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Publié par Edouard Boulogne

L'islam : une tentation de l'Eglise?

 

 

Minarets.jpg ( Les Suisses ne sont pas si bêtes!).

 

 

[ Sur la chaine de rélévision LCI, j'apprends ce jour, d'une charmante jeune journaliste – un baccalauréat 2010, probablement- le « scandale » qui secoue la bonne ville de Lyon, siège du primat des Gaules.

Quel scandale? Eh bien, figurez-vous que dans l'entreprise actuelle de restauration de la cathédrale de Lyon, un tailleur de pierre, conformément à une tradition séculaire dans sa corporation, a taillé une gargouille représentant le visage d'un de ses vieux ouvriers ( depuis trente ans) qui se trouve être arabe et s'appeler Mohamed.

La petite godiche, lectrice du prompteur, déclame sans sourciller «  cela fait scandale aux yeux de chrétiens intégristes, et identitaires » ( sic! et fermez le ban).

Un micro trottoir conclut la séquence. Un vieux monsieur, et son épouse, trouvent ça très bien. Il est « pour le rapprochement des religions, et le dialogue ». Bien. Le tailleur de pierres ne dit pas autre chose. « Il faut, dit-il, qu'on cesse de se taper sur les uns sur les autres ». Je serais assez d'accord avec lui si le sujet de dissentiment ne portait pas sur autre chose que la représentation sous forme de gargouille d'un frère arabe.

Car ceux qui trouvent à redire, et je suis assez de ceux-là, critiquent autre chose : le fait que sous la gargouille, soit gravée dans la pierre, la formule « Dieu seul est grand », en français, et en arabe «  Allah akbar ».

Allah akbar, sur une cathédrale, voici qui revêt un caractère étrange, et dirai-je d'une grands portée politico-religieuse. Surtout dans cette période d'avachissement catholique, et occidental en général, où l'islam sert de matière première, et de fer de lance à des Etats totalitaires et ambitieux, qui se donnent pour objectif avoué la conquête des nations occidentales. Le cynique Khadafi nous le rappelait, à Rome, il y a moins d'une semaine.

Au vieux monsieur de tout à l'heure ( pas loin de 70 ans, au moins!), je suggérerais d'aller parler d'oeucuménisme à Alger, la Mecque, ou Tripoli, et d'inscrire en français, ou latin, « Dieu seul est grand » sur la mosquée d'Omar. Juste pour voir.

Il est vrai qu'il faut rendre le bien pour le mal, et que l'on n'est pas obligé de prendre aux autres leurs défauts. Tout de même, pour être ouvert et généreux, pour faire le bien, encore faut-il exister, et être libre.

Et ce qui menace en ce moment nos sociétés décadentes c'est la perte de la liberté, et de l'énergie, de la foi, qui sont le nerf de l'existence réussie.

Ce qu'il y a de plus inquiétant, c'est que l'évêché de Lyon semble trouver tout cela fort bien. On se souvient qu'il y a 10 jours, l'archevêque de Toulouse, comparait la politique du gouvernement dans l'affaire dite des Roms, à la politique nazie pendant la seconde guerre mondiale. Ce qui lui a valu d'Alain Juppé, pour une foi bien inspiré, le rappel d'un mot célbre de Blaise Pascal : «  qui veut faire l'ange fait la bête ».

Je crois qu'il ne faut pas se cacher que la crise qui affecte les pays d'occident et particulièrement la France est d'abord d'ordre intellectuel et spirituel.

Tous ceux qui ont, tant soit peu, les moyens intellectuels et culturels d'analyser et d'exposer la nature de cette crise, pour mieux la combattre et la vaincre ont un devoir impérieux de le faire. Et, le pensant, je me suis rappelé le livre de toute première force publié en 1996 par l'historien Alain Besançon : Trois tentations dans l'Eglise.

J'en ferai très bientôt une analyse détaillée.

En attendant, je vous propose aujourd'hui l'extrait d'une interview du même homme, parue dans Famille chrétienne d'octobre 1996, que j'avais gardé en archives.

Une analyse lucide, impeccable, qui situe la crise dans une vaste perspective historique, qui permet de comprendre, qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, que des erreurs catastrophiques commises dans le passé reviennent périodiquement, et que la connaissance de ce passé est bien utile pour prévenir notre présent des catastrophes qui le menacent.

 

Edouard Boulogne.

 

 

Interview d'Alain Besançon, dans famille chrétienne ( Octobre 1996).

 

«C'est de vigueur intellectuelle que l'Eglise a le plus besoin»

 

Selon vous, la troisième tentation de l'Eglise serait celle de l'islam. Surprenant ?

 

Il y a un siècle, l'islam n'était pas un problème pour l'Eglise. Il devient maintenant une menace très grave dans la mesure où il est conquérant et où il s'établit dans des régions très ancien­nement chrétiennes, comme l'Europe occidentale et la France.

Cette situation coïncide malheu­reusement avec un moment de faiblesse de l'Eglise : c'est cela qui est dangereux. Le passé montre, en effet, qu'une Eglise qui n'est plus tout à fait certaine de ce qu'elle croit, qui est travaillée par les hérésies et par le scepticisme, «passe» facilement à l'islam.

 

Mais en quoi l'islam est-il une tentation religieuse pour les catholiques ?

 

Je m'élève contre la symétrie faite actuellement entre les juifs et les musulmans. Pour un chrétien, c'est grave et scandaleux. Cette habitude révèle une vieille hérésie, toujours condamnée, jamais extirpée, qui s'appelle le marcionisme. Remontant au IIesiècle, elle oppose Dieu au Christ, la Loi à l'Evangile, l'Ancien Testament au Nouveau Testament.

Nos rapports avec les musulmans sont largement conditionnés par le travail de cette hérésie : c'est la tentation pour les chrétiens de s'éloigner de leurs racines bibliques. On trahit sa religion sans se rapprocher pour autant de l'islam.

Quand on creuse un peu, on s'aperçoit que les musulmans n'ont pas plus de titre à s'appeler «religion abrahamique» que les mormons ou les témoins de Jéhovah.

Les «trois religions du Livre» sont également une expression fallacieuse. Les chrétiens s'imaginent que les musulmans respectent la Thora et l'Evangile et que nous devons respecter le Coran. Or, au moment de la conquête, cette expression juridique de «religion du Livre» signifiait qu'il y avait des groupes que les musulmans ne condamnaient pas à mort ou à l'esclavage : ils devenaient des dhimmis (un statut inférieur). Les juifs et les chrétiens n'étaient pas seulement concernés, mais aussi les zoroastriens et, plus tard, les hindouistes et les bouddhistes.

De même, 1' «Abraham» du Coran est un Abraham musulman : ce n'est pas Mahomet qui partage la foi d'Abraham mais Abraham qui partage la foi de Mahomet.

Tout comme «Jésus fils de Marie» : «Jésus» se déclare musulman dans le Coran. Nous ne pouvons pas remercier les musulmans de créer un «Jésus» qui n'a qu'un rapport d'homonymie avec le Jésus que nous adorons.

 

Ces expressions sont employées dans le cadre du dialogue entre chrétiens et musulmans...

 

Le «dialogue» est ce qu'il y a de plus destructeur. Je ne parle pas du dialogue dans lequel on recherche la vérité, maisde celui qui consiste à s'aplatir devant la parole d'autrui sans lui opposer quelque chose de solide parce qu'on a peur d'avoir des ennemis.

La terreur d'avoir des ennemis, croire qu'il est mal en soi d'en avoir est une habitude extrêmement dangereuse par sa lâcheté, et, surtout, parce qu'elle nous introduit dans un monde qui n'est pas le monde réel. Quand le Christ nous demande d'aimer nos ennemis, cela signifie d'abord qu'on a des ennemis. Si on nie d'avance qu'on a des ennemis, on se fera écraser sans même oser les nommer.

Sur la conduite à tenir à l'égard de l'ennemi, là encore, il y a une théologie classique, qui nous dit qu'on ne peut pas aimer l'ennemi en tant qu'ennemi, mais en tant qu'il partage avec nous une nature humaine créée par Dieu.

 

Vous pensez vraiment que des conver­sions massives à l'islam puissent avoir lieu en France ?

 

A la vérité, je n'en sais rien. Je ne peux constater que des précédents. Ainsi, entre 600 et 700 environ, le tiers de la chrétienté s'est converti à l'islam. Or, ces églises passées à l'islam étaient toutes travaillées par des hérésies diverses : le monophysisme en Egypte, le nestorianisme en Syrie, le donatisme en Afrique du Nord, l'arianisme en Espagne.

Je me demande si aujourd'hui nous ne sommes pas dans la même situation. Les catéchismes - ce n'est qu'un exemple - sont d'un vague tel que les gens ne voient plus tellement la différence entre l'islam et le christianisme. D'autant que nous avons droit à toute une littérature de masse qui est une véritable propagande catholique en faveur de l'islam.

Examinez les récents sondages sur la foi des catholiques. Vous constatez qu'ils ne croient plus, dans leur majorité, aux dogmes fondamentaux : vie éternelle, péché originel, résurrection des corps, présence réelle. Cela fait beaucoup ! Avec des conditions sociales favorables, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher une vaste hémorragie de chrétiens vers l'islam.

 

 

Alain Besançon.

 

 

 

 

 

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hello 07/09/2010 22:46


Merci monsieur Boulogne pour votre intervention; je crois comme beaucoup la France en décadence ,il n'y a personne aux commandes de notre pays ,juste des hommes interchangeables qui n'ont ni
courage ni vision pour notre avenir ,des managers qui ne gèrent que de l'économie et encore avec frilosité, notre patrie a perdu sa noblesse c'est à dire son courage son sens de la vérité la
connaissance de son histoire et ses devoirs ,nous nous laissons accuser de tous les maux par des gens qui profitent de nos lois en nous méprisant ,sans réagir , par peur de quoi? il n'y a plus de
fierté de joie de satisfaction à être français ,quand on pense à ceux de nos familles qui sont morts dans les différentes guerres qui nous avons connus , on est amers ! et ce changement est arrivé
il n'y a pas si longtemps; ainsi quand on regarde le film "les dissidents " d'Euzhan Palcy" on retrouve l'oxygène, la simplicité la vérité des gens et le pays que l'on regrette ; des gens courageux
et libres attachants émouvants , des gens en paix qui savaient qui ils étaient . au lieu de cela on se retrouve avec des bois flottants aussi imbéciles qu'insatisfaits qui n'apportent rien et ne
font que tirer la société vers le bas ; des ectoplasmes au langage caricatural porteur de haine seul moyen de communication .Et les médias les relayent comme ci c'était légitime de haïr à longueur
d'années. Qui pourra nous sortir de cela ? ou quoi ? quel évènement ?


castetsjj 07/09/2010 07:47



Bonjour Mr Boulogne,


Ce que Mr Besançon dénoncait était visionnaire, c'est une action de longue haleine, la destructuration doit être imperceptible.


Le termite l'a bien compris...


Seul dans la savane, il construit des cathédrales indestructibles.


Dans les lieux batis qu'il colonise, il progresse lentement à l'ombre, consomme la structure et un jour , tout s'écroule et retourne en poussière !