Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

jour-colere-hollande.jpg

 

Dimanche s'est déroulée, à Paris, une manifestation contre la politique débilitante pour la France, du pouvoir politique actuel. En dépit du fait que certains de ceux avec qui je sympathise avaient appelé à y participer, j'avais manifesté mes réticences, à l'instar d'autres amis, plus armés dans leur tête, que dans leurs biceps.

Restaurer une France digne de son histoire, ne sera possible que par une politique pensée, dans la durée.

L'une des forces, de ce que j'appelle la gauche ( par commodité ) est la patience dans l'entreprise de démolition. Ce que j'appelle la droite ( toujours par commodité ) préfère trop souvent les effets, les manifestations musclées, au long travail de sape de leur adversaire. ( http://www.lescrutateur.com/article-etes-vous-de-droite-ou-de-gauche-par-edouard-boulogne-71015124.html ).

C'est ainsi que les lions et les guépards perdent régulièrement du terrain sur les termites ( qu' en Guadeloupe nous appelons les poux de bois ).

C'est pourquoi pour commenter cette manifestation, très bellement nommée Jour de colère, ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Dies_Irae ), j'ai choisi de donner la parole d'abord à Gérard Leclerc, ( voir le premier article ci-dessous ), dont la perspicacité, et la modération sont le plus souvent remarquables.

Ensuite à Eugénie Bastié, du site, souvent intéressant : Le Causeur.

A la suite de ces deux articles j'offre un BONUS aux lecteurs mélomanes du Scrutateur.

Le Dies irae est une prière traditionnelle de l'office des morts chez les catholiques.

J'en propose trois versions. La première, la plus ancienne, est celleen chant grégorien qui date du moyen âge.

Les deux autres, moins sobres, portant la marque de l'époque du romantisme où elles ont été composées, sont extraites des Requiem, respectivement, de Berlioz, et de Verdi.

A mes yeux, cette partie musicale de l'article n'est pas la moins importante.

Dans le désert artistique où nous sommes plongés en Guadeloupe, il serait bien que nos lecteurs, se transforment, unanimement en auditeurs.

Cette musique religieuse, est aussi, simplement une musique de civilisation, à laquelle, hélas!, se substitue, peu à peu le vacarme des radios.

Bonne lecture, bonne écoute, et rangez ces enregistrements parmi vos favoris. Rendre les âmes sensibles au chant grégorien, et à la musique de Verdi, de Berlioz, de Mozart, est bien plus utile pour le salut commun, et celui des âmes, que le vacarmes de slogans disparates.

 

Edouard Boulogne.

 

 

( I ) Jour de colère par Gérard Leclerc.

 

http://www.france-catholique.fr/Jour-de-colere.html

 

Jour de colère. La formule est assez belle. Est-elle reprise du Dies irae, l’extraordinaire séquence qui appartenait autrefois à la liturgie des défunts ? Il faut avoir en tête son orchestration grégorienne, pourtant si sobre, pour en percevoir l’ampleur apocalyptique. Dimanche, les choses étaient sérieuses, la colère très réelle. J’espère que la manifestation n’annonçait pas une période de trouble, où le pays se trouverait en pleine convulsion. Ce n’est pas que les motifs soient médiocres, qu’ils ne justifient pas une vraie mobilisation, Si, toutefois, les dirigeants et les participants consentent à séparer le bon grain de l’ivraie. Car il y a eu, dimanche, des choses inacceptables, des slogans odieux, des gestes inadmissibles. Si un discernement n’est pas opéré au plus tôt, les meilleures causes seront compromises ; l’adversaire sera trop heureux de dénoncer ce qui, par ailleurs, correspond tout à fait à ses vœux. L’alliance de l’extrémisme, d’une réelle perversion, et de la caricature poussé à l’extrême des causes légitimes, fournit aux détracteurs les motifs qui permettent tous les amalgames.

J’entends les protestations de ceux qui s’estiment trahis, mais on ne s’improvise pas si facilement interlocuteur sur la scène politique. Il y a des fautes à ne pas commettre, des règles élémentaires de communication à observer. Si le style ludique des immenses rassemblements de la Manif pour tous ne convient pas à certains, il leur faut inventer un autre style, mais rigoureux, des modes d’expression adéquats, sans oublier le recours à un service d’ordre conséquent qui éloigne les fâcheux, les importuns et les provocateurs.

Reste qu’il y a une discussion de fond à mener, notamment avec Béatrice Bourges, qui s’engage dans un « jeûne spirituel » devant l’Assemblée nationale. Je préfère un jeûne spirituel à une grève de la faim, car je ne veux à aucun prix qu’elle compromette sa santé. Mais attention, l’épreuve qu’elle s’impose face au pouvoir légal n’est pas sans risque. Nous ne sommes pas dans l’Inde de Gandhi ou dans l’Afrique du Sud de Mandela. Il faut des moyens proportionnés à la France d’aujourd’hui et à ses institutions.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 28 janvier 2014.

 

( II ) Jour de colère, bêtise grégaire, par Eugénie Bastié.

 

http://www.causeur.fr/jour-de-colere-betise-gregaire,25991#

 

Mots-clés : Béatrice Bourges, François Hollande, Jour de colère

 

 

« La colère des imbéciles remplit le monde », écrivait Bernanos dans Les Grands Cimetières sous la Lune. Hier, la colère des imbéciles a retenti dans Paris.  On pourrait les traiter de fascistes, invoquer le 6 février 1934 et les heures les plus sombres, se boucher le nez devant tant de nauséabonderies. Pourtant, imbécile semble le mot le plus juste pour qualifier la manifestation grotesque  et inquiétante qui s’est tenue dimanche après-midi dans les rues de la capitale. « Je ne crois même pas aux relatif bienfait des coalitions d’ignorance et de parti pris », ajoutait l’écrivain catholique. L’ignorance, le parti pris et la bêtise s’étaient bien donné rendez-vous pour une grande « coagulation des colères » (selon la très poétique sémantique du collectif) qui aurait rassemblé 17 000 bilieux selon la police (160 000 selon les organisateurs).

Le défilé n’avait rien à voir avec les masses joyeuses et pacifiques soulevées par la Manif pour tous. Peu de chants, pas d’enfants, beaucoup de sifflements, de hurlements, et une ambiance franchement angoissante, le tout sous une pluie sinistre : il fallait vraiment être très énervé pour  marcher jusqu’au bout, de la Bastille aux Invalides.

La cacophonie était aussi idéologique. Des slogans royalistes suivant de près une Marseillaise tonitruante, des drapeaux bretons, corses, occitans, des bonnets rouges et des cols relevés. Parmi les slogans du cru, le révolutionnaire : « monarchie populaire, ni droite ni gauche », le très classique « juifs hors de France » et le plus atypique mais non moins discriminant « socialistes pédophiles », scandés par des groupes divers unis seulement par leur détestation viscérale du président français, rebaptisé « braguette ouverte » à la tribune à cause de ses frasques sexuelles.

Des Hommen enchaînés torse-poil sous la pluie côtoyant des ananas plantés au bout de pique, des entrepreneurs fâchés avec la fiscalité, des quenelliers altermondialistes suivis de catholiques intégristes : la grande Pride des mécontents avait des allures de carnaval postmoderne. Muray aurait adoré.

Confusionnisme idéologique, dictature de l’émotion, vulgarité des slogans, cette manifestation, loin d’être réactionnaire, n’était que le pur produit d’une société moderne déboussolée, sans clivages ni repères, sans projet idéologique alternatif cohérent (contrairement aux troupes de la Manif pour tous qui défendaient un projet de société).

Comme la convergence des luttes à l’extrême gauche unit militants LGBT et femmes voilées dans un même combat contre l’ennemi imaginaire fasciste, la « coagulation des colères », chez cette droite-là, rassemble des combats qui n’ont rien à voir contre un ennemi tout aussi fantasmé, le hollandisme.

À cet égard, les vociférations de Béatrice Bourges sont aussi stériles que les trémolos hesseliens, car la colère, comme l’indignation, la bile comme la bonne conscience  ne sont que les deux faces d’une même médaille, celle de la réduction de la politique au primitivisme de l’émotion.

*Photo : URMAN LIONEL/SIPA. 00674246_000027. 

 

BONUSRequiem-Verdi-Barenboim.jpg

 

 

Paroles du Dies irae, en latin et en français.

 

 

 

Texte original en latin
Dies iræ, dies illa,
Solvet sæclum in favílla,
Teste David cum Sibýlla !
Quantus tremor est futúrus,
quando judex est ventúrus,
cuncta stricte discussúrus !
Tuba mirum spargens sonum
per sepúlcra regiónum,
coget omnes ante thronum.
Mors stupébit et Natúra,
cum resúrget creatúra,
judicánti responsúra.
Liber scriptus proferétur,
in quo totum continétur,
unde Mundus judicétur.
Judex ergo cum sedébit,
quidquid latet apparébit,
nihil inúltum remanébit.
Quid sum miser tunc dictúrus ?
Quem patrónum rogatúrus,
cum vix justus sit secúrus ?
Rex treméndæ majestátis,
qui salvándos salvas gratis,
salva me, fons pietátis.
Recordáre, Jesu pie,
quod sum causa tuæ viæ ;
ne me perdas illa die.
Quærens me, sedísti lassus,
redemísti crucem passus,
tantus labor non sit cassus.
Juste Judex ultiónis,
donum fac remissiónis
ante diem ratiónis.
Ingemísco, tamquam reus,
culpa rubet vultus meus,
supplicánti parce Deus.
Qui Maríam absolvísti,
et latrónem exaudísti,
mihi quoque spem dedísti.
Preces meæ non sunt dignæ,
sed tu bonus fac benígne,
ne perénni cremer igne.
Inter oves locum præsta,
et ab hædis me sequéstra,'
státuens in parte dextra.
Confutátis maledíctis,
flammis ácribus addíctis,
voca me cum benedíctis.
Oro supplex et acclínis,
cor contrítum quasi cinis,
gere curam mei finis.
Lacrymósa dies illa,
qua resúrget ex favílla
judicándus homo reus.
Huic ergo parce, Deus.
Pie Jesu Dómine,
dona eis réquiem. Amen.
Traduction littérale
Jour de colère, ce jour-là
Il réduira le monde en cendres,
David l’atteste, et la Sibylle.
Quelle terreur à venir,
quand le juge apparaîtra
pour tout strictement examiner !
La trompette répand étonnamment ses sons,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblant tous les hommes devant le trône.
La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d’après ses réponses.
Un livre écrit sera produit,
dans lequel tout sera contenu ;
d’après quoi le Monde sera jugé.
Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d’impuni ne restera.
Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera en sûreté ?
Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.
Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.
En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.
Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.
Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.
Vous qui avez absous Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les vœux,
à moi aussi vous rendez l’espoir.
Mes prières ne sont pas dignes (d’être exaucées),
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.
Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.
Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appelez-moi avec les bénis.
Je prie suppliant et incliné,
le cœur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.
Jour de larmes que ce jour-là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l’homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.
Doux Jésus Seigneur,
donnez-leur le repos. Amen.
Traduction plus littéraire
Jour de colère, que ce jour-là
Où le monde sera réduit en cendres,
Selon les oracles de David et de la Sibylle.
Quelle terreur nous saisira,
lorsque la créature ressuscitera
(pour être) examinée rigoureusement
L’étrange son de la trompette,
se répandant sur les tombeaux,
nous jettera au pied du trône.
La Mort, surprise, et la Nature,
verront se lever tous les hommes,
pour comparaître face au Juge.
Le livre alors sera produit,
où tous nos actes seront inscrits ;
tout d’après lui sera jugé.
Lorsque le Juge siégera,
tous les secrets apparaîtront,
et rien ne restera impuni.
Dans ma détresse, que pourrais-je alors dire ?
Quel protecteur vais-je implorer ?
alors que le juste est à peine en sûreté…
Ô Roi d’une majesté redoutable,
toi qui sauves les élus par grâce,
sauve-moi, source d’amour.
Rappelle-toi, Jésus très bon,
que c’est pour moi que tu es venu,
ne me perds pas en ce jour-là.
À me chercher tu as peiné,
Par ta Passion tu m’as sauvé,
qu’un tel labeur ne soit pas vain !
Tu serais juste en condamnant,
mais accorde-moi ton pardon
avant que j’aie à rendre compte.
Vois, je gémis comme un coupable
et le péché rougit mon front ;
mon Dieu, pardonne à qui t’implore.
Tu as absous Marie-Madeleine
et exaucé le larron ;
tu m’as aussi donné espoir.
Mes prières ne sont pas dignes,
mais toi, si bon, fais par pitié,
que j’évite le feu sans fin.
Parmi tes brebis place-moi,
à l’écart des boucs garde-moi,
en me mettant à ta main droite.
Quand les maudits, couverts de honte,
seront voués au feu rongeur,
prends-moi donc avec les bénis.
En m’inclinant je te supplie,
le cœur broyé comme la cendre :
prends soin de mes derniers moments.
Jour de larmes que ce jour-là,
où surgira de la poussière
le pécheur, pour être jugé !
Daigne, mon Dieu, lui pardonner.
Bon Jésus, notre Seigneur,
accorde-leur le repos. Amen.

 

 

( A ) Dies irae en CHANT GREGORIEN.

 

http://www.youtube.com/watch?v=Dlr90NLDp-0

 

( B ) Dies irae du Requiem de Berlioz.

 

http://www.youtube.com/watch?v=4Ob4YhzKVyc

 

( C ) : Dies irae du Requiem de Verdi. ( superbe direction de Herbert Von Karayan ).

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=TVjDP0vlem4

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Ch.Etzol 29/01/2014 21:13


Repentir  - Paroles et musique : Charles Gounod


 Parce, parce Domine, parce populo tuo!


 Exaudi vocem meam, Domine!


 


 


Oh! Ne repousse pas mon âme pécheresse !


Entends mes cris, entends mes cris et vois mon repentir !


A mon aide, Seigneur, hâte-toi d’accourir 


Et prends pitié de ma détresse !


 


Oh! Divin Rédempteur ! Pardonne à ma
faiblesse!    


                  (Extraits de Chants
sacrés  - Domingo)

CH.FFRENCH 28/01/2014 17:25


En effet, c'était, je crois un triste spectacles! Qui ne fera pas avancer les choses et qui a surement amusé "braguette ouverte"!