lors du premier épisode de la crise de la dette en zone euro.
Soixante-dix pour cent des cadres interrogés s'attendent à une nouvelle récession en France au cours des mois qui viennent et 74% (contre 49% en mai) disent s'attendre à une dégradation du niveau de vie à un horizon d'un an.
Ils sont 78%, soit deux fois plus qu'il y a trois mois, à anticiper une montée du chômage.

Ceux-là aujourd’hui doutent, s’interrogent, et ont l’étrange sentiment que le monde dans lequel ils évoluent est plus dur, plus égoïste, plus compétitif. « Les liens sociaux et les solidarités se distendent, les craintes, les incertitudes face à l’avenir ébranlent de plus en plus la confiance des Guadeloupéens », confirme madame Mérion, directrice de l'institut Qualistat . Pas étonnant, dans ce contexte, qu’une large frange de la population soit particulièrement attachée à la préservation de ses acquis sociaux et demeurent viscéralement attachée au statut départemental , gage de sécurité . Cette obsession est particulièrement perceptible chez les personnes âgées et dans les foyers de classe moyenne . Déjà très repliés sur eux-mêmes, réfractaires aux réformes qui les touchent de plein fouet , ceux-là ont tout simplement peur de tout perdre, d’être aspirés vers le bas. Ils angoissent aussi pour l’avenir de leurs enfants. Ils savent que les diplômes se dévalorisent, que le baccalauréat, et même l’enseignement supérieur, ne sont plus forcément synonymes de réussite sociale. Quel que soit le groupe dans lequel on les range, les classes moyennes ont enfin une vision très pessimistes des jeunes. Des jeunes qu’elles assimilent « à de futurs chômeurs, de futurs révoltés et sans repère moral ». Les statistiques officielles renforcent cette perception diffuse : le nombre de places disponibles dans la fonction publique ( puissant facteur d'ascension sociale en Guadeloupe ) a diminué de moitié depuis 1987, un déficit que le secteur privé n’est jamais parvenu à absorber au cours de cette période. Dans son best-seller , le sociologue Louis Chauvel n’hésite pas à parler de « déclassement économique, social et culturel » lorsqu’il évoque l’évolution des classes moyennes depuis près d’un demi-siècle. La Guadeloupe n’échappe plus désormais à cette analyse .
C'est pour cette raison que la classe moyenne en dépit des difficultés et des doutes , devra se montrer extrêmement vigilante et combative sur toute tentative de revenir sur le statut départemental de notre région, (" car un tiens vaut mieux que deux tu l'auras " ) et qui quoi en dise nous préserve encore du pire de la crise à venir à l'instar de la Grèce .

DOLTO.

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Claude HOUEL 08/09/2011 11:54






FAIRE FACE A LA DEPRIME.


 


La position de la France en général,toutes classes confondues,vis à vis de la crise est celle comparable de ce pauvre pêcheur de burgots enlevé par une vague de cinq mètres pourtant très
largement annoncée par les alertes de Météo France.


La dépression économique qui nous affecte a été très largement prévue depuis plusieurs années et vérifiée de crises financières en délocalisations et de chute des exportations en explosion du
chômage.


Au lieu d’y faire face,avec courage et lucidité,comme l’Allemagne, nous avons continué de croire que l’état providence nous mettait à l’abri des dangers avérés,tout en sachant que cette
pseudo providence était assurée par l’emprunt et qu’un jour il faudrait passer à la caisse.


Pour nous faire plaisir et nous rassurer l’Etat allait dans le sens que nous souhaitions.


Aujourd’hui celui qui ne protége pas sa maison quand le cyclone arrive ne peut s’en prendre qu’à lui-même,car il sait le risque.


L’heure de vérité approche où il va falloir prendre des décisions douloureuses pour reconstruire notre avenir.


Pour autant cela est-il insurmontable :


De ne plus compter sur l’Etat , en dehors de situation de détresse réelle,pour assurer le superflu ?


            -D’évaluer à leur juste valeur nos besoins basiques et indispensables et nos envies
somptuaires ?


A faire,honnêtement,ce petit examen on va se rendre compte que l’on peut très correctement vivre avec moins d’argent.


Quand un cyclone nous affecte et que la distribution d’eau est coupée, on voit que l’on peut faire une toilette très correcte avec une bouteille d’eau minérale là où on en consomme cinquante
litres pour une douche : cela remet les idées en place.


De la même manière une voiture « low cost » rendra le même service de déplacement que le dernier SUV sorti,les angoisses du remboursement en moins.


La déprime des classes moyennes,se situe en terme de baisse de niveau de vie quand celle des pauvres,beaucoup plus réelle,s’exprime au niveau de la survie qui n’est, elle même, pas de
même nature que celle des peuples du Sahel.


Comme pour toute déprime il va nous falloir réagir en commençant par constater que les solutions existent en nous même ,que l’avenir n’est pas irrémédiablement bouché et que


notre pays a connu des situations plus dramatiques.


Nous avons la chance d’être contraints à devenir raisonnable et rigoureux.


C’est valable pour nous comme pour nos gouvernants qu’il faudra choisir sous ces seuls


critères.


Il nous faut balayer devant notre porte, puis exiger de nos élus qu’ils fassent de même.


Il faut croire aussi en l’avenir de nos enfants en leur donnant la meilleure éducation possible


Et en acceptant que, dans notre Monde globalisé,qu’ils aillent se former et travailler ailleurs si les opportunités s’y trouvent.


La démographie française est un gage pour notre avenir,à commencer par celui des retraites.


Les obstacles d’aujourd’hui se lèveront demain. L’accession à la propriété,par exemple,est


difficile mais la chute des prix de 20% en deux ans devrait relativiser cette situation.


En conclusion,si la situation est grave elle n’est pas désespérée et il ne tient qu’à nous,individuellement et collectivement d’y faire face.


En Guadeloupe nous avons surmonté des catastrophes ,comme le cyclone Hugo, en faisant


preuve de courage et de solidarité,nous devrions pouvoir surmonter notre déprime.