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Publié par Edouard Boulogne

 

( La façon de régler la prise d'otage d'In Amenas, en Algérie, par l'armée de ce pays, sur ordre de son gouvernement, suscite de par le monde, de nombreuses contestations, venant de Grande Bretagne, des USA, et même du Japon. Ce pays, en particulier, sur la question des droits de l'homme semble oublieux de son propre comportement, à de nombreuses reprises au cours de l'histoire, et notamment durant la seconde guerre mondiale, notamment en Chine. Comportement qui n'a fait l'objet d'aucune analyse sérieuse, et d'aucun regret de sa part. Passons! 

In-Amenas.jpg

La France, comme le rappelle Bernard Lugan, dans l'article ci-dessous, a trop besoin de l'Algérie, présentement, vu son engagement au Mali, pour jouer son air de flute favori sur le thème de la repentance, depuis particulièrement la présidence Chirac, et se joindre au concert des « humanistes » de la politique à la mode.

On a compris, que, pour une fois, j'ai envie d'écrire, «  aujourd'hui, je suis un algérien. Pour faire face au terrorisme islamiste, soyons tous des Algériens »!

Je m'explique. Clemenceau, répondait, à chaque objection que des politiciens minables, de droite comme de gauche, lui adressaient, pour des raisons politiciennes, en 1917 et 1918, quand il conduisait la guerre pour son pays, contre l'Allemagne du Kaiser, «  Je fais la guerre! Je fais la guerre »!

Réponse qui nous renvoie au vieux conflit entre les éthiques de convictions ( par exemple morales ) et de responsabilité. Et il s'avère que la politique de responsabilité, quand elle est conduite par une personnalité d'envergure s'avère souvent plus morale que celle des « moralistes »

En Algérie, les autorités ont réagi comme l'on sait, très rapidement, par une politique de force, qu'on pourrait résumer par la vieille clameur sauvage «  pas de quartier ».

Il y aurait eu une trentaine de morts, et le chiffre est certainement minoré. On ne saurait, je crois me soupçonner de sympathie envers les autorités algériennes. Mais j'approuve Bouteflika, qui s'est dit, « je fais la guerre », et ce n'est pas moi qui ai commencé.

Le feu tue, disait-on autrefois. Et le feu est l'ordinaire de la guerre.

Vous n'aimez pas la guerre? Moi non plus. Mais la guerre est un fait. Et l'on a dit, je crois que c'est Clausewitz, «  la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens ».

Certains naïfs disent « désarmons! Offrons à tous l'exemple du pacifisme, et nous enrayerons l'engrenage de la violence ». C'était à peu près, dans les années 1935-1940, le leit-motiv des pacifistes français, parmi lesquels Sartre et Simone de Beauvoir. L'Allemagne nazie, approuvait ce langage, aidait, en sous-main, financièrement ce langage de « moralistes/pacifistes». On connaît la suite, et le désastre de 1940. Cette année là, c'est le grand Churchill qui reprit la formule de Clemenceau : « Je fais la guerre ». Il l'a fit, ne lésina pas sur les moyens, et les bombardés de Dresde, en Allemagne, en février 1945, pourraient dire qu'il n'y alla pas avec le dos de la cuiller.

On ne jouait pas avec l'hitlérisme. On ne doit pas jouer avec l'islamisme. Tant pis pour les pleureurs et les pleureuses.

Si les Algériens ont procédé comme ils ont fait, c'est peut-être parce que cousins germains des preneurs d'otages, et se connaissant bien eux-mêmes, il savaient que la politique de la parlotte n'avait aucune chance. Il y a des gens que seule la loi d'airain du glaive peut convaincre.

Et puis, les gens d'Aqmi, sont, tout le monde est à peu près d'accord pour pour le reconnaître, non seulement des terroristes islamiques fanatiques, mais aussi des saigneurs de la guerre, qui monnayent au prix fort leur victimes, en particulier occidentales. Ils jouent avec ces personnes humaines, se les approprient pour en faire des sortes d'esclaves, et monnayent, leur libération pour des dizaines ( voire davantage ) de millions de dollars ou d'euros. Doit-on, en leur cédant, subventionner cet esclavage moderne, continuateur d'un esclavage aussi ancien que l'islam lui-même?

Je ne prêterai pas cette dernière préoccupation au gouvernement algérien. Mais je ne saurais non plus me joindre au coeur des pleureurs dans cette épouvantable histoire.

Je réédite, d'ailleurs, à la suite de l'article de M. B. Lugan, la recension que j'avais faite en juillet 2010, d'un livre remarquable de Gérard Chaliand : Le nouvel art de la guerre.

Il faut lire l'ouvrage lui-même. Les évènements dramatiques de ces jours, ne doivent pas seulement être vécus devant les postes de TV, en buvant un whiskie, un punch, ou hélas! un soda. Il faut s'efforcer de les penser. Ne voulons-nous pas, tous, être des ciyoyens?

 

Edouard Boulogne.

 

 

Analyse de Bernard Lugan - 17 janvier 2012

 

L’intervention française au Mali conduit à quatre grandes réflexions :

 

1) Compte tenu des réalités frontalières, l’action de la France ne peut réussir que si l’Algérie la soutient. Or, la prise d’otages d’In Amenas, site stratégique hautement protégé, montre soit qu’Alger ne contrôle pas son territoire, soit que les islamistes ont des complicités au plus haut niveau de l’appareil sécuritaire d’Etat. Dans les deux cas, les conséquences pour l’opération Serval sont de la plus haute importance.

 

2) Nous payons aujourd’hui au prix fort la politique de désengagement  initiée sous Jacques Chirac puis amplifiée sous Nicolas Sarkozy à savoir, fermeture de bases et abandon de ces irremplaçables implantations qui étaient nos yeux et nos oreilles.

 

3) La place laissée libre par la France fut  prise par les Etats-Unis qui investirent de gros moyens, notamment au Mali. Ignorant la tectonique ethno-raciale sahélienne, ils y formèrent des cadres qui désertèrent au mois de janvier 2012 et contre lesquels nos soldats sont aujourd’hui engagés.

 

4) Ceux qui ont lancé la guerre contre le colonel Kadhafi étaient des irresponsables et je n’ai cessé de le dire depuis le premier jour. Outre qu’ils ont provoqué une réaction déstabilisatrice en chaîne, ils ont armé les jihadistes. Il faut en effet savoir que certaines des armes aujourd’hui utilisées contre nos soldats proviennent de nos propres arsenaux et qu’elles furent généreusement parachutées aux « démocrates » libyens  chers à BHL.  

 

Ceci étant, quelle est la réalité de la situation ?

 

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( II ) Le nouvel art de la guerre, de Gérard Chaliand, par Edouard Boulogne.

Nouvel-art-de-la-guerre.jpg

 

  http://www.lescrutateur.com/article-le-nouvel-art-de-la-guerre-de-gerard-chaliand-par-edouard-boulogne-54616715.html

 

( Gérard Chaliand Le nouvel art de la guerre. Pocket. 160 pages).

 

 

En 160 pages, Gérard Chaliand réussit un tour de force, pour ceux qui, sans être des spécialistes, veulent réfléchir sur le phénomène guerre, multiforme, et toujours présent, sauf pour les autruches qui préfèrent se voiler le regard, et vivre insouciants, encore une minute, encore une minute, monsieur le bourreau!

Professeur à Harvard, Berkeley, à l'ENA, au Collège interarmées de défense, M.Chaliand est aussi un homme de terrain, qui a passé plus de trente ans en Afrique, en Asie, et en Amérique latine.

Cet ouvrage n'est que le plus récent d'une longue série.

Après avoir, dans les deux premières parties, dressé la généalogie de la guerre, évoqué celle-ci, de la plus lointaine antiquité jusqu'à l'époque moderne, présenté les grandes figures européennes des guerres coloniales en Afrique en Asie, Galliéni, Lyautey, Lord kitchener, etc, il aborde dans une troisième partie les transformations de la « guerre irrégulière ». ( guerre révolutionnaire, psychologique, et de guerrilla ).

Tandis qu'au 18è et surtout aux 19è siècle, l'Angleterre et la France, surtout, mais aussi d'autres puissances européennes s'imposent sans grandes difficultés à des territoires immenses et avec des moyens humains dérisoires, (un rapport de un à trente dans les rapports de force), tout change à partir de la fin de la première guerre mondiale et surtout de la seconde.

En 1960, les grandes puissances coloniales ont vu s'effondrer leurs empires, et depuis lors les interventions militaires de l'occident, et non plus désormais de la seule Europe, ont connu un très grand nombre d'échecs, malgré le fait de l'énorme disproportion qui subsiste entre leurs forces armées et celles de leurs adversaires.

Cela tient selon l'auteur à de multiples causes.

Par exemple à l'affaiblissement démographique des occidentaux, et a contrario à l'explosion démographique dans les contrées asiatiques, ou africaines. Ou encore, à l'affaiblissement relatif de l'Europe, suite à ses guerres civiles internes ( 14-18 et 39-45), à une plus grande implication des opinions publiques occidentales, et au poids sur elles des médias qui jouent un rôle majeur. C'est à Washington, et non sur le terrain en extrême orient que fut perdue par les USA le seconde guerre du Viet-Nam.

Gérard Chaliand, qui parle en analyste du phénomène, et non en va-t-en-guerre, insiste sur la gravité d'une évolution des mentalités, moins amoureuse de paix, que démissionnaire, et hédoniste.

Aujourd'hui, aux USA ( et pas seulement ) prévaut la sensibilité du "Zero mort", dans n'importe quel conflit. En 1987, lors de l'opération en Somalie, l'évacuation des forces fut décidée après le 18è mort américain. D'où, en 1999, une action uniquement arérienne en Bosnie ( pas de victimes).

Mais quand il faut éradiquer un mal plus tenace et dangereux, comme actuellement en Afghanistan, les frappes aériennes sont évidemment insuffisantes, et l'on sait les réticences de plus en plus vives que rencontre le gouvernement du président Obama à mener la lutte indispensable contre le fanatisme taliban. «  La doctrine de la guerre « zéro mort », qui veut aboutir à l'économie extrême des effectifs, est la conséquence d'une opinion publique occidentale qui trouve également insupportables les pertes de l'adversaire ».

A ce compte on ne voit pas quelle guerre, même préventive, pourrait être menée, avec quelque chance de succès. L'opinion publique occidentale se retrouve, toutes choses égales, dans la situation où elle se trouvait en 1936, lorsque face au péril nazi, les pacifistes clamaient « mieux vaut une France nazifiée qu'une France en guerre » (  Manifeste d'intellectuels , parmi lesquels JP Sartre et Simone de Beauvoir ). Où encore dans les années 1980, quand les mêmes « pacifistes » ( en réalité communistes ) hulullaient : «  Plutôt rouges que morts ».

Et l'actualité intérieure française de ces dernières semaines nous indique comment, même sur le plan du maintien de l'ordre et de la sécurité, cet état d'esprit est présent et inhibant pour les pouvoirs publics. Lorsque des voyous, en pleine action forcent un barrage de police, et que les forces de l'ordre font usage de leurs armes, si l'une des "racailles" est blessée ou tuée, les médias ouvrent le feu sur les défenseurs de l'ordre, et parlent de chasse au faciès, de dérive fascisante ou raciste etc.

Gérard Chaliand a bien raison de souligner que l'une des préocupations majeures des responsables politiques occidentaux aujourd'hui est de trouver les méthodes aptes à résoudre cette énervation des consciences occidentales.Et, pour cela, il faut de l'intelligence et du courage. 

Sinon, il faudrait s'attendre à un triomphe des plus funestes idéologie, et Al-Qaîda a de beaux jours devant lui.

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

 

 

 

 

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Chabine Dorée 19/01/2013 11:17


la citation exacte de Clausewitz est : " La guerre est la continuation de la POLITIQUE par d'autres moyens "

Edouard Boulogne 19/01/2013 11:21



Le Scrutateur a des lecteurs en OR, ( chabine ou non! ).



PAOLE 19/01/2013 07:25


Bravo pour cet article (et combien d'autres) résumant si bien la situation actuelle !

Infidéliste 19/01/2013 05:52


Prise d'otages à
In Amenas : Alger accusé de jouer un double jeu


Alors que
la confusion règne toujours autour du site gazier d'In Amenas, un expert britannique affirme que l’Etat algérien serait complice de l’opération terroriste.




Quelques jours après la prise en
otages des employés du site gazier d’In Amenas et l'intervention des forces algériennes, les
informations précises sur la situation sur place arrivent toujours au compte-gouttes. Seule certitude, le groupe islamiste Aqmi est à l'origine de cette attaque qui s'est déroulée sur le site exploité par l’algérien Sonatrach, le britannique British Petroleum et le
norvégien Statoil.


On sait aussi que cette attaque est intervenue "en réaction à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre
le nord du Mali", selon les propos tenus par  les propos de Mokhtar Belmoktar l'un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) que citent plusieurs sites algériens.


Mais l’agence d’information kabyle "Siwel" apportait mercredi soir un tout autre éclairage sur cette prise d’otage. Elle relaie sur son site les propos tenus par Jeremy Keenan, un spécialiste britannique de la région Sahel, sur la chaîne
BBC news : "L’attaque en Algérie ressemble à un ‘inside job’ (une opération menée de l’intérieur, ndlr), a-t-il affirmé mercredi 16 janvier à la chaîne britannique. D’après cet
anthropologue, c'est le pouvoir algérien qui tirerait les ficelles de cette opération. Au micro de la BBC, l’expert pointe "la complicité du gouvernement (algérien), alors que la
sécurité (à In Amenas) rend le site hermétique".


Ce professeur à Université de Londres (School of Oriental and African Studies) soutient cette thèse depuis longtemps. Certains sites français ont d'ailleurs mis en ligne
une interview vidéo réalisée à l’été 2012 par Al-Jazeera et dans laquelle il détaillait déjà sa théorie.


Un trafic de drogue à 10 milliards


Dans cette vidéo, Jeremy Keenan donne sans détour une toute autre vision géopolitique du
conflit au Mali et au Sahel : "Les services secrets (algériens et américains) ont un intérêt à maintenir un certain degré d’instabilité pour garder la zone sous le contrôle de l’AFRICOM (The
United States Africa Command)", affirme l’expert.


Alors que la journaliste dAl Jazeera lui demande d’apporter une preuve que ces groupes terroristes au Mali et au Sahel reçoivent l’appui du gouvernement algérien, Jeremy Keenan répond : "les
leaders de ces groupes (dont l’AQMI) ont des liens directs avec les services secrets algériens (…) Ils sont tous impliqués dans l’immense trafic de la drogue qui transite dans la région,
c’est l’épicentre du commerce de la cocaïne qui provient d’Amérique du Sud vers l’Europe, estimé à 10 milliards de dollars par an".


Dès cet été, Jeremy Keenan émettait cette mise en garde : "SI la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique Occidentale, qui a annoncé ce jeudi l’envoi de 2.000 soldats au Mali ndlr)
opte pour une intervention militaire, elle conduirait à un chaos absolu dans la région qui se propagera selon toute probabilité vers le Niger et vers les autres étendues".


VIDEO : L'interview de Jeremy Keenan sur Al-Jazeera (été 2012) : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=7njfobgk21k