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Publié par Edouard Boulogne

La conférence de presse du CSLR.

 

CSLR-04-10-10-002.JPG ( L'état major du CSRL).

 

Ce jeudi 04 octobre, dans un restaurant de Jarry s'est tenue une importante conférence de presse du CSLR. Devant un parterre de presse, nourri, et particulièrement attentif, A.Adélaide, et les principaux dirigeants et animateurs de cette dynamique association ont résumé les travaux de leur université d'été, d'août dernier dont Le Scrutateur, en son temps, a amplement rendu compte. Aux jouranlistes a été remis une plaquette de 40 pages contenant ce qui, plus qu'un catalogue de propositions, représente un véritable projet de développement d'une Guadeloupe qui aspire à être délivrée des vampires qui lui sucent la moelle, et s'attachent méthodiquement à la détruire au profit de leurs ambitions personnelles. Cette plaquette sera bientôt mise à la disposition du public.

C'est son introduction que le Scrutateur, offre, en exclusivité à ses lecteurs. EB.

 

CSLR-04-10-10-003.JPG  ( Des journalistes attentifs ).

 

 

Introduction.

 

 

 

C'était en 1963. Le général de Gaulle qui venait d'accomplir une tournée triomphale en Amérique latine, l'achevait par une visite dans deux départements d'outre-mer, la Guadeloupe et la Martinique.

A Fort de France, en présence d'Aimé Césaire, député, et maire de la ville, le général prononça un discours resté célèbre. «  En définitive, s'exclama-t-il, en politique, le problème majeur reste celui de l'Homme ».

Et de fait, en dehors de cette perspective, la politique se dégrade en art de manipulation des hommes au profit de quelques-uns, les plus forts, ou les plus malins, des groupes sociaux dominants, ou des partis politiques dont la visée n'est autre que leurs conservations, à des fins de domination égoïste.

Le général de Gaulle se situait dans la lignée d'un Aristote, pour qui la politique, au service de l'Homme ( au sens du « genre humain ») était l'Art royal, ou d'un Saint Thomas d'Aquin.

Mais l'Art royal doit tenir compte de l'extrême diversité du genre humain.

Partout, nous ne rencontrons que des variétés spécifiées de l'Homme. Nous ne rencontrons jamais l'HOMME, mais l'Européen, ou l'Africain, l'Asiatique ou l'Américain; et dans chacune de ces grandes familles nous ne connaissons que des sous-groupes encore plus spécifiés, le Français, qui n'est pas l'Anglais, ou l'Allemand, l'Italien ou l' Espagnol; le Sénégalais qui n'est pas l'Angolais ou le Namibien; le Canadien qui n'est pas le Brésilien etc.

En d'autres termes le Politique ( que nous distinguerons du politicien ), doit sans cesse ajuster son humanisme universaliste, pour agir en accord avec les spécificités propres de la communauté dont il est issu et dont il a la responsabilité.

De Gaulle, devant le monde, n'oubliait jamais qu'il était en charge de la France, grande et prestigieuse communauté nationale dont il était le héraut.

A Fort de France, il savait qu'il parlait, tout comme il l'avait fait quelques heures plus tôt en Guadeloupe, dans une région de France, fondée par l'histoire, partie consubstantielle de la nation, mais avec des particularités qui devaient être prises en compte par le pouvoir central, pour que soit efficace, et juste, toute politique générale de la nation.

Oui, la Guadeloupe tout comme la Martinique, sont des entités historiques particulières, dont la naissance et l'histoire sont étroitement liées à l'histoire de France. Ne pas en tenir compte, c'est nier l'histoire, nier la réalité. C'est un déni de réalité.

Et la réalité se venge toujours des tentatives de viol.

Mais si l'histoire de France est tumultueuse, douloureuse, ( les jacqueries médiévales, les guerres de religions, etc ), si la parturition nationale fut difficile, avant de donner un enfant beau et fort, elle prit des formes différentes en ses provinces différentes.

Chez nous, en Guadeloupe, pas de jacqueries équivalentes à celle de l'Europe, pas de guerres de religions comparables à celles, en Europe des catholiques, et des protestants, des catholiques, et des Cathares. Notre drame fut l'esclavage.

Et un esclavage où les « partenaires » furent de couleurs différentes.

Notre présent en demeure marqué.

Pourtant, l'abolition de l'esclavage, la lutte pour l'égalité de tous les groupes sociaux en Guadeloupe, fait aussi partie de l'histoire, non seulement de la Guadeloupe proprement dite, mais aussi de la France, et ceci dès avant 1848, dès la monarchie de juillet ( Louis-Philippe 1er), qui joua un rôle important dans la préparation de l'émancipation de 1848.

Aussitôt obtenue l'abolition, la volonté constante des antillais fut l'assimilation complète à la nation française. Sous la première République, sous le second empire ( Napoléon III ), sous la troisième République, la politique, chez nous, n'est qu'une longue marche vers cet idéal : l'assimilation.

Celle-ci est enfin obtenue en 1946, au début de la IV ème République.

La Guadeloupe, cessant d'être une colonie, entra alors dans la lutte, après l'égalité politique, pour obtenir l'égalité sociale. Celle-ci fut peu à peu obtenue, et sur le plan social, notre île est aujourd'hui, dans l'archipel caraïbe, et d'ailleurs dans le monde, une incontestable réussite, qui attire comme un bol de lait des mouches, une foule bigarrée de personnes, immigrées, … avec ou sans papiers.

En 1996, lors d'un débat célèbre sur RFO-Guadeloupe, les survivants des militants assimilateurs, un Rosan Girard par exemple, un Jules Boisel, et tous les autres, insistèrent avec une grande force de conviction sur les changements positifs radicaux dues à la départementalisation dans tous les domaines, et le propos de R.Girard, en tant que médecin, sur les bienfaits de cette politique en matière de santé publique, furent extrêmement percutants, et....savoureux!

Pourtant, en dépit des résultats magnifiques obtenus grâce à la départementalisation, il subsista toujours au coeur de la politique guadeloupéenne, un noyau d'irréductibles séparatistes, comme il en subsiste d'ailleurs dans maintes régions de la France européenne ( Bretagne, Alsace, Corse, Occitanie, etc).

Le fond de leur revendication repose sans aucun doute sur le souvenir obsédant de la période esclavagiste, et du statut inférieur qui fut celui des couches noires de notre population.

Là où la majorité, pour toutes sortes de raisons, dont le bon sens, désire dominer ce passé, non l'oublier, mais l'assimiler et le dépasser pour en devenir plus fort ( « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort » disait le penseur ), ceux dont nous parlons, sous l'influence notamment du marxisme-léninisme très forte en métropole des années 1950 à 1980, ont entrepris de réanimer de vieilles rancœurs, de s'en faire un levier afin d'obtenir une rupture avec la République, et de s'emparer d'un pouvoir de classe ( celui de ces petites bourgeoisies, ou des petits notables qui ont fait, en Afrique, et ailleurs, les ravages que l'on sait).

Cette minorité activiste n'a pas de pire ennemi que les succès politiques et sociaux dus à la départementalisation.

C'est pourquoi elle a entrepris de les annihiler par le biais de ce qu'elle appelle non sans cynisme «  la résistance économique » ( sic!), et dont la véritable appellation est « le sabotage économique ».

Car le point faible de la politique départementaliste est là, dans l'économie.

En 1946, nous obtenions l'assimilation politique et sociale. La première fut obtenue par une loi. La seconde se réalisa sur une quarantaine d'années, par ajustements progressifs?

Car la réalité est ce qu'elle est, on ne la modifie pas par décrets ou coups de baguettes magiques.

Cela est particulièrement vrai en matière d'économie.

L'économie coloniale, qui, à une certaine époque fut rentable pour la métropole et certaines catégories sociales, et qui ne pouvait l'être que par une politique sociale déficiente, en tout cas décevante pour les couches humbles de la population ( comme il en est aujourd'hui dans les pays d'Amérique latine, d'Afrique, ou de ceux qu'on appelle les « économies émergentes » ), devait se reconvertir ou disparaître.

L'économie sucrière était condamnée à devenir une survivance.

Dépourvu de pétrole et de matière première, la Guadeloupe devait, par exemple, inventer des voies nouvelles, penser, par exemple, au développement du tourisme comme industrie nouvelle et de substitution.

De grands efforts ont été consentis en ce sens, et de lourds investissements ont été faits. Cet effort est remis en question, hélas! comme tout ce qui est fait pour la Guadeloupe en matière d'économie, par la fameuse « résistance économique », en réalité le sabotage de l'économie, par ceux qui se reconnaissent aujourd'hui sous la bannière d'un pseudo LKP ( qui n'a aucune existence légale ), en réalité de l'UGTG, syndicat ultra indépendantiste, aux méthodes violentes, et intimidatrices.

Face à cette subversion, dans les années 1970 et 1980, une partie de la classe politique, avec des personnalités fortes comme celle de M.Lucien Bernier, ou en métropole des gens de la qualité et du poids politique et humain d'un Gaston Monnerville, montrèrent face au sabotage, une détermination, et un savoir faire très réels. Ils incarnaient une politique «  de droite » ( dans le sens qu'ici aux antilles nous donnons à ces mots de « droite » et de « gauche » ).

Ces personnalités, vieillies ou disparues, la droite fut sabordée par des politiciens ambigüs dont le chef-d'oeuvre d'équivoque fut en 1999 la déclaration de Basse-Terre qui tentait, sous divers subterfuges, d'ouvrir la voie royale au séparatisme.

Cependant le peuple de la Guadeloupe, malgré le pilonnage idéologique dont il est l'objet, et les trahisons de certains de ses chefs, est resté fidèle à la politique de départementalisation. Le referendum de 2003 sur l'évolution statutaire est à cet égard révélateur.

Par 75% de voix les Guadeloupéens refusèrent le pas en arrière qui leur était proposé ( ou « le pas en avant » vers la rupture avec la France, ce qui est la même chose).

Cette ferme volonté populaire est cependant contestée par une part importante de l'établissement politique local. Cet « établissement », rappelons-le, qui ne travaille en fait que pour lui-même, ( en feignant de prendre les velléités séparatistes extrêmes pour la volonté certaine, quoiqu'inconsciente, du peuple ) et ne cesse, à ,cette fin, de réclamer des « évolutions statutaires ou institutionnelles ». L'un propose un passage de notre département sous l'article 74 de la constitution. Tel autre, soucieux de ménager les populations, préconise seulement un passage sous l'article 73 de la même constitution, mais comme étape vers une « évolution » vers d'autres voies, qui, tôt ou tard nous conduirait à quitter le droit commun de la nation française que l'on a mis tant de temps, et de peine, à intégrer.

Ces messieurs sont si conscients de l'écart abyssal qui existe entre l'instinct populaire régional et leur caprice de caste politicienne d'enfants gâtés, que dans une lettre commune adressée au président de la République, les présidents des conseils régional et départemental souhaitent le « changement » institutionnel, sans omettre de préciser que leur sentiment n'est point partagé par une large majorité de la population; litote qui ne manque pas de faire hurler de rire les observateurs avertis.

C'est devant cette situation étonnante, cette trahison d'un électorat qui ne les a pas élu « pour ça », que nous avons il y a plus d'un an, après la grossière manipulation de février-mars 2009, fondé le CSLR.

Cette association regroupe un nombre important de citoyens les plus représentatifs, et les plus déterminés de la « majorité silencieuse ».

Le CSLR dont les membres se réunissent régulièrement pour analyser la situation, et trouver les solutions les plus aptes à un meilleur devenir guadeloupéen, a déjà tenu dans deux universités d'été, des assises de réflexion. Ce sont les travaux de la plus récente d'entre elles, que vous trouverez dans le livret que vous tenez en mains.

Mieux, certains membres du CSLR envisagent, face à la carence actuelle des élus de fonder un parti politique, qui serait un levier de pression, et d'action.

Nous sommes intimement persuadés, et nous le prouvons, que l'avenir de notre île n'est pas dans la rupture plus ou moins franche avec la France, mais au contraire dans le maintien intégral dans le droit commun national.

Nous tenons à l'identité législative. Nous tenons à l'alinea premier de l'article 73 de la constitution selon lequel : « Dans les départements et les régions d'Outre-Mer, les lois et règlements sont applicables de pleins droit ».

Sommes-nous de droite ou de gauche?

Nous sommes d'abord Guadeloupéens et, inséparablement, Français.

S'il fallait choisir entre la gauche et la droite, c'est celle-ci que nous choisirions.

Parce que tous les modèles de gouvernement de gauche fournis au XX ème siècle ont été marqués par l'échec et souvent par l'horreur.

Dans une longue et passionnante interview accordée récemment au journal Le Monde-Magazine, un intellectuel italien Raffaelle Simone, un homme de gauche pourtant est particulièrement cruel pour l'idéologie de gauche. Il déclare notamment : « La liste des échecs patents de la gauche apparaît aussi longue que ses conquêtes. Elle n'a pas réussi à réduire les inégalités, qui vont s'aggravant entre les pauvres, les classes moyennes et les très riches ; elle a échoué à réguler le capitalisme financier, laissant la droite le faire à sa manière, c'est-à-dire à moitié ; elle n'a pas su mettre en place des mesures de solidarité qui aideraient véritablement les plus démunis à s'en sortir ; elle n'a pas relevé le niveau moyen d'instruction et de culture ; elle n'a pas mis fin à l'exploitation méthodique des travailleurs et des employés ; elle n'a pas su imposer l'égalité ni la parité des hommes et des femmes ; elle a laissé les écoles publiques devenir moins attractives que les écoles privées ; elle n'a pas aidé à la formation d'une conscience citoyenne ; elle n'est pas arrivée à réduire l'impact de la croissance sur l'environnement, etc ».

M. Simone évoque aussi cette fascination de la gauche tout au long du XXème siècle pour le communisme. Lisez plutôt : « En même temps, l'effondrement brutal et grotesque du communisme a signifié l'écroulement de quelques-uns des grands mythes de la gauche tout entière. L'idée qu'elle allait changer le monde par la "révolution", que celle-ci fût violente, comme le voulaient les bolcheviques, ou graduelle, comme l'entendaient les sociaux-démocrates, a fait long feu.

Qui veut encore la révolution aujourd'hui, et pour mettre en place quel régime ? Quant aux grands discours sur "la lutte des classes", ou même "la haine de classe", nous savons bien qu'ils mènent à la guerre civile et au despotisme ».

Et nous autres antillais, nous savons à quel point nos « intellectuels » séparatistes, et de gauche, ont été fascinés par un Fidel Castro qui aujourd'hui doit reconnaître son échec total à Cuba, ou aujourd'hui par un Chavez, qui au Venezuella prend le même chemin que l'illustre cubain.

Raffaelle Simone qui n'aime pas la droite, ni Sarkozy, ni Berlusconi, reconnaît cependant que cette droite comprend mieux les évolutions du monde actuel, et répond mieux aux attentes des populations.

Nous choisirions donc la droite plutôt que la gauche, même si certaines des critiques qu'adresse M.Simone aux droites de gouvernement en France et en Italie ne sont pas indignes d'intérêt.

D'autant plus que la droite a d'autres penseurs que ceux qui tiennent le haut du pavé actuellement en France et en Italie.

Nous pensons aux excellentes analyses de Jean-Luc Bastlé publiées récemment dans le journal Les échos, sur la mise en application en Allemagne, sous le nom d'Ordolibéralisme, des vues de l'école de pensée économique dite de « l'Ecole de Fribourg » et qui est à l'origine du renouveau économique allemand.

«  Au plan économique, l'ordolibéralisme s'appuie sur la liberté d'entreprendre, la propriété privée, la libre concurrence, le soutien aux PME, l'équilibre budgétaire, la stabilité des prix dont la responsabilité incombe à une banque centrale indépendante, etc. Au plan social, elle défend une politique de solidarité ciblée et momentanée encourageant les individus à se prendre en charge par leur industrie, leur initiative, leur épargne pour ne pas handicaper la création de richesse par des coûts sociaux trop élevés. Cette approche confère à l'ordolibéralisme une cohérence interne propre à assurer sa durabilité ».

Nous arrêterons ici ces références pour ne pas alourdir davantage cette introduction à nos travaux. Travaux à la fois humbles, devant l'ampleur de notre tâche de salut public guadeloupéen, et ambitieux puisque nous croyons possible de restructurer notre petit pays et de le garder sur la voie d'une plus grande prospérité, et d'une plus grande sécurité.

Cela suppose que vous entendiez notre message, et que vous rejoigniez notre action.

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