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Publié par Edouard Boulogne

 

Hier soir ( 15 octobre ) sur Tempo, : Les Antilles vers l'indépendance?

 

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1276

 

 

Assez bonne émission « C dans l'air », animé par l'excellent journaliste Yves Calvi, sur la chaîne Tempo, entre 18 et 19 heures.

Le sujet du jour est : « Les Antilles sur la voie de l'indépendance »?


Il y a quatre invités, deux antillais de l'hexagone, et deux métropolitains.

 ( Pascal Merri)

A en juger par la conclusion, si les îles doivent devenir indépendantes, ce n'est pas pour tout de suite, car peu de gens parmi les plus concernés (les antillais eux-mêmes) la désirent.


Fort bien.


Mais le débat qui a précédé est nettement moins clair.


Manifestement les deux métropolitains n'ont pas bien compris les subtilités de la dialectique indépendantiste, et minimisent (sincèrement ou pas les arrière pensées d'une partie de la classe politique métropolitaine, y compris parmi certains membres du gouvernement) l'arrière fond idéologique du débat.

  ( M. Pascal Merri, assez sûr de lui, et dominateur).

Le plus désagréable, à mes yeux, des participants, est l'économiste Pascal Perri, un peu trop sûr de lui, à la limite de l'arrogance. S'il ne tenait qu'à lui, nous irions sûrement vers l'article 74 et l'autonomie. A un certain moment il est même sur le point de reprendre à son compte la polémique anti béké du LKP, et de ses homologues martiniquais. Mais il se fait, gentiment redresser les bretelles, par la Martiniquais (noir) Daniel Salin, et prudemment recule, et n'insiste pas.

Son assurance d'acier, son recours aux formules toutes faites d'une certaine idéologie de gauche ( économie coloniale et de comptoir, etc), fleurent le largage « de gauche », c'est-à-dire drappé d'intentions généreuses et « humanistes »!

 ( M. Dumont, un "bon sourire" mais l'assurance tranquille du technocrate).

Puis il a monsieur Dumont. Son bon sourire pourrait faire oublier le contenu de son message.

Pour lui, comme pour Sarkozy (!) le statu quo est « dépassé ».

Nous sommes dans le technocratisme «  de droite ». Pour M. Dumont tout se réduit à une question technique d'efficacité. Il est absurde que cohabitent sur de même territoires, aussi exigüs, deux Assemblées aux compétences enchevêtrées.

Certes cette remarque n'est pas dépourvue de bon sens. Et j'ai moi-même, ici, écrit qu'une assemblée unique, dans le cadre de l'article 73, pouvait être envisagée, pour des raisons de gestion plus rationalisée, et comme il en est pour Mayotte qui a conquis sa départementalisation de haute lutte, avec une assemblée unique ( dans l'article 73). Cela dit, il se trouve des gens de notre bord, et qui ne sont pas dépourvus d'arguments, pour le maintien pur et simple du staut quo ( les deux assemblées, comme facteur d'équilibre).

Mais monsieur Dumont, poussé par MM Giraud et Dalin, doit admettre qu'il y a autre chose derrière les secousses politico sociales de ces derniers mois.


Quoi donc? Nous y reviendrons.


Les deux antillais, quoique vivant en métropole, montrent un peu plus de bon sens et de clairvoyance.

 ( Le sociologue Michel Giraud. Semble lucide, mais doit faire encore des efforts ).


Le sociologue Michel Giraud, est souvent dubitatif, signe de sa meilleure perception de la complexité.

M.Giraud est un homme de gauche. Il est proche du PPM, le parti d'Aimé Césaire, hier, de Serge Letchimy aujourd'hui. On sait que le PPM appelle à voter « non » au réferendum du 17 janvier ( à la Martinique ), mais « oui » au deuxième réferendum du même mois (s'il doit avoir lieu), autrement dit il appelle à voter « pour le maintien dans le 73 », mais avec une assemblée unique, et ceci pour une période de six ans.... avant de trancher le débat! ( Sur les motivations du PPM, voir le récent article de Marc Decap). Monsieur Giraud semble une personnalité sincèrement éprise de la Martinique, et soucieux d'éviter une rupture qui serait catastrophique pour elle. Mais il est prisonnier d'un long passé d'homme de gauche, et de césairiste, et n'a pas pu hier soir s'en dégager nettement. Dommage!

 ( M. Daniel Dalin, président du Collectif DOM. Intelligent, courageux. Doit cependant encore s'affirmer face à ...la meute des petits maîtres!).

Le plus lucide, et le plus courageux des intervenants au débat a été M. Daniel Dalin, actuel président du Collectif DOM.

Nous l'avons vu refuser d'entrer dans la recherche du bouc émissaire un peu trop facile que désignent les séparatistes, et les métropolitains d'extrême gauche, tendance Besancenot.

Il ne fait pas montre seulement d'honnêteté et de courage, mais aussi, souvent, de lucidité.

Mais pas plus que les autres, il n'ose dévoiler « les vraies causes » du malaise actuel.


Que ces messieurs n'ont-ils lu, ou oser évoquer les analyses de Philipp sur TatunInfo et sur le Scrutateur, de Louis Dessout dans Carib-Hebdo, et dans le Scrutateur, celles d'Edouard Boulogne sur... Le Scrutateur, celles d'Eric Nogard, ou encore de Sosthène dans Guadeloupe en crise.

Ou encore celles de M. Charles Rano dans son remarquable ouvrage L'autonomie des Antilles-Guyane en question, dont nous avons rendu compte à plusieurs reprises.

Il s'agit de la fameuse « recherche identitaire », thème favori d'une petite minorité ambitieuse qu'évoque avec justesse Charles Rano au premier tome de son ouvrage ( page 14 ) : « Les dirigeants politiques, majoritairement de gauche, rejettent l'idée de demeurer français, mais comptent bien continuer à bénéficier des largesses de la France - ce qui montre leur manque de réalisme. Ils sont aux affaires depuis des décennies, ils ont profité de toutes les améliorations liées à la départementalisation. Mais ils n'ont visiblement pas su faire un bon usage des responsabilités et des pouvoirs qui étaient les leurs pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Ils veulent toutefois plus de pouvoir personnel, tous les pouvoirs. Pour faire quoi ? Ce qu'ils n'ont pas su faire avec de gros moyens et de larges compétences déléguées par l'État, ils pourraient l'entreprendre et le réussir avec moins de moyens ? Dans ce cas, pourquoi nous ont-ils privés, jusqu'ici, de ces capacités extraordinaires qui leur permettraient de faire mieux, avec moins ?

On assiste à la naissance de roitelets, soutenus par les intellectuels soucieux de réserver leur place aux postes avantageux, dans une société enfin martinico-martiniquaise, tous en quête de gloire et de pouvoirs personnels accrus. Pour y arriver, ils n'élaborent pas des plans de sauvetage de notre économie, des concepts qui permettraient enfin de nous accepter les uns les autres, des projets fédérateurs et porteurs d'espoir. Non ! Ils exploitent sans vergogne le passé douloureux de notre région : l'esclavage, la traite, la colonisation... C'est leur fonds de commerce. La recherche identitaire est utilisée chez nous à des fins politiciennes, comme seul projet d'avenir. Le passé le plus affreux est leur cheval de bataille, associé à la recherche de la « dignité », pour masquer l'absence de vision et de projet intelligent pour notre avenir. Construit-on ainsi une société moderne, libérée de ses chaînes, désireuse de s'assumer économiquement, égalitaire, forte et fïère ? Je ne le crois pas ».


Telle est bien le sésame de la crise actuelle. Et ce ne sont pas les technocrates qui nous aideront à le résoudre.

L'ambition frénétique de nos « petits maîtres » et de leurs porte-paroles médiatiques rongent les racines même de la Guadeloupe et de la Martinique.

C'est en nous-même que nous trouverons les ressources nécessaires à la sauvegarde de nos régions, en union profonde avec le reste de la nation (française).

Passé le premier moment, de la surprise, en début d'année, et certes, pour quelques-uns d'entre nous engourdis par la constante propagande médiatique (sur RFO, sur RCI, par exemple, et pas seulement, mais aussi dans les écoles) le temps du ressaisissement est arrivé, et le peuple se relève.

Une réaction médiatique sur internet s'organise (Le Scrutateur, Guadeloupe en Crise, la Guadeloupe au quotidien, TatunInfo, etc) et commence à porter ses fruits.

Un tout récent sondage, ( réalisé par Open Soft Systemes) en Martinique à propos du prochain scrutin de janvier, portant sur un échantillon de 400 personnes de plus de 15 ans, donne les résultats suivants :

1.Assemblée unique dans le cadre de l'article 73 : 26%.

  1. Article 73 (statut quo) : 22%.

  2. Article 74 (autonomie) 15, 5%.

  3. Les autres restant encore indécis.


C'est à conquérir ces indécis qu'il faudra nous consacrer ces prochains mois.

Et ce n'est pas le moment de s'abstenir ou de rejoindre les rangs de ces jobards ou « idiots utiles » dont nous parlions hier.

 

Gérard Vergé-Lauriat.

 

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Claude HOUEL 16/10/2009 23:29



D'accord avec l'analyse de Gérard Vergé Lauriat.
La TV a ceci de bien que l'on peut illustrer des propos sérieux avec des images qui le sont moins:
Pour l'UGTG "an sel chymen"... mais en 4x4 :Dans le reportage sur la Guadeloupe on voit
Domota et sa petite délégation mener campagne,avec jeu de mot.
Sa mise en scène laissait en effet à désirer :
En arrière plan de rutilants 4x4,peu représentatifs du bas de la pyramide,a moins qu'ils appartiennent à de méchants békés venus écouter l'oracle.
Elie porte un super Tee-shirt de la Kanakie:Celui du LKP est-il passé de mode?
ou bien FO,canal contrôle des prix,le lui a-t-il confisqué?
Tout ça a dû échapper au montage,la télé-complaisance n'est plus ce qu'elle était!