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Publié par Edouard Boulogne

 

Guadeloupe : Comment éradiquer la violence à l'école ?

 

 

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Eradiquer la violence à l’école n’est pas une question de moyens, mais de courage politique ! “
La société est en crise en Guadeloupe, les tensions montent, montent, montent…à CAPESTERRE comme ailleurs dans cette petite ile ! et la violence de la société guadeloupéenne entre à l’école…


Changerons-nous la société ?


Quelle idée ! Nous donnerons quelques “vieilles ficelles” aux profs pour gérer les trublions…ça devrait suffire, voyons…
Comment n’y avons-nous pas pensé avant ?
Un petit cours de dynamique de groupe et hop, le cours redevient dynamique !
Peut-être même équiperons-nous chaque classe d’un policier…si ça ne coûte pas trop cher.
Une formation complète pour les jeunes enseignants ?
Ah non, vous n’y pensez pas… y’a plus de crédit, et les caisses de l'Etat sont vides.
A chaque fois qu’il y a une agression comme en ce moment au collège Saint Ruff de Capesterre-Belle Eau , la question des moyens est mise sur le tapis. Sauf que pour lutter contre la violence à l’école, je suis intimement persuadé que ce ne sont pas des moyens dont on a besoin, mais de courage politique…et surtout de discipline dans ce pays !
Car des moyens, cela fait des décennies que l’on en injecte dans les ZEP, ZUP et autres REP avec le succès que l’on sait : quasi nul. Sans compter qu’aujourd’hui, l’état des finances de notre pays, (et donc le portefeuille des contribuables) ne permet plus de subventionner en pures pertes les établissements réputés difficiles. Cette violence s’ajoute à la longue liste de celles déjà enregistrées depuis le début de l’année 2009. Toutes les solutions doivent désormais être envisagées pour protéger les élèves et les enseignants.

1. Faire respecter l’autorité des professeurs

Les enseignants doivent être rétablis dans leur mission première, qui est de transmettre des savoirs et non de gérer des problèmes sociaux. Pour asseoir leur autorité, ils doivent disposer des moyens nécessaires ; le droit de donner des « zéros de conduite » et de décider du passage des élèves dans la classe supérieure, doit leur être rendu.

  1. Former les professeurs à l’application de la discipline

    Instaurer la discipline dans une classe relève de la pratique. Mais les grands principes doivent être enseignés aux futurs professeurs. L’importance décisive du premier contact avec les élèves, de la tenue du professeur, de son déplacement à travers sa classe, du regard adressé à chaque enfant pendant le cours, peut s’apprendre, de même que les principaux pièges à éviter : crier, chercher à attendrir les élèves ou “copiner” avec eux.

    3. Réintroduire la fonction pleine et entière de surveillant général dans les écoles

    Les professeurs ont besoin du soutien de leur hiérarchie en cas de problème grave avec un élève. La présence d’au moins un surveillant général dans chaque établissement est nécessaire. Sa mission exclusive serait de surveiller les élèves, contrôler les entrées et les sorties, prendre en charge les élèves punis et s’assurer que les sanctions sont effectuées.

    4. Créer de vrais cours de civisme

    L’enseignement moral et civique, tel qu’il a longtemps été pratiqué, est devenu encore plus nécessaire aujourd’hui du fait de la défaillance des familles. Ces cours doivent enseigner aux enfants, dès les petites classes, les règles de base de la vie en société : saluer et se tenir correctement, surveiller son langage, respecter ses engagements, arriver à l’heure, respecter les adultes.

    5. Exclusion définitive à la troisième infraction grave au règlement intérieur

    S’il est normal que les enfants aient le « droit à l’erreur », aucun élève ne doit pouvoir commettre trois infractions graves dans un établissement scolaire sans être renvoyé.

    6. Supprimer la réintégration automatique après exclusion d’un établissement scolaire

    L’élève exclu doit accomplir lui-même les démarches pour demander sa réadmission : lettre de motivation, sollicitation d’un entretien auprès des chefs d’établissement. Il faut éviter de lui donner l’impression, comme c’est le cas actuellement, que c’est à l’Éducation nationale de lui trouver une place ailleurs, et que son « droit à l’éducation » n’implique aucune contrepartie, pas même celle de faire des efforts et de respecter ses professeurs et ses camarades de classe.

    7. Restaurer les internats spécialisés

    Certains élèves posent de graves problèmes de discipline, au point de nuire au bon déroulement des cours et d’empêcher les autres élèves d’étudier. Ils doivent être scolarisés à part, si possible en internat, avec les moyens nécessaires pour les remettre sur les rails : encadrement, moyens disciplinaires, rythme de vie imposé. Alors leur réintégration dans le cursus normal pourra être envisagée.

    8. Rétablir prix et récompenses pour les élèves méritants

    Les enfants qui travaillent sérieusement à l’école doivent être valorisés et récompensés de toutes les manières possibles. L’usage des bons points, images, prix, récompenses et bourses peut contribuer efficacement à distinguer les élèves méritants.
    La thématique de la violence scolaire n'est pas neuve. Mais elle prend désormais un tour nouveau dont est très emblématique le fait que la Guadeloupe soit classée comme département le plus violent de FRANCE : alors que la violence avait longtemps été contenue dans les périphéries urbaines, elle « descend » désormais dans la ville voire même gangrène les communes rurales comme à CAPESTERRE . Néanmoins, le prestige social est aujourd'hui davantage lié à l'argent et aux valeurs matérielles qu'au rôle que l'on joue au sein de la collectivité. La construction de l'individu ne s'effectue plus par rapport au groupe et donc au rôle qu'il devra y tenir, mais par rapport à la satisfaction de désirs immédiats, que certains sont prêts à assouvir par la violence. La construction du citoyen guadeloupéen est par conséquent mécaniquement en crise. L'adolescence est une période de dépréciation de soi. Cela peut amener le jeune à prouver qu'il existe par la violence. L'adolescence est aussi et surtout, la période du déni, du refus du cadre et des règles de la société avec un besoin de transgresser. Une grande importance est en revanche accordée à l'avis et au comportement des pairs et des modèles. Les facteurs individuels :La cellule familiale, premier cercle de construction de l'individu ,même si elle ne peut seule être tenue pour responsable, une carence familiale sous-tend fréquemment des problèmes de violences. La famille est le premier lieu d'éducation et de socialisation de l'enfant. Ce devrait être le premier cercle de structuration .Mais, de nos jours, surtout en Guadeloupe, la cellule familiale est souvent déstabilisée :diminution du temps consacré aux enfants, absence des grands-parents, disparition de l'autorité paternelle du fait de la multiplication des familles mono parentales, divorces, voire parents contre-modèles....L'apprentissage de la violence peut aussi se faire à travers les violences intra-familiales ( 1ére source de violence en Guadeloupe ).Un facteur plus endogène : la personnalité du délinquant :il existe des facteurs de risque de délinquance chez le jeune. Le jeune déstructuré peut fuir vers la mort physique en passant à l'acte par des méthodes de suicide "traditionnelles" ou bien, il peut plonger dans une mort sociale en exprimant sa violence par des actes antisociaux, lesquels sont en réalité la traduction d'un mal-être profond et d'un besoin de communication. Cause et parfois conséquence de la délinquance : le problème de la toxicomanie :L'usage de la drogue en milieu scolaire chez un mineur est un facteur d'inadaptation parmi d'autres. À la fois cause et conséquence du mal-être des jeunes, les consommations régulières de tabac et d'alcool sont des facteurs de risques de toxicomanie par recherche de sensations toujours plus vives. Le besoin d'argent pour acheter la drogue pousse aux vols avec ou sans violence et de plus, l'emprise de la drogue entraîne une altération profonde de la personnalité qui pousse à la récidive. Ce problème de toxicomanie qui gangrène le milieu scolaire soutient également l'activité de certaines bandes qui vivent de ce trafic et entretiennent ainsi une véritable économie parallèle comme dans beaucoup de quartiers de la périphérie pointoise.
    Les facteurs organisationnels et environnementaux :L'éducation : pierre angulaire de l'harmonie sociale :30 % des élèves qui entrent en sixième dans l'académie de la Guadeloupe ne savent pas utiliser correctement la langue française : 20% d'entre eux sont en détresse profonde de lecture et 40% de médiocres lecteurs. Ainsi, ces élèves se retrouvent plus facilement en situation d'échec scolaire, situation qui fait le lit de la délinquance. De plus, dans certaines établissements, il se crée un climat de dénigrement de la réussite et de l'effort : pour ne pas être marginalisé, certains élèves créent une nouvelle norme en adoptant un comportement négatif. L'échec scolaire est en corrélation directe avec la déscolarisation des mineurs. L'inadaptation scolaire habitue à vivre en marge des règles sociales, l'apprentissage se fait alors dans la rue, parfois au contact de plus grands ayant eux-mêmes connu l'échec scolaire. Pourtant l'école est un lieu d'instruction et de socialisation ; c'est l'antichambre de la société adulte. Par ailleurs, tout comme l'autorité du père, le respect du professeur a été aboli. Et pour un jeune en voie de marginalisation, l'enseignant n'est qu'un représentant d'une institution qu'il rejette. Enfin, parallèlement au déclin des valeurs religieuses, la désuétude de l'éducation civique à l'école est un fait aggravant..Toutefois, les conditions socio-économiques ne sont qu'une composante parmi d'autres facteurs de délinquance à l'école .Une socialisation plus délicate : les jeunes issus de l'immigration haïtienne ou dominicaise majoritaire à Capesterre :L'image de la grande majorité des immigrés est pénalisée par l'impunité et la violence d'une minorité. On constate cependant certains éléments importants à prendre en compte :— La carte des quartiers, des villes à forte concentration de population immigrée recoupe la carte des violences urbaines et celle des violences scolaires ;— Les troubles en matière de délinquance viennent le plus souvent des immigrés de deuxième génération qui sont nés sur le sol de la Guadeloupe, et la criminalité provient d'étrangers en situation irrégulière en Guadeloupe.— La différence SOCIALE et culturelle joue un rôle important, en premier lieu pour l'immigration originaire de la DOMINIQUE ET D'HAITI. Par ailleurs, l'intégration sociale des enfants d'émigrés se fait de moins en moins par l'école. Notre système scolaire est à la base de l'intégration, mais il a cessé de diffuser les valeurs collectives d'identification. Le principe de précaution si souvent invoqué dans d'autres dossiers doit nous pousser à promouvoir une politique volontariste de maîtrise de la diffusion de thèmes violents, en particulier à la télévision. La perte d'un diffuseur de valeurs : la pratique religieuse chrétienne :Les valeurs autrefois portées par l'Église en Guadeloupe et fortement ancrées dans l'inconscient collectif ont été très altérées. Le principal problème est que les forces qui ont porté des coups aux valeurs judéo-chrétiennes n'ont pas éprouvé le besoin de les compenser par d'autres systèmes de valeurs tout autant susceptibles d'endiguer les dérives.


    Quelques réflexions personnelles sur les décisions annoncées par les autorités :


    “Les parents qui n’assument pas leurs responsabilités pourront ainsi voir leurs allocations familiales suspendues ou supprimées”
    D’autre part, pour ces familles, rien de plus simple, il leur suffit d’aller pleurnicher chez l’assistante sociale et hop cette dernière fera le nécessaire pour qu’ils récupèrent ces quelques deniers.
    “Les élèves les plus perturbateurs pourront être sortis des classes”mais quid du suivi ?
    J’ai du mal a comprendre la véritable portée de cette décision ? Non parce que jusqu’à preuve du contraire dire à un élève “tu sors” ca existait déjà. Quoi ? Le foutre a la porte ? Pour qu’il aille zoner dans la rue, braquer les passants etc ? La rue n’a pas à être le dépotoir de ceux qui n’ont pas assez d’autorité pour se faire respecter.
    Il faudrait que les profs et surtout les parents arrêtent de croire que ce qui leur était naturellement dû hier l’est toujours aujourd’hui.
    Qu’ils se rappellent la façon dont les sociétés animales fonctionnent, avec le mâle ou la femelle alpha, et qu’ils se rappellent que les dominés visent toujours la place du dominant.
    Eh oui , “le roi est nu”, “le roi est nu”…(conte d’Andersen)
    Les enfants (élèves) sont-ils les seuls à le voir, et à le crier, à leur façon (parfois voire souvent violente) ?
    Qui croit encore aux “habillages” factices qui sont là pour cacher le vide abyssal de ce qu’on nous propose jour après jour ?
    Comment ne voyons-nous pas le vide et l’absurdité des mesures et mesurettes, prises, non après mûre réflexion, mais dans l’urgence, au coup par coup, pour répondre au moindre “fait divers” ? Le grand vide des idées et des perspectives ?
    Faut-il bâillonner l’enfant qui se révolte par la violence et sanctionner les adultes démissionnaires : “Votre monde est nu !” ? Ou faut-il leur proposer un autre monde ?
    Après ce n’est que mon opinion, perso ils font bien ce qu’ils veulent, il y a longtemps que je ne vais plus à l’école , mais j'ai de plus en plus peur quand je marche dans les rues de Guadeloupe.


DOLTO

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