Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Pages

Archives

Publié par Edouard Boulogne

La misérable exploitation d'un « héros » fabriqué, par le club des imposteurs.

Avis-de-recherche-Hessel.jpg

 

Je n'ai pas une ligne à changer aux deux articles que j'ai consacrés ces jours derniers à Stéphane Hessel. Je voudrais préciser, avant d'aller plus loin, que je n'ai aucune animosité particulière contre ce vieux monsieur, qui a profité, dans l'hiver de sa vie des moyens mis à sa disposition par des imposteurs, pour tromper la monotonie des jours, et pour se faire une célébrité que ses mérites propres ne lui avait pas permis d'atteindre.

C'est davantage contre les maîtres de manège que je m'INDIGNE, qui ont délégué aujourd'hui aux Invalides, leur préposé du moment aux farces et attrapes, François Hollande, et l'accompagnement habituel des gogos de service, à la célébration d'un citoyen ordinaire, promu au rang de STAR, de citoyen du monde, et d'indigné exemplaire.

Ce qui a valu à M. Stéphane Hessel cet excès d'honneur, ( et cette indignité ), c'est la publication de son opuscule minuscule et ridicule, comme je l'ai montré il y a deux jours.

« Indignez-vous », qu'il disait.

Eh bien je m'indigne. Et d'autant plus que les millions d'exemplaires vendus ( mais lus? ) de ce bouillon d'inculture, témoigne du degré d'abaissement du lectorat en France, et de l'incapacité publique à s'indigner vraiment contre les forces de dissolution de l'esprit dans cette France qui fut, naguère encore, le lieu par excellence de l'irrévérence et du persiflage intellectuel.

Ce qui m'incite à revenir sur le cas du pauvre Hessel, c'est cet impudence du falot élyséen, sa basse flagornerie aux maîtres de manège. C'est aussi cette annonce d'une pétition destinée à obtenir l'entrée au Panthéon du nonagénaire « indigné ».

Si une telle intromission devait être effectuée, je demande à bénéficier du privilège qui manquât d' être, jadis, celui de Molière, l'auteur du Tartufe, lequel faillit, à sa mort, être jeté aux cimetière des chiens, sous la pression des tartufe du temps ) et qui ne fut sauvé de cette infamie que par l'intervention personnelle du roi Louis XIV, très lucidement indigné par la bassesse des maîtres du manège de l'époque ( les membres de la Confrérie du très Saint sacrement ). Cette sale espèce increvable, et qui se perpétue, avec une rare et surprenante capacité à se métamorphoser, du statut de cagot en celui de laïciste exemplaire.

Et puis, aussi, si Hessel entre au Panthéon, pensez-y, avec moi, il faudra augmenter nos impôts, car le monument de ce qui fut, sous Louis XV l'église Sainte Geneviève, sera bien trop étroit, et il faudra, en cette période de restrictions, ( avec quel argent? ) construire bien des Panthéon 1, 2, 3, etc, etc.

Miracle démocratique à la sauce hollandiste, où la multiplication des nécropoles se substituerait à la multiplication des pains.

Mais, rien n'est jamais perdu. Comme vous allez le lire, le journal Le Monde lui-même est pris d'un haut le coeur devant « l'indigestibilité » de la farce.

Voici le quotidien du soir qui s'aligne sur les indignations du Scrutateur.

Lisez, amis scrutatoriens, car comme disait la publicité bien connue : «  vous ne verrez pas cela tous les jours »!

 

Le Scrutateur.

 

3145884624_1_4_aKCasi5N.jpg

 

L'auteur d'"Indignez-vous !" victime d'une fabrication

LE MONDE | 05.03.2013 à 15h22 • Mis à jour le 06.03.2013 à 15h13 Par Claude Moisy, journaliste, ancien PDG de l'AFP



http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/05/l-auteur-d-indignez-vous-victime-d-une-fabrication_1843012_3232.html



Nous n'avons pas de raison d'être fiers de la façon dont notre profession vient de célébrer la mémoire de Stéphane Hessel. Sa mort a malheureusement été l'occasion d'un nouvel accès de frénésie moutonnière des médias pour graver dans le marbre de l'Histoire une légende sans fondement trop facilement acceptée.

Quasiment tous les médias ont aveuglément évoqué le rôle de coauteur de la Déclaration des droits de l'homme attaché à son nom. Le seul ennui est que ce rôle n'a pas existé. Il ne s'agit pas ici de ratiociner ou de jouer sur les mots. Peut-être pas auteur, concède-t-on parfois, mais au moins contributeur ou collaborateur des auteurs. Non.

La réalité est que pendant son séjour aux Nations unies, de 1946 à 1948, Stéphane Hessel n'a pris aucune part à la rédaction de la Déclaration qui eut lieu à ce moment-là.

L'affaire pourrait n'avoir qu'un intérêt anecdotique si le rôle de coauteur de la Déclaration attribué à tort à Hessel n'était devenu au fil des ans un des éléments constitutifs de sa célébrité et de la vénération qui a entouré la fin de sa vie.

Au risque d'être taxé de mesquinerie, je crois nécessaire de dénoncer cette légende malgré l'affectueuse sympathie que, comme beaucoup, j'ai éprouvée pour l'homme chaque fois que je l'ai rencontré. Ce qui est en cause ici le dépasse.

INCONSÉQUENCE DES MÉDIAS

Nous avons une fois de plus la démonstration de l'inconséquence avec laquelle les médias imposent à l'opinion publique une vision illusoire de l'Histoire autour de héros populaires rendus plus séduisants encore qu'ils ne le sont en réalité.

Pourtant, tout le monde peut aujourd'hui accéder par Internet à des centaines de documents officiels sur la genèse de la Déclaration universelle des droits de l'homme, sur son comité de rédaction, sur ses débats et les conditions de son adoption. Aucun document de l'époque ne mentionne le nom de Stéphane Hessel.

Et pour cause : il est alors le modeste chef de cabinet de l'un des huit secrétaires généraux adjoints de l'ONU, le Français Henri Laugier, chargé des affaires économiques et sociales, qui ne faisait pas partie du comité chargé de rédiger la Déclaration.

Faute de Laugier, d'innombrables articles de presse évoquent le rôle de Stéphane Hessel " au côté" de René Cassin qui fut réellement, lui, l'un des principaux auteurs de la Déclaration.

 D'autres le placent carrément "à la droite" d'Eleanor Roosevelt, l'épouse du président des Etats-Unis, qui présidait le comité de rédaction. Ces deux proximités sont aussi dénuées de fondement l'une que l'autre : Stéphane Hessel n'a jamais siégé aux côtés ni de l'un ni de l'autre aux réunions du comité.

Comment et quand est née la légende de la participation personnelle de Stéphane Hessel à la Déclaration ? Y a-t-il lui-même contribué ? Il est encore difficile de le déterminer avec précision.

TÉMOIN MAIS PAS ACTEUR

Ce qui est sûr, c'est que soixante ans après son adoption, il a prudemment et habilement circonscrit son véritable rôle. Interviewé le 10 décembre 2008 sur un site de l'ONU, il a déclaré : " J'étais en contact permanent avec l'équipe qui a rédigé la Déclaration. J'assistais aux séances et j'écoutais ce qu'on disait, mais je n'ai pas rédigé la Déclaration... J'ai été témoin de cette période exceptionnelle." Autrement dit, témoin mais pas acteur.

Il l'a confirmé deux ans plus tard, le 3 janvier 2011, dans un entretien avec Politis. " C'est l'occasion pour moi de revenir sur deux idées fausses. La première est que j'aurais fait partie du Comité national de la Résistance. (...) L'autre erreur est de m'accorder le rôle de corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme. (...) J'ai assisté à sa rédaction de très près et de bout en bout. Mais de là à prétendre que j'en aurais été le corédacteur !"

Ces deux textes sont accessibles sur Internet, tout comme un entretien avec Simon Boquet publié en 2012 par la revue Texto dans lequel il récuse une fois de plus ce titre de coauteur de la Déclaration pour parler seulement de "ce travail auquel j'ai été très modestement associé".

Tout le monde a pu les lire, mais pratiquement personne n'en a tenu compte. Trop compliqué de corriger les erreurs, peut-être ?

Pour être tout à fait honnête, il faudrait sans doute évoquer aussi les centaines d'articles évoquant au cours de décennies la Déclaration des droits de l'homme et dans lesquels Stéphane Hessel manie des formules beaucoup plus ambiguës sur son rôle sans contester celui plus flatteur qu'on lui prêtait.

Mais la sympathie me porte à penser qu'il est trop tôt pour un tel inventaire.

Claude Moisy, journaliste, ancien PDG de l'AFP





Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Pako 10/03/2013 04:09


Honnête mon Q

CH.FFRENCH 09/03/2013 21:10


Au moins cet homme était honnête!


Je le détestais depuis son "petit" livre "Indignéz-vous" que quelqu'un "qui pense" m'avait prêté. Je dois dire que je n'y avait pris aucun intérêt, et que j'avais lu cette petite chose en
diagonale, juste pour "parler et faire semblanr d'être au parfum", avec ladite prêteuse...


Quel ennui ces gens, qui se croient investis de "quelque chose" et qui glosent avec emphase!

Candide 09/03/2013 16:05


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=KPJD6nBY_ho


Apologie du terrorisme islamique.


Quand les roquettes fuseront depuis certaines banlieues françaises il sera ... canonisé ?