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Publié par Edouard Boulogne

 

Guadeloupe : Voir au delà de cette semaine de grève ( 22/11/2009).

 

  ( M. J-M Nomertin, leader du la CGTG communiste. Cette personnalité est éclipsée par l'écrasante aura de Domota. Mais le Scrutateur, bon bougre, voudrait lui rendre hommage en témoignant que sa capacité de destruction de la Guadeloupe n'est pas négligeable non plus. Et puis, sans rancune Jean-Marie! OK? ) .





 

L'UGTG (pseudo LKP ) bloquera-t-elle la Guadeloupe la semaine prochaine où elle annonce de toute façon une « grève générale » pour les 24 et 25 novembre?

Nous allons voir.

En ce qui me concerne, si je crois à des perturbations conséquentes dans les secteurs de la distribution du carburant, dans la possibilité pour les Guadeloupéens de circuler librement dans leur pays, et pour certains d'aller travailler, je doute de la possibilité pour le pseudo LKP (et véritable UGTG) de rassembler 15 à 20000 personnes autour de lui, comme en début d'année.

Aujourd'hui nombre de naïfs ont ouvert les yeux. Les faillites d'entreprises consécutives aux exactions Elkapistes ont déniaisé pas mal de monde, et je ne vois pas le personnel du groupe Cora réduit au dépôt de bilan se joindre, cette semaine, aux défilés carnavalesques du sieur Domota ( 2400 employés de Cora réduits au chomage, dont près de la moitié est loin d'être tiré d'affaire ce 22 novembre ).


Mais il y aura du bruit, du Ka, des inepties débitées sur les ondes de la désinformation, sur RFO et quelques autres stations de moindre importance mais de même nuisance.

Il y aura tout cela, parce que l'UGTG veut appliquer son programme, que nos lecteurs ont pu lire au complet à maintes reprises sur ce site : « …. Nous devons à la fois détruire et édifier : détruire le système colonial en alliant lutte légales et luttes illégales, luttes pacifiques et luttes violentes, luttes intérieures et luttes extérieures.... »


Même si les subversifs ne parviennent pas à rassembler comme en février (leur appel du début octobre fut un quasi échec ) , ils marqueront encore des points, dans la mesure où ils resteront face à une société et à une classe politique déboussolés, une sorte de référence obsessionnelle, et un bon alibi pour ceux qui en métropole voudraient bien se débarrasser des Antilles ( les  fameuses « danseuses » de la France).


Or le « monstre » LKP n'est fort que la faiblesse de ses adversaires.


Tout le monde a des responsabilités dans cette affaire.


Par exemple le patronat. On sait que le Scrutateur est plutôt favorable en économie à l'entreprise privée, seule créatrice véritable de richesse, seule véritablement dynamique et innovatrice. Au XXè siècle le socialisme a partout échoué, stérilisant les sociétés où il dominait, tout en les réduisant à l'esclavage moderne (bien pire que l'esclavage ancien) dans ses formes extrêmes communistes soviétique, ou chinoise, ( près de cent millions de morts dans les pays communistes).

Mais le libéralisme capitaliste a ses défauts. Il doit être tempéré par des institutions bien organisées, telles que les syndicats, contrepoids aux excès éventuels de patrons, non pas méchants en soi, mais pris dans une logique de profit, qui livrée à elle-même peut engendrer des excès et des injustices.

Le syndicalisme a donc un rôle important à jouer dans l'équilibre social. En Guadeloupe comme ailleurs. A condition qu'il reste subordonné à sa finalité sociale, et qu'il ne devienne pas, subrepticement un instrument de conquête du pouvoir politique.

Le patronat véritablement intelligent devrait comprendre que l'intérêt de l'entreprise, passe à l'intérieur de celle-ci par le dialogue avec des syndicats responsables ( même quand ils ne sont pas commodes), avec des partenaires, qui s'ils sont eux-mêmes intelligents ne cherchent pas le conflit pour le conflit, mais la justice, l'équilibre entre les intérêts des ouvriers, et ceux de l'entreprise, conscients que la destabilisation de celle-ci ne peut la conduire qu'à la faillite et donc à la mise au chômage du personnel.

Il me semble qu'en Guadeloupe (restons-en sagement au problème qui nous concerne immédiatement) une partie de la classe économique dirigeante n'a pas suffisamment pris conscience de ce que nous venons de dire, et que pour « avoir la paix », pensaient-ils, ils ont tenté de se passer, chez eux, de représentation syndicale, ou de l'émasculer, en la réduisant à un rôle de représentation symbolique.

Les syndicats fidèles au vrai syndicalisme, -professionnel, non politisé – n'ont pas su s'imposer face aux idées courtes d'une partie du patronat. Et de fait nous n'avons pas en Guadeloupe, l'équivalent de ce que peuvent représenter en métropole la CFDT, ou la CFTC, et même la CGT depuis qu'elle a renoncé, au moins dans le principe à la « lutte des classes ».


La force de l'UGTG, c'est d'avoir occupé le créneau laissé libre par une certaine imprévoyance patronale, et l'incapacité des syndicats réformistes à s'imposer dans le débat social.

L'UGTG s'est caractérisé dès ses débuts par une attitude maximaliste, ultra politique, « nationaliste » et séparatiste, et, compte tenu de l'histoire de la région région Guadeloupe, parfois raciste.

Sa finalité, bien plus politique que syndicale (encore une fois, référons-nous aux textes de cette organisation, publiés sur ce site) , est moins la justice dans l'entreprise, le développement harmonieux d'une société globale qui a la chance d'être à part entière intégrée à une nation française puissante, riche et prestigieuse, que de rompre avec celle-ci au nom de principes médiocres et dangereux pour tout le monde (la « révolution prolérarienne », la « nasyon gwadeloupeyenne », etc) et en agitant des épouvantails ridicules ( le colonialisme, le pouvoir béké, le « démounage » (dépersonnalisation) systématique de la population noire par un monstre blanc « exploiteur par essence », comme l'a dit sur RFO récemment une crétin de pure extrace).

Ses méthodes d'intimidation, et de violence ont à la fois intimidé les populations antillaises, et capturé une certaine partie d'entre elles, constatant que bien des chefs d'entreprises d'entreprises concédaient sous la menace, des avantages que les syndicats classiques n'avaient pas obtenus. Certains de ces responsables économiques, à courte vue, ont même été jusqu'à acheter des « fins de conflit », aboutissant à renforcer ceux qui ne poursuivaient nullement des objectifs de justice, mais des fins politiques révolutionnaires, nuisibles pour tous, à les affaiblir eux-mêmes, et à fournir à l'UGTG un trésor de guerre, renforcé depuis lors par des apports étrangers, ( Chavez, Castro ) parfaitement indifférents au sort des travailleurs, guadeloupéens, mais pas à l'augmentaion de leur pouvoir de nuisance sur l'équiquier politique américain, voire mondial.

De tout cela est né le mythe UGTG, son omnipotence sur l'échiquier syndical guadeloupéen (bien que l'abstention très importante aux élections professionnelles, témoigne de la méfiance et du scepticisme d'un pourcentage important de travailleurs), sa capacité d'intimidation, ceci jusque dans le détail de la vie quotidienne.

A cela s'est ajouté le travail réel, patient de ces gens là pour pénétrer les secteurs clefs de l'information et de la « culture » (ce que l'on appelle ainsi aujourd'hui, dans le monde politique, c'est-à-dire l'occupation des loisirs par des groupes habilement politisés, sur des thèmes ultra politisés et biaisés. Que l'on songe seulement en Guadeloupe au rôle qu'ont joué, au cours des évènements de février, les groupes « culturels » Akiyo ou Voukoum.

Durant des années, dans feu le Journal Guadeloupe 2000, j'avais mis en garde les responsables politiques de l'époque, contre la mise en place de ces structures destabilisatrices, et la nécessité de réagir sur le même terrain. Hélas! Inutilement.

Suzanne Labin, jadis, au temps du communisme montant, avait souligné l'inconscience des pays occidentaux dans leur politique d'aide au tiers monde.

Ils construisent, disait-elle, des hôpitaux et des bibliothèques, mais les bibliotécaires, et les infirmiers sont communistes.

La Guadeloupe aujourd'hui paye le prix de tant d'inconséquence.

Oui, nous vivons, malgré les problèmes existant dans toute société, dans un monde privilégié.

Ce n'est pas seulement la caraibe qui envie les DOM, mais bien d'autres pays du monde (quand ils connaissent notre existence).

Mais une minorité fait « zouker » notre population sur le thème de la « pwofitation ».

La mainmise sur les médias, la tentative de mainmise totale sur l'école (un des objectifs majeurs de l'UGTG. Il suffit d'écouter et surtout de regarder le porte parole René Beauchamp, pour comprendre, par delà les troubles psychologiques évidents qui travaillent ce malheureux, qu'elle importance a le contrôle totalitaire de l'école pour ces apprentis sorciers), tout cela crée un malaise profond dans, et une angoisse dans une société guadeloupéenne, qui en cinquante ans est passé, quasiment, de « son moyen-âge », à la société post moderne, de la politique à la papa, à des formes élaborées de politiques, mixées de manipulations, et de volonté subversive.


La population dans sa majorité n'est pas encore conquise par l'UGTG. Quelque chose, qui est la conscience encore présente, de tout ce qu'elle a perdre dans une rupture avec la France, la retient au bord du pire.

Mais elle est traversée de doute. Comme disait Goebbels, l'un des bras droit d'Hitler, « nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet ».

C'est exactement ce que font nos Domota, et nos Clavier, nos Beauchamp, et nos Jean Hamot!


D'où la difficulté pour les responsables, à faire face à une situation qu'il commencent à peine ( et encore!) à comprendre. La difficulté de rassembler une population désorientée, qui n'a plus de points de ralliement dans des partis politiques organisé, se réclamant de certaines valeurs.

Sur ce terrain mouvant les politiciens, dont c'est déjà une pente naturelle que de fluctuer, ne savent à quel saints se vouer.


Ils fluctuent.


Dans l'immédiat, l'instinct de survie peut encore sauver la Guadeloupe, conjurer les démons ugétégistes.

Mais très vite, il faudra, au niveau de l'Etat, mais bien plus au niveau local, parmi les responsables économiques et politiques conscients, réagir pour restructurer notre île.

Réorganisation des partis politiques en autre chose que des machines à faire élire des leaders sans autres visions que la promotion de leur moi, et l'engraissement de leur patrimoine.

Création d'un véritable syndicalisme guadeloupéen, une des conditions indispensables pour le contrôle et si possible l'élimination de l'organisation nazie UGTG.

Action constante de personnalités valables, et non séparatistes dans le secteur de la « culture » sottement abandonné aux ennemis de la Guadeloupe que sont les maîtres actuels, aussi insolents qu'imbuvables, de ce secteur.

Vaste programme qu'il faudra réaliser, faute de quoi....!

Et dans l'immédiat, sauver les meubles, riposter du tac au tac, en refusant toute timidité, en choisissant le courage plutôt que le défaitisme.


Observons ce qui se passe à la Martinique. Peut-être nos compatriotes de l'île soeur vont-ils nous donner une leçon de bon sens, en janvier lors de leurs réferendums en refusant l'article 74, et l'assemblée unique.


Ce serait de bon augure. Mais ce serait insuffisant.


Ce que je viens d'écrire pour la Guadeloupe vaut aussi pour eux dans une certaine mesure.

 

Edouard Boulogne.

 

 

 

 

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Virginie Bonnet 23/11/2009 22:43


Merci pour  ce commentaire et encore félicitations pour votre courage.

Je pense que demain est le moment ou jamais pour chacun de "choisir son camp", que chacun réfléchisse bien avant de le choisir ! Mais je reste confiante dans le bon sens des
guadeloupéens. 

A bientôt et tenez bon!!

Virginie


Claude HOUEL 23/11/2009 22:41



ENFIN !


Enfin une analyse qui ouvre les perspectives d’un avenir meilleur à travers l’introspection de tous les acteurs et pas seulement celle des syndicalistes.


Merci à M. Boulogne d’avoir osé dire qu’à côté du nécessaire détachement de l’action syndicale de l’action politique, il faut impérativement envisager une refonte de l’attitude de certains
patrons qui constituent, eux aussi un frein à l’incontournable dialogue social.


L’UGTG a pu avancer ses pions chaque fois que la non application du code du travail dans telle ou telle entreprise lui a donné une légitimité vis à vis des salariés et des pouvoirs publics.


Certains chefs d’entreprises n’ont pas su prendre à temps les mesures adéquates car il pensaient que le paternalisme d’antan lié à un mépris des lois et règlements suffisaient au bonheur de leur
collaborateurs.


L’UGTG a vite vu la faille en mobilisant, d’abord, sur la légalité des points soulevés.Même si les méthodes  étaient brutales, le fondement de l’action et les résultats,
forcement obtenus car justes, emportaient l’adhésion de salariés qui y retrouvaient leur compte.


L’UGTG est moins à l’aise avec les entreprises qui travaillent dans la légalité parce que son action n’a plus la même légitimité quand elle dépasse le strict dialogue social.


L’un des moyens les plus efficaces pour remettre ce dialogue en route passerait par la modernisation de ces entreprises au niveau de leur prise en compte du social.


Beaucoup de patrons ont compris cela et subissent moins la pression au niveau individuel.


Cela est tout à fait possible. J’ai géré pendant 20 ans une entreprise de 30 personnes avec deux délégués UGTG (comptable et secrétaire).Même si les négociations ont parfois été houleuses, il n’y
a jamais eu de grève car il y a toujours eu un dialogue constructif et transparent au niveau des résultats et des objectifs donc des possibilités réelles pour accéder aux demandes.


Cette expérience ne constitue en rien un coup de publicité pour ce syndicat mais illustre simplement la voie pour s’en sortir.


Bien entendu la modernisation de l’entreprise Guadeloupéenne passe également part d’autres remises en cause mais celle-ci me paraît fondamentale.




Phillip 23/11/2009 02:24


Voila une excellente analyse et un fort bon commentaire que M Boulogne nous propose. Sa connaissance du sujet rend son texte essentiel. On ne peut qu'y adhérer pleinement car il est clair que ce
qui se passe en ce moment n'est pas le résultat d'une seule année d'errance de notre société.
Le phénomène UGTG/LKP n'est que la conclusion d'une longue infiltration de notre univers par des extrêmistes qui préparent leur coup depuis des décennies. Je crois également qu'il faut que chacun
d'entre nous, quelques soient ses origines, sa "couleur", son implication dans notre île s'interroge sur les péripéties qui nous ont conduit si prés du gouffre. Peut-être avons-nous tous un peu
"laissé faire" et n'avons-nous pas été attentifs aux dangers qui pourtant se précisaient depuis des années autour de nous.  
Il nous faut maintenant nous livrer à une véritable catharsis pour espérer et construire des jours meilleurs. Le travail n'est pas mince mais si nous aimons le mot LIBERTE avons-nous le choix ?