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Publié par Edouard Boulogne

 

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On ne peut pas admettre la réalité d'une dette colossale , et croire qu'elle ne se traduira pas par une baisse de notre niveau de vie.

Il faudra plusieurs années pour pouvoir arrêter la progression de la dette publique française. D’après les informations recueillies auprès de l’Institut national de la statistique: « La dette s’est accrue de 46,4 milliards d’euros au deuxième trimestre par rapport à la fin mars pour s’établir à 1.692,7 milliards, soit environ 86,2% du Produit intérieur brut (PIB) ».

La dette, au sens des critères européens de Maastricht, a donc augmenté de 1,7 point par rapport à la fin du premier trimestre 2011. Elle atteint désormais le chiffre record de 86,2 % du produit intérieur brut (PIB). Dans son projet de budget pour 2012, le gouvernement prévoit une nouvelle augmentation de la dette l’année prochaine, qui pourrait culminer à 87,4 % de la richesse nationale. La diminution de la dette, qui nécessite de contenir le déficit annuel sous la barre des 3 %, doit intervenir à partir de 2013, à en croire le gouvernement. Celui-ci espère alors stabiliser la dette totale à 87,3 % du PIB en 2013, revenir en 2014 à 86,2 %, puis en 2015 à 84,1 %.

Le projet de loi de finances présenté en Conseil des ministres le 28 septembre prévoit ainsi que le déficit public baissera de 5,7% du PIB cette année à 4,5% en 2012, puis à 3 % en 2013. La charge de la dette deviendra le premier poste du budget, devant l'enseignement.

En raison de la crise de la dette et des mesures de rigueur qui vont également toucher la Guadeloupe , les entrepreneurs estiment que l'activité va ralentir sur la période récente, et qu'elle continuera de décélérer dans les mois à venir.

Le moral des ménages est au plus bas depuis 2009 en septembre, selon l'Insee. De son côté, celui des chefs d'entreprises se dégrade également, faisant peser de nouveaux risques sur la croissance.

Au mois d’août 2011, l’indice des prix à la consommation des ménages en Guadeloupe augmente de 0,4 %.


Cette évolution résulte de la hausse des prix de l’alimentation, de l’énergie et des services. Le glissement sur un an (août 2011 par rapport à août 2010) est de + 1,9 %.

La rentrée s'annonce ainsi des plus moroses en Guadeloupe et les marchés boursiers ne sont pas les seuls à plonger face à la dégradation de l'environnement international. Selon l'Insee en effet, ménages et chefs d'entreprises broient désormais du noir comme lors de la crise LKP , et ont bel et bien été rattrapés par la crise internationale.

Mais c'est du côté des ménages que le signal d'alarme est sans doute le plus inquiétant. En baisse de cinq points, l'indice de l'Insee s'avère en effet au plus bas depuis 2009. Et la lecture attentive de l'enquête de l'Insee ne laisse guère de place à l'optimisme. Les ménages interrogés sont ainsi nettement plus nombreux qu'en juillet à anticiper une augmentation du chômage, mais ils sont également plus a estimer que dans les mois qui viennent leur situation financière personnelle sera moins favorable. Conséquence directe de cette poussée d'inquiétude, les ménages sont également moins nombreux à penser que la période actuelle de solde en Guadeloupe est opportune pour faire des achats importants.

A défaut de consommer, les ménages vont préférer remplir leur bas de laine. Le taux d'épargne des ménages progresse «vivement», selon les propres termes des experts de l'Insee. Une hausse qui se dessinait au travers des récentes statistiques sur la collecte du Livret A notamment . Face à l'inquiétude causée par la crise de la dette, et en raison de son taux attractif (2,25% net), le Livret A voit encore sa collecte augmenter sensiblement en Guadeloupe .



En première ligne face aux effets de la crise, les chefs d'entreprise voient également leur moral se dégrader nettement en septembre. Ainsi, l'indicateur synthétique du climat des affaires que calculent les statisticiens publics, s'est replié de six points en septembre par rapport au mois de juillet (il n'y a traditionnellement pas d'enquête au mois d'août). De même l'indicateur plus général du climat des affaires en Guadeloupe , calculé à partir des réponses des chefs d'entreprise des principaux secteurs d'activité, s'est également dégradé très sensiblement en septembre. Tous les secteurs d'activité, hormis le tourisme font, de fait, état d'une baisse de leur activité.

« Il y a toujours eu une forte activité au tribunal de commerce mais jusqu'ici, les professions libérales étaient assez épargnées » , relève un observateur judiciaire, au coeur de la santé financière des sociétés. « Mais aujourd'hui, ces professions sont aussi en difficulté » , ajoute-t-il. « Tous les secteurs sont touchés » , embraye un avocat, spécialiste des dossiers économiques. « Auparavant, aux audiences civiles, on retrouvait un ou deux dossiers, essentiellement des associations ou des crèches. Aujourd'hui, ça a explosé. On voit apparaître des architectes ,des pharmacies, des médecins, des laboratoires d'analyse médicales , des avocats, des professions censées pourtant être privilégiées et épargnées jusque-là... » . Un phénomène nouveau et plutôt inquiétant. Du côté des procédures collectives du tribunal mixte de commerce, les audiences ne désemplissent pas non plus. Tout y passe : le BTP bien sûr, avec d'autres secteurs qui en découlent indirectement comme l'immobilier ou la location... , les commerces alimentaires , les petites structures artisanales : personne ne passe au travers , comme on a pu le constater à travers l'exemple de Systéme U.

Une procédure collective de licenciement a été ouverte le 27 septembre 2011 à l'endroit des sociétés d'exploitation des magasins à l'enseigne U de Saint-François, Bouillante, Baillif, Pliane et Capesterre-Belle-Eau.
Cette procédure résulte de difficultés d'exploitation et d'une demande de leurs propriétaires-dirigeants, qui sont des exploitants indépendants, associés coopérateurs de la société Système U Ouest , et qui sont dans l'incapacité de réinjecter des fonds propres dans ces magasins .
Passer d'une économie fragilisée par le LKP à une économie de responsabilité !

Willy Angèle, le patron des patrons, préfère parler de période de mutation économique. Mais la crise est bien là, et l'état de l'économie guadeloupéenne - notamment du BTP et de l'industrie - en témoigne. « Jamais on n'a connu une situation pareille, une crise mondiale qui vient se juxtaposer à nos facteurs locaux pénalisants, explique Colette Koury, présidente de la CCI. Avant, on pouvait se retourner vers l'État. Aujourd'hui, c'est impossible. Nous sommes donc conscients que nous devons compter avant tout sur nous-mêmes. » Les entrepreneurs guadeloupéens sont prêts à relever ce défi. Et ils ont concocté une recette, somme toute, crédible, à base de grands projets, d'imagination et de l'existant.

Premier ingrédient, le courage. « Il faut avoir le courage de dire, une bonne fois pour toutes, que le tourisme doit être placé au centre du développement, affirme Willy Angèle. Il ne peut y avoir de développement économique sans tourisme, sans un aéroport et un port performants. » C'est dans la droite ligne de ce credo que l'ensemble du monde patronal soutient fermement le grand projet de port. « Un projet qui, à lui seul, est suffisamment important pour nous sortir de la crise, remarque Colette Koury. Mais un projet de cette envergure prend du temps pour sortir, et les entreprises n'ont pas ce temps. »


Dur, dur pour l'emploi...


Les mesures du plan FILLON qui frappent les entreprises vont évidemment avoir un impact négatif sur leurs résultats : les entrepreneurs, déjà frileux si l'on se réfère au baromètre de leur moral régulièrement publié par l'Iedom, vont, pour la plupart, revoir leurs projets d'investissements à la baisse. Investissements en matériel, mais investissements également en terme d'effectifs... Ça ne va pas aider à résorber le taux de chômage galopant qui frappe la Guadeloupe depuis 2009 .

La grosse incertitude concerne 2012 et au-delà. Tous les économistes s'accordent pour juger trop optimiste la prévision d'une croissance soutenue en Guadeloupe l'an prochain. "Les indicateurs de confiance se dégradent plus rapidement que prévu", s'inquiète notamment L'IEDOM .



DOLTO

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