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Publié par Edouard Boulogne

 

L'histoire de l'esclavage, oui! Mais toute la vérité!

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Le hasard d'une recherche me fait tomber sur une de ces innombrables perfidies des séparatistes guadeloupéens à mon encontre.

Il paraît selon ces messieurs que j'aurais fait disparaître de mon blog le texte que l'on va lire. Le sous-entendu est que ce texte aurait proféré des choses innommables sur le triste phénomène de l'esclavage américain et antillais, et que j'aurais été obligé, par crainte, de les faire disparaître.

La vérité est beaucoup plus simple. Quand j'ai cessé d'utiliser Skyblog comme fournisseur de service, j'ai transféré sur le nouveau Scrutateur Guadeloupéen une partie des archives de l'ancien blog. Au cours de ce transfert un dysfonctionnement a fait disparaître le texte, tout en conservant le titre. ( Le texte original, est conservé aux Archives départementales de la Guadeloupe, à Bisdary ( Gourbeyre ) où les curieux pourront vérifier l'exactitude de mes dires. Tant pis pour les « mal parlants!
On pourra lire sur le même sujet le texte beaucoup plus développé paru dans mon livre :"Libres paroles (un abécédaire politique)".
Pour ceux qui aurait plus d'appétit, ils se reporteront à :
*François Renault et Serge Daget : Les traites négrières en Afrique (Editions Karthala).
*Olivier Pétré-Grenouilleau : Les traites négrières-Essai d'histoire globale; (éditions Gallimard).



ESCLAVAGE.

Eléments pour une

MISE A PLAT DU PHENOMENE



"Historiens ou partisans, hommes d'étude, homme d'action, se font à demi consciemment, à demi inconsciemment, infiniment sensibles à certains faits à certains traits, -parfaitement insensibles à d'autres ,qui gênent ou ruinent leurs thèses ; et ni le degré de culture de ces esprits, ni la solidité ou la plénitude de leur savoir, ni même leur loyauté ,ni leur profondeur ,ne semble avoir la moindre influence sur ce qu'on peut nommer leur puissance de dissentiment historique."

Paul VALERY.





(1)1848:cent cinquante ans après.


Pour qui veut maîtriser son présent et tenter de préparer l'avenir il faut connaître son passé.
Le passé humain est, certes, rempli d'actes somptueux et héroïques, mais il s'y mêle aussi, inextricablement, l'horrible et le barbare, le médiocre et l'atroce.
Notre passé national et régional n'échappe pas à la règle de cette étrange intrication.
Ainsi la construction de la France outre mer, s'est trouvée liée à cet esclavage, pourtant, lentement, progressivement aboli tout au long du moyen-âge sous l'influence de l'Eglise catholique.
Pire, il a progressivement pris une connotation raciale, qui contribue à faire que, cent cinquante ans après sa seconde abolition il subsiste de cette époque douloureuse, et dans toutes les couches de la population, sans exception, des séquelles douloureuses.
C'est pourquoi il faut commémorer : pour panser, réconcilier, construire.
Le psychiatre français d'origine juive Henri Baruk a montré que certaines maladies de l'âme, la paranoïa par exemple,proviennent du refus d'un sujet de se reconnaître coupable d'un acte hautement répréhensible,et de sa tentative inconsciente de s'en disculper en agressant l'autre,en le prenant comme bouc émissaire,en le persécutant,de mille manières.Ce qui vaut pour l'individu est transférable en partie pour les groupes sociaux.Selon Baruk,une thérapie "morale" est possible;elle passe par l'examen de conscience des parties en présence,dans un esprit de vérité,et d'humilité réciproque.1
Cet examen de conscience,nous l'avons les uns et les autres,en Guadeloupe,Martinique ,partout où le cas se pose dans l'outre mer français,commencé il y a bien longtemps en ce qui concerne l'esclavage.Il a été parfois difficile,il le demeure encore,surtout du fait de minorités,très petites mais bruyantes .
Pour ma part je n'ai jamais rencontré de blanc créole,de béké,nostalgique du temps d'avant 1848.L'un d'entre eux ,un homme de ma génération me disait récemment:"l'esclavage a engendré deux sentiments,la honte et la haine."Ce sont deux sentiments négatifs.Une société performante,à tous égards,ne peut être fondée sur eux.
Aussi bien me semble-t-il,sauf pour ceux qui ont intérêt à fouailler les plaies,-les charognards du malheur-,que la honte et la haine vont en s'effaçant.
Baruk parlait,comme conditions de la guérison,de loyauté et d'esprit de vérité.
C'est cet esprit de vérité qu'il faut évoquer en ces jours de commémoration.
Les charognards du malheur donnent dans le dolorisme.Par une extrapolation aussi hardie que discutable,il font de la traite négrière d'Afrique vers l'Amérique,du 16ème au 19ème siècle un phénomène quasi unique,et de l'esclavage dont nous avons souffert le quasi apanage,par delà les békés,de la race blanche en général.
Peut-être l'esprit de vérité,et de réconciliation féconde,exige t-il un examen plus objectif ou plus honnête de cette question difficile.




(2)L'étiologie.2


Le fait qu'un phénomène aussi ancien,constant et odieux que l'esclavage (il dure encore,et sous des formes brutales aujourd'hui,en Afrique et en Asie par exemple) ait pu être pratiqué,toléré,justifié par des hommes qui n'étaient pas tous des brutes,il s'en faut parfois de beaucoup,donne à penser et incite à la recherche des causes.
Nombreuses,de nature diverses,elles interagissent les unes sur les autres et leur importance respective varie selon les pays et les époques.
Le facteur économique et le degré de sous développement technique des sociétés,a joué certainement un rôle déterminant dans le développement du phénomène.
Dans l'antiquité le philosophe Aristote justifie l'esclavage.Dans son célèbre ouvrage Les Politiques,il écrit :"l'utilité des animaux privés et celle des esclaves sont à peu près les mêmes : les uns comme les autres nous aident par le secours de leur force corporelle à satisfaire les besoins de l'existence".
On notera le ton détaché du philosophe.L'esclavage lui apparait comme une nécessité.Il y a une division du travail,et il faut bien (sentiment d'une sorte de nécessité naturelle) qu'il y ait des esclaves pour que fonctionne la société faute d'un outillage qui permette de se substituer au "cheptel humain".Aristote a d'ailleurs une claire intuition de l'avanir quand il écrit encore :"si les navettes3 tissaient d'elles-mêmes,et si les plectres pinçaient tout seuls la cithare,alors,ni les chefs d'artisans n'auraient besoin d'ouvriers,ni les maîtres d'esclaves".
Dans l'antiquité par exemple l'attelage était constitué de sangles souples enserrant le poitrail de l'animal et l'étouffant.C'est pourquoi les animaux jouaient alors un rôle moins important à cette époque que dans les temps modernes,avant que le machinisme ne se substitue à son tour à eux,du moins dans les pays développés.Ce n'est qu'au 10 ème siècle,en Europe,que l'attelage moderne est inventé?C'est aussi le momen où sous l'influence de l'Eglise,le servage se substitue de plus en plus à l'esclavage.
Que l'esclavage apparaisse dans les temps anciens comme une nécessité incontournable explique que l'Eglise n'adopte pas alors,de position tranchée,spectaculaire.
L'Evangile est,dans son essence,opposé à toute exploitation de l'homme par l'homme,à toute réduction de l'homme au statut d'objet négociable.L'homme pour Jésus n'est pas le membre d'un clan ou d'une nation en dehors de laquelle il n'y aurait que des "barbares"."Allez,et prêchez à toutes les nations" dit-il.Mais pas de malédictions contre les maîtres et d'incitation des esclaves à la révolte généralisée.
La position de St-Paul donne le ton."Le baptême réunit en un seul esprit et un seul corps Juifs,esclaves ou hommes libres" dit l'apôtre dans l'Epître aux Corinthiens.
Parmi les maîtres,il y a des chrétiens.L'un d'eux s'enfuit,marronne,dirions nous aux Antilles.
C'est Onésime,esclave de Philémon,chrétien,ami de St-Paul.Onésime se réfugie auprès de Paul qui se met en position délicate,puisque secourir un esclave en fuite est une faute grave selon la loi,et sévèrement punie.St-Paul écrit à Philémon pour le convaincre de pardonner à l' esclave fugitif,et de le bien traiter.L'apôtre termine sa lettre par une phrase sibylline:"Je sais bien que tu feras plus encore que je ne demande".Invitation à Philémon d'affranchir Onésime?Peut-être.Mais nul appel abstrait à l'abolition de l'esclavage en général.4
A l'époque,celui-ci,répétons le,apparait comme inévitable.Les révoltes d'esclaves de terminent d'ailleurs dans la tragédie.La plus célèbre,celle de Spartacus ,s'achève par la cruxifixion sur des kilomètres,le long de la voie Appienne,près de Rome,de milliers d'esclaves qui agonisent longuement.L'Eglise cherche alors à adoucir l'institution de l'intérieur,comme elle tenta,de ses débuts à nos jours,d'adoucir, le sort des malades les plus contagieux,et les plus répugnants.A t-on jamais condamné la lèpre?Des prêtres, religieuses, chrétiens moururent au service des lépreux,jusqu'à ce que le progrès scientifique permit de vaincre cette terrible maladie.
Mais l'esclavage a aussi des causes culturelles.
Certaines cultures,certaines religions facilitent le développement de l'esclavage indépendamment des causes économiques.Baillie par exemple5 écrit : "En Islam,naturellement,l'esclavage a une tradition vénérable et il était largement pratiqué dans l'Afrique musulmane (...).La loi islamique codifie non seulement la vente des non musulmans comme esclaves...mais en outre des hommes libres (il faut entendre des croyants musulmans,note de Meillassoux) pouvaient dans des circonstances précises,être réduits en esclavage.Cette réduction est appelée mubâh".
Toutes ces causes germent enfin d'autant plus facilement que l'être humain,en dépit des rêveries de Jean-Jacques Rousseau,n'est pas naturellement bon.
Comment expliquer,en effet,que souvent,et en Guadeloupe comme ailleurs dans le monde et dans l'histoire,des esclaves à peine affranchis se soient faits propriétaires d'esclaves,et parmi les plus cruels?Meillassoux dans son livre déjà cité (page 256 notamment) parle même de l'existence bien codifiée d'une institution d'esclaves maîtres d'esclaves au Sénégal(avant la colonisation).



(3)Bref rappel historique.


Sans entrer ici,évidemment, dans les détails d'un fait aussi ancien que l'esclavage,il faut pourtant rappeler qu'il constitua,peut-être dans des temps très anciens,une sorte de progrès!Dans ces temps archaïques,l'homme en proie à l'urgence du besoin,ne faisait pas de quartiers.Dans la lutte des clans et des hordes,le vaincu était mangé sans autres formes de procès.L'esclavage survint quand le vainqueur perçut le vaincu comme un instrument de sa propre survie.Il lui laissa la vie à condition qu'il se mit à son service.
Terriblement ancien,l'esclavage est aussi multiforme.6 Il existait chez les Hébreux,et il en est question dans la Bible.Les spécialistes de la question ont parlé pour le caractériser d'esclavage symbiotique(La symbiose étant un terme de biologie évoquant l'association de deux ou plusieurs organismes.).Il s'agissait d'un esclavage doux.Les faibles abdiquaient leur liberté entre les mains d'un plus fort en se mettant à son service moyennant protection.Il y avait même des devoirs réciproques,et si le maître n'était plus capable d'assumer ses devoirs de protection,l'esclave retrouvait sa liberté.
Différent est "l'esclavage cheptel" qui apparait dans l'ancienne Egypte,et prendra plus tard en Grèce et surtout à Rome une ampleur et une dureté beaucoup plus grandes.Le terme "esclave" recouvre souvent des réalités ou des statuts très variés.Les plus nombreux sont des quasi bêtes de somme,mais il faut compter avec des "serviteurs" bien mieux traités,et même avec des esclaves intellectuels,respectés,et souvent affranchis par leurs maîtres,comme par exemple le grand philosophe stoïcien Epictète.
Le christianisme,et parallèlement,quoique à un moindre degré le stoïcisme,introduisit dans la morale universelle un principe nouveau qui bouleversa les données de notre problème.Dans son essence il subvertit le principe même de l'esclavage,puisque tout homme de toute origine,ethnique,raciale,religieuse,etc,est une personne humaine,créée à l'image de Dieu,ayant droit au respect,et à l'amour ,et ne peut donc être traité comme une chose,un bien négociable.Dès la fin de l'empire romain la situation des esclaves allait s'adoucissant;et au moyen âge l'ancien esclavage disparaîtra peu à peu sous l'action lente et patiente de l'Eglise catholique."A cette époque l'Eglise était parvenue à imposer son point de vue et ses membres poursuivaient l'oeuvre amorcée par les réformateurs Romains.Le cas échéant elle n'hésitait pas à jouer de cette arme redoutable : l'excommunication..(.....)Lorsqu'on lui en faisait don ,l'Eglise donnait aux captifs les mêmes droits que les hommes libres et les établissait sur ses terres."7
Car s'il faut éviter les rêveries idylliques,et autres bergeries,-les conditions économiques et le degré peu élevé de développement technique rendent la vie quotidienne très difficiles,pour tout le monde,y compris les seigneurs,-le servage du moyen âge n'est pas l'esclavage de l'antiquité.La grande médiéviste 8 Régine Pernoud écrit :"...Il n'y a aucune mesure entre le servus antique,l'esclave,et le servus médiéval,le serf.Car l'un est une chose et l'autre un homme."
Hélas!l'esclavage(mais non toute exploitation,évidemment,de l'homme par l'homme)peu à peu supprimé sur la terre d'Europe va refleurir en Amérique,et,en partie sous la férule européenne,dans les terres d'Amérique.Régine Pernoud y voit notamment une conséquence de la perte d'influence du christianisme en Europe et d'un retour en force dans la culture européenne du paganisme antique en ces temps paradoxalement(???)dénommés "Renaissance",et dans l' âge classique.La traite des nègres va commencer,le commerce triangulaire,et,pour madame Pernoud il par ait hors de doute que le regain d'influence de l'Antiquité a joué pour justifier cet injustifiable commerce."9
La traite,l'esclavage en Amérique et aux Antilles va dès lors commencer.C'est l'époque des grands voyages et de la propagation des grandes utopies et des grands rêves souvent si meurtriers qui périodiquement s'emparent de l'imaginaire humain.Des européens mal à l'aise chez eux,des aventuriers aussi se prirent à rêver du pays d'El Dorado,un roi mythique qui,nu,le corps oint de corps gras se roulait,disait-on,dans de la poudre d'or.Départ donc vers les rives enchantées,que le poète a traduit en vers inoubliables :
"Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines
De Palos,de Moguer,routiers et capitaines
Partaient,ivres d'un rêve héroique et brutal."
Déception évidemment à l'arrivée,et bientôt exploitation sévère de ceux qui s'y trouvaient.



(3)La vérité,mais toute la vérité!





On sait comment l'indigène amérindien fut bientôt remplacé par des nègres achetés en Afrique,comment se créa dans la douleur l'économie de plantation,longtemps très lucrative pour l'Europe.On connaît l'atroce promiscuité du voyage,le taux important de mortalité,le traitement d'êtres humains,à nouveau,comme dans l'antiquité, en biens négociables.On sait ou l'on croit savoir,on sait en tout cas partiellement!
Car l'esprit de vérité oblige à dire que la vie dans les plantations n'était pas tous les jours,à tous moments et pour tous ce que nous en montrent les images d'Epinal des abolitionistes,justifiées certes par la noblesse de la fin poursuivie,mais qui sont enfin des images de combat,non des reportages sur le quotidien,pas plus que les textes de Montesquieu,de Voltaire (qui avait des actions dans le commerce triangulaire par ailleurs),du père Dutertre,de Schoelcher,etc.Si vénérables soient-ils,par la finalité de leur engagement ces textes sont des textes de combat,que l'historien épris de vérité doit donc lire comme tels.
Qu'un maître ait pu fouetter son esclave au sang,saler et pimenter les plaies,lui chauffer le dos et lui faire crever les pustules par un chat,cela est possible,atroce,mais porte la marque d'un esprit déréglé.On a vu pire dans les camps nazis,et dans les goulags communistes.
Mais que tous les maîtres aient agi ainsi quotidiennement relève du délire.Le simple calcul économique les eut empéchés de saborder leur matériel de travail.Ils raisonnaient comme Caton l'ancien dont on disait "il est doux et humain envers ses esclaves par spéculation".Et c'est Victor Schoelcher si justement sévère pour l'esclavagisme qui tempère son propos par cette remarque que :"l'idée générale de la douceur relative avec laquelle les Français traitaient leurs esclaves est admise par tous ceux qui se sont occupés de ces questions."
Dans un bel ouvrage publié en 1948,à l'occasion du premier centenaire de l'abolition,l'historien Gaston Martin,professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux écrit : 10 "Il est malaisé d'atteindre à la vérité sur le sort habituel des esclaves.Les mémoires des Chambres et généraux de commerce sont délibérément optimistes.Les réquisitoires des anti esclavagistes,qui se multiplieront à partir de la Paix de Paris,ont tendance à ériger en règles des cas extrëmes de sévices,dont certains correspondent à des récits exacts,mais cités par les narrateurs de première main comme des cas isolés,particulièrement odieux et frappants,non comme des pratiques habituelles"
Enfin,il faut situer ces excès eux-mêmes, dans leur temps-non pour les excuser du point de vue d'une morale abstraite intemporelle,mais pour mieux comprendre et éviter cette faute grave de méthode le péché capital en histoire:l'anachronisme.
Par exemple en France le supplice atroce de la roue est encore pratiqué.En Angleterre sous le règne de Georges 3 qui s'acheva en 1810 pas moins de 170 délits étaient passible de la peine de mort.En 1735,dans le middlesex Mary Wottom agée de huit ans est condamnée à mort et exécutée par ce que soupçonnée de vol.En 1531,le Parlement donne son accord pour faire bouillir vivants certains criminels.Les flagellations publiques sont encore fréquentes en Europe et en Angleterre en 1838.11 Il s'agit là des châtiments exercés en Europe par des blancs sur d'autres blancs.Une connaissance non idéologique de l'histoire,aide à relativiser,et en même temps libére des fantasmes aliénants,et du fanatisme.
Et puis sur la traite,il faut savoir,en esprit de vérité toujours,ce qu'ignore beaucoup ,parce qu'on ne leur a pas dit,mais que n'ignorent pas les charognards du malheur parce qu'ils en escomptent des bénéfices : à savoir,que les négriers ne faisaient qu'acheter sur la côte africaines les millions d'indigènes enchaînés par leur maîtres Africains noirs.
Dans une très remarquable communication faite à fort de France en 1986 à l'occasion d'un colloque interdisciplinaire sur la période révolutionnaire aux antilles,le philosophe et historien Georges Gusdorf12 déclare:"il ne semble pas que l'on s'intéresse à la chaine esclavagiste avant le moment où le négrier prend possession de sa sinistre cargaison dans le port de départ.Une singulière restriction mentale jette un voile sur ce qui s'est passé avant que les captifs ne soient disponibles au lieu de leur embarquement.Seuls les blancs paraissent impliqués.(.....)Or si les négriers blancs peuvent se livrer à leur fructueux trafic,c'est parce qu'ils trouvent sur place des fournisseurs qui leur livrent une marchandise prête à être embarquée.(.....)Le recrutement et l'acheminement de la marchandise était assuré par des trafiquants indigènes généralement musulmans,avec la complicité des roitelets locaux(.....).L'acheminement des captifs(depuis l'intérieur de l'Afrique)dans des conditions difficiles,donnait lieu à des pertes considérables.Le missionnaire explorateur Ecossais David Livingstone (1813-1873),qui consacra sa vie à la découverte de l'Afrique australe et mourut à la peine,après avoir visité des régions dévastées par la traite,estimait qu'un sur dix des individus razziés atteignait le port d'embarquement,et que parmi les survivants,un sur deux mourait avant d'arriver à destination."13
Et Gusdorf poursuit :"L'histoire de l'Afrique n'est pas faite.En premier lieu parce que les traces ont été effacées.Mais aussi du fait de l'amour propre des Africains,peu soucieux de dévoiler une si longue suite d'atrocités,alors que les occidentaux mettent beaucoup d'acharnement à charger leur propre culture de tout le péché du monde,en lui attribuant l'intégralité d'une culpabilité qui devrait être équitablement partagée.de plus,pour des motivations qui demanderaient à être psychanalysées,de véritables tabous que s'imposent les intellectuels occidentaux protègent d'une part le domaine arabo-musulman et d'autre part la race noire,toute mise en cause de ces composantes de l'humanité donnant lieu à l'accusation redoutable de racisme,et pouvant faire l'objet de poursuites judiciaires.On n'a donc pas le droit de dénoncer les bourreaux,ou de trop insister sur la passivité des victimes.Nous pouvons tout savoir sur la comptabilité d'un armateur négrier de Nantes,mais le trafiquant arabe ou métis de Zanzibar,le petit potentat masssacreur et vendeur d'hommes du Dahomey y voient leur incognito protégé par une conspiration du silence.".
On excusera la longueur de cette citation qui,me semble-t-il,en valait la peine.



(4)Drôles de Persans!

"Notre prochain, ce n'est pas notre voisin, c'est le voisin du voisin", ainsi pensent toutes les nations.

NIETZSCHE.



Qui veut excuser les excès des uns au nom des excès des autres?Certainement pas l'auteur de ces lignes,qui s'efforce conformément à une ligne constante de parler vrai.Il s'agit pour les Antillais que nous sommes d'assumer ce qu'il y a de difficile à admettre pour des consciences éprises d'honneur,marqués par le christianisme.Une commémoration n'a de valeur que si elle permet une mise à plat complète d'un contentieux ancien dont il reste des plaies qui suppurent.
Osons le dire,s'il faut récuser ceux qui voudraient escamoter l'évènement historique,il faut rejeter tout autant les profiteurs de malaises,les faux humanistes,et démagogues de tout poil,sourciers infatigables de fétidités enfouies,et racleurs de grattelles oubliées.Ces faux humanistes pullulent,à la recherche des bonnes poires qui auront la naïveté de gober leur propos enfarinés.Que l'on me permette de citer encore à leur sujet le professeur Gusdorf qui les connait très bien :" Aujourd'hui encore débarquent sur les bords de Seine ou de l'Hudson(et en Guadeloupe ou Martinique,ajouterons-nous),des Persans 14 de tout accabit en complet veston qui se livrent dans les organisations internationnales à une critique radicale de la civilisation occidentale,dénonçant ses excès et ses abus,les injustices en tout genre dont elle accable le tiers monde au nom des droits de l'homme.Rentrés chez eux les mêmes individus,ayant dépouillé leur déguisement à l'Européenne revêtent le costume local et reprennent la mentalité et la rhétorique en vigueur dans leurs espaces mentaux respectifs,où la valeur de la vie n'est pas la même,et où l'on n'a jamais accordé beaucoup d'imporatnce aux droits de l'homme,ni à ceux de la femme,même si les représentants diplomatiques de ces pays ont contresigné de belles déclarations universelles garantissant les droits en question dans un langage occidental,intraduisible dans les idiomes locaux".
Il y a un autre auteur que j'aimerais citer pour conclure .Je le cite d'autant plus volontiers que philosophiquement il se situe très loin de moi puisqu'il est marxiste.Cet auteur c'est l'écrivain (point vaine...malgré son marxisme!)Jacqueline Lamartinière dont j'aime à évoquer la brochure intitulée : Le noirisme,essai sur la négritude et son utilisation dans le contexte haïtien.Haïti est cette "première République noire" où l'esclavage n'a jamais disparu,même s'il n'en porte pas le nom,ce qui est peut-être pire.Dans une perpective marxiste qui n'est pas la mienne,mais qui dans ce cas précis n'en saisit pas moins un aspect important de la réalité de ce malheureux pays elle note que les Duvaliers par exemple ont assis et perpétué leur pouvoir despotique sur une idéologie noiriste:"Ne votez jamais pour qui est plus clair de peau que vous".
Madame Lamartinière écrit(page 11)"Toutes ces fadaises noiristes n'ont qu'un but : démontrer aux masses,leur faire admettre que le blanc est l'ennemi ,que le noir est l'ami,qu'elles doivent se laisser diriger de préférence par les noirs,portant ainsi un coup fatal aux revendications populaires et à la lutte des classes".Plus loin l'auteur évoque le rejet radical de la civilisation occidentale européenne.Elle écrit(page29):"L'idée que la civilisation européenne est responsable du racisme colonial rejoint le rejet de l'assimilation culturelle de l'occcident chrétien,et se rapproche de l'exaltation du nègre,du vaudou,du créole,dont le but visé est bien clair : remplacer le fouet blanc par le fouet noir".!
Lecteur ami qui avez eu la patience de suivre jusqu'ici mon effort de vérité,croyez vous que les Persans de Gusdorf,les macoutes haïtiens ont leurs correspondants,ici,en Guadeloupe,et en Martinique,en la personne de certains de nos distingués commémorateurs?....Moi aussi!


Edouard BOULOGNE.

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le Fils Oloff (phisolophe) 20/05/2013 21:01


 Merci pour les connaissances que vous partagez avec nous.Je pense que c'est Aristide Briand qu'on appelait "l'arrangeur". Ironie du sort, j'ai moi-même été appelé "arrangeur" et
"phisolophe", en classe de seconde, en 1970.


Ceux qui cherchent à effacer les mots tels que nègre, esclave ou esclavage, cherchent à effacer une histoire, un vécu, une expérience, un homme, des hommes. Je ne veux pas qu'on efface mon
histoire; je veux la connaître. Mon histoire est mon patrimoine, mon héritage; il m'appartient. Mon histoire, c'est aussi ma culture, ma religion, les connaissances de mes ancêtres. Mes ancêtres
doivent être décus que je ne sache d'eux QUE, et UNIQUEMENTce que des étrangers me racontent. Ces derniers cherchent à préserver leurs intérêts, pas les miens, en monopolisant la transmission des
savoirs (éducation).


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Aucun peuple ne laisse à un autre le soin de raconter son histoire. En larguant les bombes atomiques sur le Japon, les Américains ont tout
détruit mais n'ont rien changé: le Japon est de nouveau une grande puissance mondiale. Ceux qui veulent effacer les mots doit comprendre qu'ils ne peuvent pas cacher longtemps la vérité; elle est
inscrite dans nos gènes et finit toujours par remonter à la surface, surtout chez ceux qui cherchent à la faire remonter et qui sont justes, humbles, honnêtes et courageux, qui n'ont pas peur de
ce qu'ils vont découvrir. Je découvre mes vérité et mon histoire à 60 ans mais ceux qui me suivent la découvriront plus jeunes, s'ils le veulent. Je suis nègre, esclave et toujours en esclavage
et je suis fier de savoir qui je suis et où je vais.


A ceux qui vous traitent de raciste, je pose une question: qu'a t-il pensé, dit ou fait de mal, et quand? Ensuite, je leur demanderai ce que vous avez fait de bien. Selon ce qu'ils répondront, je
verrai s'ils vous connaissent ou pas. Et s'ils ne vous connaissent pas, je ne leur donne aucun droit de vous juger. Et si toutefois je pense que vous êtes raciste, je vous demanderai des cesser
de penser, de dire et de faire du mal, mais pas de ne pas être raciste. Je vous conseille vivement d'être raciste, car chacun doit connaître sa race et la conserver, la défendre, la mettre en
valeur, l'aimer et la transmettre à sa progéniture. Est-ce un crime de vouloir conserver sa race? Je m'identifie à la race noire bien que mon père soit blanc, tout blanc, blanc blanc, comme les
Allemands. Vous comprendrez alors que j'estime que Le Pen et sa bande ont le droit d'être comme ils sont; mais qu'ils veuillent pousser tout le monde à être comme eux, je ne suis pas d'accord.
Les homosexuels existent, on ne va tout de même les mettre dans la chambre à gaz, mais qu'ils acceptent de poursuivre le changement qu'ils ont entamé en devenant l'autre sexe; qu'ils poursuivent
ce changement jusqu'à ce qu'ils reviennent à leur sexe de départ. Qu'ils prennent tout le temps qu'ils faudra mais qu'ils ne s'arrêtent que lorsqu'ils retrouveront leur sexe de naissance. on se
comporte selon son sexe, selon sa race. On ne change pas de sexe ou de race pour se faciliter l'existence. La vie est faite de transformation et de stabilisation, de progression et
d'immobilisation. L'équilibre est la seule chose qui compte.


Merci de votre attention.


Sincèrement vôtre,


Phisolophe, le Fils Oloff