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Publié par Edouard Boulogne

En l'honneur du mois de mai qui commence, l'aube du printemps, le mois de Marie, comme on disait en mon enfance, je propose aux lecteurs du Scrutateur ce beau poème de Pierre de Ronsard, qu'il faut goûter lentement, comme un vieux rhum de Marie-Galante. La lecture rapide ne peut que passer à côté de l'essentiel. Elle est d'ailleurs une invention du XXème siècle, le siècle des gens pressés, des "managers" américains, des néo barbares.

Bonne dégustation.

EB.

 

225683_206662329367774_100000720249156_623018_2428322_n.jpg  ( Empruntons à Anita Segault cette très jolie carte postale pour illustrer Ronsard, et augurer d'un fécond mois de mai )..

 

 

 

 

Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
En sa belle jeunesse, en sa première fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :
 

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
 

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

(Oeuvre: Sur la mort de Marie (1578)
Ronsard
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mclt 02/05/2011 14:06



                                     Le
mystère de Marie


 


Un ange a parlé tout bas dans la chambre ;        Il a fait tomber à la place en moi


Toi seule, ô Marie entend ce qu’il dit.             La plus ignorée et la plus profonde,


Toi seule dans l’ombre et le Paradis                Un mot où palpite  on ne sait
quoi


Il a semé Dieu tout grand dans tes membres.      Un mot
dans mon sein pour le mettre au monde.


 


Je ne l’ai pas vu. Mais en s’en allant             Ah ! Comment un mot sortira-t-il bien


 - J’étais sur le pas ému de la porte –              De moi que voilà, qui suis si peu savante ?


Il a laissé choir dans mon sein tremblant          Mais le Saint-Esprit – je suis sa servante –


Un grain murmurant du Verbe qu’il porte.        S’il veut qu’il me naisse, y mettra du sien. 


 


                        
                                   (extrait
d'un poème de Marie Noël )