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Publié par Edouard Boulogne

vatican2.gif  ( Le drapeau du Vatican ). 

 

Il y a eu dans l'histoire parmi les papes, des hommes tout à fait remarquables, et d'autres plus médiocres; des saints, mais aussi, et en cela ils étaient de grands pécheurs, de mauvais papes, des criminels même. Ils auront eu à rendre compte de leurs trahisons à qui de droit, et nous saurons tout, en ce qui les concerne, à la fin des temps, dans la vallée de Josaphat.

Mais pour ceux qui s'intéressent, même un peu, à l'histoire de l'Eglise et du monde, il faut reconnaître que depuis la moitié du XIXème siècle les catholiques ont vu se succéder au Siège de St-Pierre, une lignée d'hommes très remarquables.

Sans entrer dans le détail, et pour les plus jeunes lecteurs, je me contenterai d'évoquer, la grande et noble figure de Jean-Paul II, que je considère comme le plus grand pape du XX ème siècle.

 

Hommage au Pape Benoit.

 

J'ai aussi admiré Benoit XVI.

La figure de ce dernier a été cependant méconnue.

Simple fils de gendarme, il n'appartenait pas à une aristocratie sociale ou politique. Mais c'était un aristocrate de l'esprit, brillant théologien, philosophe, mélomane averti, musicien même. Aristocrate du coeur, et ceci dans son action quotidienne, ce qui est plus important encore pour un chrétien.

Mais Benoit XVI fut immédiatement mal reçu du monde médiatique, profondément hostile, dans sa majorité, au christianisme, par ignorance souvent, mais pas uniquement.

On fit semblant d'oublier que Joseph Ratzinger avait été l'un des plus proches conseillers et collaborateurs de Jean-Paul II.

Aussitôt élu le pape Benoit fut en butte aux condamnations, aux calomnies, aux critiques les plus injustifiées et arbitraires.

Là même où l'on avait ménagé Jean-Paul, et sur les mêmes sujets, pour la même « politique », on accabla Benoit.

C'est que l'on redoutait les uppercuts, du droit comme du gauche, du Polonais. Benoit XVI, au contraire, était un homme réservé, timide. Son regard, son sourire, sa démarche témoignait de ce qu'il était d'abord un homme de réflexion et d'étude, qui à 78 ans ( en 2005 ) avait espéré, légitimement se consacrer à l'étude, à la réflexion et à la prière.

Ce n'était pas un homme de pouvoir, et le pouvoir fondit sur lui comme la foudre, un jour de l'an 2005. Il accepta l'épreuve, courageusement en bon serviteur du Maître de la vigne.

Mais il était Allemand. Aussitôt pour ceux qui chassent en meutes ( « les animaux lâches vont en meutes, le lion marche seul dans le désert » disait Vigny ) il fut le « panzer-cardinal ».

Rien ne lui fut épargné par les stipendiés du nihilisme européen. Ils avaient considéré son sourire, la fragilité un peu hésitante de sa voix ( contrastant avec la profondeur et la rigueur du contenu ). Ce n'était pas le regard ni la voix d'un dompteur.

Les chacals se ruèrent à grande débauche de glapissements.

Il fut trahi dans l'Eglise même, dans la Curie ( curie : c'est l'administration vaticane ). Non par LA Curie, mais à l'intérieur de celle-ci par des hommes qui sous la soutane portent des ambitions ou des intérêts personnels, parfois médiocres, plus que le souci de faire fructifier l'Evangile. Les chrétiens aussi, sont des pécheurs, « priez pour nous, pauvres pécheurs » dit le Notre Père.

Il fut trahi par ceux qui se prétendent pourtant purs parmi les purs, ces « traditionalistes » qui se réclament de St Pie X, qui ont sans doute laissé passer la chance unique d'une réintégration dans l'Eglise, qui leur était offerte, non sans susciter, à l'égard du pape, de venimeuses critiques de la part des excités de l'autre bord.

Il y a eu l'affaire dite du wiki-leaks, et la trahison de très proches ( « ce que tu dois faire, fais le vite » ); cette action souterraine d'un lobby « gay ». Il y a eu.....!

Benoit XVI a t-il éprouvé la fatigue d'une telle épreuve, à 85 ans? A t-il prononcé les paroles que Vigny attribue à Moïse, accablé d'épreuves :

«  Hélas! Vous m'avez fait, Seigneur, puissant et solitaire,

Laissez moi m'endormir du sommeil de la terre ».


Il ne démissionna pas, il renonça, comme on sait.

T-emballe-pas-Francois.jpg

 

Faut-il avoir peur du Pape François?

 

 

Ce titre est une accroche. Le lecteur voudra bien me pardonner cette petite concession à la communication, chère à notre monde médiatique, dont je ne saurai que dans les jours qui viennent si elle a été efficace.

Elle suggère en effet un « je ne sais quoi » de méfiance à l'égard de l'objet du doute.

Or je ne saurais douter, ni affirmer, d'emblée, quoi que ce soit d'un homme dont j'ignorais encore, jusqu'à l'existence il y a deux jours.

Pas de méfiance donc, ni d'hostilité, a priori, pas de confiance aveugle non plus.

Car si, je le répète, depuis cent cinquante ans nos papes ont été remarquables, il a déjà eu, historiquement, de la part de conclaves des ...erreurs de casting. Il pourrait y en avoir d'autres.

Donc « viva el Papa » avec le peuple de Dieu, et la majorité de la presse catholique, dont après tout il est normal qu'elle accompagne la liesse de ce peuple.

Mais moi, écrivant dans le Scrutateur, je garderai « l'esprit maison ».

Ainsi je ne cache pas ma dilection parmi les apôtres de Jésus pour celui qu'on appelait Thomas Didyme.

Un épisode de l'Evangile de St-Jean ( XX, 24-29 ) m'inspire souvent. La scène se déroule après la résurrection du Christ. Il est apparu aux disciples sauf à Thomas, alors absent, à qui ses amis racontent l'histoire. Thomas est d'abord incrédule : « Nous avons vu le Seigneur, dirent-ils. Mais il leur répondit : « si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n'enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ».

Jésus peu après lui dira «  Heureux ceux qui ont cru sans sans avoir vu ».

Mais il ne condamne pas ce doute qui est, aussi, à l'origine de tant de bonnes choses dans la vie pratique, comme dans la vie spéculative, philosophique ou scientifique. Thomas ( Didyme ) n'est pas l'ennemi de la foi, mais de la cré-du-li-té.

Mais revenons au pape François.

A peine élu, et par delà la liesse populaire ( qu'on se souvienne du « dimanche des rameaux », où le Christ est acclamé par le peuple de Jérusalem, mais condamné par les mêmes le jeudi suivant ) François est l'objet tantôt de louanges excessives ( parce qu'encore injustifiées ), tantôt de suspicions, voire d'accusations graves.

Les optimistes qui croient que tout va dans le sens du meilleur, et qu'on n'a à s'occuper de rien parce que « le pape que Dieu nous a donné » va résoudre tous les problèmes avec l'aide de l'Esprit Saint m'exaspèrent.

Mais pas moins que les pessimistes exacerbés, surtout quand ils se prétendent « très bien informés ».

Les uns et les autres incitent au désarmement moral, et à la passivité devant, soit l'assurance du bonheur à venir nécessairement ( « dans la vie, faut pas s'en faire, etc » ), soit la certitude de l'Apocalypse aussi certaine qu'imminente.

Déjà le pape François nous est présenté par certains comme un dangereux gauchiste. Pourquoi? Parce qu'il a mené une vie simple, parce qu'il a défendu les pauvres, et de façon concrète? Mais il me semble que cela n'est pas incompatible avec l'Evangile. Non ?

Mais pour l'autre bord le pape serait un dangereux réactionnaire, aux ordres de la pire « réaction » et du GRAND CAPITAL.

Allemand, Benoit XVI avait été surnommé le « panzer-cardinal ».

Argentin, le nouveau pape devient un agent des anciens dictateurs «  de droite » en Argentine, dans les années 1970.

Selon ces accusateurs, l'ancien cardinal de Buenos-Aires, aurait été un collaborateur de ce régime.

Voici cependant ce qu'il en a été : ( voir ce lien ) : http://www.dreuz.info/2013/03/le-pape-francois-pendant-la-dictature-en-argentine/

Respectueux des personnes ( que l'on ne nous reproche pas un ton parfois gentiment polémique. La polémique est un genre littéraire, qui,     quand il est bien maîtrisé, permet de dire bien des choses, avec un minimum d'humour, et de fermeté. Une autre de mes références évangéliques préférées est la scène, exemplaire, de la fustigation des marchands du Temple! ), et, nous catholiques, particulièrement, des représentants de l'Eglise quand ils en sont dignes, nous ne préjugeons pas d'avoir à formuler éventuellement des critiques.

Pour l'instant, une telle attitude, dans un sens ou dans l'autre, nous paraît injustifiée et mal venue.

«  Wait and see », dans l'espérance.

 

Timothée d'Idime. 

 

( Il n'est pas clairement établi, par les généalogistes, que notre collaborateur Timothée d'Idime descende en ligne directe de la famille du grand Thomas Didyme. Mais le contraire ne l'est pas non plus ). 

 

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