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Publié par Edouard Boulogne

La face un peu trop visible de l'iceberg.
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Dimanche 24, la Martinique et la Guyane sont appelées à se prononcer pour la deuxième fois sur l'avenir institutionnel (en tout cas sur ce qu'ils croient comprendre de celui-ci à travers un flou aussi politique qu'artistique).
Comme chacun a pu s'en apercevoir, les tenants du oui, en termes d'artillerie domine le terrain. Comme s'en est ému le délégué départemental du Parti Chrétien Démocrate, ceux qui se sont engagés pour le non n'ont le droit que de se taire : la communication officielle ne tient aucun compte de leur avis.
Et l'on s'étonne que dans des enveloppe contenant onze "professions de foi" pour le oui et aucune pour le non, le "mode d'emploi" de la consultation à venir indique : Texte sur lequel porte la consultation du 24 janvier 2010", avant d'énoncer la question posée. Il eût été plus conforme à la réalité que l'on y écrivît : "Texte sur lequel porte le oui du 24 janvier 2010.
Outre ces "professions de foi" (celle de RASSEMBLER LA MARTINIQUE - qui aurait tout aussi bien pu s'appeler ENRÔLER DE FORCE LA MARTINIQUE - contient des indications exactement contraires à la vérité, s'agissant notamment de la prétendue participation du Parti Chrétien Démocrate à ce mouvement), la campagne officielle à la télévision, celle qui est accompagnée d'un générique validant l'officialité  de la chose, ne donne la parole qu'aux partisans du oui. Un certain nombre de partisans du oui éprouvant d'ailleurs une sympathie affichée pour le régime cubain, on comprend la sensation de confort qu'ils peuvent éprouver dans un tel contexte, malgré des sondages indiquant que le non du 10 janvier pourrait - en toute logique - accoucher d'un deuxième nom le 24.
Heureusement, la télévision permet quand même au débat d'avoir lieu en opposant tous les soirs, tant sur ATV que sur RFO deux contradicteurs. Alors que la supériorité logistique du oui est écrasante, ce sont les partisans du oui qui montrent les dents, qui s'énervent, qui se montrent désagréable et qui malmènent leurs interlocuteurs. Comme s'il y avait dans l'hypothèse du non quelque chose qui s'apparente pour eux à un trouble de jouissance. 
Bizarre ! Bizarre ! En général, quand on se sait fort, qu'on occupe le terrain et qu'on se prétend animé des plus nobles intentions, on affiche plus sa magnanimité que son agressivité. Étranges contours de l'âme humaine...
Au fur et à mesure que se montre le vrai visage de cette "collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région tout en demeurant régie par l'article 73 de la Constitution" (c'est-à-dire au fur et à mesure qu'elle prend les traits et les accents de ceux qui viennent s'en faire les porte-parole au nom des formules ampoulées auxquelles nous ne faisons presque plus attention tellement la pensée politique, très souvent, ne se résume qu'à ça) l'on sent bien poindre un danger totalement lié à cette mainmise de toute la nomenklatura locale, de l'indépendantiste enragé au Français le plus suave, ce danger c'est celui de la fraude. On sait que certaine(s) municipalité(s) de la Martinique ont acquis en la matière une maestria incomparable. Quand tout le personnel politique, quand toutes les municipalités sauf une sont à ce point engagées - dans une mauvaise foi tellement visible que le oui vacille sur son socle quand les Martiniquais voient se démasquer un peu plus chaque jour, le grand méchant loup déguisé en mère-grand et lui disant "c'est pour mieux t'administrer, mon enfant"...
Les Martiniquais ne sont pas des enfants, ils l'ont prouvé dimanche 10. Mais, si une majorité d'élus, frustrés d'un coup d'État qu'ils croyaient avoir conclu sans coup férir le 18 décembre 2008), et réunis en club très privé, a décidé de mettre le feu à la maison pour se cuire un oeuf, c'est-à-dire d'avoir recours à la fraude comme on peut avoir des raisons de le craindre, le pardon éventuel de Raphaël Confiant à tous ceux qu'il a insulté le 10 janvier au soir ne suffira pas à réparer le préjudice causé à la vérité, à la démocratie et surtout à la Martinique.

 
Léon Tikitak



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Simple observateur 22/01/2010 10:28


Aidez-moi à comprendre, s'il vous plait.

Il semble que la plupart de la classe politique locale soutient le oui qui, même étayé de tous côtés, n'arrive pas à tenir debout. Les arguments-étais étant bien évidement rongés de mauvaise foi et
de recherches d'intérêt presonnel plus que général.

Dans l'hypothèse où le non l'emporte, que vont faire les représentant de l'option rejetée ? Vont-ils logiquement s'abstenir d'être candidats pour siéger à une institution dont ils ont soutenu la
suppression ? Ou bien passer l'éponge et faire comme si de rien était ?

Et si le problème n'était pas les institutions mais ceux qui sont à leurs têtes ???