Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

Il y a sans doute à prendre et à laisser dans ces déclarations de M. Michel Rocard, l'ancien premier ministre ( haché menu par son diab

Michel_Rocard1.jpg

 

le de président ) de François Mitterrand. L'ancien premier ministre quand il parle de l'Europe, et de la crise financière mondiale en cours, a un peu trop tendance à ignorer des paramètres dont il a été fortement question hier sur Le Scrutateur. Peut-être parce qu'il lui faudrait se mettre en cause davantage, car il a été mêlé de près à ce qui se passe. Mais il est toujours intéressant d'entendre une grande personnalité de gauche remettre en question un certain nombre de paradigmes de ses compagnons de route. Comme quoi, à 82 ans, il est encore possible de se renouveler. LS.

 

 

 

Sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=kIR8TvZiV5s&sns=fb

 

Transcription sur le Global Relay : Quand Michel Rocard dévoile le pot aux roses : http://globalpresse.wordpress.com/2013/01/05/quand-michel-rocard-devoile-le-pot-aux-roses/

 

 

Fin décembre, au micro d’Europe 1, dans l’émission « Médiapolis », Michel Rocard fut l’auteur de déclarations on ne peut plus intéressantes qui, malheureusement, ne furent pas l’objet de reprises dans les autres médias. Le propos de Michel Rocard est le suivant : la réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro.

L’État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne.Les deux journalistes chargés de l’interviewer ne réagirent pas, comme si Rocard avait dit là une banalité. Pourtant, il venait de leur dire que tous les fameux « sacrifices », prétendument inéluctables, auxquels le peuple français devait consentir, ou encore la rigueur imposée par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), n’étaient pas une fatalité mais la résultante d’un choix de politique de dette.

Et d’ajouter que, contrairement à ce qui est véhiculé depuis des années dans les grands médias, la France n’avait pas vécu « au-dessus de ses moyens » mais qu’elle avait dû débourser, au titre d’un simple jeu d’écriture, alors qu’aucune nécessité économique ne l’exigeait, des centaines de milliards d’euros constants au profit des marchés financiers. Il leur disait encore que la crise des dettes souveraines était parfaitement artificielle et qu’il suffirait de revenir à la création monétaire publique pour qu’elle soit réglée sans heurt. Mais nos journalistes, disions-nous, ne bronchèrent pas.

Michel Rocard, en revanche, se moque un peu du monde quand il affirme que la loi de 1973 fut simplement adoptée pour « imiter les Allemands », comme si l’objet de cette loi était de limiter l’inflation. Non. Cette loi a simplement permis de créer un marché interbancaire des obligations d’État. Contrairement aux thèses libérales vieillottes, les marchés ne naissent jamais « spontanément ». Ils sont des créations politiques ad hoc, comme, par exemple, le marché des devises, résultant de la mise en place du système de change flottant.

On peut également déplorer que Michel Rocard ne nous ait pas dit pourquoi il ne tenta pas, du temps où il était Premier ministre, d’abroger cette loi « stupéfiante » selon ses propres dires et pourquoi le sujet est aujourd’hui encore tabou. Mais ne soyons pas trop dur avec Michel Rocard. Reconnaissons-lui d’avoir mis un terme à la conspiration de silence et de l’ignorance qui sévit depuis des décennies dans la classe politique française.

bvoltaire.fr

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Tacite 11/01/2013 14:47









Sully Tacite Cette affaire nous le savons depuis 2009. En effet, lors de l'analyse de la crise des
dettes souveraines, la structure de celles-ci avait été disséqué. Et l'on s'était aperçu qu'il y avait deux types d'endettement : l'endettement "endogène" (envers la
banque centrale nationale qui prête à son propre Etat, donc c'est une dette
contractée auprès des citoyens-contribuables ressortissants de l'Etat-emprunteur) et l'endettement "exogène" (envers les marchés financiers internationaux, donc une dette contractée
auprès des grandes instituions nationales ou internationales qui interviennent sur ces marchés). Dans le premier cas, on peut citer le Japon. Dans le second cas, on peut citer la
France qui, avant la réforme de 1973 avait un endettement "endogène" et, après cette réforme, est passé à un endettement "exogène".


il y a 3 heures · Modifié · J’aime

















Sully Tacite Ce qu'il convient de noter c'est que cette "petite" réforme
en apparence a eu un bouleversement radical sur la structure des finances publiques françaises. Or, ce changement fut fait sans aucun débat devant le parlement. Tout simplement
parce qu'il fut appréhendé à l'époque comme une simple réforme technique sans conséquence. Une sorte de simple modernisation des finances publiques. On ne peut s'empêcher de faire
un rapprochement avec la suppression du service militaire. Là encore l'argument technique - ici essentiellement budgétaire, avait prévalu. On en voit aujourd'hui le coût immense sur
le plan du délitement du lien sociale et de la cohésion nationale. Or, la réforme du mariage pour tous nous est présentée aujourd'hui de la même façon. Une petite réformette qui ne
tire pas à conséquence. Quel aveuglement !


il y a 3 heures · J’aime


















Écrire un commentaire...